‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 105 sur 157 · DE LA · texte numérisé non relu

DE LA

succession manifeste et légitime, ainsi qu'il a été dit : Faites donc ce qu'ils vous disent , et ne faites pas ce qu'ils font.

•Quelles que fussent donc les vaines subtilités des pharisiens, les divines Écritures , celte règle de la vérité toujours permanente , subsistaient en leur entier sans aucune altération et dans leur pureté essentielle. Ces docteurs de la loi faisaient même profession de vivre avec plus de régularité que le reste des Juifs, sans en être ordinairement meilleurs (1). Us affectaient encore d'être fort attachés au texte des Ecritures, auquel ils joignaient diverses explications pour en régler et modifier l'observance. Une telle conduite prouve toujours qu'ils ne pouvaient que témoigner de l'intérêt pour le dépôt des livres saints. Aussi les vit-on jouir du plus grand crédit auprès du peuple, et se rendre quelquefois redoutables aux premiers de l'État (2). Mais qu'ils furent bien éloignés de sentir le véritable esprit des Écritures , tout zélés qu'ils étaient pour les conserver !

Quand on étudie sans préjugé l'histoire du peuple juif depuis son retour de la captivité de Babylouc jusqu'au temps de la ruine de sa république par les Romains, tout nous annonce en lui une attention bien marquée à conserver scrupuleusement ses écrits sacrés. On ne peut disconvenir aussi que la même histoire n'offre des exemples frappants de ce que peuvent les passions hunoaines. 11 est vrai que les Juifs de ces âges ne se laissèrent pas aller à celle idolâtrie grossière (3) qui les précipita dans des malheurs extrêmes et entraîna la chute de leur royaume dans la prise et dans la destruction de Jérusalem et du temple par Nabuchodonosor. Si, sous Antiochus Ëpiphanes, il y eut plus d'un Juif idolâtre, celte espèce d'apostasie ne l'ut jamais le crime de toute la nation dans cet intervalle de temps que nous parcourons. Son plus grand crime, qui semble la caractériser, est un cerlain fonds d'incrédulité qui se manifesta en elle, principalement au temps de Jésus-Christ.

Nonobstant ce crime, nous devons rendre celte justice aux anciens Juifs que le gros de la nation resta fortement attaché à tout ce qui tenait à l'extérieur de la religion de ses pères. Elle prouva en différentes occasions son attachement inviolable au culte du vrai

vate, et facile: secundum opéra vero corum nolite fa cere : dicunt enim,et non faciunt. Maith. XXIII, 2, seq.

(1) Il paraît que tous ceux de celte secte n'étaient pas coupables des excès que Jésus-Christ leur reprochait en général, quoi qu'en dise le savant Ugolini (Trihœretii, can. 8 , § 6 , in ejusd.Tkesaur. anliquitt. sacr., tom. XX11, col. 54 , seq.). Voyez notre savant père Mamachi {Anliquitt. chrtslian., lib. I, cap. 1,§5, loin. I , pag. 44 , not. 3). S. Paul disait au roi Agrippa qu'à l'exemple de ses ancêtres , il avait vécu en pharisien , et qu'il faisait profession de cette secte, qui était la plus exacte de sa religion. Act. XXVI, 5.

(2) Josephus, Aniiqu'u. judaic, lib. Xllï, cap. 45, 16 , et lib. XVIII, cap. I; oper. tom. 1 , pag. 600 , seq. ,807, seq.

(3) Voy. Joannes Seldenus, de Jure nalurœ el gentium juxla Disciplinant Hebrœorum , lib. Il, cap. 5 , col. 170, seq ; oper. tom. I, edit. Londin., 1726.

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