‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 106 sur 157 · RÉVÉLATION · texte numérisé non relu

RÉVÉLATION

Dieu, et son horreur pour tout ce qui sentait l'idolâtrie, c Ce peuple, dit un excellent écrivain (1), inébranlable dans son culte au sein même de l'idolâtrie qui régnait dans toutes les nations où il était dispersé

annonce dans tout l'univers qu'à Israël seul est donnée la connaissance du vrai Dieu, i etc. Plus d'une fois on vit la nation exposée (2) à endurer mille maux plutôt que de violer la loi du Seigneur (3) et de proférer la moindre parole contre elle. Ces anciens Juifs ne montrèrent pas moins de zèle pour la lecture (4) et la conservation de leurs écrits sacrés : c'est que dans ions les temps ils les considérèrent comme dictés par la Divinité elle même (5). De là ce respect religieux qui ne leur permettait de loucher qu'en tremblant les volumes où étaient renfermés les divins oracles. Comment eussent-ils donc jamais osé les changer ou les altérer en aucune manière, eux qui ont

(1) M. Guillaume de Villefroy, abbé de Dlasimont, ancien professeur en langue hébraïque au collège royal de Paris, etc. Lettres à ses élèves pour servir d'introduction à l'intelligence des divines Ecritures, et principalement des livres prophétiques , relativement à la langue originale. PariSf.1751, tome I, page 104. S'il m'était permis de donner un témoignage public des sentiments respectueux de la plus vive gratitude pour tout ce que je dois à un si habile maître, sous lequel j'ai eu le bonheur d'étudier les langues l'espace d'environ huit années, que n'aurais-je point à dire I

Ob hoc mine Laus VU debetur, et a me gralia major. Iloratius, Satirarum lib. I, salir. G , oper. t. ïî, p. bll edit. paris. 1691.

(2) Voyez M. Prideanx, Hist. des Juifs, etc., part. II, liv. VI, tom. IV, pag. 240-244.

(5) Voyez Josephus con'ra Apionem, lib. II, cap. 30, 37, 58, operum lom. Il, pag. 488, 493, seq ; Eus«bii Pamphili Prwparat. evang. lib. VIII, § 8, pag. 568, seq.

(4) Moyses a diebus antiquis lx ysveôîv àpx*iw. Act. XV, 21. Confer Joan. Maockius Syllog., Diss. in selecl. Nov. Test, textus, exercitat. 16, § 13 et 22. p. 447 , seqq., 465, 482 ; Joan. Gotllob Carpzovius, Crit'ica sacr., part. I, cap 4, § 4, pag. 143, seqq.

(5) t Apud nos, inquil Josephus, lib I contra Apionem, nequaquam innumerabilis est librorum mulliludo dissent iènlium atrçue inter se pugnaniium : sed duo dunlaxat et viginli libri, toiius praterili temporis hisloriam complectenles. qui merilo credunlur divini... Quanta porro veneraiione libres nostros prosequamur reipsa apparet. Cum enirn toi jam secula clQuxerinl, nemo adhuc nec adjicerc quidquam ilîi-» needemere, nec commulare ausus fuit. Sed omnibus nobis stalim ab ipso nascendi exordio hoc insiluui atque innatum est, Dei ut hocc esse proccepta credamus, iisdemque consumer adhœrescamus , et eorurh causa, si opus fiicrit, ni libentissime morlem perlera mus. Eusebii Pamphili llisloria ecclesiastica, lib III, cap. 10, llenrico V;ilesio interprète, edit. canlabrîg. 1720, pag. 103, seq. Philon disait aussi des Juifs que depuis plus de doiw mille ans ils n'avaient pas changé une seule parole des écrits de Moïse. Il ajoute qu'ils respectaient tellement ces saints livres du législateur des Hébreux cl les lois qui y sont contenues, qu'ils aimeraient plmôt mourir mille fois que de faire la moindre chose qui leur fui contraire. Philo apud Eusebium, Prœparation. evang. lib. VIII, § 6, p. 557. Voyez M. Jaquclot, Dissertations sur l'existence de Dieu, tome IH, chapitre 7, page 125, édit. de Paris

toujours persisté dans les mômes sentiments ; qui, pour inspirer à leurs enfants le respeci, la vénération qu'ils doivent à l'Ecriture, n'ont cessé et ne cessent encore de nos jours de leur répéter cet axiome : Qu'il n'y a pas une lettre dans toute la lui dont de grandes montagnes ne dépendent (1).

Le reproche véritablement fondé qu'on doit faire uniquement aux Juifs des temps qui nous occupent, est qu'ils méconnurent le vrai caractère de la religion. Celait une race qui se croyait pure, qui néanmoins n'avait point été lavée de ses taches (2). Elle manqua Je grand objet auquel visaient la loi, les prophètes et le reste de l'Ecriture (3). Toute la mission du Fils de Dieu tendait à lui faire connaître le Désiré des nations, les Juifs eurent le malheur de rejeter celte pierre qui devait faire la tête du coin, comme s'exprime l'Ecriture (Malth.XW, 42); aussi Dieu leur ôla-t-il son royaume et le donna-l-il à un peuple qui en produirait les fruits (76id.,43).

Ce qu'il y a d'essentiel à observer depuis le rétablissement des Juifs dans les terres de leurs pères,

(1) Non est in lege vel litterula una a qua montes magni non dependeant. Joann. Plantavit, episcop. lodovens., in Florileqio rabbinico. page 13 . num.

(2) Prov. XXX, 12.

(3) Finis enim legis, Christus. Ad Roman. X, 4; Nocesse est impleri omnia quoe scripla sunt in lege Moysi, et prophetis, et psalmis, de me. Luc. XXIV,

c'est encore que la Providence n'opérait plus les mômes miracles en leur laveur, tels qu'ils les avaient vus arriver du temps de Moï<c, des juges et des rois. Mais la main de Dieu se faisait également senlir sur son peuple. Elle releva celte nation, elle la soutint jusqu'au terme marqué dans les divers décrets. Enfin le Seigneur la rejeta, parce que toui était accompli comme l'avaient prédit les prophètes. Dieu lui a laissé cependant le même dépôt des oracles et lout le corps des livres saints (1), comme un témoignage toujours subsistant de son infidélité (Deitter. XXX, 19), et en même temps comme une preuve certaine et iulailli. blc de la vérité et de l'authenticité des mêmes Ecritures.

Cest Moïse lui-même, disait Jésus-Christ aux Juifs de son temps, c'est Moïse en qui vous mettez toute votre espérance, qui s'élèvera contre vous devant mon Père pour vous accuser; car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi , puisque c'est de moi qu'il a écrit ( Jean. V, 45-47).

Interrompons le fil de nos considérations pour fixer davantage l'attention du lecteur.

(1) S. Augiistinus, De comensu evang.% lib. l,c. 2^, n.40 : Enarr. in Ps. XL et LY; deCiv. Dei, I. IV, c. 34; Contra Fauslum, lib. XII , cap. 23. oper. edil Rened., lom. 111, part. 2, col. 18, tom. IV, col. 353 cl 534, tom, VII, col 114, lom. VIII, col. 238; S. Thomas, in Epistol. ad roman. , cap. 9, lect. 2, edit Lugdun., 1689, pag. 98, col. 2.

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