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DES TITRES PIUMITIFS
Le célèbre Michel Lejay est le premier (1) qui nous ail proemé presque en entier celle ancienne version du Vieux Testament. II la fil traduire en latin par Gabriel Sionile, habile maronile, et l'inséra dans sa magnifique édition de la Polyglotte de Taris. Drian Wallon la réimprima quelque temps après dans sa Polyglotte de Londres ; il nous la donna et plus châtiée cl plus copieuse (2), avec plusieurs diversités de leçons (3) tirées de quelques Mss. Ces variantes pourraient en rectifier plus d'un passage. Les citalions qu'on en trouve dans Mélilon, S. JeanChrysostomé, Théodore! (4) et dans d'autres Pères, seraient aussi d'un grand usage pour la rétablir en bien des endroits. Mais qu'on ne rejette point indistinctement la cause de loutes ces diversités de leçon* sur les variations auxquelles oni pu être sujets les manuscrits hébreux depuis le temps que celle version fut composée. Il semble même, qu'elle part de différents interprètes (5), et il est rare que les traducteurs s'assujettissent toujours scrupuleusement à leur original.
Si nous jugions aujourd'hui de la sincérité de noire texte hébreu par les traductions que nous en avons vu paraître depuis deux cents ans, il n'y a personne qui ne crût que ce texte a élé considérablement altéré. I! est cependant certain que nos imprimés hébreux sont encore tels qu'on les publia d'abord dans le XV siècle , si nous en exceptons de très légers changements que nos éditeurs onl jugé à propos d'y faire par le moyen de quelques manuscrits. Disons-en autant des différences qui se trouvent entre notre texte hébreu et la version syriaque qui nous en rcolc (G).
(1) Quelques années auparavant, Thomas Erpénius avait publié tous les psaumes de celle version à laquelle il ajouta une traduction latine de sa façon. Ce Psautier parut à Leyde en 1625, in-4°. Gabriel Sionile fil imprimer en même temps à Paris uu Psautier syriaque qu'il accompagna aussi d'une traduction latine; c'est celle dernière traduction que Lejay (il réimprimer dans sa Polyglotte. On ne voit pas qu'Erpénius el Gabriel Sionito eussent eu connaissance d'un autre Psautier syriaque el arabe, imprimé au mont Liban en lolO, in-l'ol.
(2) Confer. ejusd. Wallon, loc. cit., pag. 89;Carpzovius, loc. cit., pag. 022; le Long, loc. cit., cap. 1, pag. 57, scq., et cap. 2, pag. 105. On trouve dans l'édition de Londres les livres d'Eslher, de Judith , de Tobie, l'Épîire de Jéré nie et ceile de Baruch, les fragments du livre de Daniel , les IIe et IIIe livres des Machabées. Ce que Lejay avait omis dans la Polyglotte de Paris.
(5) Elles sont dans le VIe lome de la même Polyglotte de Wallon.
(S) Voyez Andréas Mullerus, Dissertât, de Syriacis librorum sacrorum versionibus, etc., qu;e exst. in ejusd. Symbolis syriacis, edit. Berolincns. 1G73, pag. 12, seqq. ; Bernard de Monl faucon ., Prœtimin. in llexapla Origen., cap. 1, § 8, seq., pag. 18, seqq.
(5) Voyez Jacob. Chrisloph. Iseiius , Spécimen Obscrvalionum el Cou jectur arum ad Oriental. Philoloyiam el CrUicam periinenlium, Ba silène 1704, cap. 5; le Long, loc. cit., cap. 2, pag. 102, seq.; Henricus a Porta', Cunealis Ord. Prœdical. De Linyuarum Qrïeh- Udium ad omne doctrinal genus Prœslanliu, etc., Mediolani 1758, pag. 9b'.
(0) Dans la bibliothèque du grand duc de Florence, on con. erse un Psautier Ms. d'une très-ancienne
M. Simon (I) a montré par divers passages de celle même version , collaiionnés avec notre original , qu'elle a beaucoup dégénéré de son ancienne simplicité. Il nous a fait observer qu'elle est maintenanl en quelque façon une version mixte, puisqu'on l'a ré formée en plusieurs endroits sur une aulre (2) traduction qui a été faite sur le grec des LXX interprètes. Il est vrai que les exemples qu'en porte ce ciiti* que (5), comme ceux qu'en a donnés Carpzovius (4), sonl tirés de nos Polyglottes; je crois cependant, qu'en consultant les anciens manuscrits (5) qui
version syriaque, qui ne s'accorde ni avec l'hébreu , ni avec les LXX. Ce manuscrit est d'une grande antiquité, comme le remarque le savant éditeur de ce catalogue ( Clar. Sieph. Evod. Assemanus Arch. Apameaj , Bibliolh. Mediceœ Laurentianœ et Palatinœ Codicum Mss. Catalogus, Florentiae 1742, pag. 31^. Ce Psautier prouve que celte version a élé interpolée de bonne heure; ou du moins, que l'auteur s'est donné trop de liberté dans sa traduction des Psaumes.
(1) Loc. cit., pag. 273, seqq. Confer. ejjisd. Disquisitïoncs Crilicœ de variis Bibliorum EdUionibus, cap. 21, pag. 173, seqq.
(2) Occurrunl codices pro scribarum studio , aut commodo , ex utraque v&sione ( ex Hebra'.o et LXX ) conlexti et inlerpolati. Abraham Echelleusis. loc, cil., pag. 249. Ce: le observation doit être d'un grand usage, pour bien apprécier les diversités de leçons qu'on trouve entre noire texte hébreu et le syriaque. Elle pourra nous servir lorsque nous ferons mention d un Ms. syriaque qui est du commencement du Vil!* sèele, el dont feu M. l'abbé Lad vocal nous a donné une notice dans le Journal des savants, du mois d'août de l'année 17G5, pag. 1C19 et suivantes. Nous parlerons de ce manuscrit dans noire IV* Mémoire.
(3) R. Simon, locis cit.
14) Crilic. Suer., pari II, cap. 5, §2, p. 626, seqq.
(5) Sans parler de quelques manuscrits dont on trouve des notices dans différents catalogues imprimés, tels que ceux des bibliothèques du roi de France et du grand duc de Toscane, etc.; celui de la bibliothèque du Vatican, composé par MM. Assem; ni, fait mention d'un manuscrit qui renferme tout l'Aneie.i Testament de la version simple. Ce manuscrit n'est pas, à la vérité, bien ancien, puisque Serge Ricins, archevêque de Damas, ancien élève du collège de la Propagande, et mort en 1658, l'écrivit de sa propre main. 11 raccompagna de plusieurs variantes renvoyées au bas des pages, cl qui peuvent être foi t utiles (bibliothecœ apostolicœ vaiicanœ calalogus , loin. II, part, il, cod. 7, pag. 14). Du reste il ne parait point que cet archevêque ait fait [«ourson manuscrit, le moindre usage des Polyglottes de Paris et de Londres , comme le disent les savants auteurs de ce catalogue. Les premières ne furent rendues publiques qu'en 1645, et l'on ne vil les secondes imprimées qu'en 1657, temps auquel était déjà mort Serge Risius, selon nos auteurs eux-mêmes. Voyez aussi le P. le Long {Bibliolh. Sacr., secl. 5, cap. 2 , pag. 12 l, el in Indice, pag. 579). 11 est bien plus probable que le docte Maronite n'aura pas négligé le savant Commentaire d'AbuIpharage sm* toute l'Ecriture, intitulé : llorreum Mysieriorum. Ce même Coin mentaire, qui n'est pas encore imprimé, renferme quantité de ces variantes. Il y eu a un exemplaire dans la bibliothèque du collège des Maronites dft Borne, et un autre dans celle du Vatican. Feu M. As semani, si célèbre dans la république des lettres , nous a donné une notice de ce manuscrit dans le II8 loin, de sa Bibliothecœ Orienialis , Clemeniinœ, Vath came, pag. 277, scq. Confer. Sieph Evodiùb , loc. cit., cod, Palatin. âC». »-' 69 Ou sail d'ailleurs!
existent encore dans nos bibliothèques, nous aurions, au sujet de cette version, quelque chose de plus exact que ce que nous en avons dans nos imprimés. Quoi qu'il en soit de tous ces changements que la version syriaque a essuyés, nous pouvons dire avec confiance qu'elle offre dans l'état môme ou nous la voyons de nos jours un très-fort argument en faveur de l'intégrité essentielle de l'original hébreu , quelles que soient d'ailleurs les diversités de leçons entre les deux textes manuscrits ou imprimés.
Nous ne devrions pas omctsre ce qui concerne la version arabe que nous avons de l'Ancien Testament, si nous étions assurés que son antiquité toucliât aux siècles qui font l'objet de ce second mémoire. On n'ignore point que celle version est très- propre à éclaircir une foule de passages de notre original (I ). Il y a là-dessus une unanimité de sentiments parmi les meilleurs critiques. En fixant la signification incertaine de plusieurs termes hébreux, par le moyen de quantité de racines communes aux deux langues, la même version justifie pleinement le texte de nos Ecritures hébraïques dans tous ces endroits qu'on ne saurait bien comprendre sans le secours de l'arabe. Il n'est pas cependant facile de déterminer le vrai point de temps auquel elle fut composée. II y a des indices assez marqués qu'elle ne devance pas Je VJI° siècle de l'ère chrétienne, ou les conquêtes des Sarrasins dans les provinces de l'Orient. Ce n'est pas que ce peuple, chez qui le christianisme s'introduisit de très-bonne heure (2), n'eût eu auparavant en sa langue une traduction des livres saints ; mais on ne voit pas que celles qui sont parvenues jusqu'à nos purs aient quelque chose de commun avec celle ancienne version que les Arabes eurent problablemenl à leur usage particulier dans les premiers âges de l'Église. Il est encore plus difficile de décider s'ils firent d'abord leur traduction sur notre original hébreu. Les monuments nous manquent pour être en état de percer une antiquité d'environ dix-sepl siècles.
que Serge Risius ne manquait pas de très-bons manuscrits syriaques ( le Long, loc. cit., pag. 93) qu'il dut sans doute consulter en transcrivant celui dont nous parlons. Voyez le Catalogue de la bibliothèque du Vatican, tom. cit., part. II, cod. 8, pag. 19.
(1) Albert Schultcns a entrepris de prouver dans ses Observations philologiques sur le livre de Job que quantité de mots hébreux de ce livre peuvent beaucoup mieux s'expliquer par le secours de la langue arabe que ne l'ont fait bien des interprèles. Confer. ejusd, Schullens Origines Ilebrœœ, sive Iwbrœœ linguœ anliguhsima nalura et indoles ex Arabiœ penetralibus revocata. libr. I, tom. I, Franequerje 1724, passim; Originum Uebrœorum lomus II, cum Vincliciis tomi I, nec non libri De defeclibus hodiernis linguœ liebrœœ advenus Cl. dissertatorem (Driessenium). Accedit gemina oralio de linguœ Arubicœ Anliqaitale et sororia cognalione cum liebrœa , eic. Lugduni Batav. 4758, cap.l, pag. 9, seqq. et alibi passim.
(2) Voyez Jo. Alb. Fabricius, Salutaris Lux Evangelii, edit. Ilambur.g 1751, cap. 2, pag. 55, cap. 5 , pag. 84 et cap. 15, pag. 287 ; Joseph Simonius Assemanus, liibliolhec. Orientai, Clément., Vatican., loin. III, part. H , de Suris Neslorianis, § 5 , pag. 501, .soqq.
DE LA RÉVÉLATION. 666
A juger de ce qu'ont pu faire les premiers fidèles établis en Arabie, par les versions arabes qui nous restent, soit manuscrites, soit imprimées, il semble que ces anciens chrétiens consultèrent plutôt le grec des LXX, peut-être même la version syriaque vulgaire ou simple, que le lexte primitif de nos Ecritures.
Un savant dont l'autorité est d'un grand poids dans ces sortes de matières, a dit (1) que nos versions arabes faites originairement selon l'hébreu, sont toutes d'auteurs juifs (2) ou samaritains. On voit encore plusieurs éditions de la Bible en arabe, mêlées (5) de telle manière, qu'on ne peut presque reconnaître de quel texte ces versions ont été prises; car il s'en trouve où la version est selon le grec, ei dans laquelle il y a plusieurs endroits tirés des versions
selon l'I.ébrcu, quelquefois de celle de rabbi Saadias et quelquefois d'autres.
On en distingue pourtant deux éditions dont la plupart des chrétiens d'Orient font beaucoup de cas , et qu'ils emploient dans le service divin (4). Mais
(1) M. l'abbé Renaudot, Perpétuité de la foi catholique sur les Sacrements, etc., tom. V, liv. Vil, chap. 7 , pag. 540. Ce célèbre écrivai s nous apprend (ibid., pag. seq.) que la versien arabe que nous avons du Peiilaieuque dans nos Polyglottes, et que la plupart des critiques supposent être la même (pie celle de Rabbi Saadias Gaoti, a é;é tirée d'un manuscrit écrit en Egypte en 1581 et 1586, à la leie duquel il y a une préface d'un auteur anonyme, mais habile, qui après avoir marqué que la plupart des exemplaires des versions arabes de l'Ancien Testament étaient extrêmement défectueux , dit qu'il avait entrepris d'en faire une révision exacte. Il dit ensuite qu'il a pris pour lexte la version de Rabban Cheïk Saïdi, appelé communément Fmmi. C'est le même que les Juifs nomment Saadias Gaon, écrivain du Xe siècle, natif de Fiuiri en Egypte. L'anonyme marque après cela qu'il a conféré celle version a"vec d'autres faites par des Juifs, et même avec le tex'e hébreu qu'il se faisait expliquer par un savant rabbin, avec celle d'IIaretl), fils de Sinan, el quelques autres sur le lexte grec, avec celle d'Abulferge Ebn el Taïb, neslorieu , qui est traduite sur le syriaque, avec celle des Samaritains, l'une sur l'hébreu, l'antre sur le grec, enfin avec les versions qui se trouvent dans les Commentaires arabes sur l'Ecriture. Si on avait ce travail en entier, ajoute M. l'abbé Renaudot, il serait fort mile pour faire connaître exactement toutes les versions arabes, tant imprimées que manuscrites; mais celui qui l'a copié n'a mis les notes où étaient les différentes leçons qu'aux trois premiers chapitres de la Genèse. On conserve ce manuscrit dans la bibliothèque du roi de France (Catalogus codicum manwcriptorum bibliolhecœ regiœ, tom. I, Paris., 1759 inler codices arabicos, pag. 99).
(2) Je ne sache pas que nous ayons des Juifs une version arabe de toute l'Ecriture. 11 n'est pas même probable que les Samaritains l'aient Iraduile dans la même langue, à l'exception du Pentaleuque. Leur prétendu livre de Jo.>ué est bien différent du nôtre. Voyez Jacob le Long. Bibliolh. sacr., loc. cit., pag. 112, seq.; Jo. Chrisloph. Wolfms, Bibliothec. hebr., vol. I, num. 1755, pag. 95-4 ; ejusd. vol. II, sive part. II, sect. 6, pag. 451, seqq., pag. 457, seqq.
(5) M. l'abbé Renaudot, loc. cit., pag. 540. Clar. Sleph. Evod. Assemanus, Biblioth. Mediceœ, etc. Codd. Mus. Cutalog. cod. 21, iater Palatinos, pag.
(£) Idem Cl. Assemanus , loc. cit. Jo. Goitl b
comme ces deux traductions, quelque anciennes qu'en les suppose , sonl assez récentes (1) , eu égard aux lemps qui nous occupent, et que la version arabe (2) que l'on a dans nos Polyglottes de Paris cl de Lon-
Carpzov., Crhic. sacr., part. II, cap. 5, § 5, pag. GS5.
(1) Confer. Brian. Wallon, loc. cit. Prolegom. , cap. 15 , § 17, pag. 9C; Jo. Goltloh Carpzov.. loc. cit., pr.g. (546 ; Eduard. Pocockius, Prœfatio vnrianlibus tectionibus in Pentateucho arabico, loin. Yl, Polygloit. Londinens. proemissa.
M. l'abbé Renaudot dit (loc. cit.) que la plus ancienne version arabe de l'Ecriture est celle qu'llaret, (ils de Sinon, composa d'après le texte dos LXX, et qu'il y a plusieurs manuscrits qui portent son nom, quoiqu'ils soient fort différents entre eux ; ce que l'on doit toutefois attribuer plutôt à l'ignorance ou à la liberté des copistes qu'à l'auteur de la version. Selon M. l'abbé Renaudot , on ne sait dTIaret que le nom , sans aucun indice du temps auquel il a vécu. Dans une lettre que ce savant abbé écrivit au père le Long, il lui marqua encore, qu'outre cette version d'îlaret, un écrivain anonyme, dont le manuscrit existe dans la bibliothèque du roi, soutient qu'il y en a une d'une plus grande antiquité, dont on ignore l'auteur ; enfin une troisième , également faite sur le lexle des LXX (Jacob le Long, Bibliolh. sacr., loc. cit., pag. 113 ). Mais si Harel, tils deSinan ou Senan, fils de Sebaib, n'a fleuri que vers la fin du XVe siècle, ainsi que l'assure le savant Assemani, archevêque d'A pâmée (ubi supra loc. cit., pag. 61), il est évident que tous les manuscrits qui passent sol'S le nom d'îlaret, sont très modernes, et qu'il doit exister d'autres versions arabes , beaucoup plus anciennes, comme l'observe avec raison l'auteur arabe du manuscrit de la bibliothèque du roi de France.
(2) < Quod cbrislianum quemdam alcpenscm \ secl* mclchilicœ, conqucrenlem aliquando audivi, non reperiri penes ipsos arabica? exemplar Bib\iorum aliquod,quod aequali (ilo contexlum parlibus inter se congruis apleque disposilis consiarel ; idem de illo quod magnifiais nobilissimi viri sumptibus, laudalissimaque virorum dociorum induslria Parisiis nobis exhi! itum est, Londinique non minori cura ac lande féliciter expressum, merilo affirniari posse res ipsa tcslalur. Ejusmodi scilicet esse quod e diversis alquc inter se muilum discrepanlibus laciniis contexlum sit ; sive id agente , qui ipsmu describerel, sive (quod magis vcrisimile) quod ipsi ad manum non U\erit omnium libroium ab uno aliquo concinnata versio ; adeo ut necessc habucrit, quo inlegrum sibi corpus conflaret, parles panun sibi constantes , ulpote, e diversis fonlibus,. diversis seculis et a diversarum senlenliarum hominibus profeclas conuectere. Mine fuelum , ut librorum Veleris Testamenli alii ea lingua edili fontem hebraicum ; ahi LXXI1 vcr.sionem, sive ex ea immédiate, sive (quod de plcrisque forsan affirmandum) mcdianlc syriaca derivati référant. Non idem ergo de omnibus judicium fieri potest, etc. > Eduard. Pocockius, loc. cit. Confer. le Long, loc. cil., pag. 122, seqq.; Jo. Gottlob Carpzov., '.oc. cit., pag. 646, seqq.; Rich. Simon, J)i$quisiiiones crilicœ, etc., cap. 21, pag. 177 , seq.
Une preuve bien forte que le compilateur de celle version arabe ne s'csi point astreint à suivre son lexle primitif avec celle scrupuleuse fidélité que tout traducteur ne doit jaimiis perdre de vue dans une entreprise de cette nature, c'est que la version, par exemple, du Pcnlateuquc s'attache lantôi à l'hébreu; lanlôl elle s'en éloigne , sans s'accorder môme avec les autres versions. Aussi doute-t-on avec fondement que celte même version arabe soit celle de Saadias Ôaon. Il y a entre Tune cl L'autre *ies différences notables. Le savant Pocock la croit toutefois de ce doc-
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dres, n'est point exemple de ces défauts qu'on remarque dans les autres traductions en la même langue, nous ne pouvons pas en retirer tout l'avantage que nous devrions en attendre. Elles ont néanmoins leur grande utilité , en ce qu'elles appuient les différentes observations que nous avons faites jusqu'à présent sur l'intégrité et la pureté essentielles de nos Ecritures hébraïques.
Ce que je viens de dire touchant l'utilité de celle version arabe, on peut l'appliquer aussi aux autres textes qui sont imprimés dans la Polyglotte de Londres, et dont il reste encore des manuscrits dans plusieurs bibliothèques de l'Europe. Ces lexles rendent également témoignage à la sincérité de l'original hébreu. Mais je me dispense volontiers de discuter celte matière. Les auteurs que j'ai cités louchant les versions syriaques et arabes fournissent suffisamment de lumière sur le même sujet. Il est temps de terminer ce qui a rapport à l'époque que j'envisage.
Je n'insisterai pas même sur les précautions que durent prendre les premiers chrétiens , ceux principalement qui étaient Juifs d'origine, pourgarantir les originaux de nos livres saints des erreurs que la malice humaine pouvait y introduire. Dans les églises, il y avait des archives uniquement destinées à conserver le dépôt (1) des divines Écritures. On les mettait par là à couvert des fraudes des hérétiques. On recourait à ces archives , si jamais il arrivait que les exemplaires vinssent à se perdre ou à contracter des taches dont des copistes ignorants ne sont que trop capables.
Le siècle d'Origène et les suivants vont nous offrir d'autres considérations intéressantes. Réservons-les pour un troisième et quatrième mémoire.
leur juif; mais il a raison de soutenir qu'e'lc et beaucoup interpolée, et qu'on l'a retouchée d'après des exemplaires syriaques on grecs.
(1) Ce que Lactance rapporte au sujet de l'édit de Dioctétien contre les chrétiens, prouve que l'on conservait les saintes Ecritures dans les églises que ce prince ordonna de démolir. Les fidèles de Nicomédie furent les premiers exposés aux fureurs de cet ennemi de la foi de Jésus-Christ. « Repente adhuc duhia luce ad Eccïesiam pr.rfeçlus (Galcrius) cum ducibus et tribunis et ralionalibus venit : etrevulsis foribus, simulacrum Dei quserilur. Scriptural repertae incenduniur. Datur omnibus prœda. i Lactanlius, de Mortibus persecutorum, § 12, in fine ejusd. oper. edit, Canlabrig. 1G35, pag. 535.
Les chrétiens étaient si jaloux de ce sacré dé, ôt, qu'ils avaient môme des lieux destinés à écrire les livres saints, et l'on en donnait quelquefois des copies pour de l'argent; mais •seulement aux chrétiens. « Tune deinde jubet (Mânes) in carcere positus legis
chrislianorum libros comparari sumpto ergo ali-
quantulo auri, modo abieruutad loca in quibus ehristiauorum libri conscribebantur; et simulantes se nunlios esse christianos, rogabant prastari sibi libros Scriplurarum noslrarum, et deferunt ad cum in carcere conslitulum. » Acla Archelai episcop. Mesopolam. et Manclis hœresiarcliœ Disputalio , ad calcem operttm S. Hippohjti exrccens. Jo. Aib Fabricii , éd. ifamburg. 1718, loin. II, pag. 182.
DL LA RÉVÉLATION
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