‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 110 sur 157 · KC · texte numérisé non relu

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Telle était la forme d'un si grand ouvrage, à la faveur duquel on pouvait comparer d'un seul coup d'œil ces différentes versions avec le lexte hébreu : voir ce qui manquait à ces mêmes versions, ce qu'elles avaient de superflu; sentir, en un mot, combien elles s'éloignaient et en quoi elles se rapprochaient de notre original. Ajoutons avec le savant M. Duguet, qu'on pouvait connaître avec facilité et avec exactitude quel était le vrai sens de l'Ecriture; les versions s'ecartant l'une de l'autre assez rarement, cl n'étant au contraire différentes, pour l'ordinaire, qu'en ce qu'elles partagent entre elles la fécondité, l'étendue et les richesses de l'original. Difficile est enim iia diversos a se interprètes fieri, ut non se aliqua vicinitale contingant. S. Auguslinus, liber II, de Doctrina chmtia- 7iay cap. 12, § 17, Opcr. edit. supra cil. Paris. 1070 seqq., tom. M, part. I, col. 25.

Cet admirable ouvrage, dit encore M. Duguet que nous citerons plus bas, était un secours pour tous ceux qui n'entendaient pas la langue originale, car ils pouvaient s'en fier au rapport et à l'union qu'ils trouvaient entre tant d'interprètes, et on avait sais peine ce que S. Augustin croyait être absolument nécessaire pour bien entendre l'Écriture. ISamque mit ignolum verbum facil hœrere lectorem, aut ignola tocutio. Quœ si ex alienis lin guis veniunt, aut quœrenda sunt ab earum Unguarum hominibus, aut eœdem linguœ% si et otium est et ingenium, ediscendœ, aut plurium interpretum consulenda collalio est. Idem, loc. cit., cap. 14, § 21, col. 27.

J'ai observé ci-dessus que, du temps d'Origène, la version des LXX avait déjà contracté bien des vices considérable^ ; mais ces défauts, quelque notables qu'ils fussent alors, et quels qu'ils soient

DE LA RÉVÉLATION

tagcux à l'Église qu'une semblable collection, pour rabalire la vanité des Juifs, qui se flattaient insolem-

encore de nos jours, ne toucbent, dans le fond, ni à la foi, ni aux mœurs. Ou ne saurait trop inculquer celle vénlé. L'Eglise, qui a le dépôt des divines Ecritures, qui est toujours guidée par l'Esprit saint, n'a jamais permis, ni n'a pu permettre que les exemplaires des versions, soit grecques, soit latines, qu'elle a mis entre les mains des fidèles-, aient des fautes contraires à son enseignement. Dans tons les temps, elle a été môme intéressée à se procurer les traductions les plus conformes aux originaux : aussi ï'a-t-elle fait. Elle n'a même cessé de recommander que les versions consacrées à son usage fussent très-correctes.

Origène rendait un service important à l'Eglise, en donnant tous ses soins au grand ouvrage dont nous parlons. Dans sa belle lettre à Jules Africain, on voit encore qu'un des motifs qui lui lit entreprendre ce travail était de fermer la bouche aux Juifs et aux Samaritains, qui avaient la témérité dédire que les chrétiens n'avaient et n'entendaient pas les véritables Ecritures {Voyez Epiphanius, loc. et., cap. 2, pag. 460).

Origène n'épargna donc ni fatigues, ni dépenses, pour purger d'abord la version des LXX interprètes des fautes qui s'y éiaicnt glissées, soit par l'ignorance ou par la négligence des copistes, soit par l'audace de quelques prétendus critiques, comme il le dit lui-même : Nuncautem propler scribàrùrii quoriundam incuriam, sive propter tiefariùm aliquorum Scripturas emendanlium audacium, sive propler eos qui dum entendant, pro arbilrio suo addunl vel detrahunt,, magna enim vero existil exemplarium différentiel. Origène, tom. XV Commenlarior. in Mail h., Oper. loin. 111, edit. supra cil. Paris. 1733, seqq., cura D. Garoli de la Rue, pag. 671.

Ce savant père en fit une bonne révision d'ap es les meilleurs et les plus anciens manuscrits qu'il put déterrer, surtout à Alexandrie, où il avait demeuré plusieurs années. Muni de ces secours, il conféra ensuite celle même version avec un bon texte hébreu, de sorte que l'exemplaire des LXX des licxaples, au rapport de S. Jérôme, dans sa lettre à Sunnia et à Vrétéla, comme l'observe notre savant père le (jitien (Défense du texte hébreu, en. I, pag. 20, et ch. 3, pag. 67), passait pour le plus correct et le plus fidèle de son temps.

Pour rendre sa compilation véritablement intéressante, Origène eut recours aux versions grecques d'Aquila, de Théodolion et de Symma pie : il en employa trois autres qu'il découvrit en partie, et qui avaient été peu connues jusqu'alors. (Voyez Eusebius, Flislor. ecclesiast., lib. VI, cap. 16, pag. 275, seq.; Eulhymius Zigabenus, Prœfaiio in Psalmos, inter varia sacra Sleplianile Moyne, pag. 103; Umufred Hody, De Bibliorum lextibus originalibus, etc., lib. IV, cap. 1, pag. 589, seq. ; Jacob le Long, Bibliolh. sacr., loin. I, cap. 5, sect. I, pag. 147.)

Toutes ces différentes versions furent d'un grand secours à Origène, afin de mieux rétablir le lexle des LXX dont se servaient communément les fidèles. Son objet était de montrer ce que ce même lexle avait de irop et d'indiquer ce qui lui manquait. Ayant toujours en vue la leçon la plus conforme à l'original hébreu; tant il le respectait et le considérait comme exempt d'erreurs ( Idem., epislola ad Julium A fric anum, num. 5, operum tom. I, pag. 17), il retint des LXX ce qui était autorisé par le plus grand nombre <'es meilleurs exemplaires, et en rejeta tout ce qui .n'avait d'autre source que l'ignorance ou la hardiesse /des copistes. Collatis magna cura inter se ediiionibus •■ et observatis earum diffeicniiis, ita tumen ut aliquando plus laboris impenderimiis Sepluaginta interpretaiioni, ne auid adulterinum inducere videremur in Ec;ies'm

ment de posséder eux seuls la nos livres saints.

07 i vérité hébraïque de

quœ snb ccclo sunt. Idem, epist. ead., loc. cit.; confer Joan. Ernest. Crabe, de Vitiis LXX inter prêt, et Remcdiis ab Origène adhibitis, cap. 1 loto; Bernard de Mont faucon, loc. cit., cap, 4, § I, pag. 57.

Oiigèuc avait placé le texle hébreu à la lète de sa collociion, parce que cet original devait servir de règle pour bien apprécier toutes les autres versions contenues dans ce grand corps d'ouvrage. Comme il ne voulut point changer, ni altérer l'ancien texte des LXX, il marqua simplement d'obèles ou de petites broches ce qui ne se trouvait pajs dans l'hébreu, et ce qu'il fallait retrancher de celle version comme étant superflu et inutile; aussi les Crées appelaient cet obéle , £tpv àva'.cîTixôv, gladium detruncaiorium. Or: ■ gène désigna ensuite par des étoiles ou astérisques mis à la marge, ce qu'il avait emprunté des autres versions, de celle entre autres de Théodolion. Mais pour faire voir jusqu'où allaient ces suppléments ei ce qui lui paraissait de trop dans la version des LXX, il eut soin de terminer ou par ùcux gros points : ou par celte autre marquer- grammaticale, les mots ou les phrases du contexte notées en marge d'obèles et d'astérisques. Par ces sortes d'atleutions Origène prévenait toute confusion dans ses Hexaples. i Ubi quod minus habetur in graico ab hebraica veritale Origeues de translalione Theodolionis addidit, el signum posmt asteriscum, id est stellam qu;c quod priws abscomiilum videbatur illuminai, el in médium proférai. Ubi aulem quod in hebrœo non est in gratis codicibus invenilur ôês).ov, id est, jacenlem prumosuil virgulam, quam nos latine veru possumus dicere; quo oslen.lN lur jugulandum esse el confodiendum quod in authenticis libris non invenilur. Quoi signa et in Gr «connu Lalinorumque poematibus inveniuntur. » llieroi.ymus, epislola ad Sunniam et Fretelam , operum tom. li, pari. I, col. 650, seq. Vid. el ipse Orige:;cs, episl. jam laiidat., num. 4, oper. tom, 1, pag. 16, et not. edi loris Caroli de la Hue.

Outre les obèles et les astérisques, il paraît qifOrigène avait mis dans ses Hexaples deux aulres marques qui étaient en usage chez les grammairiens de ces temps-là, savoir le iemnisque et l'hypolemnisque. Le premier de ces signes indiquait, selon quelques ailleurs, les variétés qui se trouvaient entre les versions grecques el le lexle hébreu, mais seulement quant aux mots; en tant qu'elles exprimaient la même chose en différents termes. Le second paraissait destiné à marquer ceux des endroits où les traducteurs grecs s'éloignaient plus ou moins du sens de l'original. Les écrivains ne conviennent pas trop cependant à quoi ces marques, dont la ligure \arie un peu dans les anciens, servaient précisément. Voyez ce qu'en ont dit Epiphanius, loc. cit., c. 8, pag. 161; Sixlus Senensis, Bibliotliec. sanct., tom. I, edit. jam cit. Neapolitan. 1742, lib. 111, pag. 259, seqq. Andréas Alasius , Prœfat. in Josue, pag. 122 ; llenric. Valesius, e\ns'ola ad Jac. Vsserium de Vers. LXX interp. Euscbii JJistor. eccles. subjecla, pag. 780, seqq., Elies Du Pin, Prolégomènes sur la Bible, édil. d'Amslerd. 1701, lib. I, ch. 6, § 6, pag. 103. Erneslus Crabe, De Vitiis vers. LXX iulerp. ante Origenis œvum illatis, cap. 2, § 5, pag. 56 ; ttern. de Monlfaucon, loc. cit., cap. 4, § 4, pag. 40, seqq.; Jo. Albert. Fabric. Bibliolh. qrœc, vol. I, lib. Il, cap. 2, § 18, not. pag. 274, et vol. H, lib. 111, cap. 12/ § 12, not. pag. 545 ; Pelrus Dan. Huctius, Origenianorum lib. III, secl. 4, num. 7 ; S.« mon de Magist ris, Daniel secundum Sepluaginta ex Te- Iravlis Origenis , nunc primum edilus e singulari codice aimoruw supra 800, in-f°, lionne, lypis Propagande fidei, 1772, prafal. pag. 25.

11 y aurait bien de.-> choses à dire sur cette impur lame compilation; nous aurons plus d'une occasion d'y revenir. Consultez toutefois les auteurs suivante :

Tel était cet ouvrage

incomparable auquel toute rantiquiîé ecclésiastique a donné de si justes éloges. Eli! qui put mieux les mériter qu'Origène? Quand ce savant Père n'aurait collalionné que les anciennes versions d'Aquila, de Symmaquc et de Thëodolion avec le lexte des LXX, celle compilation, quoique moins importante que celle des llexaples, l'eût également immortalisé. En nous transmellanl ces trois

Brianus Wallon, Prolegom. in Bibl. Polyglotte c. 10, § 21, png. 62, seqq.; Richard Simon, ïlist. oit. du Vieux Testant., liv. Il, ch. 3, pag. 104-, suiv., et ch. 10, p'g. 238, suiv. Béponse du même à la lettre de M. Spankeim, ibid., pag G36, suiv.; cjusd. Disquisitiones criticœ de Variis...Bibliorum edilionibus, Londini 1 G8i, cap. 18, pag. 140, seqq.; llumfred. Hody, loc. cit., lil). IV, cap. 2, p:ig. 595, seqq.; Daniel Huelius, Origenianorum lib. 1SÏ, sect. 4, Origenis in sacr. Scriplur. Coinmehtariis prœmisso, edit. lloihomag. 1668, png. 25i, seqq ; Annales Buronii ad ann. Christ. 131, html. 1, sc<i|., et Notœ Anton. Pagi ad cosd., edit. Lucensis 1738, pag. 48G, seqq.; Jo. Golllob Carpzov., Crit, sacr.y pari 11, cap. 3, § 5, seqq., pag. 571, seqq. M. Prideaux, llisl. desJwfs, loin* 111, pari. II, liv. I, pag. 85 , suiv.; Jo. Alb. Fabricius, loc. cit., lib. llf , cap. 12, seqq., pag. 312, seqq.; M. Duguct , Des travaux d'Qrigène sur récriture, 12' disserl., parmi ses Conférences ecclé>., loin. I, png. 213, suiv.; dom Remy Ceiliier, Histoire générale des auteurs sacrés, e:c, loin. 11, ch. 55, art. 2, § 1, p;ig. 601, suiv.; Jacob le Long, loc. cit., c;\p. 5, sect. 1, pag. 150, seq.; Rein, de Monifaucon, loc. cit., cap. 1, pag. 1, seqq., cap.

I, pag. 58, seqq.

cap. 9, pag.

U, pag. 75,

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