‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 113 sur 157 · H M. LA REV · texte numérisé non relu

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plicilé (1), de cette grande variée de traductions (2) dont elle se trouvait comme surchargée. S. Jérôme ne se mil pas tout d'un coup à ce grand travail. Il tourna d'abord ses vues sur l'ancienne Vulgale latine «m italique (5). Il voyait que ta Bible grecque avec les diversités du texte hébreu avait acquis tant d'auforilé dans les Eglises d'Orient, que les bibliothèques renfermaient à peine quelque exemplaire de celte version qui n'eût des astérisques cl des obèles (i). Aussi crut il bien mériter de l'Eglise latine s'il lui donnait une édition conformément à celle qu'Origène avait présentée aux Eglises grecques. La manière avantageuse dont S. Augustin parle de ce que S. Jérôme avait fait sur le livre de Job nous montre avec quelle exactitude noire savant docteur s'était acquitté de sa révision. Vous avez pris soin, lui écrivait S. Augustin, de marquer d'obèles el d'étoiles toutes les différences du texte hébreu et de (a version des LXX ; mais vous Cuvez fait avec une exactitude si admirable, qu'en certains endroits chaque mot particulier à son étoile particulière, pour nous faire connaître que ces mots sont dans l'hébreu et non pas dans les exemplaires grecs des LXX (5).

Cet empressement que les Eglises d'Orient et d'Occident témoignèrent alors d'avoir leur Bible grecque et latine, selon les différentes éditions qui en avaient paru depuis Origène jusqu'à S. Jé.ôme, que ne proHVC-l-il pas en faveur de la pureté et de l'intégrité du texte hébreu de ces temps-là? L'autorité de cet original ét;-il telle, que l'Eglise ne croyait posséder les véritables Écritures qu'autant qu'el-es avaient été réformées sur les livres hébreux, ou qu'elles portaient les marques (> ) de cette révision. Cela fut

(I) Voyez ci dessus, col. 603, not. \.

("2) « lu diversis codicibus ila varia esl (latina Veritas) ut toléra ri vix possit; et iti suspecta ne in gr:veo aluni invenialur, ul inde aliquid proferri aut probiri dubitelur. i Augustinus , episld. LXXI ad Jlieromjm., Opcr. tom. 11, col. 161.

(5) Voyez <i-drssus, col. 604., et suiv. not. \. (4) Vis amator esse verus Sepluaginla interprelum ? Non legas ea qua; suit asieriscis snht ; imo rade de volumininus ut veierum te fautorem probes. Quoil si feceris, oniues eccïesiarum bibliolhecas condemnare Cogerh. Vix enim unus aiU aller invéuilur liber <iui jsta non haheat. Il eronymus ad Augustin, epistola LXXIV, alias LXXXIX, operum ton. IV, part. I! , col. » 26> operuni vero S. Aug. edilionis bénédictin. S. Mauri juin allatac, tom. II, col. i77.

Pour bien juger de ce passage où S. Jérôme paraît blâmer l'édition d'Origène, qu'il avait tant louée ailleurs ( Voyez ci-dessus, col. 675, et suiv. nul., et col. 67'J, not. 5 ), il faut se rappeler ce que nous avons (iii dans la noie de la page 68 et suiv. du même volume.

(a) Astfriseis notasti quœ in hebrajo suntel in grâco de-uni; obelis aulem, quai in gnceo inveniunlur et in hebrcro non sum : lam birabili diligentia , ni q-jibusdam in locis ad verba singnla singuîas slellas videa.nius, significanf.es eadem verba esse in helmeo, in graco autem non esse. Augustinus, ad Hieronym. epistola LXXI, alias 10, Oper. lom. cit., col. KiO.

(o) Cum omnes Cliristi Ecclesi;e tam Gr;ecorum Qiiam Laiinorum , Syrorumquc cl iEgyptiormn banc

elat;o& ra

cause qu'on ne fit aucun cas de la nouvelle versions qu'on vil entreprendre à Apollinaire, évoque de Lao» dieée, sa patrie. Cet interprète, qui vivait vers l'an? 570 (1) el dont S. Jérôme avait (2) entendu les leçons qu'il faisait a Laodicée, consulta dans sa traduction grecque, plutôt ses idées particulières que la propriété des termes hébreux* C'était d'ailleurs uns version toute cousue de diverses pièces, assez mat assorties, pour me servir des paroles de S. Jérôme (5). Ainsi il n'est point surprenant qu'elle ne plût ni aux Juifs, ni aux chrétiens : parce que, comme le dit le même Père (£), son auteur s'éloignait trop de l'original hébreu, et qu'il dédaignait de suivre lé texte grec des LXX interprètes.

Après les soins que S. Jérôme s'était donnés pour corriger l'ancienne Vulgatc sur le grec des LXX; après avoir corrigé (5) aussi la version lati;.e du

(LXX) suh aster iseis et ohelis editionem legan!, ignoscanl invidi labori mco , qui volui habere noslros , quoi! Grœci in Aquiir, et Thcodotionis, acSymmaehi edilionibus lectitant. llieronymus, Prœfal, in Daniel. ad Pammachium, oper. loin. III, col. 1075.

(1) Guillclmus Cave, loc, cit., loin. 1, sec. IV, png^

(2) Hieronym epislot. ad Pammach. el ûceantmn Couler. Ernesti Salomonis Cypriani Notœ ad libr. Il te* yotiymi de Viris ilinstribus, cap. 101, m Aub. Miraj't Bbliotli. eccles., edil. Hamburg*., pag. 19 1.

(5) Pralermillo Apollinarium , qui hono qnidem studio, sed non Bccundiim seientiam , de omnium Iranslalionibus in ununi vesiinienlum pannos assuero cmialus esl, et cousequeutiarn Scriptural non ex régula vcriiatis, sed ex suo judicio texere. \ûvw,Apologui ûdvers. Iiufin., lib II, 0|)er. tom. IV, part. 11, col. 443.

(A) Symmui hi inlerprelatioiwm Lnodicenus secutas, vec Judœis placere potesi , nec chrislianis , dum et ab Ilebrais procnl esl, et sequi Septuaginia interprètes dedignatnr. Idem, Commentar. in cap XII Ecclesiastis , Oper. lom. Il, {art. 1, col. 78V Humphred Uody (de Texlib. originai.bus , ete., lib. IV, cap. 5, p g. 63i) taxe d'erroné le sentiment de tous ceux des écrivains qui attribuent à Apollinaire une version grecque de l'Ancien Testament, et dit que S. Jérôme n'a eu en vue que les commentaires du menu; évoque sur l'Ecriture. Mais les raisons du docte llody n'ont aucune solidité, cl les témoignages «le S. Jérôme, qu'il oppose à ( eux que nous portons de ce Père , ne sont rien moins que précis. Mous pouvons donc suivre ce qu'ont écrit à ce sujet Baronius a'd ann. Chr. 577 ; Possevinius in Apparatu sacro ; Sixtus Senensis in Apollinario ; Daniel Iluelins , de claris în'erpretibus ; Jac. L'sscrius, de Vers. LXX interpret., cap. 7, pa^'. 78 et scq. ; Jo. Alb. Fabricius, Bibitolh. grœc, vol. VU, lib. V, cap. 16, pag. Gfii, et aîii.

(5) S. Jérôme avait déjà terminé, depuis quelques années, sa correction de la Bible latine sur le grec des LXX, lorsqu'il entreprit celle révision en 383 et en 58 i. Dans sa préface sur les quatre évangélisles, adressée au pape Damase , il ne dit point qu'il ait corrigé tout le Nouveau Testament sur le texte grec, puisqu'il n'y parle que de ces quatre livres. 11 esl cependant certain qu'il eu rétablit les autres suivant la véi i é de l'original grec, ainsi qu'il nous en assure dans son catalogue des Hommes Mu- 1res, ouvrage qu'il composa en 592. On peut donc dire qu'il n'avait encore publié que les quatre Evangiles de sa révision, à la mort du pape Damase arrivée en 58 i ; mais, pour ne point laisser imparfaite une correction si intéressante, et même si utile à l'Eglise , il crut devoir la continuer, el il la finit vers l'an 592 ou peu d'aimé. a auparavant.

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Nouveau Testament par Tordre du pape Dainasc, il sentit qu'il devait pousser plus loin ses travaux en recourant aux sources hébraïques. Des amis très respectables rengageaient fortement a ce travail si utile k l'Eglise. Ce ne fut donc point à la seule prière de Cliromacc, évoque d'Aquilée, qu'il se mil d'abord à traduire le Vieux Testament sur l'hébreu , ainsi que je l'ai insinué ailleurs (1) : S. Jérôme le fit encore à la sollicitation de Didier, de Domnion et de Rngalicn , de Sophrone, de Paul et d'Euslochie, enfin île quelques autre-, comme on le voit dans ses différentes préfaces mises à la tèîe des livres de sa traduction et dans quelques-unes de ses lettres.

Je ne crois pas devoir m'arrêter sur le mérite de cette version de S. Jérôme. Nouobst ni les avantages réels qu'en a retirés l'Eglise, cette enl reprise l'exposa toutefois à des périls , et ouvrit un vaste champ à la malignité de ses censeurs. On accusa ce savant Père de n'avoir mis la main à un si grand ouvrage que pour faire tomber la version des LXX ; on disait de lui qu'il judaï-ait, qu'il était un falsificateur des Ecritures C'est de quoi S. Jérôme se plaint dans la plupart de ses préfaces. Et personne ne poussa plus vigoureusement ces sories d ['accusa fions que le fit Rufin dans sa seconde invective (2). Mais S. Jérôme n'eu! pas de peine a se défendre des traits de la calomnie,; en se riant (3) de ses ennemis, il sejusli-

(I) Wyez ci-dessus, col. COo. On ne voit pas que, dans ses traductions latine*, qu'il fil de l'hébreu, S. Jérôme se soit astreint à Tordre que nos livres sacrés tiennent dans nos Bihles : ce Père se régla là-dessus sur le désir de ses amis, et autant que «es grandes occupations littéraires le lui permettaient. Il commença d'abord par les livres des Rois. De là il vint à tous les prophètes, ensuilc au livre liés Psaumes. Il passa vers le même temps à la traduction des livres de Ralomon, d'Esdras et de Néhémc. Après ces travaux, on lui vit Iraduire les Paralipomènes, tout TOetateuque, ainsi que les livres de job et d'Esih r. sans oublier ceux de Tobie cl de Judith, qu'il traduisit du ehaldéen. De sorte que depuis Tan 591 , jusqu'à Tannée -404 ou 403 , tous les livres de l'Ancien Testament reçus dans le canon des Juifs lurent mis en latin d'après nos Ecritures hébraïques.

(ï) Outre une foule de reproches très-vifs . que Ruflin faisait à S Je: orne, voici ce qu'il lui disait: Net qnemquam mmc te in hoc comitem vel socium in Kcclesia habuissc certum est ; nisi ipsnm solum , quem fréquenter commémoras Barrabam. Quis enim alius nudèfel ab apostolis tradita Ecclesiœ instrumenta ternerare, ni si jndiùcus spiritns? Idem, Inc. cit., lib. Il, Opcr. Ilieronvmi, loin. IV, part. II, pag. 2<J8.

(3) « Si aut fi-eelhun junco texerem , aut palmarniii folin cninplicirera , ui in sudorc vultus moi coinederem pincin meuiti, et venlris opus sollicita meule tractarem, nullus mord er et, nemo reprohenderet. INuuc aulem quia juxta tentcniiam Salvatoris , volo operari cibum qui non périt, et antiquam divinorum voîuminmn viam scnlibus virgultisque purgare, error mini gémi nus infligilur, coircelor viiionun, falsarius voeor , et errores non a u ferre . sed serere. Tauta est enim vettislalis consiietndo , ut liliam confessa plcri»quc vitia placeant : duni inagis pnlchros àahere malunl codices, quam cmendai »s. » llieronymus. Prœfat. in Job, aâ'Pmtam et l'jisiochium, Operuin tom. I, col. 1188.

fia pleinement, et toujours en homme d'esprit (I), de tant de vains reproches, plutôt dictés par l'envie que par Tamour de la vérité. Si sa version ne fut pas d'abord acceptée par toutes les Eglises des Latins, elle n'en fut pas moins applaudie. Les plus habiles gens de son temps l'exhortèrent à continuer sa traduction, qu'on demandait môme de tous côtés au «aiol docteur. Lueinins de Relique, très-appliqué à l'étude des livres saints lui envoya d'Espagne à IJcthléhem , dès Tan 39 i, six écrivains en notes, ou copistes, pour avoir au plus tôt et en plus grand nombre des exemplaires do sa version. Pendanlla Tie même de ce Père, Sophronius traduisit en grec une partie des traductions qu'il avait faites sur l'hébreu. Ee prêtre Philippe, contemporain de S. Jérôme, ne suivit pas d'autre version, dans son Commentaire sur Job, que celle de S. Jérôme. Ceux encore qui osèrent la décrier en public ne cessèrent de l'admirer et de la lire secrètement (2).

S. Augustin se montra toujours le plus modéré dans toutes ces querelles qu'on suscita si mal à propos à S. Jérôme. S'il le dissuada de continuer celte traduction , il changea néanmoins de sentiment dans la suite; il reconnut (3) autant que tout antre Tuiilité d'un si important ouvrage, et rendit aux travaux de S. Jérôme la juslice qu'ils méritaient. La plupart des savants du Ve et du Vie siècle pensèrent de même. S. Grégoire le Grand en fit les plus beaux éloges, et on la vit dans le VIIe siècle cl les suivants reçue par toutes les Eglis s des Latins.

Ce petit détail historique au sujet des disputes que S. Jérôme enl à soutenir surtout contre Rufin, savant prêtre d'Aquilée, m'a paru nécessaire pour faire voir uniquement qu'elles ne pouvaient se terminer à l'avantage de notre illustre Docteur. Aussi en eut-il toute la gloire; c'csi qu'il défendait une bonne cause, au lieu que ses adversaires ne cherchaient à élayer la leur que par la force du préjugé. Mais on revint enfin de la hure estime qu'on avait eue (4) pour la

(1) Me assernnl in Scptnaginla inlcrpretum sugillationem nova pro veteribus cudere. ita ingéniant quasi vinum probantes. Cnm semper novas expetam volupiates et qulœ eorum vicina maria non sufficiant ; car in solo studio Scripturarum veleri sapere contenu snnt .' Idem . Prolog, in Cencsim, et pra'fut. in Psal. ad So~ phromnni , Ôpor. loin. I, sub inil. et col. 858.

(2) « llsce obirectatoiibus meis lantum respondeo, qui canino dente me roduni in publiée detrahenles et iegeincs in angulis. Acceduni ad hoc invidorum ptudia , qui omne quod scribimus reprehendenduin pillant, el inicidutn «outra se conscientia répugnante publiée lacérant quod occulte legunt. > Idem, Prie [au. in PuraUpomen. el in Esdram, loc. cit., col. 1023 et

(3) S. Augustin approuva tellement, dans la suite, la version latine de S. Jérôme, qu'il eu composa son Spéculum ou Miroir, ouvrage qui n'est qu'un lissu des plus beaux endroits moraux de l'Ecriture, destiné à c:re mis enlre les mains des fidèles qui n'avaient point le moyen ni le h>i>ir de lire toute la Dible. bom Calmei. Dissert, sur la Vulgale. Dissertai. lom. I, part. Il, pag. 102 et suiv.

(4) Dom Calmei, ibid., pag. 102.

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version des LXX cl Ton souhaita ik puiser dans les sources la vérité loutc pure. Il faut avouer que personne n'influa plus que S. Jérôme à opérer celle espèce de révolution dans presque lous les esprits. Les Origcne, les Pampuile, les Eusèbc, les Lucien et les Hésychius y avaient préparé les voies. S. Jérôme consomma ce grand ouvrage. Aucun ne défendit avec plus de force que ce savanl Père l'autorité et I'inlégriié du lexte originel du Vieux Testament. Nous en avons donné des preuves assez fortes dans le cours de ces considérations d'après ses propres témoignages. Notre illustre docteur n'épargna ni veilles ni soins pour mettre la vérité lébr.ïquc à l'abri des attaques qu'on lui livrait parmi faux zèle. Toutes ses recherches, tous ses ouvrages sur nos livres saints , paraissent tendre à ce seul objet.

Ne séparons jamais la version latine que S. Jérôme donna à l'Eglise sur l'hébreu, de ses préfaces et de ses commentaires, où l'on trouve à chaque instant une profonde érudition, cl toujours de nouvelles lumières. Hicn ne manquait à ce savant Père pour bien apprécier le texte original. Les différentes versions lui tenaient lieu de nos polyglottes , de nos dictionnaires, enfin de nos interprètes Et , selon la remarque de dom Calmct (I), il n'était nullement difficile qu'un homme fort éclairé d'ailleurs, qui savait les langues, qui consultait les Juifs les plus savants et iCS meilleurs interprètes chrétiens de l'Ecriture ne réussît parfaitement dans son entreprise. Néaumoius, tout cela ne nous oblige pas de croire que sa version soit entièrement exempte définies, comme l'ont soutenu quelques écrivains. S. Jérôme ne l'a jamais prétendu : il a douté quel juefois de la véritable signification des termes hébreux; quelquefois aussi il a suivi dans ses commentaires un autre sens que celui de sa version. Il a reconnu lui-même (2) qu'il pouvait se tromper. Cet aveu ne saurait déroger à l'excellence de sa traduction. Ainsi nous pouvons hardiment assurer que (5) ce que S. Jérôme a traduit sur le grec et sur l'hébreu est un chef-d'œuvre en son genre. En vain a-l-on tenté, et tenlera-l-on de décrier la Vulgale, elle passera toujours dans l'esprit des connaisseurs désintéressés pour un excellent ouvrage.

S. Jérôme voulut faire une version qui ne fût ni barbare ni trop littérale II se piqua d'avoir de la clarté et de la précision. Peu embarrassé d'un terme de plus ou de moins, qui était dans le lexte, il eut uniquement en vue d'en bien rendre le sens. Telle est la règle que doit se prescrire un habile interprète : telle est aussi celle que S. Jérôme se prescrivit. S'il paraît s'éloigner quelquefois de ce même texte pour s'attacher (4) à la Vulgate latine des LXX

(1) Dom Calmct, ibid, pag. 102.

(2) Melius reor prop-ium enorem reprehenaere, quant duMi erubesco impaitiam confiteri, in errore persislcre, in eo quod transtuli.... Ilicrouymus, iib. V Comment. in cap. XIX Isaiic, Ope ru m loia. III, col. 150.

(3) Dom Calmct, loc. cit.

<4) Notuimu'i ergo imnwtarc quod ab anti juis lerjcba-

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et aux autres anciennes versims. si dans les passa ges obscurs et difficiles de l'Ecriture* il suit encore des interprétations conformes aux commentaires des plus habiles docteurs juifs de son temps, nous au • rions tort d'en déduire avec nos critiques modernes, que ce Père lût dans notre original tout autrement que nous n'y lisons aujourd'hui, ou qu'il regardât ie texte hébreu comme une écriture fort inconstante (!}; S. Jérôme en donne les raisons dans ses sa-

tur quia idem sensus erat.... sed et in hoc vulla est s nsus mutulio, et nos antiquam intcrpretaiionem sequentes, quod non nocebal m ut are noluimus. llieronymus , epistol. ad Sunniam et Frctelam. Il on breviter admonens, quod nullius aurtorilateni secutus snm, sed de hebra'o transférais magis me LXX inleipretum consuetndiiii coaptavi ; in lus dumtaxul qnœ non mullum ab hebraicis discrepanl. înterdum Aqnilœ quoque Syni machi el Theodolionis recordalus sum : ni nec novitate mmiu lectoris sludinm delerrcrem ; nec rursnm contra conscientiammeam fonte verilatis omisso, opinionum rivnlos consectarer. Ejusdem Proœmium in lîcclesins'en, Opcr. to:n. Il, part. I, col. 059. 058, et col. 714.

Il n'est donc point surprenant que la traduction dô S. Jérôme se trouve quelquefois mélangée de l'ancienne italique, el des autres versiom. Nous ne devons jamais perdre de vue la méth nie que S. Jérôme suivit dans sa t -ad action. Cette remarque- nous fera mieux juger de l'étal actuel de noire Vulgate ci de bien des diversités de leçons, qu'il y a entre elle et noire texte hébreu de nos jours.

(I) Le grand casque S. Jérôme a toujours fut de l'original de l'Ancien Testament, qu'il caractérise constamment de \ cri é hébraïque dans nue infinie d'endroits de ses œuvres, démontre tosle la faiblesse, ou pour mieux dite , toute la fu.ilité de ce paradoxe de M. Simon (Histoire critique du Vieux Testament , liv. I, ebap. 10, pag. 9'J). Je n'accorderai pas même à ce crilique que les exemplaires hébreux qu'employèrent les LXX fussent aussi différents qu'il le suppose (Ibid.. liv. Il, cl:ap. Il, pà«. 245 ci suiv , cl ailleurs") de celui dont S. Jérôme se servit. Tant qu'on n'en apportera pour preuve (pie les variétés de leçons entre le lexlc hébreu et le icx'e de nos éditions grecques des LXX, on ne produira qu'un argument très-équivoque, pour ne rien dire de plus. Les LXX se sont souvent attachés dans leur traduction à de tout autres règles (pic celles que nous suivons de nos jours. S'il est vrai, comme le prétend M. Simon (lue. cit., pag. 90), que S. Je. orne pic au la libéré de changer les lettres hébraïques en d'autres, quand il croyait fiire un meilleur sens ; s'il est encore vrai, selon le même critique, que ce Père ne s'est prescrit dans sa version aucune règle certaine, et qu'il n'a pas été toujours constant dans ses observations, comment nous sera -t il po-s l> le d'apprécier le degré desincérilé ou d'in é-îiré «lu texte hébreu, dont il lit usage, parla version qu'il inuis en d nia? Tout ce nue nous conclurons de cette manière de traduire, si même S. Jérôme l'a jamais adoptée, c'est qu'il n'aura pas toujours rendu •fidèlement son original; mais non pas que ce môme texte lui eHèclivemenfu corrompu, et qu'il lût aussi différent dé l'exemplaire qu'en curent les LXX, ou de celui que nous avons encore.

La version <!c> LXX înierpretes n'est point parvenue jusqu'à nous dois toute sa pureté primitive, cl il y a bien d'autres causes que nous avons alléguées ci dessus, col. G0S, cl suiv., not., pour leudre riçoii des différence^ qu'on trouve aujourd'hui entra !0 texte grec et l'original hébreu. Nous avons renvoyé en même temps aux auteurs qui ont traité abonda»), ment cette matière, sans oublier même M. Simon. Ou I eut encore consulter ce qu'il dit de la version des LXX (C'tsfiijntivws ad opii&cuhun hauci Vosùi de-

*23 DKS TÏTKES

T.ui'.es noies sur l'Ecriture, el dans ses belles préfaces sur les livres qu'il a traduits de l'hébreu. C'est par elles que nous devons juger de la conduite qu'il a icnue dans sa manière de traduire nos écritures; et que nous apprendrons à ne point dépriser un texte parce qu'il ne l'a point suivi servilement.

L'Eglise, qui a mis S. Jérôme parmi ceux de ses plus illustres docteurs, a montré par là combien elle était satisfaite de ses commentaires , de sa version surtout qu'elle a adoptée. Elle ne pouvait donner un témoignage plus éclatant de son respect et de sa vénération pour nos écritures hébraïques, que par le cas qu'elle a toujours fait des travaux d'un si célèbre écrivain sur la Bible.

Il nous serait facile d'aller encore plus loin en suivant d'autres travaux entrepris en différents temps sur la matière que nous avons en vue : ils ne peuvent qu'assurer à notre texte primitif du Vieux Testament tonte eon intégrité essentielle.

Celte suite ce siècles qui se sont écoulés depuis la mort de S. Jérôme , arrivée en 420 (1) de 1 ère chrétienne, jusqu'à l'époque de l'imprimerie, ce qui forme un espace de mille et quelques années , offrirait plus d'un trait analogue à nos considérations. Les monuments ecclésiastiques, déposés dans nos annales , nous fer lient voir que les églises chrétiennes n'ont

nibytHnis oracnlis , et Pesponsionem ad objeclioncs mi? peràs Crilicœ sacrœ. Inler rjusdeui Simonii Opuscula criiicaadversus eu nid. Vossium; Edimburgi 1085, p. 19 et seq., 23, seq., 59, seq ).

il serait inutile de révenir sut nos pas. Mais non* ne soinions passer à M. Simon ce qu'il vient de dire de S. Jérôme et de sa manière d'interpréter l'Ecrit tire.Ce critique, toujours plus porté à faire naître des doutes qu'à iéètaircir les difficultés . se réï^is luimême sans s'en apercevoir. Il assure plus bas ( loc. cit., pag. 215) que S. Jérôme témoigne dans une de ses lettres qu'il s'est appliqué à traduire plutôt le sens que les mots, el à éviter celte trop grande affectation qu'il reprenait dans la version d'Aquila, lequel avait exprimé jusqu'aux élymologies ou aux propriétés •les termes.

Quoique le S. docteur, dit encore M. Simon, ait é:é beaucoup plus réservé dan* sa traduction de l'Ecriture que dans ses autres versions, il a étendu néanmoins ces mêmes règles aussi bien «à l'interprétation de la Bible, qu'à ses autres traductions, ainsi qu'il paraît manifes;ement par une 1 "tire qu'il écrivait à S. Augustin sur ce sujet. 11 les a même appliquées jusqu'aux périodes; et quand il a reconnu qu'elles étaient trop longues el trop embarrassées, ou qu'il y avait d(S redites , il n'a fait aucune di'fieul é de les abréger et de n'en rapporter simplement que le sens. Ce que M. Simon ajoute rentre assez dans ce que nous avons établi nous-mêmes ci-dessus, louchant la méthode que S. Jérôme a suivie dans sa traduction.

11 s'en faut donc bien, de l'aveu même de Al. Simon, une S. Jérôme ne se suit prescrit aucune règle dans sc> travaux sur nos livres saints. Voyez encore les JN oiiveUcs observation* de M Simon sur le texte el Ls versions du Nouveau Testament, pari. 11, chap. 5, pag. 195 et suiv. de l'édit. de Paris, îo'Jô. il y parie des règles que S. Jérôme donne pour bien traduire les livres sacrés. Ce que nous venons iVvn rapporter d'après notre critique, prouve que lui-même est peu constant dans ses assenions; qu'il détruit souvent d'une main ce qu'il bniii de l'autre.

(JjGuiiieimusCave, loc. rtJ.rlom. I, sec. V, p. 203.

PIU.MITIFS 724

jamais regardé notre original avec mépris, ni avec indifférence (1). Us prouvent au contraire qu'à l'exemple des Origène, des Pamphilc, des Eusèbe, des Lucien, des Hésychius et des Jérôme, plusieurs savants hommes (2) ne cessèrent de recourir à l.i vé. i:é hébraïque , soit dans leurs commentaires, soit dans leurs explications de quelques passages diflieilcs de l'Ecriture, quelque estime qu'ils lissent d'ailleurs des versions. Tels furent les Procope de Gaze (3), le. Cassiodorc (1), les Eucher (5), les Bède , les Àleuin, ce restaurateur des lettres dans les Gaules (6), les Lanfranc et une infinité d'autres dont nos fastes chrétiens ont consacré les noms à la postérité. Sans nous engager dans ces recherches qui ont occupé la plume d'un savant écrivain (7), contenions-nous d'observer que les travaux que nous venons d'exposer , comme ceux qu'on a entrepris avant la renaissance des lettres, quoique moins multipliés, mais également utiles à la religion et aux bonnes études, ne peuvent que mériter la reconnaissance de tous les âges et de tous les pays. Ces mêmes travaux sur nos Écrituies sont la p'us belle preuve qu'on puisse donner, que le texte jrimilif des livres saints du Vieux Testament nous a é é transmis dans toute sa conservation essentielle

Si les lettres eussent moins perdu dans ces siècles où l'ignorance ne se fit que trop sentir, nous posséderions plus d'un trésor donl nous regrettons inufc'-

(1) Confer. Joan. Marlfonams, Prolegomena in Divi~ nain Bibliolliecam S. tlierouymi , Oecrum cjusd. sancli loin. 1 prnernissa , prolcgomcn III, num. 5.

(2) Con'er. Ilumficd Nody . de Textibus oriqinalibus, etc., lib. III, part. I. cap 7 elsoqq. , pag. 509 et sen/f. cl part. II, cap. 5 el seqq., pag. 597 et seqq.

(5) Commentai', ad Gènes, cap. I, 1. Vid. supra, col. 589, not.; idem, ad Gen , rap. XV et XXIV; idem, fa fsaiam. cap, XV11 et XXX. Couler. Humfrcij llody, ib'uL, p. 553 et seqq.; Joan. JMariiameus, loc. cit.

(ï) Quod si tamen aligna verba rererinnlur absurde posita nul ex lus codicibus , quos U. Hierouijmus in edilione Sepluaginta inlcrpreluni emendavil , vel quos ip.se ex hcbrœo iranslulit, intrépide corriqenda s:mi : aul, sicnl B. Augus'.inus ail , rentrrntnr ad qrœcum Pandeclen, qui omnem Lcgem divinam dignosciiur conlinere collectant : vel . quibus possibile fuerit , liebrœam Scripturam, w1. ejus dociores requirere non detractent. Decel enim ut unde ad nos venit salutaris translalio, inde iterum redeal décora corr-v/Zo. (iassiodorus, de Instilulione divinariim Litlerarum, eap. 15, Oper. edit. jam cit. rotomagens., loin. |j, pag. 548.

(5) Humfred llody, toc. cit., pag. 405 el sej.

(G) Idem, ibid., pag 40G et seq. ; pag. 409 et si q. Vid. Jacob le Long, Bibliolh. sacr., c.ip. 4, seet. 4 , pag. 235 et seq. ; Histoire littéraire de lu France pat des reliqieux bénédictins, loin. iV, pag. 8 cl suiv., ri pag. 19.

(7) liody, locis citatis Parmi le> œuvres de S. Je rouie nous avons des petites notes et de> scelles sur la version de. ce Père, r/ii montrent que leur auteur savait très-bien l'hébreu, et prouvent d'une manière évidente qu'il s'était s rvi d'un texte essentiellement le même que celui que nous avons encore. L'auteur, qui était un chréien ou un juif e inverti au christianisme, vivait dans le Vlli" siècle on au commencement du IX*. On lui attribue aussi les Questions on Trad'uions hébraïques sur les livres des liais et des Paraliponiènes qu'on lil également par.e.i le- œu'vrca d<i S. Jérôme.

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