DÉTACHÉES
signes sont très-équivoques. Un copiste habile et adroit donnera à ses caractères une tournure, un air antique, qui tromperont les yeux du critique le plus ailenlif. Les dales mêmes des manuscrits, quoique vraies eu général, peuvent induire en erreur. — XVII. On ne connaît, en Europe aucun manuscrit hébreu qui remonte au delà de sept ou huit cents ans : peut être y en a-t-il de neuf cents. Mais tous les manuscrits existant de nos jours ne sont point assez connus pour prononcer là-dessus d'une manière décisive. Dans les uivers pays de l'Orient, où il y a toujours eu des Juifs depuis la ruine de Jérusalem, il ne serait pas impossible de découvrir des manuscrits de la plus hante antiquité. — XVIU. Quelque incertaine que soit la date d'un manuscrit, on en doit beaucoup estimer les leçons lorsqu'elles sont conformes à la pluralité des exemplaires, et qu'elles ont encore pour appui les versions anciennes. — XIX. Le témoignage des anciennes versions ne suffit pas toujours pour donner (Ui poids à une leçon quelconque, si la pluralité des manuscrits lui est contraire : parce que les anciens interprètes se sont copiés quelquefois les uns les autres, et que le plus ancien d'entre eux aura pris celte leçon d'un manuscrit qui n'avait paé assez d'autorité. — XX. Il ne faut jamais multiplier les diversités de leçons sur le témoignage d'une version, quelque ancienne qu'elle soil, sans qu'on ait des preuves certaines que celte version a retenu la véritable leçon, et qu'elle a été faite par un interprète qui avait devant les yeux un exemplaire très-correct, du moins dans l'endroit qui fait l'objet de la variante. Il n'est point extraordinaire, cl nous l'avons déjà fait observer, de voir les anciens traducteurs s'éloigner de leur original. Pour s'assurer encore mieux d'une telle variante, ce serait aux manuscrits de ces anciennes versions qu'il faudrait recourir; on y trouve plus d'une fois 'des leçons différentes de celles que donnent no-; polyglo tes et qui confirment la leçon reçue. — XXI. ISi ie°* manuscrits, ni les anciennes versions ne suffisent point pour appuyer une version quelconque contre (elle qui est reçue, si les lois de la saine critique ne justifient d'ailleurs celle variante. — XXII. Toute leçon qui a des caractères de probabilité, qui présente aussi i;n sens plus clair, plus suivi, moins exposé aux difficultés, ne doit point être négligée. — XXIII. Lorsque deux leçons donnent un sens également raisonnable, il est du devoir de l'éditeur de les rapporter toutes les deux. — XXIV. Il y des leçons qui paraîtront j lus conformes au s yle hébreu que celles qui sont communément reçues : on doit en faire quelque cas. Mais tel critique truinera un solécisme, un barbari-me dans un mot qui est toutefois suivant l'analogie hébraïque. On a reproché à Erasme et à Roberî Etienne d'avoir introduit dans le texte du Nouveau Testament des expressions qui, pour être plus élégantes et plus délicates, n'étaient pas néanmoins celles des écrivains sacrés. — XXV. Les copistes ont quelquefois substitué un mol à nn autre, qu'ils lisaient dans leur exemplaire d'une grande correction, mats