DE M. JACQUES JONAS BIORNSTAH L
SAVANT SUÉDOIS, DE L'ACADÉMIE ROYALE d'UPSAL, CORRESPONDANT DE CELLE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES DE PARIS TOUCHANT LA VERSION ARABE DES CINQ LIVRES DE MOÏSE , ET QCI SE TROUVE DANS LE PF.NTATEUQUE-TRITAPLE-SAMARITAIN, MANUSCRIT DE LA BI- BLIOTHÈQUE DU PRINCE BARBERENT , A l'àUTEUR DE CES CONSIDERATIONS SUR LTNTÉGRIT6 DU TEXTE HÉBREU.
J'obéis avec grand plaisir à vos ordrcs,M.T R.P.,en vous rendant compe de la version arabe du Penlatcuque samarit tin qui c-t à Rome, dans le fameux li itaple ins. . delà bib'io bèqneu'u prince Bnrlieriui. Je remplis d'autant plus volontiers ce devoir, que je ne fais que suivie les len 1res sentiments d'estime et de considération que vos talents et vos qualités du cœur m'ont inspirés. Il est bien juste de vous donner des notices d'un livre, ap! es que \oiis m'en ave/ fait connaître un si grand nombre dans vos savants ouvrages,cl que vous m'en indiquez tons les jours dans la célèbre bibliothèque de Casanate, où vous occupez uu poste avec tant d'Iionnenr, Mais vous me pardonnerez une lettre dont je suis moi même pou satisfait. .Mon loisir divisé entre une foule d'< lue s Sous différents dans celle ancienne maîtresse de l'univers, dans ce pays des Muses, ne me permet pas de m'étendre trop loin, èl il ne m'a point ce possible d'examiner assez à mon £ise ce rare manuscrit, la bibliothèque du prince Bar* bértni n'claiU ouvcrle que (Uux l'ois par semaine, sans compter les fêtes qui tombent souvent dai:s des jours auxquels ou peut y avoir entrée.
Ce fameux manuscrit e-.! un Pimtatcuqne composé de tr<is langues : de l'hébreu, de l'arabe et du samaitiain ; mais d est tout écrit en leUrt s samaritaines connue ayant été destiné à l'usage de ce peuple. Aussi au premier aspe t se irouve-i-on beaucoup dépay é, et li lecture on devient embarrassante pour qum< nque s'est habitué à lire i'nr.ibe et l'hébreu dans leurs propres caractères : c'est comme si l'on voulait don-
ner on h
ee en lettres latines, ou représenter un
ouvrage latin en lettres grecques.
Le manuscrit est copié sur du parchemin en \m volume in-lol. de grand format, ayant à chaque p;ige trois colonnes collatérales. Le texte bebreu-samarilain se trouve à la droite, l'arabe est au milieu, et la version samaritaine à la gauche. Ce précieux manu-
scrit appartenait autrefois à feu le baron de Peiresc, qui le légua par testament au prince François Barberini, neveu du pape Urbain Vlll, ainsi qu'on le lit en lettres d'or fur la couverture du volume, relié en maroquin rouge. Les mêmes le; 1res portent que M. de Valaves, frère do M. de Poiresc, a exécuté le testament et présenté ce Pcntuieuchus BamurUaims TPI- TAtlAOS, ainsi qu'il y est appelé. Sur l'antre côté de la couverture, on voit empreintes- les armes de liarberini et de Peircsc.
Celle anecdote nous annonce que c'est une grande méprise, et piùt à Dieu que pour le bien des lettres et de la bibliographie, il n'y en eût point d'autres! (-'est. «lis- je, une faute dans le Catalogue des mss. de la bibliothèque dit roi de France, loin. I, pag. 50, que d'y avancer que l.i même bibliothèque possède en trois langues le ins. samaritain de Peiresc. Il est. constant que, parmi tous les mss. samaritains que ce sa- \ant homme a possédés, il n'a jaunis eu qu'un seul Peu ta t+uique de celle espèce, comme M. de Peire c le «lit lui même dois sa lelirc au P. Murin {Ami qui t. eccles. oriental. Loudini, 1G82, pag. 182, 183, 186, Coufer. pag. T6S). A l'endroit eue du menu» Catalogue, il est .encore dit «pie le soi-disant ms. TUIGLOT- 'IO.N de Peiresc «si inutile au commencement, et qu'il y manque 1. s premiers 24. chapitres de la Genèse: on devait dire les 5i, qui effectivement n'y sont point. J'ai bien vu les mss. samaritains qu'on a dans ce:te vaste et immense bibliothèque du roi, mais je ne puis me rappeler s'il yen a quelqu'un en trois langues; je du nu; même fort qu'il s'en trouve en Europe un pareil au nôtre. Le P. Murin parle uniquement de celui-ci que de Peiresc lui avait prêté. Voy. sa lettre ( Antiquit. Eccles. oriental , pag. 408 ) et ce qu'il dit dans sa préface à la polyglotte de Paris, où il donne une notice de quatre Mss. samaritains dont il s'était servi, entre lesquels il n'y en avait qu'un e&
LETTlTÊ DE M, JACQUES JOflAS BIORNSTAIIL.
irais? langues ( Cottfer.Morini Exercil. I in Penla- Uuch. samar., piuj. 10).
La faute que je viens de relever est fort pardonnable à Jean Cii! isl. Wolfius ( Biblioth. hcbr. llamburq. 1721, /wr/.II, /)«<;. 47~2 ). Ce sa va ni était à Hambourg el non à Paris, n'ayant point d'aiiiems le ms. devant «.."s yeux ; niais l'< n ne peut pas en dire de même du I'. h; Lo g {liibiioih. suer. ton. î , p«<j. 85, seq. ) ; et c'est penl-è;re de lui qu'est venue tome cette inadvertance CepenUanlil ne fallait que savoir lirequand on tenait le ins. entre ses mains, et ne pas copier les fautes des autres. Quelle foi peut-on désormais ajouter à l'histoire littéraire, lorsqu'une simple lisie de livres, l'aile sur ie lieu, est si fautive? Lutin c'est à Home et non à Paris que l'on doit chercher ce fameux n.s. Mais, par malheur pour la critique, il y manque, Comme nous l'avons dit, une benne partie de la Genèse, el le premier mol qui s'y trouve est 71CSVL (Gen. XXXIV, 22 ). Une nuire main postérieure a cru devoir remédier à ectic grande lacune, en écrivant en syriaque les mêmes 3-4 chapitres sur ùu papier ordinaire, ce qui fait ici une étrange ligure. Ainsi nous n'y avons rien qui regarde les fameux points de la chronologie mosaïque. 11 est encore défectueux par-ci par là en bien des endroits, de sorte qu'il y a de quoi déplorer le sort de celte pièce unique.
Mais lâchons de nuis donner, M. T. P». P., quelque chose touchant la date du n:s el le lien où on l'a copié; l'un et l'autre se tiouvcnt marqués en trois cndrots, je veux dire, à la fin de l'Exode, des Nombres et à la dernière page du Dt .uléronomo, par où finit le ms. Dans les <\ca\\ premiers endroits de ces livres, on trouve une même date désignée par ces paroles (en caractères samaritains ) : El cela (a été écrit) dans le mois de rabié second, l'an G24 du règne dlsnwèl. Les Samaritains, ainsi que les Juifs, indiquent, par ces dernières paroles, la fameuse ère de l'hégire ou de la fuite de Mahomet, considéré comme descendant d'Ismaël. Or, l'année C2î el la lunaison de rallié, second répondent au mois d'avril de Tan 1227 de l'ère chrétienne; ainsi ce rus. a actuellement un âge de 5 H as. s. Oa y lit encore que ce Penialcuque a été écrit à Damas pour l'usage public de la synagogue des Samaritains de la môme ville. Riais une dif- (i ni c qui vient de la manière dont la date est marquée une troisième fois à la tin du ms., est si grande (use le P. Morin n'a eu garde d'en parler. Il y a 20 vers ou rimes en hébreu ; quoique je les aie tous cop es, je n'en traduirai ici que quatre, qui contiennent la date, el dont le sens est qu'i/ a été achevé avec l'aide de Dieu, le lundi qui était le 14 du mois (jiumadi second, qui répond au 24 du mois de tliantuz, fan *p * m ' DV> : nombres qu'il n'est pas aisé de déchiffrer. De quelque façon qu'on veuille tourner, additionner et arranger ces lettres • p * HV 21 ' " , on ne les fera jamais accorder avec la date donnée ci-dessus, ni même avec quelque autre ère des Samaritains, dont il est parlé (Acla lîrudiionun, Lips., tom. X, an. i 091 , pacj. 107) Je ne sais pas trop quel nombre peuvent désigner les moines lettres chez les Samaritains ; je devine seulement que c'est 887.^\insi ce serait le 14 du mois de giumaûi seoond, qui répond au 24 du mois de ihamuz (ou de juillet) chez les Syriens, Tannée 887 de l'hégyre , c'est-à-dire 1482 de Jésus-Christ. Lu ctfel le mois de ghunadi second lombe,dai;S la dite année, au moisde juillet : cela confirme assez ma conjecture. Mai>qui e l-ee qui pourra accorder la même année avec l'autre désignée deux fois (Sans ce ms ? Idem jungal vulpes, el mulgecl hircoi. L'on pourrait dire aussi que les rimes hébraïques ért question .l'uni, ni rime ni raison. Mais après y avoir bien réfléchi, j'ai trouvé dans le ms. même un moyen de résoudre celte difficulté. J'«»i de bons arguments qui nie font entre que les damiers fetul- 'el- du Deuténmome sont ta, iécé> d'api è-. un nuire ■j, , postéri -tir de deux siècles et demi a noire Pen-
laicuquc samaritain. Il serait trop long d'en produire les preuves : je les réserve pour une Mitre occasion. ie viens, M. T. R. p., à la version arabe nui mente tous les égards par bien des titres. Elle «>' Cte connue jusqu'à présent qoe par certains mots qi: uisieieun cites dans ses noies sur les versions sauntri tmnes, rapportées dans le lîe tome de la PolvMotte de Londres, d'après le ras. dTssérius, qui est actuellement dans la bibliothèque bn.lléiemte ( Vc voz C7/talocf. mss. Aiujliœ. Oxouii, 1697, p \, Vaq. 156). \ juger des phrases qui en sollicitée*, celle \crsion e>i la même que celle de noire trilaple. Elle ofl'-e cerf » dam qmkjues variantes. Par exemple, le Ms. thj serins rend n7>u, Gcnès.
Sulomo.