‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 124 sur 157 · XLIX · texte numérisé non relu

XLIX

ie remarque Ca -i<

ie »is. n ijs- 10, par JNC^D, comme ie remarque Ca H [hc. cit.). Ma s le nôtre p rie ÏIpnnDP, bigm* Mo, eu irau\u> saut de la manière suivante : •*y& i6 l\on ccsrabh bacutut tel ramus a Judn , et cr.Hnaus (tel prafeclu* ) a ve.rillis (jus, douce reniât diynm iilo , cl ad Muni ndscHsCeulnr pèputi. On voit que notre inlerprè e suit encore ici comme partout ailleurs le texte héi)ic;i -amarilain, qui porte dans cet endroit y>bxr ve.vili.-i ejus, et innp\ ;u lieu que le icxie des Juifs a TOI, pedibus ejus , Cl mpf» : mais la ver.- ion samaritaine imprimée lit IIYVp.

Je n'ai pas besoin d'avertir que la version arabe a étéïaile immédiatement sur le texte hébreu samaritain, et qu'elle conserve fidèlement tomes les d l;érenees qui distinguent ce Penta.teiiquc de celui des Juifs. Elle s'attache si scrupuleusement au texte, qu'aillant de mois il y a dans une ligne de l's r giual, autant en trouve-t on qui y répondent dans ]i ligne de la version qui est h côté. Il faut touten is en excepter certaines (articules dont abondent ph s ou moins l'un ci l'autre de ces dialectes. Par exeinj le,on a en hébreu l'PN, nota objecii , ce qui csi imouuu aux arabes : ces derniers se servent au contraire de la pariicule i-^,qui désigne le vocatif dont mu qu-nt les premiers. A cela prè>, l'arabe, qui occupj la colonne du milieu, entre le texte hébreu et la v<r-ioi samaritaine, répond mot pour mot, ligne ponrlL-m et période pour | ériode à l'original, ainsi (ju'â la version samaritaine, tellement que ces trois textes placés coliaiér.il'inenl dans la même page, prennent un u êiric espace, el y marchent d'un pas égal. Aissi nul c version arabe est el'e tiès-lidèle cl littérale. Elle a encore de la clarté, cl développe fort bien ce qn'.l peut y avoir d'obscur dans le texte hébreu. J'ose même assurer que je n'en ai jamais vu une meilleure Lile diffère considérablement de toutes les versions arabes imprimées que j'ai lues ; et je ne sais ce qui a déterminé Wallou( i'rolegom. in Polyglct. XI , num. 21) el Edmond Casiel ( Animadvers. samarit. in Gènes. XLIX , 54 ) à dire que notre version se rencontre presque toujours avec celle du juif Saadias : car si la version arabe, imprimée dans les Bibles polyglottes est de Saadias. je dis qu'elles distant totocœlo el solo . il ne faut qu'en lire une phrase dans Tune cl l'autre pour s'en apercevoir.

il ne m'a pas c:é possible de découvrir la version ardie deSaaUias, impiiinéecn caractères hébraïques à Conslanlinople en 1^40, in- fol ; ainsi je ne puis dire si elle diffère de celle de nos imprimés; mais on n'ignore point que ce Juif aimait à paraphraser le icxte,cequiesl entièrement opposé à la maiche de notre version, qui a un mérite Supérieur à toutes cel- 1. s de l'Orient, en ce qu'elle s'attache à la lettre et • qu'elle mesure les mois de son original. Elle le suit avec tant de fidélité, qu'une concordance tirée de ses propres tenues servirait merveilleusement à voir le paraféiisme qi'il y a entre ces trois dialectes, el formerait un glossaire ou une phraséologie harmonique; car elle emploie ordinairement les mêmes mots qui boni dans le texte hébreu. Mais si le génie de

0!7 AU n. P.

chaque dialecte l'on empêche, on la voit se servir d'antres lermes. Par exemple, quand le mot hébreu ^"OXJ signiiic simplement audivit, notre version le retient. Lorsqu'il y a dans son texte, ?N VCX2, anscnltavlt, Gbsecntits est, comme Genèse, XXX1V.54, etc., elle le traduit par pN"D. qui a la même signifb alion. Ainsi elle rend î"lN"l, vidit, et ~NTt, osteudil , par les mêmes mois. Mais si ce verbe est au passif, ~N*"0, rhns est. apparaît, elle le traduit ordinaircmcul par 'fep. Cela monlre qu'elle apprend admirablement I ru les différentes nuances de ces dialeeles; car, qucvqu'ils soient dans l'origine une même langue et qu'ils aienl les mêmes mois, ils les emploient néanmoins quelquefois différem nient pour en former certaines phrases selon l'usage de charpie nation.

J'ajoute encore eue notre ver- ion arabe peut beau-

•conp seivir à éelaireir la géographie des pays, ainsi que riiistoirc naturelle, et à représenter avec fidélité des usages el des couinmes de l'Orient Par exemple

■ c,\\> a traduit ces mots de la Genèse, XXXYU, Un, UnVkTGRZi TVD^', par une caravane d" ismaélites ou d'Arabe* \ ce qui fait allusion à l'ancien mage, pratiqné encore de nos jours dans ce pays, touchant la manière d'y voyager eld'y trafiquer: ce mot, qàfilet, é:ant précisément un terme propre aux Arabes, pour indiquer leurs caravanes ou une troupe de gens qui voyagent ensemble avec leurs chameaux et (oui leur train. Celte version explique aussi très bu n les mots (diseurs, comme Genèse, XXXV, 16, yiNTnma, termes qui y sont traduits par environ iine parasange du pays, etc., d'où Ton voit que notre interprète n'a point pris le 3 pour une 1. me. radicale, ainsi qe.c l'ont prétendu quelques philologue*, el qu'il

se sert du mot *"pTD, fort usité en Orient, pour marquer une certaine petite mesure de chemin. H rend encore les termes, Gci;èsc, XXXVI, Vt UfQVTTKHSQ par:»'/ découvrit des géants. Moïse les suppose déjà connus; la version représente ici l»ès-fidèlemenlson texte original, qui n'a pas D)?n , ainsi qne le portent les exemplaires des Juits, mais Q^NH, qu'on lit, Genèse, XIV, 5, et Dculéronnme, 11, 10. La version samaritaine, a WQ\N au même endroit. Il est inmile de discuter laquelle de ces deux leçons est la meilleure; ce que vous en avez dit vous même, AI. T. \\. P-, dans vos savantes Kcchcrchcs sur l'époque de l'tuuitalion {part. Il, pag. 252, suiv.), en expliquant ce passage des EMIMS. peuple d'une ligure gigantesque, s'accorde parfaitement avec notre version. D'ailleurs ne devrait-on pas préférer toute leçon qui donne un sens plus clair, qui s'ex; lique d'ellemême, qui n'a point de difficultés ni d'embarras, cl qui h s fait tout d'un coup évanouir? Ce? I ce qu'on v< it encore an même chapitre, vers. 2, où notre interprète arabe suit son texte hébreu-samaritain , qui porte : ^TOX p H3Ï, leçon analogue au verset -24 du même chapitre. La version arabe s'attache également à son original {lbid.,vers. G)et traduit : cl ils'en alla da pays deChanaan, de la présence de Jacob, son frère.

Quiconque n'est point préoccupé par l'esprit de svstcine. voit aisément laquelle lcç<>n de ces trois endroits que je viens d'alléguer, forme le meilleur sens, et convient mieux avec le contexte.

De quelle utilité n'cst-elle pas, notre version, pour éelaiicir les termes équivoques, en fixant la leçon d'un te « te, quelquefois incertain à cause du la diversité des points-voyelle* qui en varient le sens? Par exemple, le mot HX7 (Genèse, XLlX.verscl 4)a été lu et ponctué par dvnx kamels sous ses deux premières radicales; el l'on a traduit, asceudil, avec une obseurité étonnante. Aucun interprète ne s'est douté qu'il fallait substituer d'autres voyelles à ce terme hébreu; mais notre inducteur arabe a prévenu celle ohscuri'é, en rendant par N1VNX ascende us., version qui dissipe tous les nuages. Elle a In Ole au participe, avec un kbolem ( • ) sur la première radicale, et un segol ( •' ) sous la seconde; manié! e de iire qui esi "ta

FAimiCY. 9! 3

seule véritable. Comme ce vetset a de la diff culte en hébreu . je vais en n cire toute a traduction : rabe : Quidquid Itattscris cqua',uon cxcet'es rçuwascendî&licHbile pairis lui, tune continutasii (vel allcrasti), Ucluui viettm ascendens.

Il est nécessaire d'obseiver qne le 'cvlo bébrorn samaritain commence ce ver el par ces (cru es ÏTrp£ 0*123. au lieu (pie l'hébreu imprimé port:- D*533 TïTS; Pour bien saoir le S'ils de e- p:.Ssa/-0, il I; ul h<;uiconja d'érudition orientale, ne | oint 'cm re ce (pie c'était eue boire ou hunier de f tu ci ez les or émaux, el savoir le rapport qu'il y avait mire tnaéiler au trône et nioufrr sur le lit du prédécesseur Ce nY I pas le lieu de nré'omlre ici sur ces usages auxquels le patriarche l'ait allusion : je m'attacherai simp'omei ( an sens du passage, en le pendant de la manière suivante : « Knben, vous êtes mon premier né, ma force et le commencement de ma vigueur, illustre par |q degré d'élévation, illustre par la g'oie ; nennls'ant que vous avez bu de l'eau, c'est-à-dire, nouéus!: u) qne vous vous êtes introduit, dans ma e- itc'.m p »tuvous assurer la surcession, von- te von éè eiez point : quand vou> avez monté sur le lii de votre pè e, Vous avez changé el rend i inutile votre droit de prééminen<o : ce que vous avez cru pouvoir ^:;s aider, c'est cela même qui vous a perdu. »

La version arabe traduit souvent l'hébreu autrement que la versi n samarita ne : ce qui prouve loup m s plus qu'ill • a été faite immcU alemeul snr l'original, et non point d'après la même vetsi m Par cxemp'e, au \erset 11 dudil ebapitic, elle iradu l HT7 par le même mot. îY^V , nnhimn suant , pendant que l'interprète samaritain part* niYlp, wgrini sttum ou oppidum, séduit par l'autre si, n Iteatiôn du mot "ï>y, ville.

Notre interprète traduit éga'e • eut "DN O; par les mêmes mots arabes, npZ^riN ^"2., (ilios ou put loi nsini sni : quoique la ver-ion >amari.tarne se ^r c ici des termes r\ZT£.*j *3îl, (ilios rofeertssut, et ^u'ellu s'éloigne par là de son ongMe.d, qui a d us notre ms. Tin^ 121 : ce qui est nne variante. Il est même uèsremarqu tb!c (\ue notre version arabe explique ce mot jîï'N, dans le verset 24, par un autre, que le sens et

le contexte exigeaient, savoir, ru^bj», durit'us ou rabur, el peut-cire hnubus.

Pour faire sentir la grande analogie qu'il y a entre l'hébreu et l'arabe, ainsi une von- l'avez déjà icmarque, M. T. U. P., (vol. I, pag. 1 G-4 ; vol. Il, pag. 158, 251,suiv. nol.). je vais donner la trailuclmn lit érale du 11e verset de notre version : Lœlatur in v've usinas ejus et in pahnite pullus asini iUius : lavai in vino vestes» suant, cl iti nmsto ( vel steco uvœ) induit entum suuut. Celle version ne diffère ab-olmnenl du lex Lî primitif que dans le premier mol, qui porte dans le samaritain HlCN, terme que notre interprète arabe a rendu d'une maniè'C fort singulière par TSiy* , ln>tatur ou liilaris est : mais je croiiais qu'il y a dans noire ms. me faute de copiste, au lieu de "àl~\i . ligalns est. Quant au uVrtrigr mol, le texte samaritain porte TTITOD , terme qui eorresp< ml à celui de rjrâ.3 palliant ou iudntnentuni muni, comme a lu i'inlerpjèle arabe.

J'ai observé que la même version <!e suit pas les fautes de copistes , et nous venons de le Voir d ms le mot }rv>N du vcrseï déjà cité. En voici un autre e\em- / plu : (Jei èse XXXVll. 50. le ms. a en hébreu: • K2^2N n^n *):ni ; mais il y a d.u.s n ire ver>ioii arabe : l'A ijuorsttm ego mniens? ou Q«o vadamTQiïo nie venant? Preuve que rUTT, cece, est une faute' de copiste, pourrON, quo ? ubi? com.n.c pot lent nos Bibles liél'.raiques impi imées ; et ce terme est àhsufiiuteftt le même que ^N dans notre versio i.

En s'ailaciianl ainsi à la lettre, notre in'erprèle sert à distiugmu* les vraies variantes tjcs erri urs in liod'jites par les copistes. Si M. le docteur Kcnnicott avait consulté notre version dont on trouve des

exemplaires mss. dans la bibliothèque budïéienne, il

n'aurait jamais été expose à do si vifs reproches de ta pari de K-Utenr d'une brochure intitulée : Lettres '* .1/. Cabbé de ***, ex professeur en hébreu en l'unijrsité de *** «m S. liemucotl, anglais, etc. A Rome, el se trouvent à Paris, 17 71. M. Kennicntt n'aurait point pri. assurément îTTW, dans la version samai ilaini^ (Ik'iilér.. XXXH1,2) pour me preuve de variante d MIS l'original hébreu : il n'aurait point dit «pie ce dernier texte portail autrefois "W, lumen, an lien de HT, lex, terme qu'ont les imprimés; eaiHT.N en samaritain signifie toujours loi, et a la même mrgiïiû <|ite min en" hébreu. D'à 1 leurs ce mot ne se rend jamais par lumière chez les samaritains, qui la nomment VU en leur langue. Mais l'auteur des lettres; qui crilupie vivement M. Kennieott, tombe dans des écarts également répréiiensibhs , el pour expliquer (p. 92, suiv ) «piatre termes de la version samaritaine, il l'ail loul autant de fautes contre la langue et la grammaire.

Pour le bien du dialecte samaritain, il suffit de faire observer à M. Pcx-prnfesseur en hébreu, I* que selon l'analogie de cette même langui-, l'allixe n né désigne pas toujours le féminin, mais qu'on remploie encore pour le masculin : ce qui arrive aussi dans les langues ehaldéenue, syriaque et arabe; 2° que ya en samaritain n'a pas d'aune signification que celle de feu, et non celle de lanterne; ô° que îTO* siguiiie ij loi, el non le feu ; 4° que yb doit s'expliquer pour cuxr comme s'il y avait ]".!;?, parce que cette conlrac: on <;sl très usitée dans l»s dialecte samaritain. D'où il est fac.le de voir quecciicsiguilicaliou est bien différente de celle de loger, comme on la lui donne dus les lettres de Pcx professeur; 5° enfin, qu'on explique fort mal le samaritain par la seule grammaire hébraïque, el «pie l'auteur des dites lettres a eu lort de tourner en ridicule ia version samaritaine, en traduisant: Elle loue dans su main droite une lanterne ou un feu de lumière. Le ridicule ne tombe que sur l'ignorance. La version samaritaine est ici très.-exa le, ei rend fidèlement s mi orgnd hébreu, 1C} mrVft I^D'D,

par autant «le mots samaritains : pVrrTW TU flPïSPO. IJ lient dans se. droite un feu de toi pour eux, c'esi-àdiiv, Dieu donnant sa loi, se présente au peuple avec majesté, lu fondre à la main.

Il est fâcheux «pie je ne pu sse pas eiler ici la version arabe de notre ms. J'allais hier, plein d'espérance, à la bibliothèque Marbei iui. pour y examiner ce pa sage ; nids quelle fut ma surprime de trouver «pie «•e s ni leuiilet , d'où j'aurais pu appuyer mes considérations, manquait à la lin du Ueuiéromine depu s le chapitre XXXll, vers. 11), jusipi'au XXXIII, vers. 15 ! Je n'ai pu voir aussi Comment la version arabe avait rendu le mot ^ïïH, chapitre XXXll, tï, terme qu'on traduit oi dînai, eiucnt par scintilla, prima, curbo, mais que le fameux Stlichaëlis de l'académie de Goitin.ue prétend signifier avis, aies, dans un savant ouvrage allemand sur les moyens «l'entendre ia langue hébraïque. La version samaritaine imprimée retient le mol *]£' 1, de sorte qu'elle ne «lécide rien.

Ce n'esi p:is mon objet de venger la version samaritaine : je «bus uniquement m'allachcr à montrer combien il importe de connaître la version arabe, pour prévenir les méprises «pie je viens de relever en 1 assaut, el pour décider si les prétendues variantes «pie l'on lire de la traduction s-am irilaine sont fondée-;.

Comme h: Samaritain <:.il une langue morte , je veux dire un dialecte syriaque qui est perdu, on ne pont pas è.re sufiisamun-nl assuré des véritables sigmiicatons des mots el des phrases qui lui sont propres. L'arabe au contraire est une langue vivante; elle csl très-cultivée de nos jours, «:l il n'y en a aucune dans l'univers qui soit aussi riche en termes comme en expressions. Mais ce <|ui augmenté iniinimont le prix «le notre version , c'est qu'en rendant sou texte avec loutc la fidélité possible, elle csl encore beau-

LETTRE DE M. ÎACQLES JOiNAS BlOIïNSTAli!

coup plus littérale que la version samaritaine. On a cependant jugé celte dernière version représenter si bien l'original, qu'on n'a i as cru devoir en faire, dans le< polyglottes, umi traduction latine , différente de celle «lu texte hébreu-samaritain : !• s différences eu sont cependant bien sensibles.

Du reste, notre version arabe , quoique littérale, rend mieux les henraïsines «pie la version samaritaine. Je vais vous en apporter un exemple. Genèse , XLIX.22 l«;:exl»î hébreu-saoïnritainde notre ms., qui diffère dans deux mots «le l'hébreu imj rimé, porte :

TO ïV; rfn m p *bs iy& p *p ma n

Voici comment notre iulcrpréle rend ce jia-isa-e- Humus fructifer, Josephns, runius fruclifer ad fonten est films meus, parvulus ille mens sunra niurum, i. e quanlumvis parvus, tamen murum S'tperat.

La version samaritaine suit ici littéralement Phé breu, mais sans expliquer Phébratsin.e,

td iVyrynn ns pv Wr; r\mj: -n rpp nnv-s -a

le mol hébreu p y éam traduit par celui de "12 , ce qui laisse subsUier Phcbraïsme, que l'arabe a cependant reudu.jcomiue on le voit, par le terme de rumus.

Vous voyez par là, mon révérend père, qu'on a tort de dire que celle version samaritaine donne dans ce passage une double signification au mol 1TJ, je veux dire de mur et de voir; car du moins, «lans noire ms. elle n'a rien de plus queson original : je n'ignore pas to t tefois «pie cette version ufficdes variantes et surtout dans notre lrilaple,où, <:n quantité d'endroits, elle diffère d'une manière étonnante «le la veiSinn samaritaine imprimée, par exemple, Dcuiérou. XXXII, 4, 5, 11, 14, etc.

Mais il est «emps de dire qucl«|uc chose louchant l'âge auquel notre version arabe me paraît avoir été faite : ce «|iii n'est pas facile à «lécrniiner. D'à «>rd il s'agil de connaître quand la langue arabe 'devint le langage vulgaire i\c^> Sain 'nia us. Nous savons «pie, du temps mènrj <I«î Mahomet, il y avait «ié,à ih s Samaritains dans PAiabie, qui sansilontco'e.uptoy ié+t pas «l'aune langage que relui <h pays. Yoyc î' erre Alphonse, "qui de juif se lii Chrçli ■•n vers ia lin «lu onz éme s ècle ( Dialog. contra J admis, lom. XXI, lïiblioih. l'air, pag. tlfj). Les Sam rii.i.ns oui ,ou« jours eu l'usage «le traduire leur IVn.aieiique «lans l » langue qu'ils parlaient communéme ai. Aussi P-mt-ils tradu l anciennement eu Samaritain ; el il y a loin in u de croire qu'ils en avaient la t une version greeque, d'où ceux des Pères qui ne pouvaient « «insulter ni l'hébreu, ni le sainar.lain, nmo.il pris probablement les diversités de leçon qu'ils en cilent dans leurs ouvrages Vous ave/ vou -même , M. T. lî. IV, :p uyé sullisainnieui celle assertion dois ia première parue de votre ouvrage. Monve ux Eclaircissements .sur t'uri' gine cl le l'enta euaue des S iinaritains, pur un bénéiiiclin, Paris, I7t>0, />««/. "lo\, suiv). Or pourrail-on se rc<» fuser à cru re qu'ils en avaieni i u d même en Arabie? Le zèle qu'ils témoignent et qu'ils oui toujours lémo gué pour la loi «le Moï>e leur perinell il-il de ^e passer pendant lougteuips d'une telle Ira iuenoii '/ Je ne vois d ne rien qui imu- empeeue de regarder cette excellente version c mun • d'une gamleaniiquité. l'eul étrea-l-t Ile été môme un de- prem ers ouvrages «pu OUI été faits en langue aiahe. Je n'y ai encore rien découvert «pli ail «lu rapport au inahoiétisnie, ou «j d tienne du style de PAieoran. Si jamais on vient à publier cette ver-ion, on pourra Pexa* miner de plus près , el juger avec précision ta question que je ne l.ds ici «pie loucher. Je n- crois point qu'on me fasse un procès louchaiii le mol pj^TWlont s«' sert noire version pour Ira du ire Vff, Gen.,XX.vVllt 23, comme si le même terme ne se trouvait adopté que par les médecins arabes depuis qu'ils commencé* renl à traduire les auteurs grecs, c'est à-dire, au temps des Khalifes ommiades, qui protégea eut les lettres. La thériaque ctail connue bien avant celte éo'uue, puisqu'Andromaque, médecin de Per.Uie-

VIE DE PEZBON.

reur Néron ,. en esl regardé comme l'inventeur.

Je sais que YVol'ius {Hlbliolii. llebr. part. H, pag, £55) et d'antres savants disent mie colle version arabe a été l'aile d'après colle du jnil Saadîas Gaon , rç»i ne fut composée que vers le dixième siècle. M. Simon (Hieromjmma tantla fuie, Uespons. ad Voss. pnq. 62) va même plus loin. Il soutient que les Samaritains et les Juifs s'étaient servis en commun de la version de Saadia> jusqu'en 1 i GO, temps auquel il fixela date de noire version, qu'il attribue à Âbuzaïd. Mus celle opinion, ainsi qu'une foule d'autres de ce savait*, n'est point fondée. Comment se pcrsuadera-l-on que les Samaritains eussent voulu se servir d'une version composée par leurs plus mortels ennemis, qu'ils o.:l accusés et ne cessent d'accuser d'avoir corrompu la loi do Moïse? Pourraient-ils lire la paraphrase d >î Saadias, eux qui s'attachent si scrupuleusement à la lettre du texte. Est-il bien probable qu'ils aient laissé passer plusieurs siècles sans avoir les livres de Moïse, traduits dans une langue qu'ils parlaient habituellement, et qui était peut-être la seule qu'ils entendissent? 11 y a sûrement bien plus de vraisemblance de croire que Saadias lui- môme avait profité de la version arabe des Samaritains, qui depuis longtemps se [rôtiraient déjà établis dans l'Arabie. On a beaucoup raisonné sur cette version depuis plus d'un siècle, sans trop la connaître, il serait bien temps iVcn venir au fait, en encourageant quelque homme do lettres à la tendre publique, pour savoir enfin à quoi s'en tenir. Oseï ions-nous espérer que MM. les Anglais rendront ce service à la république des lettres il y a en Angleterredesmss.de celte version, qu'on pourrail eollatiouner avec notre iritaple, et suppléer par cette voie de collation à ce qui peut manquer dans l'un ou dans l'autre dcsmss. : ainsi l'on aurait la version complète. Mais ne nous attendons pas à voir jamais imprimer dans notre siècle le tritaple mis. samaritain du prince Barberi ni. Ce serait sans doute une magnifique bibliolhè jue samaritaine, inities plus beaux présents qu'on pût fore au public éclairé; mais il n'y a plus ni deXimenès, ni de le Jay, ni de Wallon. Duinoins puissions-nous avoir la version arabe, parce qu'elle est très peu comme; plût à Dieu que j'eusse moi-môme un ms. de cette version ! Je n'aurais rien de plus à cœur que de la publier pour la soumet re au jugement de l'Europe sava te; il faudrait donner ce même lexlc en caractères arabes, el imprimer la version samaritaine en lettres syriaques, parce que l'une el l'autre de ces deux langues forment presque un même dialecte.

Quant aux lettres samaritaines dans lesquelles est écrite notre version arabe, je crois devoir dire un mot louchant la manière dont on a pu la transcrire dans ces caractères qui ne sont qu'au nombre de 2~2, ainsi que ceux des Juifs, au lieu que l'alphabet dés arabes est composé de 2S lettres. Les Samaritains ont faii à cet égard comme les autres Juifs de l'Orient: comme les Syriens, qui se servent tle leurs propres caractères, qu'ils appellent CARSCIIIUN, quand ils les destinent à écrire des livres composés en langue arabe : dénomination, ainsi que le disent les S\ riens, prise d'un certain CARSCiiSUN qui, le premier, employa à cet eil'etles lettres mêmes de l'alphabet syriaque pour

faciliter à ceux de sa nation l'intelligence et l'usage de la langue ara!);;. Voyez là-dessus MM. As>émani , ( iblioih. apoal. vulic. codd. mss. Catalogua, part. 1, tom. Il, cod. 10, pag. 25. Ce que le savant M. Bjorustahl dit touchant l'âge de ce ms. détruit entièrement l'épigraphe laline qui esl à la lèle du même iriiaple. On y assure positivement tuic cet exemplaire a éié écrit vers le VIIe sièele de notre ère Si le P. lîianchini eût lu les dates que M. lîjonislahl a tirées du ms , il n'eût point cilé ( Evungeliarimn quadruplex, tom. II, p.ost. fol. SOI et fol. G2Ui cette noté latine en preuve de l'antiquité du tritaple samaritain ; au m oins aurait-il dû nous avertir qu'elle ne mérite aucune foi.

Dans plusieurs endroits de nos mémoires, nous avons fait observer à dessein combien saint Jérôme avait de secours pour les travaux qu'il entreprit en différents temps sur les textes originaux des divines Ecritures. Voici un passage qui confirme nos remarques : El quoniam largicnle Domino mullis sacrœ Bibliof/iecœ codicibus abuiidumus. S. llieronym., Epist. ad Floreniiiim, Oper. loin. IV, part. Il, edit. Bénédictin., Paris, col. 6.

En parlant de quelques Pères des bemx siècles du christianisme (vol. I, p;ig. 5,V2, suiv. ), nous avuns dit qu'ils reconnurent dans noue original hébreu tm caractère d'autorité et de \ crue, rien moins qu'inférieur à celui des versions mêmes. Nous aurions pu ajouter, pour donner plus de poids à ce sentiment, que, dans les églises de Syrie, les Ecritures hébraïques furent si respectées, qu'on les lisait dans le service public jusqu'au temps »lc S. Ephiem, comme l'assure Al Taeriti, écrivain syrien, el dont le savant Pocoek rapporte le témoignage, Prœfaio gênerai. Comnieuiario ejusd. in propheliam Joeîis ex anglico laiine, L\psiaV, 1CJ5, ptM'inissa, pag. G.

Mais je vous ai sullismnmenl entretenu, M. T. R. P , sur ce qui concerne noire version . Manum de tabula» J'ai été p'us long que jî no me l'é ais propo é. En voilà plus qu'il n'eu faut pour faire souhaiter qu'on ne soit pas privé davantage d'un ouvrage si excellent. Il est bien Clou liant qu'une \ersimi du Peulaleuque, qui s'a tache avec lautde justesse à expliquer la f..rce et la propriété tics mots hébreux, ci qui mériterait d'é re imprimée préférablrmenl à toutes celles (pie nous avons dans mis polygloi.es, qu'une version, dis-je, si rate el si digne d'être lue, restée munie ensevelie dams la p Minière des bibliothèques.

J'ai l'honneur d'être b.eu respectueusement, avec tous les sentiment- d'estime, de considération el de la plus tendre amitié,

Mon 1res révérend Père, Voire très-humble cl très-obéissant serviteur, Jacques-J n.vs BIORNSTAliL.

A Rome, iG mai 1771.

PEZRON (le père paul), né à Hcnncbon en Bretagne, l'an 1659 , se fil bernardin dans l'abbaye de Prières en 1GG1. Il fut reçu docteur de Sot bonne en 1682, cl régenta ensuite au collège des bernardins à

Paris avec autant de zèle que de succès. Son ordre lui confia plusieurs emplois honorables, dans lesquels il fit paraître beaucoup d'amour pour la discipline monastique. En 1G07, il fut nommé abbé de la Char-

t)23 paEF

moie ; m ri ïs son amour pour l'ctiuîc rengagea h donner, en !70"), la démission de son abbaye, dont il ne se réserva rien. Il s'en'erma alors plus (pie jamais •is s;ni cabinet , et s'y livra au travail le plus assidu ci le plus constant. Ses occupations affaiblirent sa santé, et il mourut à Cïtessi, en 1 ~0G , à 07 ans. La nature l'avait doué ti'tmo mémoire prodigieuse et d'une ardeur infatigable. Sou érudiiion était profonde. On a de loi : un traité intitulé VAutlquilé des temps rétablie, t G87 ,io-4". L'auteur enfrepreud de soutenir la chronologie du texte des Septante , contre celle du texte hébreu de la Bible; il donne au monde plus d'ancienneté qu'aucun autre chronolngisie avant lui; un gros vol. ht-i", 1091, intitulé : Défense de l'Antiquité des femps, contre les PP. Manianay et le Qu'un, qui avaient attaqué cet ouvrage par des raisons so-

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