‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 127 sur 157 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

uiio suite des princes on tréiarqucs, successeurs d'ilérodc, avec nue lisie des cin(| premiers gouverneurs de Judée , et de eenx qui ont commandé dans la Syrie, durant l'espace de trente-trois ans. Ils auront à leur tète les deux empereurs Auguste et Tibère, avec les noms de tous les consuls, parce que ce sont eux qui marquent le temps.

Cet ngréahlc enchaînement de faits et de personnes compose tout le corps de celle Histoire, que j'appelle evangélique ; parce qu'on y voit en détail le premier établissement de l'Evangile de Jésus- Christ et de la religion des chrétiens. Je l'ai réglée en forme d'annales, à l'exemple de ce grand homme (le Cardinal Daronius) qui nous a donne en latin celles de l'Eglise. Si les miennes sont plus diffuses et pl:;s étendues, c'est parce que je n'ai voulu rien passer (le tout ce qui est rapporté dans les évaugélisl>'S, soit pour l'action, Soit pour la morale. Je fais môiucqm Ique chose de plu-, ne imrnqunhl presque jamais 'de développer !c sens de la lettre, quand il est de quelque importance, ou qu'il formé dans l'esprit quel pic difficulté. Ainsi on aura dans CCI ouvrage une histoire véritable , mêlée, sans embarras, d'une espèce de commentaire, qui ne sera pas tout, à fait inutile. Tout cela n'a pu s'exécuter sans un travail assez pénible, que j'ai néanmoins porté avec plaisir, par la consolation que j'ai eue de méditer les grmdes choses que le Fils de Dieu a bien voulu faire pour le salut de l'homme. Celles qui rcuîermenl des mystères, ne demandent de nous qu'une foi humble cl soumise ; mais pour les laits hisiori pies .auxquels les impies et les superbes Veulent donner atteinte , je lâche partout de les soutenir. Je ne sais si j'ai réussi , principalement en Certains endroits qui ont toujours paru difficiles: si cela e.^t , toute la gloire en est due à celui qui est

le Dieu de la vérité et le père des lumières.

J'achève la préface en priant le lecteur de vouloir bien jeter les yeux sur deux petites dissertations, mises à la fin de cet ouvrage. La première c>l sur l'aimée de la passion du Sauveur. Je prouve parla tradition d'un grand nombre de Pères, et par la vér lé de l'histoire, qu'il a é:é immolé sur la croix dès l'an 29 de l'ère commune, sous le consulat des deux Céminus. El l'on voit ensuite que ce Sauveur n'a mis que trois pâques , c'est-à dire trois ans commences, à remplir le ministère de son Evangile. Dans la seconde dissertation, je tâche de concilier saint Jean avec les trois autres évangélistcs, touchant la pâque du Seigneur. Tour cela , j'entre dans de grandes recherches de l'antiquité judaïque , et de celle des Grecs , qui ont eu comme eux des mois lunaires. Je f.<i> donc voir (pie, du temps de Jésus-Christ, les .luifs célébraient la pàquc deux jours consécutif;, comme ils font encore aujourd'hui, par une coutume trèsancienne , reçue de leurs pères. Mais je montre do plus , nar des preuves certaines , qu'en ce temps-là ils avaient des cycles pour régler les mois ci les léles; cl que ce n'a éic que vers le temps de la Mi. ne et du ïalnuul, qu'ils se sont réglés sur la phase.

Je peux m'èire trompé parmi tant de faits que j'ai rapportés dans ces dissertations cl dans mon Histoire. C'est là le propre de l'homme: il tombe souvent dans l'erreur et commet des fautes, lors même qu'il croit avoir trouvé la vérité, ou quM la recherche avec plus (raideur. On me fera plaisir de in'averlir d-s miennes, on même de le* relever ; pourrit qu'on le fasse sans aigreur cl avec celte modération qui est le fruit de la charité. Qu'on dispute et qu'on s'échauffe tant ipie l'on voudra, sans elle on n'entrera jamais heureusement et solidement dans la vérité.

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