‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 129 sur 157 · ISTOIRE É Y ANGÉLIQUE · texte numérisé non relu

ISTOIRE É Y ANGÉLIQUE

exact sera comme un van, qu'il aura à la main, et dont il se servira pour nettoyer son aire, qui sera son Eglise, dans laquelle il séparera la paille du bon grain, c'est-à-dire, les innocents et les justes d'avec les méchants et les hypocrites. Un jour viendra qu'il assemblera ceux-là comme d'excellent blé dans ses greniers célestes : mais pour ceux-ci, il les jettera comme de la paille dans un feu qui ne s'éteindra jamais. S. Luc après avoir, ainsi que S. Matthieu, rapporté ces paroles, assure que Jean Baptiste disait encoreau peupleheaucoup d'autreschoses danslesexhortations qu'il faisait : Multa quidem et alia exhortant evangelizabat populo. Quelle joie et quelle consolation ne serait ce pas, si nous avions aujourd'hui dans les Livres sacrés toutes les paroles de vie qui sont sorties de sa bouche? Ce peu qui nous reste n'inspire partout, ne prêche partout que la pénitence, et nous déclare assez que si nous ne purifions nos cœurs par celle vertu, nous serons un jour regardés, non comme le bon grain, qui sera réservé dans les lieux célestes, mais comme de méchantes pailles qu'on fera brû'er dans le feu éternel.

Quoiqu'un dira peut-être qu'il esl étonnant que Jean Baptiste ayant été un homme si grand et si admirable, personne n'en ail fait mention, hormis les évangélisles. Mais je réponds qu'on est dans l'erreur: car Josèphe en parle d'une manière qui fait bien juger en quelle estime cl en quelle vénération était ce saint précurseur dans toute la Judée. Cependant, ce qu'il en dit n'est qu'à l'occasion de la guerre qu'il y eut, vers les derniers temps de Tibère, entre Ilérode Anlipas, lélrarque de Galilée, el Arétas, roi des Arabes d'autour de Pétra. Les lieutenants de celui-ci défirent entièrement les troupes d'Ilérode, ce qui irrita puissamment Tibère César contre ce roi arabe.

Voici les réflexions que fait là-dessus l'historien des Juifs. Plusieurs, dit-il, de noire nation ont cru que cette défaite de l'armée d'Ilérode était arrivée par une juste punition de Dieu, à cause de Jean, surnommé Baptiste, propter Joannem qui Baptista cogno-

*minatUS est , xarà ttciv^v Iwâvvov, tov SKixoùoofiivcv Ba7TTi-

aroj (Joseph., lib. XVIII Antiquit., cap.1). Car Hémde le lélrarque fil mourir cet homme de bien, qui exhortait les Juifs à embrasser la vertu, à exercer la justice les uns envers les autres, el à recevoir le baptême par des sentiments d'une piété véritable. Or, il leur disait que son baptême ne serait point agréable à Dieu, s'ils ne s'abstenaient que de quelques péchés; mais que pour être utile, il fallait joindre à la pureté du corps celle de l'âme, qu'on ne purifiait que par la justice et la sainteté. Il parle ensuite de l'emprisonnement de cet homme jusle, lequel élail suivi d'un grand nombre de peuple qui allait écouter sa doctrine; et il nous apprend (car les évangélisles ne marquent point le lieu) qu'il fut renfermé, par l'ordre de ce prince, dans le château de Maquéronle, au delà du Jourdain. Nous verrons en son lieu sous quel prétexte il le fit arrêter; toujours est-il certain que Josèphe en a rendu un témoignage très-avantageur,

ei qu'il confirme, par ce qu'il en rapporte; tout ce que les évangélistes ont dit de son baptême. Mais laissons ce saint précurseur achever les fondions de son ministère, pendant que nous examinerons un fait qui est de la dernière importance, et cependant c'est un fait qu'on a beaucoup négligé dans l'histoire évangélique.

JJérode Aniipas fait un voyage à Rome que l'on doit bien remarquer. Il y avait un an ou environ, que Philippe, létrarque de la Traconite et de la Bâta née, avait solennellement dédié à Tibère César la ville de Panéade,à laquelle il donna le nom de Césarée de Philippe, pour la distinguer de plusieurs autres villes qui tiraient leurs noms des Césars. On peut s'imaginer si cela ne donna pas de la jalousie à Ilérode, son frère, qui, étant télrarque de la Galilée et du pays situé au delà du Jourdain, était deux fois plus puissant que lui; aussi voulut-il faire une semblable dédicace, mais avec bien plus d'éclat et de magnificence. Comme il ne savait pas si elle serait agréable a Tibère, qui était un prince assez difficile, et dont il n'avait pas trop la faveur, il prit la résolution d'aller à Home, pour gagner, à quelque prix que ce pût être, les bonnes grâces de cet empereur. Ce voyage, qu'on n'a fias beaucoup relevé, est d'une importance liôsgrande, puisqu'il règle l'année de la prédication de saint Jean-Baptiste et le commencement de cello de Jésus-Christ; et, en réglant ces deux choses, il fait voir qu'il n'y a rien de plus véritable que l'ancienne tradition des Pères et des Eglises , qui ont fixé sa passion sous le consulat des deux Géminus. Il faut donc rendre ce fait incontestable, puisqu'il doit être si utile dans la suite de celle histoire.

Il y avait déjà environ neuf ans qu'llérode Antipas avait commencé à bâtir une grande ville sur le bord du lac de Génésareth ; c'est ce que j'ai prouvé assez amplement sur l'an 770 de Rome, qui était le M de l'ère commune. Celte ville, qui était dans un lieu commode et agréable, se trouvant achevée vers l'entrée du gouvernement de Ponce Piiate, Antipas s'en alla à Rome, pour avoir l'agrément de Tibère, car il voulait la dédier sous le nom de ce prince. Il prétendait, en érigeant à sa gloire un si beau monument, mériter ses bonnes grâces, et il ne réussit pas mal ; car Tibère, voyant la générosité de ce télrarque, le reçut en son amitié; à quoi, sans doute, ne contribua pas peu la faveur de sa mère Julie. Or il est certain que ce fut vers le commencement de celte année qif Antipas entreprit le voyage de Rome et qu'il y fit ses affaires avec Tibère ; ce ne put être ni les années précédentes, ni les années suivantes, en voici la raison. Josèphe, qui fait mention de ce voyage ( lib. XVIII

Anliq., cap. 3), le met tout au commencement de l'administration de Piiate. Car après avoir marqué que cet intendant de Judée succéda à Valérius Grains, Pontius Pilatas ei successor missus est, il ajoute aussitôt qu'llérode entra bien avant dans l'amitié de

Tibère César, et qu'il appela de son nom la ville de Tibériade, bâtie sur le lac de Génésareth: Ilervdcs auiem telrarcha, receptus in ainicitiam Tiberii, de ipsius nomine urbem a se cond'ilam vocavil Tiberiadem, 7rôit» £7t<ûvu/*ov ocvTw Ttêcpia&x. Comment fut-il admis dans les bonnes grâces de Tibère Auguste, sinon en faisant le voyage de Rome, où il fit ses affaires très-heureusement? losèphe fait mention de ce voyage dans un autre endroit, qui, étant joint à celui que je viens de citer, prouvé manifestement qu'il fut fait cette année. C'est au chapitre septième du même livre, où il dit premièrement qu'llérode le télrarque allant à Rome, Romani iter faciens, s'arrêta chez son frère paternel nommé Hérode comme lui, mais qui venait d'une autre mère, fille du pontife Simon. Ce frète portail encore le nom de Philippe, comme on le voit par les évangélisles, et c'était le mari de la fameuse Hérodiade.

Antipas l'ayant vue en celle rencontre, en fut si passionné, qu'il lui promit de la prendre chez lui et de l'épouser aussitôt qu'il aurait fait son voyage de Rome, quam primum Me Roma reverteretur, ènôrt à-xà Pw//>j; izxpK'/ivoizo. Enfin Josèphe dit qu'il alla par mer à Rome, post hœc Romani navigat, ef5 t^v Pe^v ïizlsi, in qua urbe poslquam negolia expedivil, propter

quœ VClierat, Scocrcf Ksà/Asvo,- h ttj Pwttvj èf ccTzsp é?70&T0,

domum reversus est. Cet historien dit constamment et sans varier qu'Aulipas a entrepris le voyage de Rome, qu'il y est allé par mer, cl que c'est dans Rome même, cv rr, Pw,«yj, qu'il a fait ses affaires, c'est à-dit a qu'il y a été reçu dans l'amitié de Tibère et qu'il a obtenu son agrément pour la dédicace de Tibériade. Or comme j'ai déjà dit, cela ne s'est fait que tout à l'entrée du gouvernement de Piiate, qui est venu en Judée les premiers mois de celle année. Et, par conséquent, c'a été peut être vers le commencement de l'élé qu'il a conclu ses affaires à Rome, car Tibère en sortit peu de mois après, pour n'y plus rentrer tout le temps de son lègue.

C'est Tacite qui nous apprend la longue absence de ce prince, au livre 1Y de ses Annales ( ch. 57 et seq., et G7). Car il marque que Tibère, qui méditait depuis longtemps sa retraite, quitta Rome vers le déclin de l'année où nous sommes, pour s'en aller dans la Campanie, sous prétexte de dédier un lemple à Jupiter dans la ville de Capoue ; qu'il y passa le reste de l'année, et que, la suivante, il se renferma pour toujours dans l'île de Caprée. 11 dit même que lorsqu'il sortit de Rome, quelques astrologues assurèrent qu'il n'y rentrerait jamais; que là-dessus plusieurs crurent ei débitèrent même qu'il mourrait bientôt, ce qui leur fut fatal, car on ne pouvait pas croire qu'un prince pût être onze ans durant absent de sa patrie, comme fut Tibère, qui n'y revint jamais plus.

Il est donc manifeste, si Antipas est allé à Rome sous le gouvernement de Piiate , comme Je marqua Josèphe, et s'il y a réglé ses affaires avec Tibère, que c'a été nécessairement cette année, puisque cet empereur en sortit vers l'automne, sans jamais plus .y

mettre le pied. Mais ce qui prouve invinciblement que le voyage de Rome s'est fait cette année, est la dédicace de la ville de Tibériade, qui fut célébrée, comme je le ferai voir, Tannée suivante, vingt-septième de l'ère commune, c'était l'an 13 et 14 de la monarchie de Tibère, et le 3 de la °201e olympiade. Elle ne fut dédiée à Tibère Auguste qu'après qu'Anlipas en eut eu l'agrément de cet empereur, et ce fut pour l'avoir, et pour se mettre par là en faveur, qu'il entreprit cette année le voyage de Rome, où tout lui réussit si heureusement.

Ajoutez à cela que ce fut à son retour qu'il fil venir chez lui, et qu'il épousa même Uérodiade, femme de son frère, Philippe, car il le lui promit en parlant ; et comme cela était nouveau et donnait du scandale au peuple d'Israël, il ne faut pas s'étonner si S. Jean- Baptiste, qui prêchait la pénitence et qui parlait hautement contre les désordres, cria si puissamment contre celui-ci. Tous ces faits, qui sontliésensemble,et qui conviennent si bien, font manifestement voir que la mission de S. Jean a commencé cette année, qui n'est que la 2,6e de l'ère vulgaire, mais qui est la 30e de l'âge de Jésus-Christ; que ce Verbe de Dieu a prêché l'Evangile les années suivantes, et qu'il est mort, selon la tradition des anciens Pères, sous le consulat des deux Géminus, étant dans la 33e année de son âge. Hérode Antipas épouse Uérodiade, la femme de son frère. Il y a assez lieu de croire qu'Anlipas ne larda pas à Rome, et qu'il revint dans sa (étrarchie de Galilée, aussitôt qu'il eut fait ses affaires auprès de Tibère. Sa présence y était nécessaire; c.»r il fallait donner ordre aux grands préparatifs qu'il avait concertés pour la dédicace de Tibériade. J'ai déjà insinué qu'en partant pour ce voyage il passa chez son frère Ilérode Philippe, qu'il y fut épris de l'esprit et de la beauté de sa femme Hérodiade, et qu'après quelques menées secrèies il convint avec elle qu'aussitôt qu'il serait de retour il la ferait venir à sa cour, et qu'il l'épouserait môme, après avoir répudié la fille du roi Arétas, avec laquelle il vivait depuis très-longtemps. C'est l'historien Josèphe qui, par occasion, nous apprend toute celle intrigue importante, dans le dix-huitième livre de ses Antiquités (cap. 7).

Hérode croyait que cette affaire était très-secrète, mais il se trompait; car sa femme avait adroitement découvert tout ce qui s'était passé entre lui et Hérodiade. Néanmoins elle ne lui en témoigna rien, de crainte qu'il ne l'enpêchât d'exécuter ce qu'elle avait projeté. Elle savait que son mari avait promis à sa nièce Hérodiade de la répudier; pouréviter cet affront ou plutôt cet outrage, elle le pria de lui permettre d'aller pour quelques jours au château de Maquérontc , qui se trouvait sur les frontières des Etals de son père le roi Arétas, et qui était alors chargé envers lui de quelques redevances. Hérode n'eut point de peine à lui accorder ce voyage, ne croyant pas qu'elle sût rien de son dessein : elle se mit donc en chemin pour aller à Maquérontc; mais au lieu d'y entrer, elle trouva un officier qui l'attendait avec des troupes et qui

la conduisit droit à la cour de son père Arétas. Ce prince arabe se trouva beaucoup offensé de l'affront qu'on avait voulu faire à sa fille, car elle lui découvrit toute l'intrigue de son mari et d'IIérodiade ; il en lira vengeance, mais ce ne fut que plusieurs années après, vers la fin du règne de Tibère.

Après l'évasion de celte femme arabe, à laquelle Antipas ne s'était nullement attendu, mais qui le délivrait de l'embarras qu'il aurail eu à la répudier, comme H se vit en pleine liberté, il fit venir à sa cour, qu'il lenait ce semble à Séphoris, sa nièce Hérodiade, et quelques temps après il la prit pour épouse. Il l'enleva ainsi à son mari et à son frère Hérode Philippe, qui vivait encore et qui avait d'elle une fille. Nous verrons comme Jean Baptiste cria hautement contre ce désordre éclatant qui était un violemenl public de la loi et de la coutume des Juifs. Ce fut vers la fin de celte année ou, si l'on veut, au commencement de la suivante, qu'Anlipasépousa celle femme, pour laquelle il avait une passion violente. Quand je dis qu'il l'épousa, je n'assure rien, qui ne soit confirmé par l'Evangile ; car S. Marc (ch. VI, 17) écrit positivement, qu'il l'avait prise pour épouse, duxerat cam. Et cela s'accorde parfaitement avec Josèphe, qui dit en termes exprès qu'Anlipas, en allant à Rome, osa bien lui proposer de l'épouser, quand il serait de retour de son voyage, et qu'elle y donna les mains : ausus est de impetrando ejus conjugio mentionem facere ; qua assenlienle, convenil inter eos, ul qvamprimum Me Roma re* verterelur, ipsa migraret in ejus domicilium.

Au resle celte Hérodiade, que la prison et la mort de S.Jean-Bapiislearenduesi fameuse, était propre sœur du premier Agrippa, qui fut depuis roi après la mort de Tibère; car ils avaient tous deux pour père Aris lobule, fils du grand Hérode et de la reine Mariamne: et comme Antipas était frère paternel du même Arislobule, Hérodiade était sa propre nièce. Or Agrippa s'était renfermé depuis quelque temps dans le château de Malatha, vers les montagnes de lTdumée, où il menait une vie très-obscure, mais à couvert de ses créanciers. Sa femme, Cypros, ne le pouvant souffrir dans un état si misérable, écrivit à Hérodiade, la conjurant, elle qui était alors dans la grande fortune, de vouloir bien soulager son frère, et de le tirer des extrémités où il élait réduit (Joseph., /. XVIII Antique. 8). Hérodiade fil si bien auprès de son mari le lélrarque, qu'il assigna à Agrippa une certaine somme d'argent, el lui donna la souveraine magistrature de Tibériade, pour vivre dans celte ville avec quelque honneur. Mais il n'y resta pas longtemps; car Antipas lui ayant un jour reproché dans un festin, qui se faisait à Tyr, qu'il ne subsistait que de ses libéralités et de ses bienfaits, Agrippa en fut si outré, qu'il sortit de Galilée, et se relira auprès de Flaccus, gouverneur de Syrie, avec qui il avait fait autrefois amitié à Rome. Cet homme eut encore diverses aventures, avant que de parvenir à la royauté, mais je les supprime ici, parce qu'elles ne font rien au sujet que je traite.

L'ai 31 de l'âge de Usus- Christ et le 27 défère commune. L'an M de l'association de Tibère, le 14 i de sa monarchie ; et le 30 des tétrarques Antipas et Philippe. L'an 780 de Rome et le 3 de la 201e olympiade. M. Licinius Crassus, et L. Calpurnius Pison étant consuls.

Première année de la prédication de Jésus-Christ. Jésus est baptisé au fleuve du Jourdain.

Nous voilà enfin arrivés à la trente et unième année de Tâge de Jésus-Christ, qui a été consacrée par la sainteté de son baptême et par le commencement de son ministère. Comme son divin précurseur était demeuré dans les déserts jusqu'au temps de sa manifestation au peuple d'Israël , usque in diem oslensionis suœ ad Israël ( Luc, I, 80 ), de même Jésus-Christ demeura à la ville de Nazareth, caché cl inconnu aux hommes, qui ne savaient pas que ce fût le Messie, et qui ne le connurent que par l'opération de tant de merveilles qu'il lit au milieu d'eux. Jean avait dit aux peuples : Faites pénitence, et préparez la voie du Seigneur, parale viam Domini ; il fallait donc qu'il vît paraître ce Seigneur, puisque toute la Judée et tout Jérusalem s'étaient disposés à le recevoir par un changement de vie et par le baptême de la pénitence. 11 fallait que le Verbe de Dieu parût, après que la voix de Dieu l'avait annoncé au milieu du désert; il fallait enfin que la lumière incréée, le soleil de jusiice, vînt éclairer le monde, car Jean Baptiste l'avait précédé : il n'était pas lui-même celle lumière, non erat ille lux; mais il avait rendu témoignage qu'elle paraîtrait bientôt, et il était venu, ut tesiimonium perhiberet de lumine (Jean, 1, 8).

En effet, le Sauveur du monde commençait à se manifester lorsque Jean prêchait encore à tout le peuple d'Israël le baptême de la pénitence, pour les préparer à son avènement : Prœdicante Joanne, dit l'apôtre S. Paul, ante faciem advenlus ejus baptismum pœnilenliœ populo Israël (Act., XIII, 24, 25). Comme donc il achevait sa course, cum implerel cursum suum, car tout Juda et Jérusalem avaient déjà reçu son baptême, Jésus vint de la ville de Nazareth de Galilée au Jourdain, pour être baptisé comme les autres, par son saint précurseur : Tune venil Jésus aGalilœa ad J ordanemad Joannem, ut baplizaretur ab eo (Maith., III, 13, U).

Quand S. Jean vit paraître son Seigneur et son Dieu, surtout quand il le vil demander le baptême, entrant dans des sentiments d'une crainte respectueuse et d'une humilité très profonde, il voulait l'en empêcher, prohibebat eum. Il lui disait : Eh ! quoi,

Seigneur, c'est moi qui ai besoin d'être baptisé, et cependant vous venez à moi. Mais Jésus qui était venu pour être l'exemple des autres, lui répondit : Laissez-moi faire maintenant, car c'est ainsi qu'il convient que nous accomplissions toute jusiice, sic enim decel nos implere omnem juslitiam. C'est comme s'il disait : Il est convenable que moi, qui vais êlre la lumière des autres, j'accomplisse tout ce qui est bon et juste, afin que je leur serve d'exemple; il faut

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