DU MINISTÈRE DE JÉSUS-CIIRHT
L'an 33 de l'âge de Jésus-Christ et le 20 de l'ère commune. Van 18 de C association de Tibère, le 15 de sa monarchie et le 32 des lélrarques Anlipaset Philippe. Van 782 de Home et le 1 de h 20'2' olympiade. L. Rubellius Géminus, et C.Fufius G é min us étant consuls.
Jésus demeure au delà du Jourdain.
Celle année commença dans Rome par le consulat de Rubellius Géminus et de Fusius Céminus , qu'on appelle communément les deux Géminus. Ces deux consuls sont fort célèbres dans l'anliquiié, principalement chez les Pères des cinq premiers siècles de l'Eglise; car la plupart d'eux ont cru que Jésus- Christ est mort pour la rédemption des hommes sous leur consulat. En quoi certes ils ne se sont nullement trompés, comme on se l'imagine aujourd'hui. Tout au contraire , on verra dans la suite, par une infinité de preuves , auxquelles il ne sera pas aisé de répondre, que ce sont les anciens Pères de l'Eglise qui nous ont fidèlement conservé la véritable année de la mort et de la passion du Seigneur. Ce qui est'si avantageux à l'histoire evangélique, que, cela étanv supposé, ou n'y rencontre pas la moindre difficulté. C'est sous la magistrature de ces deux hommes célèbres que le Fils de Dieu a commencé la troisième année de son mmistère, en la prenant, comme je fais, dès le mois de janvier; car ce fut le six de ce mois que le Sauveur fut baptisé, et Ton commence assez ordinairement son divin ministère depuis >on baptême. Il demeurait alors vers Béthabara, au delà du Jourdain, non loin du pays de Jéricho, et sur les
1271 CONFIRMATION DE L'HISTOIRE ÉVANGËLIQl'E
ion fins de la Judée, qui n'en élail séparée que par le canal de ce fleuve, qui n'avait pas beaucoup de largeur. Jésus-Christ élail là comme à couvert de la fureur des Juifs de Jérusalem, qui avaient conjuré sa perte , parce que le pays d'au delà du Jourdain, qu'on appelait la Pérée, était sous la domination d'Ilérode Antipas. prince de Galilée; elainsi les grands de Jérusalem n'avaient là nulle autorité. Cela est si vrai, que quelque temps après, c'esl-à dire quand Lazare lut mort, le Sauveur ayant dit à ses disciples : Allons de rechef en Judée, eamusinJudwam itemm, ils lui répondirent : 11 n'y a pas longtemps (c;ir il n'y avait que quatre mois) que les Juifs voulaient vous y lapider , et vous y voulez aller de nouveau , nunc quœrebant le Judxi lapidarc, el ilerum vadis Mue (Jean, XI, 7, 8).
Les disciples parient de la fêle de la Dédicace , pendant laquelle les Juifs de Jérusalem pensèrent lapider Jésus-Christ, comme il est marqué dans saint Jean ( cli. X, 51). Or la Dédicace était sur la fin de novembre, et celait au mois de mars suivant que ses disciples lui parlaient ainsi. De sorte que la p.irlicuie nunc ne signifie pas ici : tout maintenant, ou :il n'y a qu'un moment ; mais elle veut dire : il y a quelque temps. Ce qui est très-commun dans les auteurs, puisqu'il y en a même qui s'en servent pour signifier, non-seulement quelques mois, mais quelques années. Toujours voit-on assez par la réponse des disciples que le Sauveur était en assurance au delà du Jourdain, et qu'il ne l'était point dans la Judée. Au reste, si l'on veut savoir ce qu'il faisait dans ce payslà, on le découvre assez par deux mots que marque le même evangéli>le. Car après avoir dit du Fils de Dieu qu'il s'en alla de nouveau au delà du Jourdain, et qu'il demeura là, el mansilillic ; il ajoute aussitôt : Plusieurs vinrent à lui, el ils disaient : Jean (il entend Jean Baptiste) n'a fait aucun miracle, et tout ce que Jean a dit de celui-ci se trouve véritable. Et il y en eut là beaucoup qui crurent en lui , t el multi crediderunl in eum(Jean, X, 40 et suiv.). > Ce qui nous fait voir que Jésus-Christ y enseignait les peuples à sou ordinaire, et qu'il y faisait grand nombre de miracles : ce que Jean-Baptiste n'avait pas fait dans son ministère. Mais, en récompense, on peut dire que sa vie exlraordinaire avait été toute miraculeuse.
Mort de Lazare arrivée à Bélhanie.
Lorsque le Fils de Dieu quitta la Galilée, quelques jours avant la fête des Tabernacles , qui tomba l'année précédente, vers le 19 du mois de septembre, je me sens fort porté à croire que Lazare , qui était ami du Seigneur, laissa aussi cette province, pour venir avec ses deux sœurs, Marthe et Marie-Madeleine, demeurer en Judée, non loin de Jérusalem. Lui et ses sœurs choisirent pour demeure le bourg de Bélhanie : car outre qu'il n'était qu'à quinze stades, c'est à-dire à environ trois quarts de lieue de la ville sainte, on passait là pour venir à Jérusalem d'au de'à du Jourdain, où était alors Jésus-Christ. Si bleu (prêtant p'ncés de la sorte, ils avaient la con-
solation de voir celui-ci, qui avait pour eux tant d'.imour et tant de charité. Si cela est ainsi , comme il y a assez d'apparence, el on le verra même prouvé dans la suite, il y avait environ six mois que cette famille sainte demeurait à Bélhanie, quand Lazare y tomba malade. Car ils y étaient venus de Galilée vers la fête des Tabernacles, c'est-à-dire vers la fin de septembre , et Lazare tomba malade vers la fin de mars suivant, plus de trois semaines avant la fête do Pàque , qui fut le 14 ou le 15 avril , selon le cycle et l'usage des Juifs. Voici comme Jean parle de la maladie et ensuite de la mort de cet ami du Seigneur.
Jl y avait, dit ce saint évangéliste, un homme malade, nommé Lazare , de Bélhanie , qui était du bourg de Marie et de Marthe, sa sœur, « de castetlo, ixrris *wjmjs, Maria et Marlhœ sororis ejus. i (Or Marie était celle qui oignit le Seigneur d'une huile de parfum, et qui essuya ses pieds de ses cheveux; el Lazare, son frère, élail celui qui était malade). Ses sœurs envoyèrent donc à Jésus , et lui firent dire : Seigneur , celui que vous aimez est malade. Ce que Jésus ayant appris , il dit à ceux qui étaient là : Cette maladie ne va point à la mort; mais elle est pour la gloire de Dieu , afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. Or Jésus aimait Murtla\ el Marie, sa sœur, et Lazare. Ayant donc appris qu'il élail malade, il demeura alors encore deux jours au lieu où il était. Il veut dire au delà du Jourdain hors de la Judée. Ensuite de quoi il dit à ses disciples : Allons derechef en Judée, eamus in Judœam ilerum. Ces paroles font voir qu'il n'y était pas, car il demeurait alors dans la Pérée , au delà au fleuve. -Ses disciples lui dirent : Maître, il n'y a pas longtemps que les Juifs cherchaient à vous lapider, el vous voulez y aller de nouveau. Jésus leur répondit : n'y al-il pas douze heures au jour? Celui qui marche durant le jour ne se heurte point, parce qu'il voit la lumière de ce monde. Comme s'il disait : Pour moi, comme je ne fais que du bici* à tous, je ne crains point, et je marche en plein jour pendant qu'on a la lumière. Mais celui qi>\ marche la nuit, se heurte, parce qu'il n'a pas de lumière. Il dit ces paroles, après lesquelles il ajouta : Noire i.tni Lazare dort, mais je m'en vas le tirer de son sommeil. Ses disciples lui répondirent : S'il dort , il sera bientôt guéri. Mais Jésus avait entendu parler de sa mort ; et eux ils pensaient qu'il parlait d'un sommeil ordinaire. Alors donc Jésus leur dit clairement: Lazare est mort ; et je me réjouis pour l'amour de vous, de ce que je n'étais pas là , afin que vous croyiez; mais allons à lui Sur ceUi, Thomas, appelé Di<hj)iie , dit aux autres disciples : Allons-y aussi, afin de mourir avec lui. Thomas parlait ainsi, parce qu'il était persuadé que si Jésus- Christ retournait en Judée, on le ferait mourir, et peutêtre ceux qui iraient avec lui (Jean, XI, i-IC).
Avant de voir la suite de celte histoire, il faut observer que les interprètes ne conviennent pas du sens de ces paroles contenues dans le v. 1 : Erai autan quidam tanguent Lazarus a Beihama, A*;«/s«« «*)
BïjSavfaf, Ia -\i *i,«<i M?::?; *«ci M*£$a< iti'VÏi vZriit
de casie'ùo mariœ el Marthœ sororis ejus. La plupart d'entre eux croient qae ces mois, de castello , ou de vico Mariœ el Murthœ , c'est-à-dire, du bourg de Marie el de Marthe, se rapportent à Béihanie, où Lazare était malade ; mais pour moi je pense qu'ils signifient le bourg, casiellum, dont il est parlé dans saint Luc, au chapitre X, où Marthe et Marie faisaient leur demeure (car elles étaient Galiléennes) et d'où Lazare, leur frère, était originaire. Voici ce qu'en dît ce saint évangéliste , en parlant de Jésus- Christ :lpse intravh in quoddam casiellum, tis xi^n* rcvà; et millier quœdam, Marlha nomme , excepit Ulum in domum sunm ; el huic erat soror nomme Maria. J'ai montré ci devant que ce bourg, ou château, dans lequel entra le Sauveur, était dans la Galilée méridionale , non loin de la ville de Naïm ; et l'on peut dite que c'était là le lieu de la demeure de Marie et de Marthe, et, par conséquent, de Lazare, leur frère. Car, comme j'ai déjà remarqué, celte famille sainte ne vint demeurer en Judée, et à Béihanie, que vers la fin de septembre, quand Jésus quitta pour toujours la Galilée pour venir à Jérusalem à la fête des Tabernacles, et pour aller ensuite au delà du Jourdain. Il y a donc assez d'apparence que quand saint Jean a dit : Erat quidam languens Lazarus a Belhania , par le mot de Béihanie , il a entendu parler de la demeure actuelle de Lazare, qui depuis quelques mois résiliait là avec ses sœurs : et que par les paroles suivantes, de castello Mariœ el Marthœ, il a voulu marquer le lieu de son origine, qui était le bourg de Galilée dont parle saint Luc. Ou appelait donc celuici qui était si célèbre, Lazare de Béihanie, Lazarus a Belhania, pour le distinguer de l'autre Lazare, méprisé par le mauvais riche. Voilà ce qui me par. il le plus véritable, sans préjudice de l'opinion des autres. Kl ce qui me confirme dans ce sentiment, c'est que je vois que saint Jean , dans le v. 2, a voulu faire remarquer que Marie, sœur de Marthe, était celle femme qui, dans la Galilée, avait oint Jésus d'une huile de parfum, cl avait de ses cheveux essuyé ses pied* : Maria autem erat, quœ unxil Dominum ungueiïlo , el exlersit pedes ejus capillis suis , cujus fraler Lazarus infirmabatur. On n'a qu'à jeter les yeux sur le chapitre Vil de saint Lue, v. 57 el 58, pour voir que saint Jean a en vue cel endroit où il est rapporté qu'une femme pécheresse oignit Jésus, el essuya ses pieds de ses propres cheveux. Car je ne puis cire du senti. i cul de ceux qui disent que saint Jean paile ici par anticipation, et qu'il marque par avance un fait qu'il mpporle après cela dans son lieu naturel , et sans en omettre aucune circonstance. Notre évangéliste a donc voulu marquer ici deux choses : la première, que Lazare était Galiléen d'origine, du bourg de Marie et de Marthe, de castello Mariœ et Marthœ; cl la seconde, que Marie, sa sœur, ainsi que de Marthe , était celle femme pécheresse dont saint Luc avait déjà parlé , et qui oignit les pieds du Seigneur, lorsqu'il était encore en Galilée. Toui ceci n'esi dit qu'en passant, cl à l'occasion de Lazare ; car je ferai
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voir bientôt que cette pécheresse n'était autre que Marie-Madeleine, propre sœur de Marthe. Reprenons maintenant le (il de notre histoire.
L'évangélisle dit que Jésus étant arrivé vers Béihanie , trouva qu'il y avait quatre jours que Lazare était dans le tombeau, « et invenit eum quatuor dics jmn in monumento habenlem. > {Or Béihanie n'était éloignée de Jérusalem que d'environ quinze stades , < quasi stadiis quindecim » , c'est à dired'environ trois quarts de lieue, ou à peu près; el c'était le chemin que les Juifs pouvaient faire au jour du sabbat, qui n'excédait pas deux milles d'Italie. El plusieurs Juifs étaient venus là pour consoler Marthe et Marie de la mort de leur frère. Marthe ayant donc appris que Jésus était venu , alla au-devant de lui ; car pour Marie elle demeura à la maison. Marthe dit à Jésus : Seigneur, si vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais qu'encore maintenant tout ce que vous demanderez à Dieu, il vous l'accordera. Jésus lui dit,: Votre frère ressuscitera. Marthe lui répondit : Je suis qu'il ressuscitera à la résurrection qui se fera au dernier jour. Jésus lui dit encore : Je suis la résurrection el la vie; celui qui croit en moi, quand même il serait mort , retrouvera la vie; et quiconque vil et croit en moi ne mourra jamais. Croyez-vous celai Elle lui répondit: Oui, Seigneur, j'ai toujours cru que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, qui êtes venu dans ce monde. Après que Marthe eut dit cela à Jésus Christ, elle s'en alla trouver sa sœur; elle l'appela tout bas, el lui dit : Le Maître est venu , el il vous demande. Incontinent qu'elle eut entendu cela , elle se leva et t'alla trouver. Car Jésus n'était pas encore entré dans le bourg , mais il était au même lieu où Marthe l'avait rencontré. El les Juifs qui étaient avec Mûrie dans la maison , et qui la consolaient, ayant vu quelle s'était levée si prompiement cl quelle était sortie, la suivirent en disant, elle s'en va au sépulcre y verser des larmes (Jean, XI, 17-31).
Lazare est ressuscité.
Marie étant venue où était Jésus, et le voyant, se jeta à ses pieds, et lui dit : Seigneur, si vous eussiez été ici, mon frère ne serait pas mort. Jésus voyant qu'elle pleurait et que les Juifs qui étaient venus avec elle pleuraient aussi, frémit en son esprit, et se troubla lui-même. L'é • vangélUlc s'explique de 1» sorte pour nous apprendre «pie les mouvements de Jésus-Christ, que nous appelons passions dans les autres hommes , étaient soumis à sa volonté. Il sentit donc ici un mouvement de tristesse et de compassion, vovanl pleurer Marie, mais il ne le sentit que parce qu'il le voulut bien. Là-dessus Jésus dit : Où l'avez vous mis? Ils lui répondirent : Seigneur, venez et voyez. Alors Jésus versa des larmes. El les Juifs dirent : Voyez comme il l'aimait. Il y en eut quelques-uns d'entre eux qui dirent : Cet homme, qui a ouvert les yeux à l' aveugle-né , ne pouvait-il pas empêcher qu'il mourût ? Jésus donc, frémissant de nou • veau en lui même, vint au sépulcre. Or celait unegiotte, el on avait mis une pierre pur-dessus. Jésus leur dit : Qtez la pierre : Marthe, qui était la sœur du mort, lui
dit : Seigneur , il sent déjà mauvais, car il y à quatre jours qu'il est là. Jésus lui répondit : Ne vous ai- je pas dit que si vous croyez , vous verrez la gloire de Dieu ? Ils ôtèrem donc la pierre , et Jésus, levant les yeux au ciel, dit: Mon Père, je vous rends grâces de ce que vous m'avez exaucé. Pour moi jesaisquevousm'exaucez wujours; mais je dis ceci pour ce peuple qui m'environne, afin qu'ils croient que c'est vous qui m'avez envoyé. Ayant dit cela, il cria à haute voix : Lazare, sortez dehors Le mort sortit à l'heure même, ayant les pieds et les mains liés de bandes ; et son visage était enveloppé d'un linge. Jésus leur dit : Déliez-le, et le laissez aller. Plusieurs donc des Juifs qui étaient venus vers Marie et Marthe, et qui virent ce que fil Jésus Christ , crurent en lui (Jean, XI, 52-4o).
Les Juifs de Jérusalem prennent la résolution de perdre Jésus.
Cette résurrection de Lazare, qui ét:iil un homme de qualité, et assez connu dans Jérusalem, fut un miracle d'un très-grand éclat. Ainsi quelques-uns de ceux qui le virent de leurs propres yeux s'en allèrent trouver les pharisiens , et leur rapportèrent ce que Jésus venait de faire près de Béthanie. Là-dessus les princes des prêtres et les pharisiens assemblèrent le conseil : il entend le sanhédrin, ou le grand conseil des Juifs, qu'on pouvait appeler le conseil des Septante, quoiqu'il fui composé de soixante et onze personnes ; et à la tête de ces juges étaient Anne et Caïphe. Et quand ils furent assemblés, ils commencèrent à dire : Que faisons-nous? car cet homme fait plusieurs miracles. Si nous le laissons agir ainsi, tous croiront en lui, c omnes credenl in eum , » et les Romains viendront et ruineront notre ville et notre nation. Mais l'un d'eux, appelé Caïphe , qui était le grand prêtre de cette année-là , leur dit : Vous n'y entendez rien, et vous ne pensez pas qu'il est expédient pour vous qu'un seul homme meure pour tout le peuple , plutôt que de voir périr la nation. Or il ne dit pas ceci de lui-même; mais, étant grand prêtre de celte annéetà, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation ; et non- seulement pour la nation , mais aussi pour "assembler les enfants de Dieu , qui étaient dispersés partout.
Il entend par là les gentils, aussi bien que les Juifs, qui devaient croire en Jésus-Christ , et cire réunis dans la même Eglise. Pour C;iïphe, il n'était point prophète, il était même, comme Anne son beau-frère, delà secte des saducéens, qui étaient des gens impies; cependant Dieu se servit de lui, parce qu'il était alors dans la première dignité , pour prophétiser et pour prononcer un jugement qui devait causer le salut de tout le genre humain. C'est pourquoi l'évangélistc écrit qu'il ne dit pas cela de lui-même, hoc autan a semetipso non d xit ; c'était le Dieu du ciel qui le faisait ainsi parler. Mais leur dessein était bien différent ; car enfin Caïphe ne pensait uniquement qu'à perdre Jésus-Christ; et le Dieu souverain ne pensait qu'à sauver les hommes, en le faisant mourir par le