HISTOIRE ÉVANGÉLIQUE
conseil de tous ces impies. Saint Jean , qui a décrit toutes ces choses, ajoute que : depuis ce jour-là, < ab illo ergo die, » ils ne songèrent plus qu'à trouver le moyen de le faire mourir. Jésus donc ne se montrait plus en public parmi les Juifs ; mais il se retira dans une contrée auprès du désert, en une ville nommés Kphrem, où il demeurait avec ses disciples (Jean, XI, 4G-54).
Il se relire à la ville d'Ephrem , près du désert de la Judée.
Pour comprendre plus aisément la suite de cette histoire évangélique, et des actions de Jésus-Christ, il faut observer qu'il ressuscita Lazare vers les derniers jours de mars, peu de temps avant la fête de Fâqne, qu'on commença à célébrer à Jérusalem le jeudi, 14 avril, ainsi qu'on le verra ci-après. Comme donc le Fils de Dieu était résolu, parce que c'était la volonté de son Père céleste, de se trouver à celle fête, dans laquelle il voulait être immolé; il ne retourna pas au delà du Jourdain, où il avait demeuré environ six mois. 11 se contenta, pour éviter la fureur des Juifs , qui voulaient le perdre, de se retirer dans une contrée de la Judée voisine du désert. 11 resta là quelques jours, avec ses disciples choisis, dans la ville d'Ephrem. Voici ce qu'en dit Tévangélisle : Jésus ergo jam non in palam ambulubat apudJudœos, sed abiil in regionem juxta desertum, il entend par là le désert de la Judée, in civilalem quœ dicitur Ephrem. Celle ville, qu'on voyait sur les confins des tribus d'Ephraïm et de Benjamin, était voisine de celle de Haï, et à cinq ou six milles de Béthel. Elle est appelée Ephrem dms la Vulgate, mais dans le texte hébreu, et même ici dans le grec de saint Jean, elle porte le nom d'Ephr.iïm, qui est la même chose. Comme c'était une ville champêtre, Jésus-Christ y demeura quelques jours avec ses apôtres et quelques autres disciples , et ibi morabalur cum discipulis suis.
Quand j'ai dit que la pâque des Juifs élail proche, je n'ai rien avancé que sur la foi de notre évangéliste, qui, après avoir rapporté la retraite du Seigneur eu la ville d'Ephrem , ajoute aussitôt : Proximv.m autan erat pascha Judœorum, la pâque des Juifs élail proche. Le Fils de Dieu passa dans celte ville les premiers jours d'avril , et je crois qu'avant le 8 ou le 9 du même mois il se relira dans le désert de la Judée qui était tout proche , et que là par une prière fer vente et continuelle, qu'il adressait à son Père, il se prépara à la mort, qu'il allait endurer dans peu de jours. Ce qui me porte à croire cela, c'est que saint Jean dit expressément que plusieurs Juifs qui. étaient des quartiers de la ville d'Ephrem, où ils avaient vu Jésus-Christ, montèrent à Jérusalem quelques jours avant la fête de Pàque, pour se purifier par des sacrifices, et pour se disposer à mieux célébrer celle solennité, ascenderunt multi Jerosohjmam de regione, c'est-à-dire de regione urbis Ephrem, des quartiers d'Ephrem , unie pascha, ut sanctificarenl seipsos. Or ces gens cherchaient Jésus-Christ à Jérusalem, parce qu'il avait quitté avant eux ta ville d'Lpnrëm : quts-
rebâtit crgo Jesum et cohoquebanlur ad invhcm, m tempto stautes. El ils disaient entre eux, étant dans 1,' temple ei ne le trouvant pas : A voire avis, qu'estce qui fa empêché de venir à la fêle? c'est-à-dire de venir aussitôt que nous, puisqu'il était parti d'Ephrem avant nous : Quid putalis, quia non venu ad diem festum ? 11 y a donc apparence que le Sauveur, avant de venir à Béthanie, pour se rendre ensuite à Jérusalem, resta quelques jours dans le désert, pour vaquer à la prière, et se dispose» à la mort. Cela paraît d'autant plus vraisemblable, que les princes des prêtres cl les pharisiens avaient fait un commandement exprès, dederunt aulem pontifices et pharisai manda- Mm, que si quelqu'un savait où il était, il eûi à le découvrir, afin qu'il le lissent arrêter, ut appréhendant eum. Le Sauveur sachant cet ordre, ei attendant l'heure ei le jour marqué par son Père, s'arrêta un peu dans le désert (Jean, XI, 54-56).
Marie oint à Béilianie les pieds de Jésus,
Après que le Fils de Dieu eut élé quelques jours dans le désert de la Judée, il se rendit au bourg de Béthanie, vers le 8 avril, qui était un vendredi. Le jour suivant, qui était le jour du sabbat, on lui fil un souper chez Simon le Lépreux, où Lazare se trouva, ?vec Marthe ei Marie. Saint Jean l'évangélisle semble dire que le Sauveur ne se rendit à Béthanie que le samedi 9 avril , parce qu'il écrit qu'il y vint six jours avant la partie, Jésus ergo anle sex dies paschœ venit Bethaniam. Mais comme il n'était pis permis aux Juifs de faire plus de deux mille pas, c'est-à-dire environ trois quarts de lieue, le jour du sabbat, il y a assez d'apparence qu'il y était arrivé dès le jour précédent : ou s'il y arriva ce jour-là , il faut croire qu'il n'en était pas beaucoup éloigné. Quoi qu'il en soit, ce fut le samedi qu'on fit chez Simon ce fameux souper, où Marie répandit, non-seulement sur les pieds, mais aussi sur la tête du Seigneur, cet excellent parfum qui remplit de son odeur toute la maison. Voici comment saint Jean rapporte toute celte histoire. Six jours avant la fêle de Pâque, Jésus vini à Béilianie, où Lazare était mort, que Jésus lui-même avait ressuscité. On lui apprêta là à souper; et saint Matthieu marque que ce fut dans la maison de Simon le Lépreux, in domo Simonis Leprosi. Marthe le servait; et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. Marie prit donc une livre dliuile de parfum de nard véritable et précieux (ou, comme porte S. Marc, de Dard d'épi précieux , nardi spicali pretiosi, ce qui est la même chose, comme on le verra ci-après). Elle en oignit les pieds de Jésus, et les essuya de ses propres cheveux; et toute la maison fut remplie de l'odeur de ce parfum.
Saint Matthieu écrit que ce parfum était dans un vase d'albâlre, in alabastro, que tenait Marie; et saint Marc ajoute que, l'ayant rompu, clic lui répandit le parfum sûr la làle, et fraclo alabastro effudil super copul ejus. Cela n'élail alors nullement étonnant, car tous les Juifs avaient coutume de s'oindre d'huile
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commune la têle et le visage, et les riches se ser* valent de parfums. Alors un de ses disciples, celait Judas lscariote, qui devait le trahir, commença à dire : Pourquoi n'a-l-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, qiCon aurait pu donner aux pauvres? Remarquez que ces trois cents deniers pouvaient faire environ cent quinze livres de notre monnaie, ce qui fait voir que ce parfum était de grand prix. // disait cela, écrit l'évangéliste, non qu'il se souciât des pauvres, mais parce qu'il était larron ; car il gardait la bourse el portait l'argent qu'on y mettait. Mais Jésus lui dit : Laissez-la faire, comme si c'était pour le jour de ma sépullure. Car vous avez toujours des pauvres avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours. Sain Marc s'explique davantage, et dit que Jésus parla ainsi à quelques-uns, qui murmuraient de cette action avec Judas ; mais qui n'avaient pas les mêmes vues que lui. Laissez cette femme; pourquoi la tourmentez-vous? Elle vient de faire envers moi une benne œuvre. Elle a fait ce quelle a pu ; elle a cint par avance mon corps , pour la sépullure. Je vous dis en vérité qu'en quelque lieu du monde qu'on prêche cet Evangile, on racontera à la louange de celte femme ce qu'elle vient de faire. Tliéîphylacte remarque fort bien que ces paroles de Jésus-Christ renferment deux prophéties : la première, que l'Evangile devait être publié par toute la terre, comme il l'a été effectivement : et la deuxième, qu'on y publierait conjointement celle belle action de Marie : et qu'ainsi on ne devait pas trouver à redire à une chose pour laquelle elle recevrait des louanges par toute la terre (Jean, XII, 1-8; Matlh., XXVI, 6-13; Marc, XIV, 3 9).
Quand j'ai parlé du parfum de nard dont Marie oignit les pieds et la tête du Seigneur, j'ai remarqué que ce qui est nommé par saint Jean unguenlum nardi phlici, gr., vâfoouTTiaTtzïis, saint Marc l'appelle unguentum nardi spicali. Cette différence de noms, qui se trouve dans la Yulgale, a embarrassé les interprètes; mais dans le fond, c'est la même chose. Nardum spicatum est un parfum de nard d'épi; ainsi le premier nom regarde l'essence et la base du parfum, et l'autre concerne sa qualité. La plante dont on le composait élaii nardus indica , le nard des Indes, parce qu'il venait de ces pays-là (Plin., lib. XH, cap. 12; lib. XIII, cap. 1). Or cette plante, outre ses feuilles , portait des épis , lesquels sont nommés nardi spicœ; et c'élail de ces épis qu'on faisait le plus excellent parfum de nard, qui, à cause de cela, s'appelait nardum spicatum, du nard d'épi. Et quand co nard d'épi était pur et véritable, car très-souvei.t on le falsifiait , on le nommait nardum pislicum , c'est-à-dire siveerum, comme il l'appelle, pour ie distinguer du contrefait où l'on niellait du nard celtique, ou quelque autre espèce, qui n'était pas estimé comme le nard des Indes. C'est en ce sens que saint Jérôme a pris le moi de pisticum, puisqu'il dit : Nardum pislicam posuit , hoc est veram et absque dolo. Théophylacte appelle de mémo vàpocv 7U7Ttxviv t*j» ecco/sv, id est, puram el sinecram , élimina eu ri Jide et
1270 CONFIRMATION DE L'HISTOIRE ÊVANCÉLIQCE iîSO
absque dolo apparatam. Ces sortes de p rfunis exquis Luc, qui décrit l'empressement de celte sainte femme
se conservaient dons des boîtes ou vases d'albâtre , ri de quelques autres, depuis le v. 55 du chapitre
et Marie est dépeinte dans saint Matthieu comme XXV jusqu'au v. 10 du chapitre suivant. Madeleine
ayant un de ces vases, où était son parfum, accessit pensait donc à la sépulture de son cher maître, et
ad eum mulier, huiens alabaslrum unguenli preliosi. c'est pour cela qu'elle av;>it préparé des aromates et
L'albâtre est une pierre fort blanche et aise> à tailler, des parfums, pour embaumer son corps.
que plusieurs naturalistes mettent au nombre des marbres. Pline ( lib. XXXYI, cap. 8) dit en parlant de cette pierre : Lapident alabastriten vacant, quem cavanl ad vasa unguentaria , quoniam opiime servare inrorrupta dicilur.
Que Marie , sœur de Marthe et de Lazare , a été la Madeleine et la pécheresse.
Comme il y a toujours eu d'assez grandes contestations louchant Marie, surnommée Madeleine , et qu'on a souvent demandé si c'a été la même que Marie, sœur de Marthe et de Lazare, cl que la femme pécheresse dont parle S. Lnc au chapitre VII, 37,
Secondement , Marie-Madeleine , par l'ardeur de son zèle et de son amour, mérita que Jésus ressuscité lui apparût la première, Quelque ce fui elle dont il avait cha>sé sept démons. Cela est clair et manifeste par l'Evangile de saint Marc, qui dit au chapitre XVI, v, 9, en parlant du Sauveur : Surgens autem mane prima sabbali, apparaît primo Mariœ Magdalenœ ; ce qui veut dire : Jésus étant ressu^ciîé au matin du premier jour de la semaine (ce jour est celui que nous appelons maintenant le dimanche), apparut premièrement à Ma rie- Madeleine. Et pour faire connaître qui était Madeleine , il ajoute (pie c'était d'elle qu'il
j'ai lieu do croire, puisque je fais profession d'éclaircir avait chas-é sept démous, de qua ejeceratseptem dœ-
lout ce qui concerne l'histoire évangélique, qu'on ne trouvera pas mauvais (pie j'en dise ici mon sentiment. Peut-être qu'en cherchant la vérité cachée dans les Ecritures , elquVn la cherchant avec quelque soin, car je n'ai point d'autre vue, on trouvera la suite et la liaison de certains fails évangéliquês, qui, étant regardés séparément, et comme détachés les uns des autres , ne servent qu'à former dans l'esprit des difficultés. On sait assez qu'on en a toujours trouvé làdessus , qu'elles ont même partagé les Pères et les interprètes dès les premiers siècles ; et que ce partage de sentiment dure encore aujourd'hui. El comme les opinions des Grecs et des Latins ont été différentes sur celte question , je n'établirai rien sur leur autorité, puisqu'ils ne conviennent pas; ce ne sera que par l'Ecriture même que je lâcherai de (tonner quelques petits éclaircissements à des fails qui ont toujours paru si obscurs et si embarrassés. Ce qu'il y a seulement à remarquer, comme
monia. Saint Marc insinue assez, par ces paroles, «pie celle femme avait été pécheresse, puisque Jésus Christ avait chassé les démons de son corps, car elle en avait élé tourmentée, lorsqu'elle demeurait en Galilée; ce qui est assez confirmé par saint Luc, VIII , 2.
En troisième lieu, il faut Lien remarquer que celle Marie-Madeleine n'était pas de Judée, elle é;ait Gali* léenne, et, étant dans celte province, elle avait suivi Jésus-Christ, avec quelques autres femmes riches de ces quartiers-là. C'est encore saint Marc qui nous apprend cela, et qui nomme même quelques-unes de ces femmes, à la tête desquelles il met Marie-Madeleine, et puis il dit, parlant d'elles : El cum esset in Culilœa , sequebanlur eum, et ministrabant ei(ch. XV, •40, -il) ; c'est, à-dire, pendant que Jésus Christ était en Galilée, elles le suivaient et l'assistaient de leurs biens. Il ajoute ensuite que ces femme.* cl plusieurs autres étaient venues avec Jésus-Christ à Jérusalem, qnœ simul cum eo ascenderant Jerosolymam. Nous
une chose avantageuse à l'opinion (pie je suis , c'est verrons dans la suite en quel temps Madeleine et les que depuis plus de douze cents ans , c'est-à-dire depuis le temps de saint Augustin, presque tous les
Pères latins, cl entre autres saint Grégoire le Grand, Bcde et saint Bernard, ont cru que Marie-Madeleine a été la même que Marie, sœur de Marthe et que la femme pécheresse Pour entrer plus aisément dans ces difficultés, il faut d'abord mettre en vue ce qui paraît certain dans les Ecritures, car ce sera de là qu'on pourra tirer des lumières, pour éclaircir les endroits qui sont contestés.
Premièrement, il est constant que Marie, surnommée Madeleine, n'ayant pu assister à h sépulture de Jésus-Chi ist , parce qu'il fui enseveli par Joseph d'Ari.iiathie, alla dès le vendredi au soir voir la disposition du tombeau où on l'avait mis, et que n'ayant pu l'embaumer le samedi, parée (pic c'était le sabbat des Juifs, auquel les œuvres serviles étaient défendues, elle vint le dimanche de grand malin, pour r«-ndrc au corps du Sauveur, ce dernier devoir. Cela se voit par les évangélistes, et principalement par saint
il est important de le savoir ; car ce fut alors qu'elles quittèrent la Galilée et qu'elles demeuraient les unes à Bel ha nie, les autres au delà du Jourdain, où Jéstis- Chrisi habita six mois ou environ.
Enfin nous voyons dans l'Evangile de saint Marc (XIV, 8), qu'une femme, nommée Marie par un autre évangéliste , éianl à Béthanie, oignit d'un parfum de grand prix les pieds de Jésus- Christ , peu de jours avant sa mort; et que Judas, murmurant de cela en fut repris par le Sauveur,' qui déclara que celle femme, par celle onction , n'avait fait que prévenir le temps de sa sépulture: Cette femme, dit Jésus-Christ, a fait ce qu'elle a pu ; elle a par avance oint mon corps pour la sépulture, prœvenit ungere corpus m eum in sepulturam. Ce qui est aussi marqué dans saint Matthieu et même dans saint Jean. Or pourquoi le Seigneur parlait-il de la sorte? C'est parce qu'il savait qm» celle même femme, huit ou neuf jours aptes, cher-
mi
cherail à sa mort Poccâslon d'oindre ei d'embaumer son corps ; mais il prévoyait en même temps «pie tous ses soins là -dessus seraient inutiles , parce qu'il sérail déjà ressuscité, quand elle viendrait avec des parfums et «les aromates, pour lui rendre ces derniers devoirs. EKe prévenait donc, sans pourtant le sa\oir, parcelle onction faite à Béihanie, peu de jours avant la mort du Sauveur, Fonction de sa sépulture, qu'elle ne put IVire après, quelque empressement qu'elle en eût. Voilà pourquoi Jésus dit alors, en parlant de Marie : Elle a faitcô qu'elle a pu, elle a par avance oint mon corps pour la sépulture.
Il faut maintenant chercher qui fui la femme nom née Marie qui chercha l'occasion d'oindre de parfums le corps de Jésus-Christ après sa mort; mais qui ne le put à cause de sa résurrection. Et qui Fut-ce, sinon Marie surnommée Madeleine ? Je l'ai clairement montré ci-dessus, dans la première chose que j'ai supposée comme certaine, et que j'ai prouvée par saint Luc, avec lequel conviennent les autres évangélistes. C'est donc Marie-Madeîeine qui a recherche avec ardeur d'oindre le corps de Jôsus après sa mort, cela esl constant. Or il n'est pas moins constant que celle qui fil à Béihanie l'onction que Jésus-Christ regardait comme l'onction de sa sépullure , fui M. rie, soeor de Marthe et de Lazare ; car saint Jean le marque assez au chapilre XII, v. 2, 3. El, par conséquent, il faut conclure que Marie, qui avait le surnom de Madeleine, n'était autre que Marie, sœur de Marthe et de Lazare. Celte conséquence me parait directe cl nécessaire, et je ne vois pas qu'on la puisse éviter. El quand le Fils de Dieu a d'il, en pariant de celle onction faite a Béihanie conlre ceux qui la désapprouvaient : Je vous dis en vérité, qu'en quelque lieu du monde qu'on prêche cet Evangile, l'on racontera à la louange de celte femme ce qu'elle vient de faire , Amen dieu vobis, ubicumque prœdicatum fueril Evange- Uum istud in universo mundo, el quod fecil Itœc, nuirab'uur in memorium ejus {Marc, XiV, 9) , n'est-ce pas là une prophétie, ou plutôt n'y en a t-il pas deux , comme le remarque ThéophylaCle' En la personne de quelle femme s'esi-elle accomplie, sinon en la personne de Marie-Madeleine? Car enfin l'Evangile s'étant prêci.é el se prêchant encore par toute la terre, selon la prédiction du Sauveur, ou a loué la femme qui l'oignit à Béihanie; mais on ne l'a louée dans l'Eglise que sous te nom de Marie-Madeleine. Elle éiail donc la sœur de Marthe, el je ne vois pas hien comment l'on en peut douter.
De pins, qu'on examine tous les évangélistes, on ne trouvera pas qu'aucune femme de la province de Judée ait publiquement suivi Jésus-Christ et se soit déclarée pour lui, bien loin de faire à son égard une action si belle et si éclatante qu'était celle-ci. Or. avait déjà déclaré dans le grand conseil de Jérusalem que quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ, extra synngogam fierel, serait chassé de la synagogue ( Jean , IX, 22). Et ce fut là-dessus que le père ei la mère de l'aveugle-né n'osèrent pas seulement
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dire que c'était Jésus qui lui avait rendu la vue. Et après cela on pourra croire qu'une femme noble et riche comme Marie, et que toute sa famille, dons étaient Marthe et Lazare, aient si bien reçu Jésus- Christ avec ses apôltes, à la face, pour ainsi dire, de Jérusalem, el qu'elle ail été de Judée? Cela n'est point du tout croyable. Marie, ainsi que toute sa famille, était Galiléenne; elle était venue depuis environ six mois à Béihanie; c'étaient des personnes riches et de qualité, ainsi on n'osait leur rien dire. Et de là l'on voit que Marie, sœur de Marthe, n'était point autre que Madeleine, qui était de Galilée. Elle fit donc à Béihanie en Judée, ou elle avait suivi Jésus- Christ, la même cho>e qu'elle avait déjà faite à Naïm ou en quelque autre ville de Galilée, qui en était voisine. Partout c'est Madeleine qui oint les pied> du Sauveur et qui les essuie des cheveux de sa tête. Enfin si Marie, sœur de Marthe, n'était pas Madeleine, qu'esl-elle devenue? Aurail-elle abandonné son bon maître au temps de sa passion et de ses souffrances, elle qui, huit ou neuf jours auparavant, lui avait témoigné tant d'amour? Tout cela ne prouve-til pas qu'il n'y a point eu d'autre Madeleine que la sœur de Marthe, el que si elle a donné au Sauveur, jusqu'à la lin, des marques éclatantes de sa chanté, il n'a pas manqué, en ressuscitant, de lui donner des preuves de la sienne, lui apparaissant la première et l'appelant Marie, comme il avait fait pendant son ministère.
Après cela il ne reste plus qu'à faire voir que Mario Madeleine, sœur de Marthe et de Lazare, a été la pécheresse dont il est parlé au chapitre VII, r . 57 de saint Luc. Voici à peu près ce qu'en dii cet évangéliste : < Jésus étant entré dans la maison d'un pharisien nommé Simon, qui l'avait invité à manger chez lui, se mil à table; en même temps, une femme dans la ville, qui était jérheresse, muticr quœ erul in civitaie peccalrix, ayant su qu'il élail là, apporta un vase d'albâtre plein d'huile de parfum, altulil alabasirum wigucnti ; et, se tenant derrière lui, à ses pieds, elle commença à les arroser de ses larmes, e; les essuya avec les cheveux de sa tête, et capillis capiiis nui ter» g<bat (ibid.y 58); elle les baisa ensuite el les oignit d'huile de parfum, el unguenlo iwgcbal. > Ou est embarrassé de savoir qtii éiail celte femme pdcheressc; el cependant saint Jean i'évangéiiste insinue assez que c'était Marie, eœur de Marthe et de Lazare ; car après avoir parlé, à l'entrée du chapitre XI de Lazaie, qui était malade, el puis de Marie et de Marthe, ses sœurs, il dil incontinent : Or, Marie élailceHe qui oignit le Seigneur d'une huile de parfum , et qui essuya ses pieds de ses cheveux, et Luzarc, son frère, élail celui qui était malade : Maria uuiem erat, quœunxit Dominant unguenlo ( c'est ce qu'elle fil étant encore en Galilée), et extersit pedes ejus capillis suis, cujus [rater Lazarus iufirmabatur. Voilà Marie, sœur de Lazare, qui a oint le Seigneur d'une huile de parfum : quœ unxit Dominum unguenlo, //ypa>, qui est le terme grec dont s'est servi saint Luc. Cela avait donc é.é
dé^à fait ; c est pourquoi saint Jean en pailait comme d'une chose passée et qui avait rendu la sœur de Lazare célèbre, par ce qu'en avait rapporlé saint Luc. En effet, saint Augustin, dans le livre qu'il a fait de ta Concorde des évangélistes (/w. Il), dit nettement que saint Jean , en parlant de la sorte, avait en vue l'endroit de saint Luc : Hoc dicens Joannes, altestalur Lucœ, qui hoc in domo pharisœi cujmdam Simonie factum esse narravit. Et puis il ajoute : Jam ergo Maria fecerat. Marie avait donc déjà fait celle onction. Oui, sans doute, elle l'avait laite chez Simon le pharisien, au commencement de sa conversion, lorsqu'elle éiait encore en Galilée : In Beihariia, dit ce Père, rursus fecit ; elle la fit en Bélhanie une seconde l'ois. Ainsi, selon le grand saint Augustin , la pécheresse n'élut autre que Marie, sœur de Marthe. Le pape saint Grégoire a aussi élé de ce senlimenl, puis qu'il dit (//oi«. 53 in Evang.), en parlant de celle pécheresse : liane veroquam Lucas peccalricem mulierem, Joannes Mariam twminavit, illam esse Mariam credimus, de qua Marcus éjecta septem dœmonia fuisse leslalur. La pécheresse a donc élé Marie-Madeleine , de laquelle Jé*us-Christ avait, selon saint Marc , chassé sept démons. El ne voit on pas manifestement que c'est la même femme qui conservait ses parfums dans des vases d'albàirc? Car celle qui oignit Jésus en Galilée, comme pécheresse, apporta, ailulil, dit saint Luc ( VII, 57 ), aitbaslrum unguenti. De même celle qui répandit sur lui ses parfums à Bélhanie, avait, selon saint Matthieu (XXVI, 7), alabaslrum unguenti. Enfin, ce fut la même femme qui fit par deux fois l'onction sur Jésus- Christ, et remarquez que ce fut chez le même Simon, qui étaii pharisien de Galilée, mais qui suivit le Seigneur lorsqu'il vint en Judée, parce que, selon toutes les apparences, il l'avait guéri de la lèpre; et c'est la raison pourquoi il est aussi appelé Simon le Lépreux (llieron.t lib. IV Comment, in Malin., cap. 26). Il y a même de savants interprètes qui ont voulu croire qu'il était parent de Lazare et, par conséquent, de Marie et de Marthe ; toujours, il était leur ami et leur compatriote, si je ne me trompe, et il vint avec elles demeurer à Bélhanie.
Parmi tout cela il y a tant de rapport et tant d'apparence de vérité, qu'en distinguant seulement les temps et les lieux , on trouve que c'est toujours la même personne qui porte partout le même esprit, le même zèle, le même amour; qui fait des onctions toutes semblables, en deux temps différents : l'une par un mouvement de contrition et de pénitence, étant, eu Galilée ; l'autre, par une effusion d'amour et de charité, étant à Bélhanie près de Jérusalem, où elle avait suivi le Seigneur. La première onction fut faite par Madeleine , vers le mois de janvier ou de février de l'an 28 de l'ère commune, et la dernière se fit par elle même à Bélhanie le 9 avril de l'année suivante, six jours avant la mort du Sauveur; et ainsi la première a précédé l'autre de plus de quatorze mois. Je ne sais si ces faits, qui, comme l'on voit, sont assez importants et qui donnent , même à l'Evangile . un
certain lustre, seront crus assez bien prouvés ; on en pourra penser ce que l'on voudra ; mais ce que je sais, c'est qu'ils laisseront toujours de la confusion dans l'esprit de ceux qui les voudront lire, parce qu'ils y sont sans ordre et sans liaison. Afin donc qu'on les comprenne sans se gêner l'esprit , je m'en vais les réduire en forme d'histoire, mais succinctement, car j'en ai déjà assez dit sur celte matière, quoique la vérilé ne saurait être assez éclaircie. Voici l'idée qu'on peut se former de Madeleine sur les faits évangéliques que je viens d'établir et sur quelques conjectures qu'on en peut tirer assez naturellement.
Marie, que les évangélistes appellent Madeleine, tirait son nom, selon quelques anciens et même selon sainl Jérôme ( Epist. ad llebidiam, quœst. 4), du bourg ou château de Magdulum, d'où, par la terminaison grecque est venu MaySa^v*}, Magdalene; et de là nous avons fait Madeleine. Comme elle prenaii son nom de ce lieu, il y a assez d'apparence qu'elle en tirait aussi son origine ; ainsi elle était de la province de Galilée : on n'en peut pas douter, rar cela est marqué dans quelques endroits de l'Evangile. On croit communément qu'elle était d'une famille qui s'était distinguée par ses biens aussi bien que par sa noblesse; et celte profusion de parfums, mais de parfums de très-grand prix , qu'elle répandit sur les pieds de Jésus-Christ en est une preuve certaine. Il n'est rien dit dans les évangélistes, de Marthe, qui ne fasse croire que ce ne fui une femme très-sage et très-réglée dans ses mœurs; mais pour Madeleine, que j'ai fait voir être sa sœur, ils nous en laissent une idée qui esl bien différente. Sainl Luc (Vil, 37) la nomme pécheresse, ce qui donne à connaître (pie sa conduite n'a pas élé assez régulière ;ei là-dessus on peut bien croire que, pendant quelque temps, elle a livré son cœur au monde : j'entends à ces vanités et à ces pompes qui séduisent la plupart des fil'es de qualité. Mais pour cela oserait-on dire, comme ont fail quelques-uns, qu'elle ait flétri la gloire de sa famille par les dernières infamies? J'avoue , après avoir u ut examiné,quejenetrouverien qui me porte à le croire.
Madeleine peut avoir donné dans tous les evcès de la mondanité, c'est-à-dire dans le luxe, la somptuosité, la délicatesse, le jeu, la galanterie, les divertissements ; et cela est d'autant plus croyable, qu'à la Dédicace de la ville de Tibériade, qui fut un an avant sa conversion , toute la Galilée nageait dans les plaisirs. Elle peut donc avoir donné dans tous ce^ excès, sans en venir à ces houleuses prostitution* dont on l'a soupçonnée trop facilement. Ne peut-elUj pas avoir mérité le nom de pécheresse par tous 1*3 endroits que je viens de marquer, pu sque nous voyons dans le prophète Isaïe (III, 10, 26), que les filles de Jérusalem, pour aimer seulement le faste et le luxe, sont menacées par Dieu même de terribles supplices? Sa vanité la portail à faire tout ce que le Seigneur avait hautement condamné par un grand prophète. Aussi Dieu prit-il plaisir à humilier dans cette fille un esprt "rguei!leux e*. un corps flaltéjus-
qu'à l'idolâtrie, en livrant l'un et l'autre, du moins pour quelque temps, à la puissance des démons ; car enfin elle en fut tourmentée, les écrivains sacrés le disent si clairement qu'il n'est pas permis d'en douter. Ce fui, selon toutes les apparences, celte puissante humiliation, qui n'était pas alors si extraordinaire qu'elle l'est maintenant, qui fit rentier celte tille mondaine dans son bon sens et dans les voies du salut.
Jésus-Christ vint à Naïni, ville de Galilée, vers le m ois de janvier ou de lévrier de la deuxième année de son ministère, qui était la vingt- huitième de l'ère commune. Il y ressuscita lu u'.s de la veuve qu'on portait au sépulcre ; et ce miracle fut si célèbre el si éclatant, que le bruit s'en répandit dans ies provinces voisines. Ce fut en ce lemps-lâ que Marie, frappée peut-être de ce grand prodige, chercha celui qui venait de le faire, car c'était le médeein qui la devait guérir. Elle sut qu'il était dans la ville, chez Simon le pharisien, qui l'avait invité à manger ; elle élail connue de cet homme, qui était ami de sa famille; elle entra doue dans sa maison, et trouvant Jésus à table elle Commença à arroser ses pieds de ses larmes, elle les essuya des cheveux de sa tête , qui avaient lani servi à ses vanités; puis, les ayant baisés humblement, elle prit un vase d'albâtre el répandit sur eux de l'huile de parfum.
Jé>us, voyant la grandeur de sa foi et de son amour ( car son cœur était alors percé de repentir ) lui remit ses péchés el lui dit, en la renvoyant, ces paroles consolantes : Votre foi vous a sauvée, allez-vous-en en paix. Doutera-t-on que Madeleine ne fut alors non-seulement nettoyée de ses crimes , mais encore délivrée des esprits malins qui l'avaient affligée? car nous voyons que le Sauveur les chassait souvent en prononçant simplement ces paroles. En effet, si elle eùl été auparavant libre de ces esprits qui la tourmentaient, Simon, qui la connaissait, ne l'aurait pas ignoré. Ce fut depuis ce temps de salut qu'elle se mit dans les humiliations de la pénitence; et l'on peut dire qu'elle y trouva bien plus de douceur qu'elle n'avait goûté de plaisir dans les pompes du monde.
Cette année de sa conversion, qui fut la vjngl-huilième de l'ère vulgaire, la fête de Pàque tomba vers la lin de mars; et au mois d'avril suivant, Jésus Christ, qui avait été à cette solennité, retourna en Galilée et vint, selon son ordinaire, à Capharuaûm. Ce fut alors quu Marie-Madeleine, quittant toutes choses, commença à suivre son libérateur; Jeanne, épouse de Chusa, intendant d'Ilérode le létrarque, fil la même chose, avec Suzanne el quelques autres femmes riches et pieuses, comme nous l'apprenons de saint Luc (\11I, 2, 3). Elles écoutaient sa sainle doctrine et l'assistaient de leurs biens dans les voyages qu'il faisait par les villes et les bourgades de la Galilée où il annonçait la pénitence et te royaume du ciel.
Vers le mois d'août suivant, peu de jours avant la transfiguration , le Fils de Dieu forma le dessein de quitter pour toujours ia Galilée et de se rendre à Jérusalem pour la lêie des Tabernacles, qui n'était qu'à S. S. XXVII.
ET LA JDDAIQUE. m*
la fin de septembre. Ce fui alors que, faisant chemin vers la Judée, et étant venu vers la ville de Naïm el le torrent de Cison, il entra d.tns un bourg que la Vulgale appelle un château, in quoddmu castetïun. Marthe, qui apparemment était dame de ce. lieu, la reçut dans sa maison avec tous les devoirs de la charité ; et, voyant que parmi les empressements qu'clie avait de lui rendre service, Marie-Madeleine, sa ^œur, se tenait à ses pieds , écoutant la sainte parole, elle ne put s'empêcher de s'en plaindre; mais le Seigneur lui dit fort bien que Marie avait choisi la meilleure part; t'est qu'elle avait tout abandonne pour le suivre el pour nourrir son âme des paroles de vie qui sortaient de sa bouche: car c'étaient alors ses chastes délices.
C'est ici qu'il faut remorquer que ce château où Jésus entra el où Marthe faisait sa demeure était dans la Galilée méridionale, vers les frontières de Salarie, au de à du torrent de Cison. Marthe élail donc Galiléennc comme Marie-M deleine, sa sœur; mais, six ou sept mois après ce temps ci, on les verra tout, s deux faisant leur demeure à lïéthanie, à trois quarts de lieue de Jérusalem. 11 est important, pour l'éclaircissement de plusieurs faits évangéhqucs, de marquer ici la raison de ce changement de demeure, auquel la plupart «les interprètes n'ont pas assez pr's garde; cl c'est ce qui a été cause qu'on a distingué Marie, sœur de Marthe, de Marie-Madeleine ; au lieu qu'on voit par là (pie ce n'est que la même, Marthe, aussi bien que Madeleine, étant de la province de Galilée el non de Judée, comn e plusieurs l'ont cru. Jésus-Christ ayant prêché l'Evangile durant une parlie du mois (i'aoûl et la moitié de septembre dans les viiies et les bourgades de Galilée voisines de S arnarie, mais toujours en faisant chemin vers Jérusalem , selon ces paroles d'un évan^éliste : Ibai per civitales et caslella docens, el iter fnciens in Jérusalem (Lwt Xlll, 22; XVII, II), quitta enfin cette province pour se rendre à la ville sainte vrrs le dix-neuf septembre, qu'on célébrait relie année-là la fête des Tabernacles. Il la quitta si bien, qu'il n'y rewnl plu* jamais , sinon qu'il y apparut à ses chers disciples quelques jours après sa résurrection glorieuse.
Le Sauveur, ayant formé ce dessein, ne manqua pas de le dire à une famille, ;pii lui était attachée par tous les liens de la charité. Ce fut là-dessus que Marthe et Madeleine abandonnèrent la Galilée, qui était le pays de leur origine, poursuivre leur bon maître ver^ Jérusalem. N'est-ce pas ce que lait entendre saint Marc, lorsque, parlant do Marie-Madeleine cl de plusieurs autres femmes qui l'avaient suivi et aidé de leur* biens dans la Galilée, il dit qu'elles allèrent avec lui à Jérusalem, quœ simul cum eo ascenderanl Jcrosolymam(Marc, XV, 40, 41). Avant la fête des Tabernacles de Tan 28 de l'ère commune, c'est-à-dire avant la fin de septembre, toutes ces saintes femmes étaient encore en Galilée; mais depuis ce temps- là elles suivirent Jésus-Christ à Jérusalem et ne l'abandonnèrent jamais, non pas même à sa mort, qui arriva six o*« (Quarante et une.)
tcpl mois après. Marthe et Marie-Madeleine sa sœur établirent leur demeure à Bélhanie, à deux milles «le Jérusalem : Lazare leur frère les suivit, et il y a lieu de croire que Simon le Pharisien lit la même chose; car il était aussi de Galilée, mais il croy.it en Jésus- Christ, parce que, selon saint Jérôme {Comment, in cap. XXYI Malth.), il avait été guéri de la lèpre ; d*où quelques-uns des évangélisles l'appellent Simon Je Lépreux.
Après la fêle des Tabernacles le Fils de Dieu se relira durant quelques mois au delà du Jourdain ; et quand il venait à Jérusalem, comme il fit à la solennité do la Dédicace, vers la fin de novembre, il passait à Bélhanie, car c'était son chemin. Il y vint encore vers la fin de mars suivant, c'est-à-dire en /'année 29 de l'ère commune ; mais il y vint à la prière de Marthe cl de Marie-Madeleine, qui l'avaient suppiié de guérir leur frère. Ce fut alors qu'il fit en leur faveur ce prodigieux miracle qui étonna loul Jérusalem, quand il ressuscita Lazare, qui était mort depuis huit jours. Il versa même des larmes avec ses deux .sœurs, tant il avait de tendresse pour celles qui avaient loul abandonné pour lesuivre el qui lui avaient marqué timide respecl et d'attachcmeni dans ht Galilée. Il est donc si vrai que ces deux femmes étaient gablcennes, qu'on n'en verra p.is dans tout l'Evangile, si je ne me trompe, une seule de Judée ou de Jérusalem qui ait fait profession publique de suivie Jésub-Christ.
Le samedi 9 avril, c'est-à-dire six jours avant la pâque et la mort du Seigneur, on fit à Bélhanie, chez Simon le Lépreux, qui semble avoir été le même que le Pharisien de Galilée, ce fameux souper durant le quel Marie-Madeleine, sœur de Marthe, qui servait à table, oignit les pieds de Jésus-Chrisl d'un parfum de nard d'épi, qui était de grand prix, après les avoir essuyés de ses propres cheveux. El elle avait cette huile de parfum dans un vased'albâlre, qu'elle rompit |K)ur répandre le reste sur sa tête. C'est la seconde et dernière onction qu'a faite Marie-Madeleine : la première se fit dans la Galilée, à sa conversion, par un mouvement de pénitence : celle-ci se lit dans la Judée environ quatorze mois après par une effusion de sa charité. Ce fut à l'occasion de cette dernière, faite à Bélhanie, que Jésus-Christ déclara que Marie avait par avance oint son corps pour la sépulture. En elTct elle ne pt:i pas l'oindre après sa mon, quelque empressement qu'elle eùi de le faire, parce que ie Sauveur, par sa résurrection glorieuse, prévint ses mi us el ses désirs.
Comme Madeleine, qui était toujours remplie d'ardeur pour son maître, ne put pas assistera sou tragique jugement, elle fut au moins présente à sa mort, qui arriva le vendredi, 15 avril, après midi. Et son amour, qui souffrait alors tout ce qu'on peut souffrir, ne lui permit pas de l'abandonner qu'il ne fût déposé de la croix, pour èlre enseveli et mis dans le tombeau. Malgré toute sa douleur, elle ne laissa pas d'aï er, avec quelques autres femmes de Galilée, observer h
situation du lieu où on l'avait mis, dans le dessein de venir embaumer ce corps adorable. El comme elle ne le put faire le lendemain, parce que c'était le jour du sabbal, auquel ces œuvres n'élaienl pas permises; le jour suivant, qu'on a depuis appelé le dimanche, ayant préparé, elle et quelques-unes de ses compagnes, des aromates el des parfums, elle vint au sépulcre dès la | ointe du jour. Mais elle ne put pas rendre ces derniers devoirs à un corps qui était déjà sorti du tombeau et qui avait triomphé de la mort.
C'était , selon mou sentiment , le 17 avril, el ce jour-là au malin Jésus-Christ lui apparut toute, la première, du moins saint Mare (XVI, 9) semble-t-il le marquer par ces paroles : Surgens auiem mam prima sabbati , apparuit primo Mariœ Mugdut&itie de qua ejecerai septem dœmonia. Certes, elle mérita bien celle faveur signalée par l'ardeur de son amour cl do sa charité. Voilà un petit abrégé historique des actions de Marie-Madeleine, contenues dans les évangclisles. Comme elles .sont liées el suivies, elles aideronl beaucoup à confirmer lus preuves que j'ai apportées, pour montrer, scion le sentiment le plus commun de l'Eglise, que c'est la même que Mario sœur de Marthe el que la péeheresse. Si j'ai été u« peu long sur cette matière, on me doit pardonner, puisqu'on trouvera dans ce discours quantité de faits évangéliques qui demandaient quelque éclaircissement. Du reste, je ne prétends pas préjudic er à ceux qui peuvent avoir d'autres sentiments que les miens; mais aussi suis-je bien aise de suivie cetoi de la sacrée faculté de Paris, qui a prononcé là-de>sus\ il y a plus d'uu sièele. Outre (pie c'e>t le sentiment de la plupart des interprètes et surtout du cardinal Baronius, dans les Aimais de rtulise.
Les princes des prêtres veulent tuer Lazare.
On a vu ci-devant que Jésus-Christ vint au bourg «le Bélhanie, où Marthe et Marie Madeleine faisaient leur demeure avec leur frère Lazare, et que le 9 avril, qui était un jour de sabbat, on lui fil un festin chez Simon le Lépreux, où Madeleine l'oignit d'un vrai parfum de nard qui était de grand prix Phrsïetus d'entre les Juifs de Jérusalem et des lieux d'alentour, sachant qu'il était à Bélhanie, vinrent \k pour le voir, lui et Lazare, qu'il avait quelque temps auparavant ressuscité des morts. C'est ce que nous apprenons d'un éangélisle. do t voici les paroles: Cuijnovil citjo lurba mulia ex Judœis quia illic est, et venerunl non propier Jesum tanium , sed ut Lazurum vidèrent, quem suscilavit a morluis. Quand les princes des prêtres virent que tant de monde allait à Bélhanie voir Lazare, à l'occasion de Jésus Christ, qui l'avait tiré du tombeau, ils délibérèrent aussi de le faire mourir : car pour Jésus Christ, il y avait déjà longtemps que la résolution en avait été prise dans le souverain conseil des Juifs : Cogitnverunt milan, (dans l'original il y a comullaverunt, è§ovnùzy.<To ) principes sucerdoium , ut et Lazarum interficefettl* Pourquoi ces méchants prêtres formèrent-ils entre eux un si détestable dessein? C'est, dil i'Eerilure,
TAR LA ROMAINE ET LA JUDAÏQUE
parce que plusieurs d'entre les Juifs se retiraient d'eux, et croyaient en Jésus Christ, à cause de lui, le voyant rcssu>cilé : Quia muiti propter illum abibaut ex Judœis, et credebant in Jesum.
Ce n'était pas tant la passion que l'intérêt et la politique qui faisait agir de la sorte les princes des prêtres, c'est-à-dire Caïphe , qui était alors souverain sacrificateur", Anne, son beau-père, qui l'avait été très- longtemps , et ceux qui étaient de leur cabale et même de leur secte. Ces premiers des piètres, que l'Ecriture appelle leurs princes , étaient alors presque tous de la secte des saduréens; saint Luc, dans les Actes (V, 17) , ne permet pas d'en douter; les saducéens disaient et soutenaient qu'il n'y avait point de résurrection, sadducœi dicunl non esse resurreclionem. Celle de Lazare était si visible, si publique, si éclatante, qu'il n'y avait pas moyen de la nier. Elle renversait donc le dogme impie de ces méchants pontifes, bien plus puissamment que tous les raisonnements du monde ; c'est pourquoi ils prirent la résolution de le faire aussi mourir; car ils voyaient déjà que plusieurs se retiraient d'eux, subducebant se , vTrifyov, comme porte le grec, c'e->l à-dire qu'ils se retiraient du parti et de la doctrine des saducéens, pour croire en Jésus-Christ. Voilà quel était le dessein de ces pontifes saducéeos, qui, voyant leur parti se détruire par un homme ressuscité, formèrent la résolution de le faire mourir. Mais hien qu'ils fussent très-puissants dans Jérusalem, nous ne voyons pas qu'ils aient accompli leur dessein criminel, parce qu'ils craignaient le peuple, outre que Lazare était un homme de qualité, dont le meurtre ne serait pas demeuré impuni (Jean, XII, 9-11). Jésus est reçu en triomphe dans Jérusalem. Le jour d'après le souper qu'on fit à Béthanic, qui était le dimanche 10 avril , le Sauveur du monde voulut aller à Jérusalem. Il savait bien qu'il y devait être reçu en triomphe, et publiquement reconnu pour le Messie et le fils de David, malgré toute la rage de ses ennemis. Et afin que les prophéties eussent en lui leur accomplissement , car le prophète Zacharie (IX, 9) avait prédit, plus de cinq cents ans auparavant, que le roi des Juifs, qui est le Messie, entrerait dans Jérusalem doux et pacifique, monté sur un âne; /orsqu'il approchait de la ville sainte et qu'il était vers le bourg de Bell» ph âgé , sur la montagne des Oliviers, de l'autre côté du torrent de Cédron, il envoya deux de ses disciples , pour lui amener de ce bourg , ou d'un autre voisin , une ânesse avec son ânon. Mais voyons ce qu'en «lisent les évaugéiistes. Lors, dit saint Matthieu, quils approchaient de Jérusalem, étant déjà arrivés vers Bethphagê, sur la montagne des Oliviers , Jéaits envoya deux de ses disciples, leur disant : Allez à ce bourg qui est devant vous, et aussitôt vous g trouverez une ànesse liée et sun anon avec elle ; déliez- la et me l'amenez. Et si quelqu'un vous dit quelque chose, dites lui que le Seigneur en a besoin , et incontinent il les laissera aller. Or tout eect s'est fait npn que l'on vit L'accomplissement de-ces
paroles d'un prophète, qui av,ni dit : Annoncez à la film de Sion : Voici votre roi qui vient à vous plein de douceur, monté sur une ânesse et sur l'ànon de celle qui est sous lejcug. Les disciples s'en allèrent et firent ce que Jét,us leur avait commandé. Saint Luc ajoute que comme ils déliaient Canon , ceux à qui il appartenait leur dirent : Pourquoi déliez vous cet ânon? Ils lui répondirent : Parce que le Seigneur en a besoin. Il faut remarquer que les trois derniers évaugéiistes ne parlent que de l'ànon, parce que ce fut sur lui que Jésus était monté, pour faire son entrée triomphante en Jérusalem. Saint Jean le dit nettement, et il assure que le prophète en avait ainsi parlé : Ecce rex tnus verni sedens super pullum asinœ , èxi ttûXo-j $jo». Saint Justin, martyr, le dit aussi , l'ayant pris des Septante, dans quelques exemplaires desquels il y a êVc Ttw/cv viov , super pullum novum , sur un jeune ânon , ce qui est encore véritable. D'où vient que saint Luc marque expressément que personne n'avait encore monté dessus \lnvenieiis pullum asinœ alligalum, cui nemo unquam hominum scdil. Il est donc constant que Jésus monta sur l'ànon ; mais on ne laissa pas de prendre aussi l'âuesse, sur laquelle on mil quelques vêtements, comme il est porté dans saint Matthieu.
Or l'usage des ânes pour la monture éait fort commun et fort ancien parmi les Israélites, principalement avant que le roi Salomon eût fait venir ; es chevaux d'Egypte. Ainsi il ne faut pas s'étonner si le Messie, qui devait être pauvre, doux et modeste , a voulu s'en servir. L'évangéliste ajoute en parlant des disciples ; Ils amenèrent C ànesse et Canon , ils y mirent leurs vêlements et le firent monter dessus. Alors une grande multitude de peuple étendit ses vêtements le long du chemin (c'est à-dire depuis le bourg de Bel h phagé jusqu'à Jérusalem, durant p es d'un quart de lieue); les autres coupaient des branches d'arbres et les jetaient par où il passait. Et les peuples, tant ceux qui le précédaient que ceux qui suivaient, criaient à haute voix, en disant : Hosanna (comme si vous disiez salut et gloire) au fils de David; béni soit celui qui vient au nom du Seigneur : Hosanna dans le plus haut des deux; ou, comme écrit saint Luc : Béni soit le roi qui vient au nom du Seigneur; paix soit dans le ciel et gloire dans les lieux hauts : « Vax in cœlo et gloritt in excelsis. i On disait aussi selon saint Jean : Hosanna, beui soit le rui d'Israël, « rex Israël, > qui vient au nom du Seigneur. Enfin, selon saint Mare, il y en avait qui Criaient : Béni soit le règne de notre père David, qui est arrivé : < Benedictum quod veuit reguum patris nostri David ; Hosanna in cxc> Isis. >
Après toute cette pompe célèbre et toutes ces acclamations, parmi lesquelles on appelait Jésus ChrïfeJ fils de David et roi d'Israël , peut-on douter que le dimanche 10 avril, e'est-à dire cinq jouis avaul sa mort, il aitéié reconnu publiquement dans Jérusalem pour le Christ et le Messie? On ne saurait le révoquer en doute, puisque les Juifs ne donnent point d'aulnj nom au Messie que ceux que les peuple» lui ont demie
dans cette entrée pompeuse et triomphante. Mais ce qu'il y a ici de plus remarquable et de plus singulier, c'est que ces paroles sont celles-là mêmes que les Juifs prononcent dus l'attente de leur prétendu Messie. Elles sont tirées cl» psaume CXVII »u C-X VIII, Selon les Hébreux, v. 25. 26. Us les < huilent principalement à la fêle (1rs Tabernacles , portant dans leurs mains des lu anches de palmier, Je myrte, de citionnier, d'olivier et amies semblables, cl, agitant ces branches , ils disent tout li-'nil : lïosnnna. Ce mot est composé de husia, qui en hébreu veut dire, saiva; et de na ou aima, qui signifie obseero, qna'so; ainsi ce moi originairement voulait dire iSalva, quœso. Mais le< Juifs en ont fait, par leurs necliin liions assez ordinaires , une espèce de substantif, qu'ils ont introduit dans l'usage publie au temps «le joie et d'allégresse ; lel qu'est le septième jour »le la lète des Tabernacles, qu'ils appellent dans leurs calendriers llosanna rabba, c'est-à-dire le grand 11 sauna. Or par l'usage de ce mot ils veulent proprement dire : Salut, paix, gloire au Mes ie , au (ils de David, au roi d'1 raëi , envoyé du Seigneur : nou-scii'emcul qu'il ait tout cela sur la terre, nais encore dans ie ciel. Voilà CC qu'ont voulu dire les J.iif-% par leurs exclamations cl par leurs vœux publics. Outre qu'en étendant leurs vêlements par terre, ils l'ont encore reconnu pour leur roi.
Achevons cette pompe qui causait un chagrin mortel aux princes des prêtres, aux pharisiens aux îlot'tcurs de la loi et à tous les autres ennemis de Jésus- Christ. Lorsqu'il fui entré dans Jêi usaient , i cum intrasset Jerosohjmum, > toute lu v'Ale en fui dans I' émotion, et chacun disait : Qui est celui-ci? Mais les peuples disaienl : C'est Jésus le prophète de Nazareth en Galilée, i Hic csl Jésus propheia a Nazareth Çalilœœ. » Saint Jean ajoute que ses disciples ne comprirent pas alors ces choses; mais quand Jésus fut dans sa gloire, ils se souvinrent qu'elles étaient écrites de lui, et que c'est pour cela qu'on les lui avait faites. Le grand .pombre de ceux qui étaient avec lui , lorsqu'il (il sortir £,azare du tombeau e' le ressuscita d'entre les morts, lui rendait témoignage, l'A ce fut à cause de cela que les peuples allèrent au devant de lui, parce qu'ils avaient oui dire qu'il avait fait ce miracle. De soi te que les pharisiens disaient euh e eux: Vous voyez que nous ne gagnons rien; voilà tout le monde qui vu après lui.
Saint Luc écrit que quand Jésus approcha de la descente de la montagne des Oliviers, tes disciples étant en troupe, dans un transport de joie, commencèrent à louer Dieu à haute voix, pour tontes les merveilles au'ils avaient vues, en disant : Hé ni soit le roi qui vient eu nom du Seigneur, paix sol dans le ciel, et gloire dans les lieux tiès hauts. Observez qu'au bas de la descente de ce:te innmagueéiaii le torrent des Cèdres, rçue mus appelons communément le luirent de Cé- <lr n, qui coulait dans la vallée de Jusaphai, entre la ville et la montagne des Oliviers. Ce lui là eue q elques-uns des pharisiens qui étaient dans la foule lui dirent : Maître, faites taire vos disciples. Il leur ré-
pondit : Je vous déclare, que si ceux-ci se taisent, les pierres crieront (Mailh. , XXI, 1-1 » ; Marc, XI, MO; Luc, XIX. 29-iitt ; ïèuù\ XII, tè-ii)).
Jésus pleure la ruine de Jérusalem.
Après (pie le Suiveur eut, selon loules les apparences, passé le torrent de Ccdron, ou des Cèdres, étant proche de Jérusalem, il jeta les yeux sur la ville, et pleura sur elle , eu disant : Que si lu avais connu, au moins en ce jour ci, ce qui pouvait le donner la paix ! mais encore maint, nant cts choses sont cachées à tes yeux, (.'est pourquoi les jours viendront que les ennemis l' émir mineront de tranchées ,* oui , ils l'environneront et te serreront de toutes ports; -,ls le renverseront par terre, et perdront les enfants qui sont dans les murs , et ne laisseront pus en loi pierre sur pierre, parce que lu n'as pas connu, le temps de la visite (Luc, XIX, 41-U).
Il fallait que le malheur que Jésus Christ prédit à la ville de Jérusalem", au milieu de sa réception et de son triomphe, lût exli êiiic, puisqu'il lira des littrics de ses yeux, parmi les réjouissances publiques et les acclamations d'hosaunu qu'on lui faisait de toutes paris. Oui, sans limite, il ïai extrême, puisque tout le momie en sait l'histoire tragique, que Jo>è,ihc a décrite avec étendue et dans tomes ses circonstances* On les peut lire dans les livres qu'.l a faits de la Vuerre des Juifs, qui, par lin effet de la Providence, sont venus jusqu'à non*. J'avertis seulement que «elle tiiste ,.ié lietiou du Seigneur s'accomplit l'an 70 de l'ère 'chrétienne, c'e-u-à-dire quarante et un ans après qu'elle eut été laite.
On a vu couine le Fds de Dieu, le Messie, le roi d'Israël entra Ir omphanl dans la ville de Jérusalem, tous lui applaudi-saul cl lui souhaitant les bénédictions du ciel et de la terre. Parmi ces aeelauali us il entra au temple, introivil in templnm; l'E< ri ure ne dit |>a> ce 'prit y lit, mais on peut lu n croire qu'il rendit à sou l'ère céleste toute la gloire qu'il lui avait l'ait donner par les hommes eu celle célèbre journée, <ù il avait été reconnu pour le roi d'isr. ël. Après cela, nous ne voyons point qu'il ail rien fait ni rien dit de particulier ce même jour, qui était un dimanche. Saint Mue dit seulement qu'ayant considéié toutes choses, cireumspeetis omnibus, il entend dans le sanctuaire «In Seigneur, pour voir peut êtro si loul y clail dans l'ordre, il s'en alla a Uéthanie avec les douze aj ô res, paice qu'il était déjà tard, cunijum vespera esset liorn, exiil in lieihauiam cum duodeeim. Il donne à entendre qu'il éiaiidéjà plus <!e trois heures après midi, quand il son il du temple pour retourner au bourg de Béthauie, à li ois quarts de lieue de Jérusalem [Marc, XI, 11).
Il chasse du temple ceux qui le profanaient.
Les inlerjuèies cl ceux qui oui travaillé à concilier les évaugéliSles sont en peine de savoir quand Jésus Christ chassa du temple de Dieu ceux qui le profanaient par le commerce qu'ils y avaient établi, et qui paraissait à plusieurs licite et permis. Mais sainl Marc semble leyer toute La diiïiculiê, puisqu'il