‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 141 sur 157 · SUR L'ANNÉE DE LA MORT ET DE LA PASSION DU SAUVEUR · texte numérisé non relu

SUR L'ANNÉE DE LA MORT ET DE LA PASSION DU SAUVEUR

Après toutes les recherches qu'on a faites avec tant de soin sur la naissance de Jésus-Christ, principalement dans le s ècle où nous sommes, il semble qu'on a enfin découvert la vérité, en trouvant qu'il est venu dans le monde l'an sept cent quarante-neuf de la fondation de Rome; la irente-lroisième année du règne d'Hérode le Grand, et la trente-neuvième de l'empire d'Auguste, qui était celle de son douzième consulat. Ce sentiment m'a paru si bien prouvé ei si bien établi, que j'ai cru le devoir suivre dans Y Histoire évangéïtque que je donne au public. D'où l'on doit conclure que le Verbe fait chair a paru sur la terre quatre ans el quelques jours avant l'ère commune, c'esl-à-dire avant la supputation reçue dans l'Occident depuis plusieurs siècles. C'est un l'ait dont les plus savants conviennent maintenant , après avoir examiné les choses avec beaucoup de soin et d'exaetitude.

Il n'en est pas démêle touchant l'année de la mort el de la pas^on du Sauveur des hommes : on est encore aujourd'hui partagé là-dessus; mais le différend qui est entre les plus habiles ne semble pas fort considérable, puisqu'il n'esl toul au plus que de quatre on cinq ans. Je ne m'arrête point à examiner les raisons qui les partagent dans celle dispute; cela pourrait, être ailleurs de quelque utilité, mais ici cela if'e-i nullement nécessaire. Sans donc entrer dans la discussion de ces choses, j'ose dire qu'on aurait aisément trouvé la véiiié, si l'on ne s'était point écrié du sentiment commun des anciens Pères de l'Eglise, qui nous l'avaient m entrée. Car il fautsavo.r qu'à l'exception de trois ou quatre d'entre eux, ils ont tous cru, dans les premiers siècles, que Jésus-Christ esi mort sur la croix l'an 15 de Tibère César, ou bien

sous le consulat des deux Géminus; car c'est ainsi qu'ils parlent : ce qui revient à l'an 20 de l'ère commune. Au lieu qu'aujourd'hui, la plupart des savants reculent sa mort précieuse et salutaire jusqu'à l'an 33 de celle ère vulgaire, contre le sentiment de l'antiquité. On verra bientôt que l'opinion des anciens Pères est l'ondée sur de grandes raisons ; el c'est làdessus qu'il faut remarquer que quand plusieurs d'entre eux conviennent d'un fait, mais d'un faii important tel que celui de l'année où est mon Jésus- Christ , il y a lieu de croire qu'il est véritable.

Leurs témoignages seront donc d'un grand poids dans cette dispute ; mais , avant que je les rapporte , il me semble que je dois faire observer ce que dit saint Augustin sur une pareille questn n. C'esl dans le livre 11 de la Doctrine chrétienne ( chap. 28) , où , réfutant l'erreur de quelques-uns de son temps, qui, sur un argument irès-léger, donnaient à la vie du Sauveur quarante six ans, il marque fort bien qu'on a toujours recherché plusieurs faits historiques par les oympiades et les consulats : Per olympiadus et considum nomina milita sœpe ijuœruniur a nobis ; et c'est pour cela que je ne les ai point négligés dans mon Histoire évangélique. Après quoi il ajoute que plusieurs ont erré louchant l'âge de Jésus-Christ, parce qu'ils ont ignoré les consuls sous lesquels il est né et ceux sous lesquels il a souffert la mort. Voici les propres termes de ce saint docteur : lgnorantiu consulutus , quo nalus est Dominus , et quo pasaus, tnullos coegit errare.

Suivant celle règle, qui est très -véritable , saint Augustin na pas manqué de marquer, aillems, c'est au livre XVlll de la tiié de Dieu (ck, 54), le nom de ceux qui étaient consuls à Kome l'année de la passion

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