‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 41 sur 157 · SUR LA TOËSIE ET LA MUSIQUE DES HEBREUX · texte numérisé non relu

SUR LA TOËSIE ET LA MUSIQUE DES HEBREUX

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y observèrent le goût cl le tour de la poésie ; ils traitèrent leur sujet à la manière des poètes : ils n'en étaient différents que par la mesure et la cadence. Us se réservèrent le droit de mêler dans le discours les ornements propres à la poésie : c'est pourquoi Hérodote a intitulé son histoire du nom des neuf Muses, et y a joint tant de récits merveilleux.

Si Moïse, qui sur tous les articles est entré dans un grand détail, n'a rien prescrit touchant la poésie, c'est que cet art divin n'avait pas besoin d'être recommandé : il était très-familier au peuple hébreu. Longtemps avant ce législateur, le patriarche Isaac , prêt à rejoindre ses pères, prononça dans ce sublime langage les bénédictions qu'il donna à ses fils. Le patriarche Jacub suivit son exemple dans les fameuses prophéties qui contiennent la destinée des tribus dont ses enfants devaient être les chefs. Ce morceau est l'un des plus beaux de la Bible. 11 est vrai qu'il souffre quelques difficultés ; mais nous les avons applanies dans la nouvelle Méthode et la Genèse expliquée, ouvrages où nous avons fixé et rétabli le texte. Moïse lui-même célèbre dans un poème le passage miraculeux de la mer Rouge. 11 chante, dans un autre cantique, qu'il fit à l'approche de la Palestine, les bienfaits dont l'Éternel a comblé son peuple, et les maux dont il punit les ingrats. L'homme de Dieu , sur le point de terminer sa glorieuse carrière , prédit en vers, à l'exem.ple de Jacob, le sort de chaque tribu. Celle de Siméon a éîé oubliée dans l'hébreu imprimé et dans les autres textes polyglottes ; mais Moïse en avait sûrement fait mention, et elle paraissait avec éclat dans les anciens manuscrits hébreux dont se servaient les Septante. Nous la trouvons dans l'excellent manuscrit alexandrin , qui est déposé en Angleterre au palais Saint-James. Nous ne répéierons pas ici ce que nous avons dit à ce sujet dans la Nouvelle Méthode, lom. ÏI,

Si la Grèce a eu des Sapho, le peuple hébreu a eu également des femmes poètes, qui ont chaulé, non des amours piofanes, enfants du vice, mais ces mouvements pieux , fruits de la vertu , qui élèvent l'âme Jusqu'à la Diviniié. Le superbe Sissara tué par la main d'une femme, les injustes oppresseurs des Israélites mis en déroule, leurs chariots de guerre renversés, Dieu triomphant des ennemis de son peuple : tel est ie sujet du tableau animé que nous a tracé la fameuse Débora. Judith , dans une ode pleine de feu , chante la victoire que l'Éternel lui a procurée sur llolopherne, l'ennemi de la nation sainle. On con-

(1) Le clergé de France, assemblé k Paris en 1780, a bien voulu s'occuper des ouvrages de l'auteur, et ne les a pas trouvés indignes de sou suffrage ; il en a même pris occasion de faire rejaillir sur lui des bienfaits annuels, en poussant sa générosité au-delà des bornes qu'il s'était prescrites jusqu'ici en pareil cas. Mais ce qui flatte un homme qui a de L'âme, c'est moins la pension que l'approbation du clergé de France. N'est-ce pas ce corps respectable qui est le juge naturel des travaux relatifs à la religion et a l'Ecriture sainle? Ou passe sons silence les autres témoignages singuliers d'eslime et de bienveillance que les illustres prélats ont donnés personnellement a l'auteur, et qui sont bien capables d'enflammer un cœur reconnaissant.

naît le cantique d'actions de grâces que composa la mère de Samuel à la naissance de ce fils désiré ; il n'est ni moins sublime, ni moins propre à exprimer les senlimenls d'une vive reconnaissance. Que dironsnous du cantique admirable qu'a proféré la Reine des vierges en se soumettant aux volontés du ciel , qui faisait choix de sa personne pour être l'instrument du salut du genre humain ?

En un mol, depuis isaac jusqu'au Messie, le chant poétique n'a pas été interrompu parmi la nation sainte ; il a toujours é:é employé pour transmettre à la postérité les événements dignes de mémoire. Si nous voulions même remonter plus haut , nous en trouverions aussi des iraces , non seulement dans le discours de Lamech à ses femmes, mais encore dans la malédiction dont N< é frappe Cham, ou plutôt Chanaan, et les bénédictions qu'il répand sur Sem et Japhet. C'est dans les Écritures que nous avons les seuls resles de cette poésie primitive, qui n'était pas moins respectable par son élégance que par sa sainlelé. § 11. Existence du mètre hébreu.

Mais en quoi consistait l'art poétique chez les lié • breux ? D'abord il n'est pas douteux que leur poésie ne fût sujette à quelque nombre et quelque mesure.

1° Le nom seul usité dans leur langue pour exprimer un poème serait capable de prouver ce que nous avançons. En effet, le terme TlQ'tD, mizmor, désigne un discours concis , exempt de tout luxe de paroles , ei distingué par des intervalles et des césures. De la il est arrivé qu'on a appelé nT-î, zemirah, un discours coupé de paît et d'autre, et dont les diverses sentences, comme autant de rameaux, sont distribuées dan > un certain ordre, à peu près comme un cep de vigne, dont le vigneron a retranché avec la serpe les branches inutiles. La racine, qui est "ICT, zamar, signifie couper ; on nommait la prose, dans un sens contraire, un discours libre et sans loi , un discours diffus , nrnVtf, schelouchah. Le terme hébreu se dit au propre d'un arbre sauvage qui est plein de branches luxurieuses et surabondantes.

2° On peut établir l'existence du mètre hébreu par les poèmes acrostiches ou alphabétiques, comme sont plusieurs psaumes, les lamentations de Jérémie et l'éloge de la femme forte , qui termine les Proverbes de Salomon ; par les termes consacrés à la poésie , tels que 1D7, lamo, TQD, kemo, au lieu des simples prépositions 7, lamed, el D, kaph; par le pronom affixe de la troisième personne plurielle ''D, emo, employé pour D, am, ou on, hem; par les lettres paragogiques ou énergiques n, Ad, et J, tioun, beaucoup plus fréquentes en poésie qu'en prose (1) ; par le re-

(l) Nous ne mettons pas avec les auteurs des Principes discutés el la plupart des hébraïsants , au nombre des lettres paragogiques ou énergiques , l'OUÀOU , 1, et l'IOD ', qui ^e trouvent quelquefois surabonder à la fin des mots.

Nous regardons ces sortes de terminaisons, comme tout autant de fautes de copistes qui se sont glissées dans l'hébreu imprimé ; preuve de cerç, c'est qu'on n'eu voit jamais la marque dans le samaritain,Jexle dont la pureté est reconnue des vrais savants. Leà Massorètes eux-mejnes ort souvenl soupçonné le peu de légitimité de ces prétendues

va

tranchemcnl des relatif.-, UJ, sché, el TwM, ascher; par Je nombre des lettres , des syllabes , des mots et des vers ; enfin, par l'harmonie des sentences et des termes correspondants.

5* On pourrait pcul-êlrc aussi prouver que les Hébreux avaient un mètre quelconque, par l'insertion du rbo, sélak, qui ne se trouve que dans leurs œuvres poétiques. Ce mot paraît jusqu'à soixante-dix fois dans le texte hébreu des Psaumes, et trois fois dans le Cantique dTIabacuc. Les Septante en lisaient même un plus grand nombre dans l'hébreu de leur temps, puisqu'il yen a un, par exemple, dans leur texte au psaume II, verset 3, <;ui n'est pas dans l'hébreu d'aujourd'hui, et un autre au psaume III, vers. G. Enfin ils lisent au psaume IX, verset 17, Odê diapsalmatos (wS^j Stac^/Acc-ros ), ce qui devrait répondre à l'hébreu : Cantique de Sélah, qui n'existe point dans l'original. Le sêlah ou diapsalma , qui signifie simplement une pause, ou resios, se met pour la fin de la section, de la lecture ou du chant. S'il y a ici une si grande variété entre les exemplaires grecs et Jcs hébreux , c'est qu'il n'y a jamais rien eu de bien uniforme sur le partage des leçons, et qu'il a toujours dépendu des présidents de la synagogue. Ainsi l'origine du sêlah ou diapsalma ne remonte pas jusqu'aux interprètes grecs, comme le veut saint llilaire, encore moins jusqu'aux auteurs sacrés, comme le prétend, avec pins d'absurdité, Eusèbe de Césarée dans sa Préface sur les Psaumes.

Le témoignage de ce dernier est de si peu de poids dans celte matière , qu'il suffit d'exposer son sentiment pour le réfuter. Selon lui, les musiciens, ayant David à leur tôle, chantaient devant le sanctuaire les louanges du Seigneur; ils tenaient à la main leurs instruments de musique ; les uns une cymbale , les autres une lyre, d'autres un psaltérion. Chacun suivait dans le chant l'impression du Saint-Esprit qui l'animait. Le premier qui se sentait inspiré entonnait un cantique, el les autres se contentaient de répondre : Alléluia. Aussitôt que l'inspiration cessait, les instruments demeuraient dans le silence, el l'on écrivait sélah ou diapsalma. Le bon Eusèbe rend compte de tout cela, comme s'il en eût été témoin. Le syrien, l'auleur de la Yulgale, l'éthiopien, l'arabe el l'arménien, qui négligent le sélah ou diapsalma comme un mot qui ne fait rien au texte , montrent une critique bien plus judicieuse. Plusieurs exemplaires des Septante et des anciens manuscrits latins l'omettent aussi très-souvent. Ainsi, quoi qu'en dise le respectable abbéFleury, il n'y a aucun fonda faire sur le se-

lettres paragogiques , puisqu'ils ont prononcé plus d'une l'ois qu'il fallait les effacer. Voyez les QERIS de nos Hibles hébraïques sur les endroits suivants : Jérémie, XIII, 21 : XII, 23 ; XXXI, 21 ; etEzéchicl XVI. Dans le chapitre d'Ezéchiel que nous venons de ciler, la môme faute des copistes revient dix fois; ce qui paraîtra un peu surprenant. Mais la surprise cessera , si l'on fait attention que PtOD ', surajouté ici dans les verbes à la seconde personne féminine du prétérit, est uno terminaison syriaque qui a nu facilement échapper à des copistes jui:'s, familiarisés avec Un écrits syriens.

lah pour fixer le mètre des Hébreux; c'est un pur hors-d'œuvre qui n'est pas lié à la pièce , et qui ne mérite pas la moindre attention. D'ailleurs, si ce terme était essentiel à la poésie, pourquoi ne le trou verait-on jamais dans le livre de Job, les Proverbes de Salomon , el les différents cantiques qui sont répandus dans la Bible? Ne sont-ce pas là tout autant de poèmes divers, et les derniers l 'étaient-ils pas môme destinés , ainsi que les Psaumes et le Cantique d'IIabacuc , à ô:re chantés et mis en musique ? 11 en est du sélah comme du D, samedi, et du S, plié, qu'on trouve insérés dans nombre d'endroits du Penlatcuque. La première lettre est l'abrégé de DÏT1D, sathoum, comme la seconde l'est de nYS, phatouach. Ces mots, dont l'un veut dire espace fermé, ci l'autre espace ouvert, pour annoncer que là finit ou commence la leçon, ne doivent-ils pas leur existence aux prési' dents de la synagogue, et s'cst-il jamais trouvé quelqu'un qui en donnât Moïse pour auteur? Enfin l'on voit, par l'usage que les Juifs font du sélah, qu'il ne se met que pour la fin de la section, de la lecture ou du chant. C'est, parmi eux, une conclusion de prières qui revient à la nôtre, Amsi-soit-iL Ils finissent leurs épitaphes par ce terme : c Que son âme soit liée dans le ciel ; amen, sélah; ou vraiment, ainsi soil-iL * Et à la Cm de leurs livres, ils onl accoutumé de, mcllre ces quatre mots en abrégé , T7I nboni'J JO», amen, netsach, sélah, ouaad ; c'est-à-dire, « vraiment , pour toujours, ainsi soit-il, à jamais. > II faut donc regarder le sêlah comme absolument étranger à la poésie. 4° Mais la musique el les chœurs, auxquels les pièces hébraïques étaient accommodées, ne supposentils pas un mètre? Il est difficile de concevoir, pour ne pas dire impossible, que les vers eussent pu s'adapter à la danse et à la modulation , s'ils n'eussent pas été assujettis à quelque cadence.

5° Il suffit de comparer les poèmes des Hébreux avec leurs ouvrages en prose pour senlir que les uns étaient distingués des autres par une mesure quelconque. Car le style de la poésie est si différent, chez ce peuple, de celui de la prose, que ce sont presque deux langages : tel qui comprend le style historique, n'est pas pour cela au fait du poétique ; il s'y trouve au contraire si étranger, s'il n'a fait une élude particulière de celle partie, qu'il se croit transporté dans un autre monde. Il est tout étonné, après la lecture de l'histoire de la Genèse , de voir qu'il n'entend rien aux bénédictions de Jacob , el de n'entendre que le commencement et la fin du livre de Job. Qu'on passe brusquement de la lecture de Tive-Live à celle de Virgile, ou bien d'Hérodote à Homère, ou enfin de l'histoire de Xénophon aux tragédies de Sophocle et d'Eschyle, on remarquera sans doule une grande différence dans le style ; mais , quelque considérable que soit le contraste, il est beaucoup moins sensible que celui qui est entre le chapitre XL1X de la Genèse et les autres chapitres du même livre, ou que celui du poème dramatique de Job avec l'épilogue de la pièce ou le prologue.

§ III. Fausses idées des anciens et de plusieurs modernes sur le mètre hébreu.

Maintenant voyons quel pouvait être ce mètre.

A en croire Flavius, Josèphe et Philon , les poèies hébreux composaient leurs pièces en vers héroïques ou hexamètres , semblables à ceux des poèmes d'Homère et de Virgile , ou bien en vers lyriques, c'esl-à • dire , en vers ïambiques et alcaïqucs , tels que ceux des odes de Pindare et d'Horace. Origène a eu la même pensée, et Eusèbe nous apprend que cette opinion éiail commune parmi les anciens; saint Jérôme l'a aussi adoptée , et plusieurs modernes d'après lui. Mais le disciple n'était pas en cela plus habile que ses maîtres, et il ne faut pas trop insister sur l'autorité du saint docteur; il cherche seulement chez les Grecs, dont la littérature lui était familière, quoique image grossière du mètre hébreu, qui ne lui était pas assez connu, il est si peu sûr de ce qu'il avance dans cette matière, qu'il tombe en conîradiction avec lui-même. 11 dit dans sa préface sur la Chronique d'Eusèbe, que le cantique du Deuîéronome est composé en vers hcxamètres et pentamètres ; et dans sa lettre CLV à sainte Paule, il prétend au coniraire que Moïse a écrit ce morceau de poésie en vers tétramèlres iambiques. Saint Jérôme et les auteurs qu'il cite n'en savaient pas là-dessus plus que nous ; la langue hébraïque é:ail, pour eux comme pour nous , une langue morte, et ils élaient privés de plusieurs secours que nous avons aujourd'hui. Aussi aucun d'eux ne s'est mis en frais pour apporter des preuves de son sentiment. La chose ne leur eût pas été facile.

§ IV. Différence du mètre des Hébreux avec celui des Grecs et des Latins. N

Car le mètre hébreu ne consiste pas dans la quantité ou dans un certain mélange de syllabes longues ou brèves; il est bien plutôt caractérisé par le nombre des syllabes, par les mots et les sentences parallèles, par les intervalles égaux ou presque égaux des membres correspondants, par la précision des périodes, par la variété incroyable des figures, des images, des personnes, des temps , et par l'accord des sentences. Telle fut autrefois la poésie chez tous les peuples; telle est en particulier l'ancienne poésie arabe, dont nous avons encore aujourd'hui plusieurs monuments si respeciés des Orientaux. Saint Clément d'Alexandrie, dont chacun admire l'exactitude dans les recherches de l'antiquité, ne pense pas différemment. Il dit dans son second livre du Pédagogue, chap. 4, que les premiers Grecs chantaient dans leurs festins des hymnes semblables à ceux des Hébreux, et qu'on les appelait selwlies (uxôlia.). Or, c'est une chose reconnue parmi les savants, que ces sortes de scholies élaient de ?a nature des poèmes que nous venons de décrire. Si quelqu'un doutait de la vérité du fait, il pourrait s'en convaincre en consultant le judicieux Potier, qui a examiné avec soin la matière dans son Archéologie grecque, livre IV, chapitre 20. Saint Clément d'A-

lexandrie nous assure encore, au livre VI des Stromates ou Variétés, chapitre H, que les Psaumes de David avaient été composés dans le genre grave de l'ancien chant dorien, lequel éiait très-propre à célébrer la majesté divine , par des mouvements pleins de dignité. Le témoignage de ce père convient très-bien à la langue hébraïque, où la forme des mots est presque semblable, et où il y a très-peu de diverses inflexions. Les nombres poétiques ne peuvent donc y être ni fort variés, ni cependant uniformes, mais tempérés, simples et plus propres à exprimer la gravité que la mobilité. Saint Grégoire de Nyssc, également versé dans l'érudition profane et l'érudition sacrée, observe la même chose. Voici comme il s'exprime au chapitre III de son traité sur le litre des psaumes: < La mélodie de ces cantiques n'est pas semblable, dit-il, à celle des poèmes des auires nations, où le rhylhme est composé d'une certaine combinaison d'accents qui, variant le ton, le rend tanlôt bas, tantôt haut, tantôt bref, tantôt long. Chez les Hébreux, la chose est autrement; leur mode ne consiste pas dans une suite sonore de mois. > Le rabbin Azarias, dont le suffrage n'est pas à mépriser dans le sujet présent, dit que c la mesure des Hébreux consiste principalement dans les choses et les sentences. » La poésie hébraïque ne reconnaît donc pas pour caracière dislinctif la quantité, c'est-à-dire, la longueur ou la brièveté des syllabes, mode qu'ont inventé les Grecs, et qu'ont suivi les Latins.

§ V. Différence du mètre des Hébreux avec celui des Français et des autres peuples modernes.

Elle diffère également de la poésie des Français et des autres peuples modernes, n'étant pas une poésie rimée. Ceux qui , à l'exemple de le Clerc el de Eourmont, ont une prétention coniraire, sont obligés, pour assujettir le texte à leurs règles, de changer d'une manière arbitraire la ponclualion , l'ordre des mots, quelquefois même le sens. Ils allongent ou raccourcissent les vers et les syllabes, comme ils le jugent à propos, sans y observer d'autre proportion que celle qu'y met le retour du même son. 11 n'y a pas un livre, pas une harangue de Démosthèneou de Cicéron, qui, par une méthode aussi pleine de licence , ne puisse devenir une pièce rimée. C'est ce que nous avons remarqué , avec Charles Chais (1) , dans notre Exode

(1) Nous pensions d'abord que Charles Chais était Hollandais, et nous avons parlé d'après celte idée dans l'Exode expliqué. Ce qui nous a ihduil en erreur, c'est le long séjour qu'il a fait dans les Provinces-Unies, où ses ouvrages! ont été imprimés. Mais nous venons de découvrir qu'il estj originaire de Genève. Il est né dans cette ville en 1701- Il commença à nous donner en 1744 un commentaire littéral sur l'Ecriture, uniquement composé de notes choisies, Urées de divers auteurs anglais. 11 a étendu davantage son plan dans la seconde partie du tome IV et dans les tomes suivants. Alors il asouvent joint aux richessesdes interprètes anglais, celles dont on est redevable aux recherches des savants des autres nations. Cet auteur , qui a mérite un rang distingué dans la république des lettres , n'a pas fini la lâche qu'il s'était prescrite. Il en est rc^tô aux livres des Rois. S'il eût donne les Psaumes, nous jouirions de la savante préface qu'il nous avait promise sur ce livre.

explique, tom. II, pag. 163 et suiv. Nous ajouterons ici qu'il n'est pas difficile de, montrer le peu de solidité de l'opinion de ces critiques; il suffit pour cela de mettre des bornes à leur jeu et à leur manipulation. Présentons-leur donc les psaumes acrostiches , qui sont au nombre de sept, et qui sont même des mieux frappés. Ils sont à l'épreuve de leur dextérité, et nous délions tous ces amateurs de la rime de pouvoir les accommoder à leurs idées. Car> dans ces sortes de poèmes, où chaque vers commence successivement par une certaine lettre de l'alphabet, les finales sont déterminées de la façon la plus précise; mais l'on voit, à n'en pouvoir douter, qu'elles différent toujours enlre elles, non seulement quant aux lettres, mais encore quant au son. Ceci est une preuve de fait à laquelle il n'y a pas de réplique.

§ VI. Poésie moderne des Juifs.

Nous ne parlons pas de la poésie telle qu'elle est aujourd'hui en usage chez les Juifs ; nous savons qu'elle est rimée et qu'elle admet la distinction des longues et des brèves. Mais ce genre qu'ils ont emprunté, partie des Arabes, partie des Grecs et des Latins, ne s'est introduit parmi eux que depuis !a décadence de la langue hébraïque, c'est-à-dire depuis la dernière dispersion et la ruine de Jérusalem. L'auteur du Cosm et le rabbin Abarbanel ne peuvent euxmêmes s'empêcher d'en convenir. Ainsi la chose est trop moderne pour entrer dans le plan de ce traité. Nous nous contenterons de renvoyer les curieux à dom Guarin, qui a donné un chapitre très-élendu sur la nouvelle poésie des Juifs. Nous ne devons examiner ici la poésie que pour l'époque où le peuple hébreux subsistai! en corps de nation, et où la langue sainte était une langue vivante. C'est alors qu'ont éié composés les différents poèmes qui se trouvent dans la Bible, et qui font l'objet de nos recherches. Yoi!à celle ancienne poésie, qui ne connaît ni les entraves de la rime, ni la distinction de daclyles et de spondées, de longues el de brèves.

§ VII. Natuie de l'ancien mètre hébreu.

Mais quelle est donc sa nature? 1° Elle consiste dans le nombre des syllabes, des mots et des sentences parallèles; en sorte que les deux hémistiches du vers se prêtent un jour mutuel, le second membre exprimant la même pensée, mais en d'autres termes que le premier ; 2° dans une variété étonnante de personnes, de nombres, de temps, demeeufs, de genres, passant tantôt d'une personne à l'autre; par exemple de la première à la seconde et à la troisième; allant du nombre pluriel au singulier, du prétérit au futur, de l'indicatif à l'impératif, à l'infinitif ou au participe; du genre masculin au féminin; pour le neutre, il est inconnu à tous les orientaux. Elle con- &i>te 3* dans un fréquent retranchement des particules et des relatifs, qui rendent le discours languissant : 4° dans l'usage de certains mots et de certaines terminaisons qui ne sont pas ordinaires dans la prose;

5° enfin dans l'abondance de figures, de métaphores, et de comparaisons propres à peindre les objets.

§ VIII, Diverses espèces de parallélisme» dans la poésie des Hébreux.

Le parallélisme ou la correspondance des membres qui constitue l'essence de la poésie hébraïque, peut êlre de trois sortes.

1° Les membres parallèles peuvent être synonymes.

Bethtstéh Israël mimmitseraim , Béth Iaaqob méam loaz, Haiethah ïehoudaii leqodescho Israël mamescuelothaio.

llAIAM RAAH OUA1ANOS,

IIaiardén issob leachor ; Héarim raqedou kéelim , Ghebaoth kibenéi tson.

Mah leka, haiam, Kl thanous ; IIaiardén? tiiissob leachor,

IlÉARIM, THiREQEDOU KEÉLIMJ

Ghebaoth, kibenéi tson.

MlLLIPHENÉI ADON CHOULI, ARÉTS MlLLIPHENÉI ElOAH IaAQOB, HaIIOPIIEKI (1) IIATSOLR AGHAM MAIM, ClIALAMISCH (2) LEMAIENO MAIM.

Cum exiret Israël de vEgypto ,

Domus Jacob de populo barbaro ,

Erat Juda in sanciam dilionem ejus ,

Israël dominium illius.

Mare vidit et fugit ,

Jordanis conversus est retrorsum ;

Montes subsilierunl ut arietes,

Colles m filii ovium.

Quid tibi, mare, quod fugeris ;

Jordanis, conversus fueris retrorsum?

Moules, subsilieritis ut arietes;

Colles, ut filii ovium ?

A conspectu Donnai contremisce, terra,

Aconspeclu Dei Jacob,

Qui verlii ruoein in slagnum aquarum ,

Pelram in fontes aquarum.

Lorsque Israël sortit de l'Egypte,

Que !a maison de Jacob fut délivrée d'un peuple barbare.

Juda était ia possession sainte de l'Eternel,

Israël était son héritage.

A l'aspect de l'Eternel, la mer prit la fuite,

Le Jourdain remonta vers sa source.

Les montagnes tressaillirent comme des béliers,

Les collines comme de jeunes agneaux.

Mer, qui t'obligeait de prendre la fuite?

Jourdain, pourquoi remontais-tu vers ta source?

Montagnes, quel sujet vous faisait tressaillir comme des

béliers?

Et vous, collines, comme de jeunes agneaux ? Terre, tremble à l'arrivée du souverain Maîlre, A l'arrivée du Dieu de Jacob ! C'est lui qui a changé les rochers en un étang d'eaux, Qui a lait de la pierre la plus dure des sources d'eaux (3)

Il y a aussi une grande variété dans la forme de ces synonymes parallèles.

Quelquefois le parallélisme consiste dans la simple répétition d'une certaine partie du premier membre.

El neqamoth, Iehoaii,

El neqamoth, hophiah.

(1) Lisez HAHOPHEK.

($) Lisez LEMAÏENÉI.

(5) Psaume CX111 , hébr. CXIV.

AD MATHA1 RE-CHAM, ÎEHOAH, AD MATHA1 RESCHA1M 1AALOZOU.

Deus ultionum, Jehova , Deus uitionum, aflulge.

Quousquc impii, o Jehova, Quousque impii triumphabunl?

Dieu des vengeances, Eternel, Dieu des vengeances, paraissez avec éclat. Jusqu'à quand Tes impies, grand Dieu !

Jusqu'à quand les impies triompheront-ils (1) ?

Souvent, pour compléter la senîence, il manque quelque chose dans le second membre, qu'il faut répéter du premier.

SCUALACII MÉLÉK, OUAIATIIIRÉIIOC ; MoSCIIEL AMM1M, OUAIPII3 TJIECHÉHO0.

Misit rex, et sol vit eum;

Dominator populorum, et liberavit eum.

le roi envoya, et il le lira des fers ; Le souverain de ces peuples (envoya), et il le mit en liberté (2).

D'autres fuis le second membre ne répond qu'à une partie du premier.

Iehoaii malacii, tuagél haaréts; ismeciiou i1m rabb1.m.

Jehova régnât, exultef, terra ; Laeieniur insulae mulue.

L'Eternel exerce son empire, que la terre tressaille

de joie; Que la multitude des îles soit dans l'allégresse (3).

11 arrive aussi, mais rarement, qu'outre les deux synonymes parallèles , on en trouve un troisième ; mais alors le membre impair commence ou termine la période, et souvent il peut se rapporter à chacun des deux autres.

Naseou neharotii, Ieuoaiï,

Na^-eou neharotii qolam ;

Iseou NEHAROTII dokeiam.

MlQQOLOTII MAIM RABB1M,

Adirim MISCUEBERÉI ïam,

Adir bammarom Ieiioau..

Extollunt flumina, o Jehova !

Extollunt flumina vocern suam ; Extollunt flumina fremilum suum.

Vocibus aquarum mullarum, Magnilicis Iragoribus maris , Magnihcenlior in excelso Jehova.

Les fleuves élèvent, o Eternel !

Les fleuves élèvent leur voix ;

Les fleuves élèvent leur mugissement.

L'Eternel, du haut des deux, est plus magnifique

Que tous les flots mugissants,

Que les vagues magnifiques de la mer en courroux (4).

Dans les synonymes parallèles à cinq membres, dont la forme est presque la même que de ceux à trois, le membre impair est quelquefois placé au milieu comme eniredeux distiques.

Kaascher ïeheghéh haareiéh,

ouehakephir al tiiarepho

ascuér 1qqaré élao melo rom.

(i) Psaume XCIII, hébr. XCIV, versets 1 et 3.

(2) Psaume CIV, hébr. CV, verset 20.

(3) Psaume XGM, hébr. XCVII, verset! .

(4J Psaume XCII, hébr. XG1II, versets 3 et 4.

MlQQOLAM LO ÏÉCIIATn, OUMÉHAMONAM LO ÏAANÉH.

Quemadmodum rugit leo, Et catulus leonis suner prsedam suam , In quem co^itur pas'lorum turba ; Ad vocem eorum non pavet, Neque ad tumullum eorum.

Le lion rugit,

Et le lionceau (rugit) sur sa proie ;

Contre lui s'assemble la troupe de* pasteurs :

Il ne craint pas à leur voix,

Et il n'est pas épouvanté par leur cri (1).

Les synonymes parallèles à quatre membres sont composés comme de deux distiques : mais il en est plusieurs où Ton remarque un certain ordre dans la distribution des sentences. Dans quelques cas les derniers membres se rapportent aux premiers aller ^ nativement.

MiSCIIAMAIM IIÎBBIT ÎEnOAH ,

Raah éth kol benéi haadam ;

MlMMEKON SCHIBETHO HFSCIIFCIACni EL KOL IOSCHEBÉI HAARÉTS.

De cœlo prospiçil Jehova , Cernit omnes (ilios nominis; De sede domicilii sui contemplatur Omnes incolas terrai.

Du ciel l'Eternel jette ses regards, H considère tous les enfants Oes hommes; Du séjour de son domicile il contemple Tous les habitants de la terre (2).

Dans d'autres circonstances, le dernier des quatre membres se rapporte aux deux du milieu , mais d'une manière divisée.

ml kaïehoah élohénou , Hammaghebuii (3) lasciiébéth, IIammaschephili (4) lireoth, Baschamaixi oubaaréts.

Quis sicul Jehova Deus nosler ,

Qui aile habitat,

Oui humililer respicit,

In cœlo et in terra ?

Qui est semblable à l'Eternel notre Dieu ?

Lequel habite en haut,

Lequel regarde en bas,

Dans le ciel et sur la terre (5).

2° Les membres parallèles peuvent être en amithèse ou en opposition.

NÉÊMAN1M PIIITSÈI OIIÉB , Ouenaetharotii NÉSCUIQOTII SONÉ.

Néphësch sebeaii tuabous nopheth, ouenepiiéscii réebah kol maiv matii0q.

ié3ch m1theaser, ouén kol ; mltherosciie:>ch ol'ehon rab.

cuakam beénaio 1sch aschir, ouedal uab1n 1aciiq.erénnou.

Fidèles plagœ amaniis ;

Sed ini| ortuna oscula osoris.

Anima satura proculcat t'avum ,

Sed animae esurienti omne amarum dulce.

(1) Isaïe , chapitre. XXXI, verset 4.

(2) Psaume XXXII, hébr. XXXIII , versets 13 et U.

(3) Lisez 14AMMAGHEB1AFI.

(4) Lisez HAMMASCUEPHIL.

(5) Psaume XCII , hébr. XCIÎI. versets 5 et 6.

TKAITÉ

Est, qui divilem se simulât, cum desint omnia Qui pauperem se fiugit, cum diviliœ siut multiE. Sapiens in oculis suis vir dives ; Sed pauper prudens explorai eum.

I^es plaies qu'on reçoit d'un ami sont agréables ;

Mais les baisers d'un ennemi sont importuns.

L'homme qui est rassasié foule aux pieds le rayon de miel ;

Mais l'amertume se change en douceur pour l'affamé.

11 en est à qui tout manque , et qui se donnent pour riches;

Il en est qui abondent de richesses, et qui se font passer pour pauvres.

L'homme riche est sage à ses propres yeux ;

Mais un pauvre prudent le met à l'épreuve (l).

5° Enfin le parallélisme des sentences peut consister dans la seule construction. Cela arrive toutes les lois que les membres qui se répondent ne sont ni synonymes ni opposés. On appellera , si on le veut, ce dernier genre , les synthèses ou compositions parallèles.

Thorath Iehoaii tiiemimaii, meschibath nepiiéûh ; Kdoutii Ieiioau néémanaii, maciiekimatii prétui. Piiiqoudéi Ieiioau ïesscharim ; masameciïli léb , MiTscuATii Iehoaii barah, meiratii énaim. Ireath Iehoaii tehorah, omédétii laad.

Mi ciiepiietéi Iehoaii émétii, tsodeqou ïaciiedao. IIan.nechémadim mizzaab, oumipphaaz rab.

oumethouqïm midebasch oljenopiieth tsolpiiim.

Lex Jehovae perfecla, convertens animam; Teslhnoniurn Jehovae verax , sapientiam praestans im-

perito.

Prœcej ta Jehovae recta, exhilarantia cor; Disciplina Jehovae |)iira, illuminans oculos. Timor Jehovae mundus, permanens in seculum ; Judicia Jehova? veritas, justa sont pariter. Desiderabiliora auro et obryzo plurimo ; El dulciora nielle et liquore t'avorum.

La loi de l'Eternel est parfaite, elle convertit, l'âme;

L'oracle de l'Eternel est infaillible, il remplit le simple d'intelligence.

Les précej les de l'Eternel sont pleins d'équité, ils comblent, le cour d'allégresse.

La doctrine de l'Eternel est pure, elle éclaire les yeux.

La crainte de l'Eternel est chaste, elle subsiste toujours.

Les jugements de l'Eternel sont la vérité même; ils sont aussi pleins de justice.

Ils sont préférables à l'or et a des monceaux d'or le plus épuré ;

Us sont plus agréables au goût que le miel et que la plus pure liqueur qui découle de ses rayons (2).

Les synthèses parallèles éprouvent dans leur forme une variélt étonnante. La nuance qui différencie les membres, y est quelquefois si légère, qu'elle échappe à ceux qui ne sont pas bien familiarisés avec la poésie des Hébreux. Qui ne croirait, par exemple , au premier coup-d'œil, que les paroles suivantes ne forment qu'un seul membre ?

OUAANl NASACIIETHI MALEKI AL TSIONEP QODESCII1.

Ego vero unxi regem meum in Sion , monte sanctitalis meœ.

J'ai sacré moi-môme mon roi sur sion, montagne où réside ma sainteté (5).

Cependant , quand on y regarde de plus près , et qu'or, médite profondément sur la composition de tout le psaume , on voit , à n'en pas douter , qu'il

(l) Proverbes, XXVIÎ, G, 7 ; XIII, 7 ; XXVIII, 11. <2) Psaume XVIII, hebr. XIX, versets 8, 9, 10 et 11. (3) Psaume II, verset G.

faut diviser ceci en deux membres , comme si on lisait :

OUAAM NA^ACHETHI MALEKI ; Na^ACHETHIO AL TS10N, 1IAR QODESCIU.

Ego vero unxi regem meum ;

Unxi eum in Sion, monte sanctitalis mex-.

J'ai sacré moi-môme mon roi ;

Je l'ai sacré sur Sion, montagne où réside ma sainteté.

On doit dire la même chose de tous les autres endroits où la distinction des membres parallèles paraît presque imperceptible. Car, dans le fond, le germe du parallélisme existe toujours dans les vers hébreux , et l'on n'en citera jamais aucun où l'on ne puisse le faire remarquer.

Les Massorètes eux-mêmes paraissent avoir senti cela. Ils ont affecté , dans le passage en question, le moi"07Q, MALEKI , qui veut dire regem meum ( mon roi ), de l'accent athnac, dont ils se servent communément pour marquer la distinction des membres. Voyons aussi l'hébreu ponctué sur les endroits suivants : psaumes XVII, 7. , XXXU , 5., XXXU1, U., Cil, 8., CXXXV1I, 2.

Ces principes , qui sont propres à caractériser la poésie des Hébreux , font d'autant plus essentiels à savoir que, sans eux, on se flânerait en vain de pouvoir saisir le véritable sens des psaumes et des autres poèmes sacrés. Ceux qui souhriteront avoir plus de détail , sur celte matière , peuvent consulter le traité de Lowth (I), docteur d'OxforJ, ensuite évêque de la même ville, el aujourd'hui évêque de Londres. C'est ce savant Anglais qui a excité M. Keimicoli, son confrère , dans l'université d'Oxford , à rassembler les variantes des manuscrits hébreux ; entreprise louable , dont nous avons parlé plus d'une fois avec les éloges qu'elle mérite.

§ IX. Le parallélisme poétique des Hébreux doit être le flambeau d'un interprèle.

- Maintenant disons un mot des fausses traductions qui ne doivent leur origine qu'à l'ignorance où étaient nos interprètes du parallélisme poétique des lié breux.

(1) ne sacra poesi nebrœorum prœlecliones academicœ oxonii habitœ ; subjicilur metricœ Harianœ brevis confulatio, et oratio crew'iana. oxonii , e typoyraplrio tiareudottiariO, 1755, in-4° et in-8°.

M. Jean David Michaëlis, directeur de l'Académie de Gotlingue,a donné en 1758, en 17(31 et en 1770, deux éditions de cet ouvrage , dans le format in-S°, et. il l'a enrichi de notes curieuses et intéressantes. Il a fait, ainsi que nous , usage , dans sou travail , de l'arabe ; idiome vivant qui a une grande affinité avec l'hébreu, et qui nous a conservé toute l'énergie de celle langue morte. C'est un secours puissant que n'a pu employer M. Lowth, qui ignorait l'arabe et les autres lingues orientales, sans la connaissances desquelles on ne possédera jamais l'hébreu que dans un degré médiocre. Les anglais enx-mêmes ont si fort goûté les judicieuses remarques du savant allemand qu'ils les ont fait imprimer séparément a Oxford, en 1"63, en un volume m-8°, afin que les amateurs qui possédaient l'édition anglaise ne fusent pas privés de celte richesse littéraire. Le père de M. Michaëlis, qui s'appelait Jean Henri, s'est également distingué dans la littérature orientale, et il nous a laissé sur cette matière d'excellents ouvrages.

lABOOU, OUEIAGGHIDOU TSIDEQATHO LEAM NOLAD, Kl ASAII.

Par :

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