‹ Scripturae sacrae cursus completus -- plurimis annotantibus presbyteris ad decendas levitas -- ann. simul et ed. J.-P. MigneChapitre 5 sur 157 · PRÉF · texte numérisé non relu

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^» Psaumes, fût accompli. Il fait une exacte distribution des Ecritures , selon l'usage commui: pour lors parmi les Hébreux. Il assure que tout ce qui es: écrit, soit les livres de Moïse , soit les propbèles , soit les psaumes, le regardent et le dépeignent. Il leur reproebe de ne l'y avoir pas reconnu à des traits si marqués ; et il les avertit que toutes les circonstances de ce qu'ils avaient vu arriver à sa personne, n'étaient que des accomplissements de ce qui avait été prédit de lui dans tous les livres sacrés , et de ce qu'il leur avait si souvent répété.

Ces déclarations du Sauveur, si précises et si souvent réitérées, sont confirmées par le témoignage des apôtres. Et quels interprètes plus sûrs pourra-ton trouver, que ceux à qui Jésus-Christ donne l'intelligence des Ecritures, et à qui il éclaire l'esprit pour en comprendre les mystères, les rapports et les sens, et pour en faire l'application ? Aperuît Mis sensum, ut inlelligerenl Scripiuras {Luc, XXIV, 45).

Tout le monde sait qu'à chaque événement un peu considérable que saint Matthieu rapporte de Jésus- Christ , il ne manque pas de faire remarquer que cet événement est l'accomplissement de quelque prophétie. Hoc autem loium [uctum est, ul adimpleretur quod dicium est a Domino per prophetam..,. (Rlatth., I. 22). Tune adimpletum est quod dicium est per prophetam, etc. (1(1, II, 17.)

Le jour même de la Pentecôte, dans le moment où les apôtres sont tous remplis de l'esprit de Jésus- Christ, qui vient de descendre visiblement sur eux, en prêchant au peuple accouru de toutes parts à ce prodige, ils avancent : Que Dieu a accompli de celte sorte ce qu'il avait prédit par la bouche de tous ses prophètes, que le Christ souffrirait lu morl(Acl., III, 18). L'esprit de Jésus-Christ qui a inspiré les prophètes, qui leur a donné leur mission, qui leur a mis toutes les paroles dans la bouche , qui s'en est servi comme d'instruments et d'organes pour annoncer aux hommes ses volontés et ses desseins , ce même Esprit assure ici par la bouche des apôtres qu'il anime , que Jésus- Chrisi a été le sujet capital de leurs prédictions ; qu'il leur a donné à tous charge de publier ses mystères; et qu'il n'y a eu aucun d'eux qui u'&il eu cet ordre et qui ne s'en soit acquitté.

Les apôtres, dans le même discours, assurent quêtons les prophètes qui ont prophétisé de temps en temps depuis Samuel, ont prédit ce qui est arrivé en ces jours (Jbid., v. 4). Nous apprenons de là que Samuel a écrit quelque chose; et tous les interprètes conviennent que ce sont les deux premiers livres des Rois qui portent son nom. Ainsi, quoique ces livres soient purement historiques , nous voyons que tout ce que Samuel nous y rapporte des persécutions, des humiliations, du sucre , de la royauté et des victoires de David; et par une conséquence nécessaire, tout ce çue nous lisons dans les livres suivants de la sagesse, de la magmûccnce et de la gloire deSalomon, du bonheur de son règne et de la construction du lem • pfe, doit être regardé comme autant de tableaux qui

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représentent les caractères on Messie, les dive;* événements de sa vie et les fruits glorieux de ses travaux; cl que tous les prophètes qui ont suivi Samuel d'âge en âge, jusqu'au dernier, n'ont eu ordrn de parler que de lui : Et omnes deinceps qui toew* simt.

Saint Etienne (Act., VII, v. 52), dans le beau discours qu'il fait aux Juifs avant de mourir, reproche à leurs ancêtres d'avoir persécuté tous les prophètes et d'avoir tué tous ceux qui leur prédisaient ce qui regarde l'avènement du Juste: Qui prœnunt'iabanl de adventu Jusli; qui leur annonçaient sa naissance, sa vie pauvre et cachée , sa doctrine, see miracles et ses mystères; et qui publiaient qu'il serait méconnu et rejeté par son peuple , renoncé devant les Gentils et livré à une mort honteuse.

Saint Paul et saint Barnabe, dans la synagogue d'Anlioche en Pisidie, enseignent la même doctrine. Ils déclarent hautement que les habitants de Jérusalem et les princes des Juifs n'ayant point connu Jésus- Christ pour ce qu'il était , et n'ayant point entendu In paroles des proplfèles qui se lisent chaque jour de sak+ bat, les ont accomplies en le condamnant (Ad., XIU, 27, 29).

Saint Pierre s'explique sur celle vérité plus clairement que tous les autres, et fait en peu de mots un excellent abrégé de toute celte doctrine. De qua sainte exquisierunl alque scrutait sunl prophelœ,qui de futura in vobis qratia prophelaverunl (I Pierre, I, 10). « Ce salut» dans la connaissance duquel les prophètes , qui ont prophétisé de la grâce que vous deviez recevoir» ont désiré de pénétrer, Payant recherchée avec grand soin , i c'est ce salut; c'est tout ce qui le regarde et tout ce qui y a préparé; c'est tout ce qui l'a opéré et consommé qui faisait l'unique élude des prophètes, tout l'exercice de leur vie et le seul objet de leurs désirs. lis n'avaient pour fonction que de prédire la grâce qui était réservée aux chrétiens cl tout ce qui y avait rapport, ils ont demandé avec ardeur de pénétrer dans celte connaissance ; ils l'ont soigneusement approfondie et y ont fait de grandes découvertes.

Scrutantes in quod tel quale lempus significaret in en Spiritus Christi, prœnunlians eas quœ in Chrisio sunt passiones, et posteriores glorias (lbid., v. 11). i Ils examinaient dans celle recherche en quel temps et en quelle conjoncture l'Esprit de Jésus Christ, qui les instruisait de l'avenir, leur marquait que devait arriver les souffrances de Jésus Christ et la gloire qui les devait suivre. > Ils ne se contentaient pas de creuser le fond de ces mystères ; mais ils étaient curieux d'en savoir les circonstances les plus particulières. Ils portaient leur attention à supputer les lemps et les moments où ils s'accompliraient. Ils recherchaient en quelle manière et dans quel ordre l'Esprit de Jésus-Christ, qui les instruisait, et qui devait être lui-même bien instruit de ce qu'il ferait un jour, leur marquait que devaient arriver les sèuf* franecs de Jésus-Christ et la gloire qui les devait

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suivre : Passiones , et posleriores glorias. Ce peu de mots comprend tout el renferme une infinité do mystères : l'incarnation du Verbe el sa médiation, sa vie mortelle el ses souffrances, le scandale de sa croix et ses victoires, le triomphe de sa résurrection et de son ascension , la destruction de l'empire de la mort et du péché , l'affranchissement de ses frères adoptil's de la tyrannie du démon , et l'association de tous ses membres au bonheur et à la gloire de leur chef, selon l'âme et selon le corps.

Quibus revelalum est, quia non sibi metipsis , vobis dutem ministrabanl ea, quœ mine nuntiala sunl vobis per eos qui evangelizavervnt vobis , Spirilu Sunclo misso de cœlo, in quem desiderunt angeli prospicere (Pierre I, v. 12). i Et il leur lut révélé <|uc ce n'était pas pour eux mêmes, mais pour vous, qu'ils étaient ministres et dispensateurs de ces choses , que ceux qui vous ont prêché l'Evangile pur le Saint-Esprit envoyé du ciel, vous ont maintenant annoncées, el dans le secret desquelles les anges même désirent de pénétrer. » L'Esprit de Jésus Christ avait révélé aux prophètes que leur ministère ne servait que de préparalif à l'Evangile; qu'ils ne faisaient que montrer les grands biens dont les chrétiens devaient jouir; que d'autres entreraient dans leurs travaux et moissonneraient avec joie cl facilité ce qu'ils avaient semé avec tant de larmes et de peines. C'esl dune le même Esprit de Jésus Christ qui a rempli les prophètes et les apôtres; qui annonçait plus obscurément el de loin par les uns, ce qu'il a manifesté depuis clairement par les derniers. Ils se rendent témoignage les mis aux autres, el s'aulorisent mutuellement. Ils parlent le même langage et par le môme Esprit qui a été envoyé du ciel. Leur concert est entier el parfait, el comme les apôtres l'ont profession de ne connaître que Jésus Christ, et qu'ils ne sont envoyés que pour le prêcher, les prophètes aussi ne parlaient que de lui et (l'annonçaient que ses mystères , dans le secret desquels les anges mêmes désirent de pénétrer. En effet, pour peu qu'on lasse d'attention sur les anciennes Ecritures, on reconnaîtra que le> mystères de Jésus- Chris l étaient parfaitement connus des prophètes (Voyez le Ps. XXI, le chap. LUI d'haïe, Job, ch. XV», etc.); el non seulement en général , mais dans un grand détail el avec toutes leurs circonstances ; que leur foi était absolument la même que la nôtre ; el qu'ils connaissaient Jésus-Chi i.>t comme nous le connaissons , sous les mêmes idées et dans l'attente des mêmes biens et du même salut. Que pouvait ignorer Moïse dans le mystère des souffrantes, des humiliations, de la croix de Jésus Chiist : mystère le plus incompréhensible de tous, le plus élevé au dessus des forces de l'esprit humain, le plus opposé à la corruption de notre cœur, et qui, après l'éclal qu'a jeté depuis tant de siècles la lumière de l'Evangile, est encore inconnu et inaccessible à la plupart des chrétiens; que pouvait, dis-je, ignorer dans ce profond mystère Moïse, après ce que huint Paul nous apprend qu'il en savait et qu'il en

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