edit. Paris., in-fol. ; Salomon Deylingius
Observation. sacr.% part. II, observ. VI, de Origine
ttrcumcisioms judaicœ, pag. 88, 89 , et alii apud Jo.
Alb. Fabncium , Bibliograph. antiquariie cap. U,
(1) Saint Paul aux Romains, IX. 8; aux Galales,
Fide, Oper tom. I, Lulet. Paris. 1642, pag. 78, et lom. IV, pag 467). De la manière dont s'exprime l'écrivain sacré [Josué, V, 8) il résulte également que la circoncision était alors inconnue aux Egyptiens. En effet il y est rapporté que quand on eut achevé de circoncire tout le peuple hébreu, le Seigneur dit à Josué : J'ai tiré aujourd'hui de dessus vous l'opprobre de l'Egypte.
Pourquoi celte sorte d'expression, si l'usage de se circoncire eût élé pratiqué dans le même temps par les Egyptiens? L'écrivain sacré eût-il pu dire que le prépuce était l'opprobre des Egyptiens ? L'incirconcision était donc une tache, une ignominie que les Hébreux semblaient avoir contractée en Egypte , parce qu'ils avaient négligé dans le désert le sceau de l'alliance traitée avec leurs ancêtres.
Peut-être objectera ton que les LXX ont traduit les termes hébreux en question par ceux de oveiSter/tidv Atyûirrou Reproche d'Egypte , comme si les Egyptiens eussent alors reproché comme honteux l'état d'incirconcision,et traité de prof ines les autres peuples qui n'observaient point cet usage. Mais le mot grecque je viensdeciter, signifie aussi {'opprobre d'Egypte. Josué rappelle donc ici aux Hébreux le souvenir du déshonneur qu'ils avaient contracté en Egypte, pour n'avoir poi;t observé la cérémonie de la circoncision. Aussi les prophètes Ezéchiel el Jérémie mettent-ils les Egyptiens au rang des incirconcis. Je visiterai dans ma colère, dit le Seigneur, tous ceux qui sont circoncis et ceux qui ne le sont pas; l'Egypte et Juda, Edom el les enfants d'Ammon, filoub, etc., parce que toutes ces nations sont incirconcises de corps; mais tous les enfants d'Israël sont incirconcis de cœur (Jérémie, IX, 25, 26).
Ezéchiel, XXXI , 18, XXXII, 19, n'est pas moins fort en parlant des Egyptiens el de leur roi. < Vous dormirez au milieu des incirconcis avec ceux qui sont morts par l'épéc : tel sera le sort de Pharaon et de tout son peuple, dit le Seigneur notre Dieu ; en quoi, ô peuple d'Egypte, êles-vous meilleur et plus estimable que les autres? Descendez donc et dormez avec les incirconcis. »
Nous ne nous étendrons pas davantage sur celte matière; les auteurs que nous allons citer suppléeront abond imment à ce que nous pourrions en dire. Voyez M. Sauriri, Discours historiques, critiques, théologiques et moraux sur les événements les vins mémorables de Ï Ancien et du Nouveau Testament , edit. d'Amsterdam, 1720, lom. I, discours XV , pag. 117, suiv., lom. Il, discours II, pag. 10, suiv.; M. Chais, la suinte Bible avec un comment, littéral, etc., tom. IV, sur Josué, V, pag. 34, suiv.; Samuel Shuckford , Hist. du monde sacrée et profane, tom. I, liv. V, pag. 314-519, loin. III, liv. XII, pag. 420-427. La sainte
ment à tout autre , c'est pour manifester sa grande miséricorde, pour faire éclater la gloire de sen nom ineffable (2) , en quelque façon intéressé dans le
(1) M. l'abbé Duguet, Traité des principes de la Foi chrétienne, tom. I, part. II, ch. 1, pag. 95; voyez Sa muel Shuckford, Histoire du monde sacrée et profane, trad. de l'anglais, tom. III, liv. XII, Paris, 1752, p ng. 574, suivantes.
(2) Et feci propier nomen meum, ut non violaro
DISCOURS
4Gi
choix cl dans la délivrance d'un peuple, le dépositaire de sa religion sainte, de peur que les nations ne disent, Ouest le Dieu [d'Israël] (I)?Le peuple hébreux tout méchant qu'il fut, tout indigne qu'il se rendit de cette prédilection du Seigneur, fut d'ailleurs infiniment moins coupable que le reste des nations qui étaient sans Dieu , irritaient sa justice, provoquaient sa colère par mille abominations, et n'éiaient tombées dans l'oubli des vérités qui sont la base et le fondement du vrai culte que parce qu'elles avaient négligé les instructions religieuses que Noé et ses enfants avaient transmises à tous les hommes. Maître de choisir les instruments de sa vengeance, le Seigneur se sert des Hébreux pour châtier, pour punir, pour détruire même des nations entières qui étaient parvenues à un polythéisme abominable et au comble de l'iniquité.
Pour s'inscrire en faux contre l'évidence des prodiges dont les Égyptiens et les Hébreux furent témoins,vainement l'incrédule nierait-il la possibilité des miracles. Sans nous arrêter à des raisonnements (2) qui nous mèneraient trop loin , il suffira d'observer que tous ces faits sont positifs et certains, qu'ils ne sauraient être le résultat de toutes les lois secrètes et possibles de la nature (3). Il n'y a qu'un Dieu toul-
lup coram gentibus, in quorum medio erant, et inter quas apparui eis ut educerem eos de terra ^Egypii (Ezech. XX, 9).
(1) Ne quando dicaut gentes : Ubi est Deus eorum ? (l>s. CX11I, 10)
(-2) Voyez S. Thomas, I part., quanst. 105, an. 6-; idem, de Potenlia, quaesl. 6, art. ljad 6; et contra Génies, lib. III, cap. 98 ; P. Anlonino Valsecchi , Dei fon- (lamenti délia rcligione, etc., lib. II, cap. 10, § 7 , seq., png, 258 , seqq. ; M. Clarkc , Traité de l'Existence de Dieu, loin. III, cap. 19; le P. Dalleur, La Religion révélée, défendue, etc., tom. II, cap. 8, pag. 205-289; ch. 13, pag. 10-18; M. l'abbé L. François, Défense de la religion, loin. III, part, II, sect. 1, ch. 1 ; P. M. Thom. M. Cerboni, Theolog. Révélai., tom. I, lib. I, art. 2, pag. 45-74; P. M. Gazaniga, Prœlect. Theol., tom. IV, diss. I, cap. 4, pag. 90 , seqq. ; le R. P. Ricehard, Diction, des sciences ecclés., tom. III, pag. 993, suiv.; tom. VI, pag. 743, suiv.
(3) « Aliquid dicilur esse miraculum quod fit prêter ordinem tolius naturae creatae. Hoc autem non polesl facere nisi Deus. Quia quidquid facit angélus, vel quœcumque alia crealura propria virtute, hoc fit secundum ordinem nalura creala;. Et sic non est miraculum. Unde relinquilur quod soins Deus miracula facere possit » S. Thomas , I p. quaest. 110 , art. 4 , c. Vid. et ibid., qurest. 114, art. 4, c, etc. et contra Génies, lib, III, cap. 102.
Quoique nous ne puissions point apprécier toute l'étendue des forces de la nature, ni savoir tout ce qu'elle peut, nous pouvons cependant connaître avec certitude que certains événements sortent non seulement de son cours ordinaire, mais encore qu'ils sont véritablement surnaturels, et portent un caractère si frappant de divinité qu'il est impossible de ne point le sentir. Voyez S. Thomas, contra Génies, cap. 101, et i p., quuîst. 103, art. 7, 9.
Un peuple très- nombreux ne saurait être trompé ni séduit; il ne peut se méprendre, lorsque, poursuivi par un ennemi puissant el obstiné , sans espérance d'en pouvoir échapper , il voit dans cette iriste situation une mer entrouvrir son sein pour lui donner un libre passage former avec ses eaux à
puissant, parfaitement libre, qui puisse suspendre l'ordre naturel des choses, l'interrompre, le changer et le renverser selon son bon plaisir. Seul il a établi ces lois, seul il en est indépendant (1). Quelques miracles qu'il veuille opérer dans le ciel, sur la terre et dans les abîmes, il ne lui faut qu'une parole. Refuser «à Dieu ce pouvoir, c'est anéantir son essence.
Ce n'est point sur un bras de chair que Moïse se repose dans tout ce qui se passe d'extraordinaire au sujet de la délivrance miraculeuse de son peuple, do la servitude égyptienne. Les circonstances de la vengeance terrible que le Seigneur lire d'un prince tyran et idolâtre tiennent au plus grand des miracles. Aussi Moïse en perpétue -l-il le souvenir par l'inslitution de la Pàque (2), cérémonie la plus auguste de la religion des Juifs. Le célèbre pass>ge de la mer Rouge, qui ne tient pas moins à un ordre tout surnaturel, est encore consacré par un monument impérissable : Chantons des hymnes au Seigneur, parce qu'il a fait éclater la grandeur de sa gloire ; il a renversé dans la mer les chevaux et ceux qui les montaient... (3)
Ce grand miracle avéré (4) est opéré dans des
droite el à gauche un double mur, reprécipiter ensuite ses flots avec impétuosité pour en abîmer ce même ennemi qui croyait être sûr de sa proie. La vue d'un lel événement, très-circonstancié dans le récit de Moïse, dut nécessairement surprendre les Israélites, les remplir de sentiments de la plus profonde reconnaissance pour les boniés du Seigneur, et leur faire admirer la grandeur et la puissance souveraine de Dieu, qui venait d'opérer tant de merveilles. Comme ce fait est opéré au nom de Dieu, créateur du ciel et de la lerre, et qu'un pareil événement est contraire à toutes les lois connues de la nature, on ne peut l'attribuer qu'à un vrai miracle. Il est manifeste que Dieu n'intervient ici d'une manière si étonnante que pour confirmer la vérité de son culte, et non pour autoriser le mensonge. Aussi esi-il dit (Exode, XIV , 51), qu'à la vue d'un prodige si étonnant, les Hébreux crurenl à Dieu el à Moïse, son serviteur. Crediderunl Domino et Moisi servoejus. Il y a donc un miracle trèsréel et très-frappant dans ce passage de la mer Rouge auquel le peuple hébreu ne pouvait se méprendre.
(1) c Si ordo rerum cousiderelur, proul dépende! a prima causa, sic conlra rerum ordmem Deus facere non potest. Sic enim si facerel , faceret contra suain praiscientiam. Si vero cousiderelur rerum ordo prout dependel a qualibet secundarum causarum , sic Deus polest facere praeter ordinem rerum : quia ordini secundarum causarum ipse non est subjeclus, sed lalis ordo ei subjicitur , quasi ab eo procedens, non per necessitatem haluraa , sed per aibilrium volunlatis. Poluisset enim et alium ordinem rerum instituere. Unde et potest prêter hune ordinem rerum inslitulum agerc cum voluerit, puta agendo effeclus causarum secundarum sineipsis, vel produ» cendo aliquos clîectus ad quos causic secundo non se exlendunl. Unde et Auguslinus dicit, 26 contra Faustum , quod Deus contra solitum cursum nalurae facit, sed contra summam legem nullo modo facit, quia conlra seipsum non facit. > S. Thomas, loc. cit., I p., qiucst. 105, c. Vid. et conlra Geni., lib. III, cap. 98, seqq;Coml examen de la ihèse de M. l'aboi de Prade, et Observations sur son apologie, Ainsterd., 1750, pag. 128-142.
(2) ilabebiiis autem hune diem in monumentum, cl celebrahilis eum soleinnem Domino in generâlionibus wstiis cultn seinpileruo. Exod. XII, 14.
(5) Ibid. XV, 1, seijtj.
(ï) De; écrivains de l'antiquité païenne ont même
PKÉLlMlNAIUfc.
circonstances où il s'agissait do l'honneur de Dieu, de sa religion et de son peuple. Il fallait confondre IV
conservé la mémoire de ce grand événement. Voyez entre autres Diodore de Sicile, Bibliot. hisl. lib. III, paq. 174; Euscbius, Prœparat. Evangel. lib. IX, cap. 27, pag. 4ob\ edit. Cotoniens. 1688. C'est donc inutilement que railleur de la Philosophie de l'His loire (chap. 19 , pag. 11G. Amsterd., 1765 ) s'efforce de répandre des doutes licencieux sur ce prodige. En vain nous allègue-t-il le silence de tous les historiens égyptiens et grecs. Si M. de Voltaire s'était occupe sérieusement de la lecture des anciens, il aurait vu , 1° qu'Arlapane on Ariabane a parlé de ce miracle conformément au récit de Moïse, et cela d'après ce qu'en disaient les habitants d'Iléliopohs. Cet ancien écrivain nous avertit à la vérité que ceux^ de Memphis prétendaient qu'il n'y av;iit rien eu d'extraordinaire dans ce célèbre passage de la mer Rouge, parce que, selon eux, Moïse avait délivré sou peuple à la fiveur du flux et du reflux de cette mer qu'il connaissait parfaitement. Mais ce récit ne peut s'ac corder avec les circonstances où le peuple hébreu se trouvait alors, ni avec le malheur qui arriva à toute l'armée égyptienne et dont convenaient les habitants de Memphis. Du reste Artapane n'est point un écrivain imaginaire ; Josèphe, Eusèbe et l'auteur de la Chronique d'Alexandrie, entre autres, l'ont cité et nous ont conservé des fragments de son histoire des Juifs. -l'avoue qu'on lui reproche d'avoir écrit des fables ; mais quel est l'auteur grec ou latin qui en soiiexemp;?°2° Que le silence d'Hérodote.de Manéihon et d'Eratosthène ne prouve rien. Ces écrivains fort éloignés des temps où ce grand événement s'était passé ont pu l'ignorer, comme ils en oiil ignoré bien d'autres relatifs à l'histoire d'Egypte, dont les annales étaient d'ailleurs entre les mains des prêtres trop jaloux de la gloire de leur nation pour communiquer indifféremment dis faits qui lui étaient peu honorables. 5° Que Diodore de Sicile , Trogue Pompée cl Strabon n'ont point, faute de mémoires, saisi ni tous les détails, ni les circonstances de ce prodige ; mais en rapprochant leur récit de celui de Moïse, on voit bien que ce grand événement ne leur fut point inconnu. Je ne crois point devoir entrer dans ce qu'on oppose aussi pour infirmer la certitude de ce prodige, en l'attribuant à des causes toutes naturelles. Encore moins ferai je mention de ce que M. le Clerc a dit làdessus dans une dissertation latine ( De Trajcclione maris Idumœi ) insérée à la fin de son commentaire sur le Pentateuque, imprimée en Hollande et traduite en anglais par Thomas Brownt. Dans celle dissertation l'auteur reconnaît à la vérité un vrai miracle, mais il en énerve toute la force et en diminue la grandeur, en l'expliquant par le reflux de la mer , augmenté par un vent impétueux et extraordinaire; en prétendant aussi que les Israélites ne firent le trajet que de ce petit bras qui est à la pointe de la mer Kouge, dont la largeur est fort peu considérable. De la manière dont Moïse nous raconte cet événement, on doit y reconnaître le plus grand des prodiges. Renvoyons simplement aux principaux d'entre les écrivains qui ont touché cetie matière avec exactitude et ont vengé ce grand miracle des vaines difficultés des impies. Voyez M. Lesley, Méthode courte et aisée contre les déistes, pag. 15 et 16 ; M. Chais, la sainte Bible avec un comment, littéral, etc., loin. II, pag. 155 et suiv. ; dissertât, sur le passage de la mer Rou ge, loin. Il de la sainte Bible en latin et en français, avec d,s notes liitér., critiq. et hiswriq., 2" édil,, à Paris et Avignon, 17G8, pag. 46-78; Le R. P. VU rel, Réponse à la philosophie de l'histoire, lettre 8, p<g. 187 et suiv. ; liist. universelle, etc., traduite de l'anglais, d'une société de gens de lettres, tom. Il, sect 2, pag. 259 et suiv. ; Hehricus Benzelius , Dissert. de Transita Israclis per marc Rubrum; Syntàgm.
piniâtreté d'un prince impie cl superstitieux, qui refusait, avec une hauteur pleine d'inso'ence et de mépris pour Dieu, la "liberté à la postérité d'Abraham. En protégeant ainsi ce peuple choisi par une providence spéciale, il fallait en même temps lui faire sentir que ce n'élail point à des moyens humains qu'il élail redevable de tous les prodiges qu'il voyait et de ceux dont il serait encore témoin dans la suite. Aussi la main toute-puissante du Dieu vivant et éternel est-elle pour l'Envoyé du Très- Haut. Tonte la nature obéit à la voix de Moïse ; le Maître des éléments, l'Aulcur de tous les êlres soutient partout l'entreprise du législateur des Hébreux ; le Dieu très-fort se communique même à son envoyé et lui parle face à face, selon l'expression de l'Ec: iture (Deut. XXXIV, 10). L'Eternel lui ouvre ses plus profonds mystères; il ne lui lient rien de caché ; il lui faii prédire l'avenir, el l'événement répond en plein à la prédiction.
Les livres de Moïse sont remplis de prophéties (I), et l'histoire du peuple hébreu , ses infidélités, ses chutes, ses disgrâces ne sont qu'un développement des oracles de son législateur, deux, écoutez ma voix, terre, prêle l'oreille à ma bouche (Deut., XXXII, 1)... Quelle noblesse, quelle grandeur, quelle force invincible, quel caractère de vérilé dans tout ce qui faille sujet de cet admirable caniique î Moïse l'adresse à son peuple avant de mourir, pour lui faire pressentir ce qui devait lui arriver dans les âges futurs. Mais ce qui doit infiniment nous intéresser dans les oracles de ce grand prophète , c'est qu'il a élé le premier qui nous ait annoncé l'Auteur et le Consommateur de notre foi, celui par qui et pour lequel toutes choses ont été faites (2).
C'est ainsi que le miracle el la prophétie (5) qui
Dissertai, tom. II. Lip. Francofurt. et Lips. 1745, pag. 156-181; Salom. Deylingius , Observa tionum sacr. part. III, L;psise, 1757, tom. III, pag. 45-62, et loin. V, pag. 51-46; Samuel Shuckford, Hisi. du monde sacrée et profane, tom. II, liv. IX, pag. 422-
(1) Voyez Exode, XIX, 4 el suiv. ; XXXIV, 2i ; Nombres, XIV, 22 et suivants ; Lévilique, XXV. 21 ; XXVI, 5 et suivants; Deutéronome, VIII , 7 et suiv. ; XXVIII, 1 et suiv. ; XXIX, XXX, etc. Je ne cite ici qu'une partie des oracles qui concernent le peuple hébreu. Combien d'autres bien plus intéressant* au sujet du Messie, consignés dans. les écrits de < <i législateur, et qui ont un rapport essentiel à la religion ? Consultez les auteurs dont je fais mention dans la note 5 de celte colonne.
(2)Omnia per ipsuin [Chrislum] el in ipso créa la sunt. Ad Colossens. Il, 16.
(5) Voyez M. de Sacy, préface générale sur la Genèse, part. I. § 1 et suiv. ; M. Sherlock, évêque de Londres, de l'usage et des fins de la prophétie, loin II, in-12, passim ; M. Jaquelot, de la Vérilé el do l'Inspiration des livres sacrés, tom. I, ch. 12, pa;,r. 195 et suiv.; prophétie ;
dissert. XV, pag.~l 17 el suiv. ; D. Abbas Hooke, religionis natur. et revel. principe, loin. I , pari. I, art. 2, § 1, pag. 98, seq., 114, seqq., 156, seqq.; Préservatif contrôles sophismes des incrédules, par D. Defuris, ch. 5, pag. 45 et suiv. ; M. de Pompignaa
M l'abbé Mallevillc, Dissertation sur la a religion naturelle et la révélée, lom.IV
DISCOUllb
est lu plus grand des prodiges, viennent à l'appui de l'institution mosaïque et lui donnent le dernier sceau d'une autorité irréfragable. Le Dieu très-forx, le Dieu de Moïse est trop jaloux de sa gloire pour prêter à la fausseté et au mensonge ce double caractère de vérité et de sincérité, si décisif, si triomphant. A qnel esprit en eîTel qu'à celui de Dieu même allrlbueraiton cet enchaînement de prédictions toutes justifiées par l'événement? D'où pourrait partir aussi celte suite de prodiges tous attestés, sinon delà venu toule- ^lissanle de la parole du Seigneur ?
Si Moïse n'est qu'un imposteur, ce qu'on ne peut dire sans blasphème , jamais imposture ne lut conduite par des vues, par des motifs ni plus purs, ni plus saints (1). Non, il n'y a rien d'humain dans celle législation : tout y vient du Dieu vivant et véritable. Jamais un vrai miracle ne fut opéré en faveur de l'erreur; jamais le mensonge n'eut pour appui des oracles inspirés de l'esprit de Dieu. Il est impossible que l'Etre des êtres revête l'imposture d6 tous les caractères de la vérité.
Avouons-le : tout constate ici l'œuvre du Très- Haut, et la disposition d'un grand nombre de lémoins (2) oculaires , plus intéressés à nier les faits qu'à les admettre, ne peut avoir que la vérité pour centre.
évêque du Puy , l'Incrédulité convaincue par les prophéties, loin. I, part. I, ch. 1, p>g. 67 et suiv. ; le François, Preuves de la religion de Jésus-Christ, toin. III, part III ch.prélimin., art. 4 et 2; du même, Défense de la religion contre 1; s incrédules, tom. III, secl. 1, ch. 2 ; P. M. Antonino Valsecchi, Dd fonda* menti délia religione , etc. Ub., II, cap. 17, pag. 27G, seqq.; lib. III, part. II, eaj>. 5, pag. 252. seqq. ; le père Battus, Défense des prophéties de la religion chrétienne, liv. I, ch.i, 5, 6 et alibi passim; lluetius, démonstr. évang. prop V, YI , Vil : M. l'abbé Duguet, Principes de la foi chrétienne, tom. I, part. II. ch. 2; P. Alix, Réflexions sur les livres de l'Ecrïlure S., tom.I, part. II, ch. 7 et 8 ; Stackhouse, Sens litl. de l'Ecriture S. , ch. i et suiv. : et autres.
(1) Voyez entre autres notre savant père Valsecchi, toc. al., lib. II, cap. A, pag. 99, seqq.
(2) Nous ne pouvons pas suivre tous les sopliismes qu'enfante l'incrédulité pour affaiblir, pour anéantir même la preuve immuable, prise du témoignage des hommes en faveur des prodiges qui concernent rinstilution mosaïque, et qui furent vus et attestés par nue nation entière. Ces prodiges sont des faits réels, tlé-lorg la thèse est démontrée. Le sceptique a beau dire que les hommes peuvent se tromper ou nous tromper ; il est des principes qui nous guident sûrement dans l'examen de la vérité ou de la faillibililé tics témoins qui nous attestent ces sortes d'événements. Les mêmes règles qui servent à juger de la certitude ou de la supposition d'un fait purement historique, sont applicables à la matière présente; dans l'un et Vautre cas nous examinons les témoins ; lorsque nous les trouvons d'un caractère irréprochable et dûment instruits des faits qu'ils nous certifient, l'ensemble de leurs témoignages toujours uniformes et jamais contestés, devient une preuve d'une force invincible. Voyez là-dessus le Traité des vrais principes qui servent de fondement à la certitude morale, par M. Boullier ; à la tète de son Essai philosophique sur l'âme des bêtes ; M. l'abbé Gauchat, Lettres critiques, ou analyse et rélutation de divers écrits contre la religion, lettre LXXXVÎII et suiv., tom. IX; A view of
Résumons. Tout est donc lié dans les écrits de Moïse à des monuments publics, érigés par la nation dès le temps même des événements. Tout y lient à des fêles, à des cérémonies, à des riles, dont l'institution date de l'époque même des histoires qui y ont donné lieu. Ainsi tout concourait dans celte législation à perpétuer au milieu du peuple hébreu la mémoire des prodiges jusqu'à la postérité la plus reculée. Tout y empêchait de recevoir les mensonges comme des vérités, parce qu'il n'y avait aucun temps où il ne lût facile de remonter à la première source de l'erreur, aucun temps où quelque imposteur eût pu publier les lois de ce peuple, lui persuader de les recevoir comme venant de Dieu et comme un code national, stable, inconnu cependant à ses ancêtres. C'est que l'écrit de Moïse parle de lui même, se donne pour loi primitive, décide tous les différends, fixe les droits de chaque particulier, grands et petits, tant pour le sacré que pour le profane, et que son auteur y prend de telles précautions qu'il ferme toute voie à la supposition et à l'imposture.
Jamais code supposé n'a été reçu par un peuple, quelque ignorant, quelque barbare qu'il ait été, comme ancien code avoué de lout temps de la nation : cela répugne. Il répugne aussi qu'un peuple dresse des monuments qui lui sont injurieux; qu'il adopte des lois dures et pénibles, pour constater l'exis^ tence de faits imaginaires , dont il se dit cependant avoir été le témoin. Tant il est vrai que les prodiges qui appuient l'institution mosaïque ont des caractères de vérité et d'authenticité qui la distinguent invinciblement des impostures du paganisme, du mahométisme et de tout autre culte profane (1 ).
the principal deislical wrhers , etc., ou Analyse des ouvrages des principaux déistes, vol. II, qui renferme des observations sur les Essais philosophiques de M. Hume, Défense de la religion naturelle et révélée contre les OEuvrcs posthumes de feu vicomte Bolingbroke, Londres, 1755, iu-8°, lettres XI, XII et XIII; a Dissertation on miracles contai ni ng an examinalion of ihe principles advanced hy David Hume, etc., ou Dissertation sur les miracles contenant un examen des principes avancés par M Hume dans son Essai sur les miracles, par Georges Campbell D. en T., etc., Londres,! "65, in-8u; Bibliothèque des sciences et des beaux-arts, avril, mai, etc., 1755, loin. III. pag. 452 et suiv. ; Juillet , etc., tom. IV, pag. 15G et suiv.; janvier, etc.. 17G5, pag. 157 et suiv. ; Discours où Ton fait voir qu'il y a des démonstrations d'une autre espèce et aussi certaines que celles de la géométrie, à Ja fin des Pensées de M. Pascal ; Ilomî'roi Ditlon, La Religion chrétienne, démontrée par la résurrection de N. S. Jésus Christ, trad. de l'ang-, Paris, 1729, part. II. ch. I et suiv., pag. 91 et suiv.
(1) N'opposons point à la loi de Dieu tous ces prétendus prodiges si vantés dans le paganisme et dans les fausses religions. La législation mo>aïque a ces marques dislinctives de vérité, que les événements miraculeux sur lesquels elle porte avaient pour objet : 1° De mettre le sceau aux dogmes de la véritable religion ; 2° (jue ceux qui ont été les ministres de ces prodiges étaient d'un caractère et de mœurs irréprochables ; 5° que ces miracles onl été opérés en présence d'un grand peuple qui ne pouvait être séduit et dont la postérité eut pour garants des mêmes faits d'autres prodiges presque au^i éclatants que ceux dont
4G9 PUÉLIS1
Le peuple hébreu s'est doue soumis à des lois d'un joug accablant, à des observances qui, depuis un
aes ancêtres avaient été témoins oculaires ; 4° que les prodiges qui constatent la divinité de la législation mosaïque , ont eu pour appui de leur certitude des monuments érigés par la nation, des fêles, des cérémonies instituées à dessein dès le temps même des événements, et que la nation n'a jamais cesse d'en perpétuer le souveuir par d'autos mémoriaux toujours attachés aux objets de son culte L'institution du sacerdoce lévitique, les l'êtes du sabbat, de la Pàque, de la Circoncision remontent jusqu'aux époques mêmes des histoires qui ont fait naître ces établissements religieux. Or quel est le prétendu prodige d'entre ceux dont se glorifient les lausses religions , qui puisse s'attribuer ces quatre marques de vérité. Remontez aux premières sources de l'idolâtrie ci du polythéisme; examinez l'origine du mahnniéltsme, étudiez la nature des événements qui ont lait naître l'un et l'autre ; considérez-en les progrès , vous trouverez ces faux cultes tout dénués des marques infaillibles de certitude que nous venons d'assigner. Jamais Mahomet ne vanta ses miracles pour autoriser sa mission. Au contraire, tout se passe en secret dans l'origine de la secte de ce fanatique. Tout y présente l'erreur et le mensonge : celte empreinte de fausseté lui est éternel. Qu'était-ce encore que le paganisme, sinon un tissu d'absurdités, de folies et d'impiétés ! La mythologie grecque, romaine et orientale est un monument à jamais durable des égarements des hommes. Les païens eux-mêmes recon naissent l'impuissance de leurs divinités factices; et s'ils établissent des cérémonies, des l'êtes, des jeux , en un mot, un culte ; s'ils dressent même des monuments publics pour perpétuer la mémoire des hauts faits qu'ils racontent de leurs dieux , tout cela esi de beaucoup postérieur à la date des prétendus événements merveilleux qu'ils vantent. L'origine et les progrès de l'idolâtrie, les moyens et la doctrine qu'elle employa pour s-e soutenir, nous conduisent, comme par la main, à l'esprit d'erreur qui lui donna naissance. Pour le dire en deux mots, on peut délier hardiment nos incrédules de pouvoir appliquer à toutes les fausses religions quelques unes des preuves qui caractérisent la divinité de l'institution mosaïque- Voyez m reste M. Lesley, Méthode courte et aisée contre les déistes , parmi les ouvrages du même auteur contre tes déistes ; D. Deforis, Préservatif contre les incré dules, ck. 5, suiv., pdg. 31, suivantes, et art. 14, pag. 575, suivantes; Dissertation sur les miracles, à la tête du second tome de la sainte Bible , '2.' édition d'Avignon, 17u8 , pag 25-45. La divinité de la religion chrétienne, vengée des sophismes de J-J. Rousseau, I! pari., pag. 194-258; P. M. Gazaniga, loc. cit., tom. 1Y, dissert I, cap. 4, pag. 110-118; Pierre Alix, Réflexions sur les livres de l'Ecriture sainte pour établir la vérité de la religion chrétienne, tom I, part. Il, ch. 5 et 4 , pag. 1 G î suiv. édit. d'Amsterd. , 1089; Traité des miracles dans lequel on examine, 1° leur nature et les moyens de les discerner d'avec les prodiges de l'enfer, 2° leurs fins, 5° leur usage, Paris, 1704, tom. Il, part. ïiî, ch. 1, 2, 5, pag. 101, suivantes, ch. XXIÏ, suiv., pag. 403 suivantes, et autres.
Qu'on ne dise point aussi que tous ces événements rapportés par Moïse et par les écrivains sacrés, sont pour nous dans un uop grand éloignement pour mériter notre croyance. Ces faits ne conservent pas moins de nos jours tout leur degré de certitude, quelque grand que soit l'iniervalle de temps qui les sépare du siècle où nous vivons. Il est vrai que les anciens Hébreux, contemporains de Moïse et des prophètes-, eurent de la certitude des faits attestés de leur temps des preuves différentes de celles que nous en avons. La grandeur des miracles de Moïse , desquels ils furent témoins, et l'accomplissement des