STYMPHALE TEMPLE À OLYMPIE
Métope trouvée à Olympie en plusieurs fois, 1829 et 1876. — Musée du Louvre (Athéna, tête et bras droit d'Héraclès) et Musee d'Olympie (reste du corps d'Héraclès).— Marbre. — Hauteur, 1 m. 60. — Vers 465-460 av. J.-C.
E marais de Stymphale, en Arcadie, était infesté par des oiseaux merveilleux, mais abominables, oiseaux anthropophages qu'armaient des griffes de fer et
un bec de fer et qui, en outre, pouvaient décocher, comme flèches, leurs propres plumes qui n'étaient point de plume, mais de fer. Hercule en fit un massacre complet et en purifia la région arcadienne. Comment représenter cet exploit, par la sculpture, dans le cadre très limité d’une métope ? Héraclès debout, tirant de l'arc ; Athéna, suivant du regard le vol de la flèche ; par terre, quelques oiseaux déjà tués : voila, semble-t-il, la première conception qui s'offrait. Claire et simple, elle laissait pourtant hors du cadre une partie du sujet, puisque le fait capital se passait en plein ciel. Le sculpteur, prenant sa décision avec sa netteté couturmière (dont témoignent, chacune pour son compte, les autres métopes) a voulu ramasser et condenser à l'intérieur du cadre tous les éléments de l’action. Le carnage des monstrueux volatiles a pris fin ; Héraclès revient, tenant dans la main gauche son arc (en bronze), qui fut l'arme de son exploit. Il s'approche d'Athéna qui l'a assisté, présente sur les lieux ; car le rocher où on la voit assise n'est pas un siège sans signification, il rappelle les montagnes d'Arcadie qui enserraient le vallon de Stymphale. Le héros a rapporté à la déesse deux des oiseaux de fer, qu'elle regarde curieusement ; elle en a pris un, qu'elle tenait dans sa main, contre son flanc gauche, et le second est encore dans la main d'Héraclès. À peine est-il besoin de rappeler que ces oiseaux étaient peints, comme
était peint aussi le rocher et peintes encore les écailles qui
BIBLIOGRAPHIE : Voir Olympia, Ill : Treu, Bildwerke in Stein, p. 160.
garnissaient l'égide d'Athéna : ces divers détails, vus à distance, se différenciaient l'un de l’autre et ressortaient avec précision.
Devant cette scène familière, les paroles et comparaisons familières montent aux lèvres. Que cela est simple et sans cérémonie ! Voilà une grande déesse et le plus grand des héros : ne croirait-on pas voir plutôt une jeune pastoure à cotillon court, assise sur un roc élevé d'où elle surveille son troupeau, et causant avec une connaissance du voisinage, qui vient de la chasse et lui montre son gibier, une couple de ramiers ? Telle apparaît souvent Athéna dans les métopes d'Olympie, dépouillée de la hauteur divine, descendue à terre et s'étant mise désormais au niveau de la terre et de l'humanité. Nous l'avons vue déja, dans la métope d'Atlas (pl. XIX), qui prend sa part du faix qu'Hercule a peine à soutenir. Ailleurs, dans la métope qui montre le balayage des étables d'Augias, non seulement elle est la, debout dans les étables, mais elle a beau avoir son casque en tête et son bouclier sous sa main, elle semble surtout être une vigilante fermière surveillant le travail de son valet. Et ce valet, c'est Hercule ; tout à l'heure il nous apparaissait en portefaix ; plus loin, dans la métope de Géryon, il frappe comme un bûcheron : ou bien, c'est un gardien de taureaux qui dompte une de ses bêtes. Le réalisme des métopes et des frontons d'Olympie donne toujours cette même note de franchise, de simplicité droite et rustique : il est sain et savoureux, on le goûte avec délices comme un fruit vivifiant de la fraiche nature.
PLancns XX HÉRACLÈS A STYMPHALE.
Musée du Louvre (Athéna, tête et bras droit d'Héraclès) et Musée d'Olvyrr pie (reste du corp d'Héraclés). {CI Alinari.)