NAISSANCE D'APHRODITE
Méme relief : Faces latérales.
ES deux faces latérales, que reproduit la planche XXIII, font un angle droit avec la face principale. Elles ne comportent qu'un personnage, assis, tournant le dos
au grand sujet. Et d'abord on a l'imp:ession qu'ils sont l'un et l’autre indépendants dudit sujet et que même ils l'ignorent. Nous verrons tout à l'heure que la question peut être jugée autrement. D'un côté, une jeune femme vêtus du chiton, étroitement drapée dans un himation qui lui voile en partie la tête, dépose des grains d'encens sur un brûleparfums. De l'autre côté, une jeune hétaïre nue joue de la double flûte. Opposition complète entre cette nudité et ces draperies, entre cette musique de plaisir et l'acte religieux de brûler de l’encens. (Si j'ose, ici encore, faire un retour vers l'art italien, ce sera pour rappeler que semblable opposition existe entre les deux admirables figures Amour sacré et Amour profane dans le tableau de Titien à la Galerie Borghèse.) Le contraste continue jusque dans l'aspect des deux coussins : celui où est assis la femme drapée
est tout plissé, en harmonie avec les plis des vêtements ;
et celui de l’hétaire est tout lisse, en accord avec les chairs polies. — Revenons maintenant à cette impression que je signalais tout à l'heure, dès la première vue de ces deux faces latérales, et contre laquelle je mettais en garde le lecteur. D'abord, on ne fait guère attention à ce que les deux figures occupent l’une et l’autre une place en trapèze : le bloc de chacune est taillé comme en serait un destiné à un tympan de fronton ; en conséquence, toutes les deux se soumettent aux servitudes qui dépendent du rampant montant ou descendant ; donc il ne faut pas dire que, puisqu'elles tournent le dos à la scène, elles lui sont étrangères : elles subissent leur place, elles ne l'ont pas choisie, — D'autre part, ces deux femmes assises doivent avoir un rapport, sinon avec la légende même, figurée sur le côté principal, du moins avec la divinité qui en est l'objet. Or, Aphrodite s'intéressait aux amours sérieuses et légitimes, sans négliger les autres ; elle agréait l'hommage du saint encens, et les galants airs de flûte ne lui
déplaisaient pas.
(‘uos19puyy ‘]3)) ‘2[PUOIZUN] 098NJA ‘ow0y "STIVUALVT SAOV,J : AAUTAU AMNAÏN — ‘IHIXX AHONVI4