D’ADONIS
Méme relief : Faces latérales.
Esdeux faces latérales (pl. XXV), en angle droit avec la
principale, ne comportent, comme celles de l’œuvre
précédente, qu'une seule figure, tournant le dos au grand sujet. D'un côté, un jeune homme nu, assis sur un coussin, joue de la cithare. L'autre face (qui a été mutilée, retaillée et a perdu environ 0 m. 20 de sa largeur primitive) montre une vieille femme, vêtue d'un gros péplos, assise par terre, qui tenait dans sa main droite quelque chose, en quoi on peut deviner une branche d'arbre. Comme il doit exister un lien entre ces deux petites faces et la grande, on reconnaîtra sur l'une le favori des deux déesses, et sur l'autre on trouvera un rappel de sa propre naissance, qui ne fut pas le trait le moins étonnant de son histoire. Car, sa mère Myrrha ayant été changée en l’arbuste qui produit la myrrhe ou l'encens, c'est sous l'écorce odorante que l'enfant commença à palpiter, et nous voyons ici la fidèle esclave domestique, la vieille frophos de Myrrha, veillant maternellement sur la plante qu'est devenue Myrrha et d'où va, après les neuf mois écoulés, naître miraculeusement Adonis.
Quoique provenant du même ensemble, les reliefs de Rome et de Boston ne sont pas du même auteur. À cela rien de surprenant : les exemples de la frise de l'Érechtheion, des frontons et acrotères du temple d'Épidaure apprennent combien les Grecs sont allés loin dans la division du travail. On ne peut certes pas attribuer au même ciseau tant de jolies finesses ingénieuses dans la Naissance d'Aphrodite et le faire large et gros, un peu rude, de la Pesée des sorts ni le franc accent de réalisme de la vieille trophos aux traits ridés. Mais, s'il y eut deux exécutants, il y a eu un seul maître d'œuvre, réglant et ordonnant la décoration entière, nombrant et disposant les figures, mettant entre elles de savantes correspondances. Ce n'était point hasard, que l'on vit sur un long côté, la nudité de la jeune flûteuse répondant à la nudité du jeune cithariste ; que l'on vit, sur l'autre, l’arbuste à encens répondant au brûle-parfums : et que derrière celui-ci fût assise la noble dame amplement drapée, et derrière celui-là fût accroupie l'humble vieille servante, aux cheveux courts, au vêtement rude.