UNE DÉESSE “ VESTA GIUSTINIANI
Statue de provenance inconnue : jadis à Rome, Palais Giustiniani (où elle était, peut-on dire, inaccessible). — Toujours à Rome, Museo Torlonia (où elle est toujours, m'écrit-on d'Italie, « absolument inaccessible »). — Marbre, copie d'un original
en bronze. — Hauteur (avec la plinthe), 2 m. 03. — Vers 460 av. J.-C. (date de l'original).
NTRE le péplos ouvert, sans ceinture (pl. XXV[), et le F péplos fermé, avec ceinture, 1l est facile de concevoir plusieurs étapes. Les œuvres d'art nous montrent quelquefois le péplos partiellement clos : tantôt cousu seulement dans sa partie supérieure et laissant la jambe nue : tantôt, au contraire, cousu depuis la hanche jusqu'au pied, l’ancienne ouverture subsistant au-dessus. Quelques points encore, et la pièce d'étoffe sera close du haut en bas. Je recours de nouveau, ici, à la magistrale étude de Léon Heuzev.
« L'instinct de pudeur naturel aux femmes amena de bonne heure les femmes grecques à se servir de l'aiguille pour réunir et clore par une couture les deux lisières flottantes du péplos. Par cette modification, on obtint une forme nouvelle et beaucoup plus pratique du même vêtement, celle que nous appellerons le péplos fermé. Les parties nues se trouvèrent complètement enveloppées et couvertes par l’étoffe, qui conserva au besoin, suivant ses
dimensions. la faculté d'être repliée, comme aussi d'être
serrée par une ceinture. Quand le péplos s'ouvrait sur le côté, l'ajustement était nécessairement asymétrique. Maintenant, l'ouverture étant supprimée, il se distingue, au contraire, par une symétrie remarquable. Les fibules agrafées aux épaules déterminent pour les bras deux passages parfaitement égaux, dont les retombées elliptiques se contre-balancent l’une l'autre et se relient de face par une ligne d'un bel effet. Si, comme :l arrive souvent, l'étoffe est un peu longue, la femme, par un mouvement instinctif, la remonte plus ou moins au-dessus de la taille et la serre par une ceinture. Ainsi se produit tout naturellement le renflement de plis bouffants auquel les Grecs donnaient le nom de colpos. Il accompagne et soulève légèrement le bord arqué du repli. Tout le haut du corps se trouve ainsi largement enveloppé, tandis que le bas de la robe se resserre et tombe presque droit le long des jambes, à grands plis verticaux. Il y a là, entre les deux parties, un effet d'opposition, et la base naturelle de la
figure y gagne en élégance. »