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DANSEUSE D'HERCULANUM

Statue trouvée à Herculanum en 1754. — Musée de Naples. — Bronze, copie d'un original en bronze. — Hauteur (avec

la plinthe), 1 m. 53. — Vers 460 av. J.-C. (date de l'original).

d'Herculanum, auxquelles on attribue l'appella-

F' les statues de bronze, retrouvées au théâtre

tion de Danseuses, celle-ci parait le mieux justifier ce nom. Le zeste cadencé des bras et des mains agrippées chacune à un pan d'étofe fait penser matériellement à quelque danse du voile ou du mouchoir, mais surtout évoque le souvenir de ces danses antiques, sérieuses et lentes, qui étaient une mimique expressive, où les mains et les bras avaient le rôle principal. Il ne faudrait d’ailleurs pas préjuger du genre de la danse d'après la physionomie de la danseuse. Celle-ci a les traits impassibles et graves, avec, croirait-on, un fonds de morosité. Mais on ne doit pas accorder à cet extérieur une valeur positive, comme s'il était l'exacte projection d'un état intérieur. Nous savons par maint exemple que telle était la marque du temps où naquit la statue, surtout dans la région, très probablement dorienne, qui la vit naître. Sa danse pouvait devenir tout d'un coup pathétique et violente, sans que son visage se modifiit, non plus que l'assaut du Centaure ne fait perdre leur calme aux traits de Déidameia (pl. XVIII). Les jambes renseignent mieux : presque immobiles, répondant au peu d'animation des bras, elles avertissent que, pour l'instant du moins, la mesure est ralentie.

La chevelure descend très bas sur le front, où elle est

cerclée d'un mince bandeau incrusté d'argent : deux ou

rois grosses boucles courtes tembent derrière chaque oreille. Les yeux, rapportés en pâte colorée, brillent d’un éclat dur. La jambe gauche se raidit sous les belles canne- ‘ures du péplos : la droite est un peu ployée, et le genou, venant heurter l'étoffe, y fait courir un frisson de mouvement. Le chiton n'existe pas sous le péplos ; celui-ci est lermé, et 1l est serré d’une ceinture que cache le renflement des plis bouffants du colpos. Enfin il y a un repli, et l'intérêt principal de la figure consiste dans l'emploi qui est fait de ce reph. Nous avons vu que la Vesta Giustiniani (pl. XXVII-XXVIIT) avait la tête voilée d'une petite calyptra en façon de mantille. Mais, à défaut de la calyptra, les femmes grecques pouvaient encore se voiler la tête aussi bien, grâce au repli de leur péplos, et cela était également possible avec le péplos ouvert comme avec le péplos fermé. C'est de quoi la statue d'Herculanum offre le plus clair exemple. (Elle a saisi de ses deux mains écartées les bords extrêmes du repli, et l'on prévoit qu'elle va le relever pour s'en couvrir la tête. Les prémisses de l'action en disent la conséquence. C'est un geste naturel, qui n'est pour cela ni moins heau ni moins expressif. Les deux angles du repli étant, comme le reste du vêtement, réunis par la couture, toute cette partie formera un cercle continu et ure sorte de cloche qui se rabattra autour du

visage » (Heuzey)

BIBLIOGRAPHIE : Voir Ruesch, Guida d. Museo di Napoli, n° 846; Rayet, Mon. de l'art antique, I, pl. 38. — Pour la draperie, voir Heuzey,

Hist. du costume antique, chap. V.

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NSEUSE D HERCUI

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