APOLLON ‘“ APOLLON CHOISEUL-GOUFFIER
Statue de provenance inconnue, ayant fait partie de la collection Choiseul-Gouffier. — Londres, British Museum. — Marbre, copie d'un original en bronze. — Hauteur (sans la plinthe), 1 m. 80. — Deuxième quart du V® siècle av. J.-C. (date de l'original).
"ORIGINAL de cette statue était renommé dans l’Anti- É quité : cela nous est attesté par le grand nombre
de copies qu'on en a déjà retrouvées. Les plus complètes et les meilleures sont l’exemplaire Choiseul- Goufñer et un deuxième à Athènes, appelé autrefois par erreur Apollon « à l'omphalos ». On ne sait malheureusement pas à quel artiste attribuer la paternité de l’œuvre, et l’on n'ose pas prononcer un nom. La figure représente Apollon qui tenait dans une main l'arc et dans l'autre. peut-être, une branche de laurier. Donc, un dieu: mais, sans les attributs, ce pourrait être un athlète, et des archéologues ont même fait effort pour démontrer que c'en était bien un. Conçoit-on, en effet, plus noble forme athlétique? Ne sent-on pas, dans chacun de ces muscles et sous chacun de ces contours, le travail incessant de la palestre pour atteindre à un idéal de force et de beauté? Mais nous savons que c'est également pour la race divine et pour celle des hommes que travaillait la palestre grecque, et que la statuaire ne pouvait créer semblables aux hommes, puisqu'elle
les dieux que
faisait d'autre part les hommes beaux comme les dieux.
Le visage, un peu amenuisé par ces boucles épaisses qui tombent jusqu'aux sourcils et ne laissent à découvert qu'un petit triangle au milieu du front, est remarquable par l'allongement et la minceur de son ovale, puis par son air sérieux, auquel la bouche semble même ajouter une nuance de quasi-dédain et de hauteur. Mais, comme la même expression dans le même visage un peu étréci, sur la même tête un peu petite, se retrouve en certaines statues contemporaines d'un type tout différent, il ne faut sûrement pas lui attribuer une valeur positive, en relation avec la personnalité d’Apollon : c’est la marque du temps et peut-être d'une direction artistique. La statuaire n'a pas encore entamé les ressources d'expression morale que contient le visage humain ; mais, à partir des premières années du V® siècle, elle réagit visiblement contre l'éternel sourire des physionomies archaïques. Peut-être en telle région, en tel atelier, ce mouvement de réaction, vague et instinctif ailleurs, aura été plus voulu, plus raisonné, plus clairement dirigé.
BIBLIOGRAPHIE : Voir Smith, Catal. greek sculpt. in British M, 1, n° 209 ; Studniczka, Kalamis, p. 66, pl. 9.
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