APOLLON “ APOLLON CHOISEUL-GOUFFIER
Même statue, vue de dos.
OURNONS le socle, monté sur galets, qui porte le "F moulage : la statue nous présente en plein un dos
admirable, aux formes accomplies qui ne le cèdent nullement à celles de la poitrine. On peut longuement jouir, se « régaler » les yeux de cette belle musculature, et si simple, parce qu'elle est la perfection même. Et que nous regardions par derrière, que nous regardions par devant, c'est toujours le même sujet d'admiration. — Si on oublie les différences d'âge et de dimensions qui séparent la présente figure et la statue d'éphèbe que nous avons étudiée précédemment (pl. XIII), on les trouvera très voisines l'une de l'autre. C'est toujours la même pose immobile, avec un genou légèrement fléchi et un très faible désaxement du torse; c'est la même tranquille assurance : c'est la même sève puissante circulant à l'aise dans une plante saine et vigoureuse. À elles deux s'appliquent fort bien les mots par lesquels Lucien caractérisait en bloc les statues de ce temps : ( précises, un peu dures et tendues, exactes et serrées de lignes ». Mais l’Apollon Choiseul-Goufher, par cela qu'il est moins jeune et que ses formes sont plus développées, présente ces caractéristiques plus nettes et plus fermement souli-
gnées. Tout le corps semble gonflé d’une vigueur prête à l'action. Le torse, siège principal de cette vigueur, est magnifique, surtout vu de derrière ; car, par devant, il ya quelque raideur dans le dessin de l’aine et du ventre, puis dans la ligne horizontale qui limite en haut le pubis. On peut même dire qu'il subsiste dans les épaules quelque chose encore de la gaine du couros archaïque : un rien, à peine perceptible ; cela existe pourtant.
La tête, petite, est couronnée d'une chevelure abondante, qui serait longue si elle s’étalait suivant la règle des statues du vi siècle. Mais, au v® siècle, l'usage devait prévaloir, de porter les cheveux courts; et il y eut d'abord une mode intermédiaire, consistant à garder les cheveux longs, mais sans les laisser flotter. Le jeune éphèbe de la planche XIII les a roulés autour d'un cercle rigide et il en a fait autour de sa tête une épaisse couronne. Dans l'Apollon, ils sont, par devant, coupés en sorte que leurs boucles recouvrent, sans aller au delà, les tempes et le front ; par derrière, ayant toute leur longueur, ils forment deux nattes tressées, lesquelles sont ramenées jusqu'audessus du front, où elles sont nouées ensemble par
leurs extrémités après avoir cerclé le crâne entier.
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