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DISCOBOLE (ŒUVRE DE MYRON

Statue aussi rapprochée que possible de l'original de Myron

: elle a été reconstituée à Rome, Museo Nazionale, avec des

parties empruntées aux meilleures copies connues : la statue de marbre découverte à Castel Porziano en 1906 et conservée à

Rome, Museo Nazionale, a fourni le corps ; une autre, conservée aussi à Rome, Palais Lancelotti, a fourni la tête: le

tronc d'arbre contre la jambe gauche a été supprimé, et le moulage a été patiné, couleur de bronze. — Hauteur (depuis le sommet de l'épaule droite jusqu'au sol où pose le pied), 1 m. 38. — Milieu du V® siècle av. J.-C. (date de l'original).

URANT tout le vif siècle et jusque dans la première FD) moitié du V°, on descend le cours d’une statuaire

calme, sage, presque immobile et sans action. La frontalité règne, et elle impose ses formes rigides. Même quand elle n'existe plus, l’affranchissement de la statue s'accomplit avec le minimum de mouvement, par un genou légèrement ployé, un torse à peine désaxé. Tout à coup, devant nos yeux éclate le Discobole de Myron : il fait un effet d'explosion. Pourtant, lorsqu'on s’est remis de la surprise et qu'on regarde derrière soi, on finit par reconnaître dans le lointain quelques signes précurseurs. Des petits bronzes archaïques, Pallas brandissant la lance, Zeus jetant la foudre, font déjà voir des dérogations à la loi de frontalité et attestent l'existence, dans l’art grec naissant, d'un germe de liberté qui devait prospérer. Ce germe est allé en se développant. Dés le milieu du vi siècle, la géniale hardiesse du sculpteur Archermos donnait au monde le type nouveau de la Victoire volante, promis à une telle gloire dans la suite des temps ! Archermos annonçait Myron. Voila ce que nous apercevons, nous, malgré le peu de documents qui subsistent ; les anciens, eux, en savaient plus, surtout parce qu'ils n'ignoraient pas l'œuvre de Pythagoras, un aîné de Myron, qui l'avait précédé dans la même voie. Ainsi, le

Discobole pouvait être, dans l'Antiquité, sujet d'étonnement moindre qu'il ne l’est pour nous ; mais, en tout cas, cela ne diminuait point l'admiration que méritaient à cette statue vraiment extraordinaire l'audace de sa conception et la maïtrise de son exécution.

Mais l'effort accompli n'a aucune répercussion sur les traits du visage. Les yeux brillent, comme toujours dans les bronzes, parce qu'ils sont faits de matières colorées imitant l'aspect de la nature ; mais nul pli ne sillonne les front, nulle contraction ne tire les lèvres et les joues. Une telle immobilité de la physionomie serait chose surprenante, si on ne se rappelait qu'à la date où nous sommes, vers le milieu du v® siècle, le sculpteur grec vient à peine d'achever la pleine conquête de la forme humaine ; il a réalisé une belle construction athlétique, qui lui inspire une sorte d'involontaire respect : il en considère la tête comme un vase précieux dont on doit craindre d'altérer le calme souverain. Plus tard, les jeux de la physionomie viendront ; pour l'instant, il s'agit du jeu des membres ct des muscles actifs, de ceux-là qui comptent seuls au soleil de la palestre. Myron, dans son Discobole, les a mamiés, assouplis, roulés, tordus avec une maîtrise sans égale, et il est allé, d'un élan vainqueur, jusqu'à l'extrême du mou-

vement.

BIBLIOGRAPHIE : Voir Helbig, Führer in Rom (3° éd.), II, n° 1363; Brunn-Bruckmann's, Denkmæler griech. und rœm. Sculptur, pl. 632

(notice par Rizzo), et aussi pl. 566 (notice par L. Curtius).

PLANCHE XXXV. Discosozr.

Rome. Museo Nazionale. /C! lerson

nd inder

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