JEUNES FILLES A LA PROCESSION
Même relief : Détail.
vEC quelle noblesse, quelle dignité, quel respect de soi-même et des dieux s’avancent lentement, pieu-
sement, ces vierges sérieuses et sages, aux bras tranquilles, aux visages immobiles ! Leur tête est nue; leur chevelure pend sur la nuque ; d'épaisses sandales relèvent leurs pieds. Elles sont vêtues magnifiquement, { comme d'une sorte d'uniforme et de vêtement sacré » (Heuzey), du péplos fermé, très ample, avec repli plus ou moins long, avec colpos bouffant ; et les dimensions du tissu ont fourni ce large entrebaillement des emmanchures d'où sort le bras et où il se retire à volonté. Leur poitrine opulente pousse devant elle l'étoffe. Posée sur les deux épaules, une calyptra, passablement longue, tombe droit par derrière. Toutes pareilles, sauf quelques modifications dans leur
air ou leur attitude ou les plis du costume, on ne se lasserait pourtant pas de les voir passer, lentes et solennelles, ces belles filles dont la jeunesse rayonne épanouie, comme tout à l'heure celle des beaux cavaliers. Çà et la, par quelque mouvement imprévu, d'une admirable justesse, l'auteur paraît avoir voulu nous rappeler du demi-rêve dans la réalité : c'est, au milieu d'un autre groupe de la procession, la jeune fille qui se retourne pour causer avec une amie derrière elle ; et, ici, celle qui se présente quasi de face pour attraper de sa main gauche le brûle-parfums. Mais, tout de suite, la procession reprend son rythme, le rêve enchanteur recommence : il semble qu'on voie monter, du sol de la divine Acropole, ure merveilleuse
moisson de lis immaculés.
PLANCHE XLV. — JEUNES FILLES A LA PROCESSION. (Même relief : détail.)
SCULPTURES CRECQUES ANTIQUES, 13