LLETEISSOSÉ FIGURE DE FRONTON AU PARTHÉNON
Statue du fronton Ouest, enlevée de sa place par lord Elgin en 1801. — Londres, British Museum. — Marbre. — Hauteur actuelle, 0 m. 80. — De 438 à 433 av. J.-C.
E fronton Ouest, au Parthénon, représentait la dispute [e entre Athéna et Poseidon pour la possession de la terre attique. On voyait, au milieu, les deux grandes divinités donnant ensemble les preuves de leur puissance. Elles ont frappé le sol, Athéna de sa lance, Poseidon de son trident : l'olivier est né, le flot salé a jailli du roc. Derrière les dieux, attendaient leurs chars avec les attelages impatients : puis se succédaient, dans chaque aile, les divers assistants de la scène, qui étaient les antiques héros de l’Acropole, Kécrops et les Kécropides, Érechthée et les Érechthéides. Ils suivent tous avec passion les péripéties de la dispute ; en sorte que l’action centrale, au lieu de produire son effet par coups successifs, comme au fronton Est, a déjà eu son plein retentissement jusqu'à l’extrémité de chaque aile ; les figures d'angle elles-mêmes, que les nécessités du cadre obligeaient à étendre par terre, sont, peut-on dire, des spectateurs non moins actifs que les autres. Ainsi, dans l'angle de gauche, il y avait une figure couchée, que sa position normale eût obligée à regarder vers l'angle ; mais elle se retournait pour regarder vers le milieu. Cette figure était appelée encore, naguère, soit « lissos > ou « Képhisos », et l'on admettait qu'elle et son pendant sur l'angle opposé personnifaient les deux petits
de analogues, dans le fronton Est du temple d'Olympie,
cours d'eau l'Attique ; pareillement, deux figures auraient personnifé les deux fleuves de là-bas, l'Alphée
et le Cladéos. On a renoncé à ces explications : à
Olympie comme au Parthénon, les personnages des angles sont simplement des spectateurs. Mais il nous est impossible de leur donner un nom. Peut-être n’en ont-ils jamais auteurs. Le nom
eu, dans l'esprit même de leurs
d’« Jlissos » n'a donc plus aujourd'hui d'autre valeur que celle d'une étiquette commode.
L'homme est nu. Un des pans de son himation retombe par devant, au-dessous de l'épaule gauche ; un autre pan s'aperçoit à peine, contre le genou droit ; tout le reste passe derrière, hors de la vue. La main gauche s'est posée sur le sol, la jambe gauche s’est pliée pour ramener le pied en arrière ; le torse se présente de face : on saisit sur le vif le mouvement que tout le corps vient de faire, afin d'aider la tête à porter son regard vers le centre du fronton. Le motif est très simple, pris directement à la nature et transcrit avec fidélité ; mais cette fidélité s'accompagne d'un tel sentiment de la vie que tout ce qui est art et vient de l’art semble s'évanouir. { La science se cache, pour ne laisser paraître que la nature. La chair et son mol embonpoint couvrent certains détails (qui s'étalent trop dans le Laocoon, par exemple). Mais la saillie du sternum et des côtes, la tension des muscles du flanc, ce qui doit trahir au dehors le jeu intérieur des os et de leurs attaches, tout cela se produit avec une aisance qui n'est plus l’art, mais la vérité elle-même avec toute sa persuasion » (Beulé). « C'est de la vraie chair », disait Canova ; et il n y a guère autre chose à dire. Le marbre a pris de la chair la douceur, la chaleur, la fermeté, l’élasticité. Les cuisses sont merveilleuses : la cage thoracique fait bien sentir la solidité de sa charpente osseuse ; au-dessous d'elle, le mol abdomen ghisse lourdement, s’affaisse suivant la pesanteur, et son nombril, un peu étiré par la tension du corps, met au milieu de ce ventre admirable un point, d'une justesse unique !... C'est de la vraie chair, où resplendit une fleur
d'immortalité.
BigLioGRAPHIE : Voir Smith, Catal. greck sculpt. in Br. M., I, n° 304 À ; Smith, Sculpt. of the Parthenon, pl. 7 ; Boissonnas et Mansell, Le Par-
hénon, pl. 55.
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