APHRODITE VÉNUS GÉNITRIX, VÉNUS “ DE FRÉJUS
Statue découverte, non pas à Fréjus, au XVII® siècle, comme on l'a cru longtemps, mais plus probablement aux environs de Naples, dès le XVI® siècle. — Paris, Louvre. — Marbre, copie d'un original en bronze. — Hauteur (avec la plinthe), | m. 64. — Fin du V® siècle av. J.-C. (date de l'original).
LLE à orné autrefois les Jardins de Versailles. La,
FE encadrée par la verdure, dans l'air embaumé de fleurs, avec des feuilles tournoyant autour d'elle
et tombant à ses pieds, elle devait se trouver mieux que dans une froide salle du rez-de-chaussée du Louvre. Elle se sentait moins loin du mont Ida, où elle reçut du berger Pâris la pomme, prix de la beauté. Cette pomme, elle la tient dans sa main gauche un peu abaissée, et son regard semble s'y attacher, la regarder avec complaisance. Nous sommes au moment qui suit immédiatement la victoire. Voilà donc comment la déesse se révéla pour charmer les yeux de l'arbitre. Elle n'est pas nue ; car au V® siècle le nu féminin était encore à peu près étranger à l’art grec (voir notice de la pl. XXX). Mais, à une personne restant vêtue, quelles ressources n'offre pas certain vêtement qui voile en laissant voir ! Aphrodite porte une tunique longue. très fine, sans repli ni ceinture, que
BIBLIOGRAPHIE : Voir Frœhner, Sculpt. antique au Louvre, n° 135,
retiennent seulement deux agrafes. Le tissu transparent colle sur la peau, du sein jusqu'au ventre. de la hanche à la cheville : c'est vraiment ce que les Grecs appelaient le « miroir du corps ». Des plis capricieux courent çà et là, pareils à des ondulations, et destinés surtout à mettre en valeur le lisse et la transparence d'à côté. D'autres plis dévalent verticalement entre les jambes, d’autres encore sur l'extérieur de la jambe gauche : opposition voulue et heureuse entre la draperie demeurée draperie et la trame fluide qu'elle devient par son adhérence aux cuisses et au torse. Tout le jeu de cette tunique est du charme le plus exquis. On la sent souple, tiède et vivante au contact de la chair. Et quelle grâce dans cette large courbe sur la poitrine ! Car le bras gauche, en s’abaissant, a provoqué un glissement de l'agrafe et des deux bords de l’étoffe : et maintenant l'épaule, le haut du bras, le sein apparaissent nus.
SR
* | + à mm