APHRODITE
Même statue, vue de dos.
A statue a un autre vêtement encore que celui que
nous venons de aécrire à la notice précédente
c'est l’himation. On n'en voit que peu par devant . au contraire, par derrière il drape toute la figure, ne laissant rien paraître des formes du corps, attendu qu'il s’agit ici d'un autre tissu, qui n'a ni la finesse ni la ductilité de celui de la tunique. Le contraste est complet entre les aeux aspects de la statue, quand on la regarde successivement de face et de dos. Un des pans de l’himation s'enroule sur le bras gauche, l’autre pan est soulevé par les doigts de la main droite, avec un geste d'une élésance indicible (pl. LXV). On est ravi du savant balancement qui oppose à ce bras gauche drapé, abaissé, retenu près du corps ce bras droit levé et écarté, ce bras nu et joyeux. Entre la double nudité du bras droit et de l'épaule gauche, le col délicat se plie et la tête, dont les cheveux
ondés sont ceints de minces rubans et rassemblés sur la nuque dans un petit saccos, incline doucement son jeune visage ; elle n'a pas d'expression particulière, elle ne fait que participer à l'aise et au bien-être du corps.
Devant ces formes charmantes, dont le charme est subtilement raffiné et distillé comme un précieux éhxir, ne se sent-on pas bien éloigné des créations de Phidias, si simples et si imposantes, avec leurs attitudes nobles et fermes, leurs draperies si naturellement majestueuses, avec ce qui émane d'elles d'olympien? Il ne s'agit pourtant pas d'un éloignement dans le temps : c'est différence d'esprit, orientation nouvelle de l’art, qui commence à entrevoir les attraits du nu {éminin et à s’acheminer, sans enfreindre la décence ni même la chasteté d'abord, vers des représentations où entrera en ligne un élément jusquelà inconnu : la volupté,
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