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UNE FEMME STÈLE FUNÉRAIRE

Bas-relief découvert à Athènes en 1883. — Athènes, Musée National. — Marbre. — Hauteur. 0 m. 50. — Fin du

Ve siècle ou commencement du IV® av. J.-C.

L n'y a qu'à regarder son image ; tout commentaire semble inutile. C'est une femme, jeune et mince, fine et tendre. Debout, elle se présente de profil,

tournée à droite. Elle est vêtue, d'abord, du chiton de lin aux plis menus ; quelques agrafes, espacées sur le haut des bras, réunissent les deux bords du tissu en façon de courtes manches. À ce chiton s'ajoute le péplos de laine à long repli, qu'une fbule sur chaque épaule assujettit. L'épaisse chevelure ondulée coule sur la nuque ; un ruban étroit ceint le crâne un peu en arrière du front. Les deux mains entourent avec précaution une boîte ronde. Celle-ci est posée à plat sur la paume gauche et les doigts relevés (aujourd'hui brisés) la tenaient ; l'autre main en ôte le couvercle. Le mouvement de la tête accompagne fort justement celui des bras : le col délicat se plie, et le visage

se penche un peu vers la boîte précieuse qui contient les bijoux de la jeune femme. Car i! s’agit toujours de l'amusement quotidien d'une dame oisive, motif fréquent des stèles funéraires, soit sous cette forme simple (voir pl. XXVI) ou sous une forme plus développée (voir pl. LXXII) on possédait des bijoux, et, dans les moments où on n'avait pas la fierté de les porter sur soi, quand on était inoccupée à la maison, restait encore la distraction de les caresser amoureusement entre ses doigts. — C'est tout, je crains d'en avoir déjà trop dit et de n'avoir fait qu'écraser sous la description cette image légère, presque immatérielle, si simple par le motif, mais d'où émane tant de grâce, où règne tant de calme recueilli ! Les Champs Élyséens devaient être le plus aimable séjour, avec de telles habitantes.

BIBLIOGRAPHIE : Voir Cavvadias, Catal. sculpt. du Musée National d'Athènes (en grec), n° 910 ; Conze, Attische Grabreliefs, n° 1178, pl. 260

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