‹ Scvlptvres grecqves antiqvsChapitre 74 sur 91 · DIANE DE GABIES · texte numérisé non relu

DIANE DE GABIES

Statue découverte à Gabies (Latium) en 1792. — Paris, Louvre. — Marbre, copie d'un original en bronze. — Hauteur (sans la plinthe) . 1 m. 62. —IV® siècle av. J.-C. (date de l'original).

ETTE jeune personne achève de s’apprêter. Elle a lié à ses pieds de fines sandales et noué par derrière ses cheveux ; sur la tunique ionienne, elle va bou-

cler l'himation. Sa tunique ne lui descend qu'aux genoux ; il ne faudrait cependant pas dire qu'elle est courte : abandonnée à elle-même, elle descendrait jusqu'aux pieds ; mais elle a été intentionnellement raccourcie par le procédé suivant. Une fois mise sur le corps, munie des quelques agrafes en haut des bras qui lui font des semblants de manches, une ceinture l’a serrée à la taille, et par-dessus cette ceinture de bas en haut l’étoffe a été tirée, soigneusement tirée tout autour, jusqu'au point voulu : de là, ce colpos, d'un développement anormal, qui fait sur le vêtement comme un second étage. Ensuite une autre ceinture, visible celle-là, a été passée sous les seins, afin de rabattre les plis flottants et d'en supprimer la gêne pour les bras. L’himation, très ample, est plié en double (cette épaisseur double lui vaut l'appellation diploïs) ; il est déja drapé sur le corps, il traverse de biais la poitrine en venant du flanc gauche ; et les deux mains s'emploient à le fixer sur l'épaule droite par la morsure d'une fibule. L'un et l'autre vêtement ont ainsi reçu l'arrangement le plus propre à n'entraver en rien la liberté des mouvements : la tunique, raccourcie, ne gênera point dans la course l'action des pieds ni des genoux : et l’himation, une fois agrafé, laissera pour le maniement d'une arme les deux bras dégagés, sans aucun poids sur eux.

Par là s'éveille l’idée de chasse, amenant avec soi la pensée d'Artémis chasseresse ; c'est la seule voie ouverte nul attribut ni

à une identification, car autrement

BIBLIOGRAPHIE : Voir Frœhner, Sculpt. antique au Louvre, n° 97.

signe concret ne permettrait de nommer la figure.

Elle a beaucoup de charme, et de majesté, point. Son air net et décidé ne fait point tort à sa gentillesse. Le marbre nous la présente fine et alerte : et qu'elle devait paraître plus légère encore dans le bronze original, où n'existait pas ce support qui alourdit la jambe droite ! Ses bras sont délicats et purs ; le mouvement du bras gauche a fait glisser la tunique sur son épaule et ce peu de nu, sans être voluptueux, est savoureux. Sa petite tête éveillée se porte de côté, avec une vivacité qui plaît. Ses cheveux, ceints d'un fil d'or, ne risquent point de devenir encombrants par leur longueur : le peigne les a tous rejetés en arrière où ils ne font ensemble qu'un chignon à peine gros comme une rose. C'est une jeune fille, une jeune mortelle, plutôt qu'une déesse. De n'être pas une Olympienne, de n'en pas avoir l’habituelle grandeur et la sérénité distante, cela déjà la rapproche beaucoup de nous. Mais je dirai plus : elle a, dans son allure générale et dans sa physionomie, un certain accent moderne. Son habillement antique ne met pas entre elle et nous une barrière, et nous ne voyons rien transparaître de sonintérieur qui nous soit étranger. Nous sommes tout de suite en familiarité avec cette aimable jeunesse, nous sommes de niveau avec cette jeune « sportive » : la preuve en est le terme même que je viens d'employer, et que je ne crois pas disconvenant.

L'auteur de la statue reste inconnu. On a proposé le nom de Praxitèle. J'estime qu'il n'y a rien de commun. pour le genre d'exécution et surtout l'inspiration et l'âme profonde, entre les œuvres authentiquement praxitéliennes et la Diane de Gabies.

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DANSEUSES DEVDEERRES

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