ZEUS
Tête trouvée à Mylasa (Asie Mineure) vers 1900. — Boston, Museum of Fine Arts. -- Marbre. — Hauteur. 0 m. 48. —
IVe
siècle
avant Jésus-Christ, offre certaine parenté avec le type habituel du Christ? Elle provient d'une statue de Zeus, le grand dieu de Mylasa. Carienne par le
Ne pas vrai que cette tête, qui date du 1V° siècle
domicile, elle était d'une exécution purement grecque, très probablement attique. C’est une fort belle œuvre, une œuvre originale que caractérise, au point de vue technique, ce modelé doux et caressé dont la sculpture ne nous offre guère d'exemple avant Praxitèle. Mais un soudain intérêt surgit, du fait qu'on perçoit en elle un souvenir et comme un écho du Zeus de Phidias. :
Le Zeus d'Olympie, que les anciens tenaient pour le chef-d'œuvre suprême, pour l'œuvre maîtresse du plus grand des artistes, ne semble pas avoir du tout été copié ; il ne nous est parvenu ni statue ni statuette le reproduisant. Nous ne le connaissons un peu, en dehors des textes, que par les minuscules reliefs de monnaies éléennes, qui montrent de profil la statue entière ou la tête seule. Une telle abstention des copistes s'explique, selon Furtwængler, parce que le Zeus était incomparable et inégalable, en ce sens que Phidias, dans sa création unique, s'était mis en dehors de l'idéal grec et peut-être l'avait dépassé. Il avait donné au dieu, en effet, un type très particulier, qui n'est pas celui sous lequel l'Antiquité aima toujours se représenter le puissant maître du ciel. La tête d'Otricoli, au Vatican, peut passer pour le type classique de Zeus : voyons ses traits accentués, sa barbe abondante aux boucles fouillées, sa chevelure plus abondante encore avec ce nœud central qui double presque la hauteur du front. L'impression dominante est celle d’une force impérieuse qui ne se connaît pas de limites, et l’on évoque naturellement le souvenir homérique du froncement de sourcils ébranlant l'Olympe. Il n’y a rien de pareil dans la tête de Mylasa : la barbe calme et les cheveux exempts de révolte y encadrent une physionomie, dont la gravité demeure douce et accueillante. La différence est plus nette encore sur les monnaies, où le graveur s'est inspiré directement de la statue d'Olympie : les cheveux y sont