‹ Scvlptvres grecqves antiqvsChapitre 79 sur 91 · HERMÉS SE REPOSANT (ŒUVRE PROBABLE DE LYSIPPE · texte numérisé non relu

HERMÉS SE REPOSANT (ŒUVRE PROBABLE DE LYSIPPE

Statue découverte à Herculanum en 1758. — Musée de Naples. — Bronze, copie d'un original qui était lui-même en bronze. — Hauteur (sans le rocher, moderne), 1 m. 05. — Deuxième moitié du IV® siècle av. J.-C. (date de l'original).

‘UNE statue d'athlète, nous passons à une statue D de dieu, et nous y trouvons appliqués les mêmes principes exactement. Hermès, au cours d'une mission, s'est arrêté un instant, il se repose. Son corps, un peu tassé sur lui-même et penché en avant, exprime bien le délassement et la détente. Mais nous devons comprendre également que l'agile Messager est toujours prêt. Aussi ses membres ne sont pas allongés pour un repos durable ; ce sont comme des ressorts qui ne sont qu'un peu relâchés, et qui restent à demi tendus. Seuls, peut-on dire, le bras gauche et la jambe droite se délassent : mais considérons la jambe gauche et le bras droit : une simple pression du pied sur le sol et de la main sur le rocher sufhra, dès le premier appel, à mettre debout le porteur des ordres divins. La mobilité est, ici, sous l’attitude immobile. Dans l'Hermès comme dans l’Apoxyomène, cette virtualité et cette imminence du mouvement donnent à la figure une sorte de vie double : car on la voit du même coup à l'instant présent et à l'instant qui va suivre. Qu'on peut mettre de vie dans l'immobilité!

Le caractère de réalisme n'est pas moins marqué ;

il l'est même plutôt davantage, puisqu'il s'agit d'un dieu, pour qui l’idéale beauté est un don naturel. Sans les ailettes attachées aux chevilles, sans le caducée qu'il tenait dans la main gauche, eût-on pu reconnaître et nommer le dieu? Car son visage a un air commun, quasi vulgaire ; c'est celui de quelque éphèbe se reposant dans la palestre après un temps d'exercice ; et on comprend qu'un archéologue autrefois ait voulu voir en la statue simplement le portrait d'un jeune homme, ayant usurpé les attributs d'Hermès. D'autre part, mettons en pensée la figure debout, dressonsla sur le sol : comme elle nous paraîtra longue, avec un torse relativement court, sur des jambes maigres et fines ! C'est le physique d'un vrai coureur, d'un champion de la course à pied, d'un vainqueur au stade, qui est attribué ici au Courrier céleste. Encore une fois, comparons les formes élancées de l'Apoxyomène avec celles de l'Hermès ; puis retournons-nous vers le Doryphore, pour bien saisir ce système de proportions absolument nouveau, suivant lequel, écrit Pline, Lysippe sut modifier les structures carrées d'autrefois (nova intactaque ratione quadratas

veterum staluras permutando).

BiBLioGRAPHIE : Voir Ruesch, Guida d. Museo di Napoli, n° 841 ; Rayet, Mon. de l'art antique, Il, pl. 56 (notice de Collignon),

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