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Samuel Bochard. En elle étaient venus se fondre les trésors des plus illustres bibliophiles du temps , de MM. Petau , Gaulmier , Stephanidés, Ravius et voire même , sans doute, à une heure de revers politiques , quelques-uns de ceux de Mgr. le cardinal Jules Mazarin. Grand honneur fait aux lettres Françaises , la direction de cette bibliothèque si importante avait été confiée à un érudit appelé tout exprès de France , à Gabriel Naudé , l’un des médecins de feu Sa Majesté Louis XIII. Il venait, en octobre 1652, d’en prendre depuis quelques jours le gouvernement « cum absoluto imperio » , nous dit-il.
Avec Naudé avait fait route un autre français, Raphaël Trichet DuFresne, peintre estimable, doublé d’un savant numismate, mandé pour veiller au département des objets d’art. A lui était échue , par conséquent, la garde du cabinet, c’est-à-dire d’un fouillis, d’un entassement de merveilles : statues de bronze et de marbre, médailles d’argent et d’or , pierres gravées , vieux ivoires , « pièces d’ambre , » de corail , de cristal travaillés ; miroirs d’acier , horloges de table , » esquisses , bas-reliefs et autres choses non moins artificielles que » naturelles » une collection dépassant en richesses les plus justement célèbres de l’Italie.
Nous ne parlerons pas encore des tableaux de maîtres ; Christine de Suède en possédait une quantité prodigieuse , et la plupart de ces toiles, chose à noter, avaient été conquises, non par l’habileté de ses mandataires à prix d’or, mais par l’épée victorieuse de ses généraux: tradition de gloire que devait un jour reprendre le plus illustre de nos capitaines.
Raphaël Trichet dut faire à Bourdon d’autant plus complaisamment les honneurs de cette galerie , qu’il retrouvait en lui plus qu’un compatriote et un confrère , son vieil ami d’études , son ancien compagnon d’atelier. Si nous acceptons les renseignements de l’allemand Sandrart , les deux peintres avaient effectivement vécu en camarades à Rome. Ils avaient fait partie de cette joyeuse colonie