L’hôtel de Rambouillet
BOURDON A MONTPELLIER
rendu fantaisiste d’une de vos assemblées , où ils vous faisaient déraisonner sur les mérites divers de chacun des quarante barons, c’est-à-dire de Messieurs de l’Académie ; ce n’est pas fini : le plus dangereux de vos adversaires appointe sa plume acérée.
Il est là près de vous , c’est M. Poquelin de Molière , l’associé des Béjart, le comédien habituel de Nosseigneurs des Etats; il vous épie dans l’ombre, et lorsque, en 1659, tout Paris rira de Cathos et de Madelon , le rusé compère aura soin de déclarer bien haut , devant les alcôvistes de la Place Dorique 1 et les poètes de la Guirlande , qu’il a voulu uniquement mettre en scène les précieuses de province.
Aussi bien ne serait-ce là qu’un demi-malheur; votre passion pour les lettres eût pu, à la longue, vous faire oublier jusqu’à « baller et danser. » Vous eussiez fini par vous modeler, non sur la vive Alcidie ou la blonde Philismène, mais sur la froide Corinne, dont Jean de Rosset , son portraitiste , nous dit : « qu’il n’y avait que rigueur en » son amour, et espine en sa rigueur. » Cela étant, vous eussiez, chose grave , démérité de vos spirituelles grand’-mères , que Charles VI , dauphin de France, c’est-à-dire encore dans la plénitude de sa raison, proclama hautement « les plus frisques dames de son royaume3.»
Le comte d’Aubijoux projette, en 1649, de fonder à Montpellier une ^Académie de ‘ Peinture , sous la direction de ‘Bourdon.
ette description du Montpellier mondain au xviic siècle suffira bien certainement pour faire comprendre, que si l’attrait de cette petite ville était grand pour un visiteur quelconque, il devait être irrésistible pour un fils de la cité , naturalisé parisien par un séjour quelque peu prolongé dans la capitale.
Bourdon 11’échappa pas à ce charme. Venu à Montpellier en 1649 pour y régler quelques affaires de famille , il reçut de Monseigneur