Séjour « Rome , J ni, p. 29 et suiv
des paysans des Lenain rappelle à la mémoire certaine page éloquente de La Bruyère; les gais compagnons de Bourdon auront pour historiographe Le Sage, en son roman de Gil Blets.
Ce qui lui appartient en propre et fait le charme de ses petits tableaux, c’est leur délicieux coloris. « Il sut y mettre, a dit Ch.
» Blanc , une couleur agréable , piquante , dont la base générale est » ce beau ton gris qu’affectionnent les coloristes , Velasquez , par
» exemple , Siméon Chardin Sur ce fond neutre et reposé s’enlè-
» vent à plaisir les brillantes guenilles de ses bohèmes, les ajustements » coquets de ses cavaliers. »
Le Louvre possède de lui une bambochade dans laquelle un groupe de mendiants demande l’aumône à l’opulent propriétaire d’un de ces fastueux carrosses , où tant d’or se rélève en bosse , le tout se détachant dans une tonalité verdâtre sur les vieux murs d’une abside de cloître ou de cathédrale. Cette toile seule suffirait à défendre Bourdon contre l’oubli où sont tombés La Hyre, Stella , de La Fosse et tant d’autres célébrités de son temps aujourd’hui dédaignées ; elle nous fait regretter plus vivement encore l'hérésie picturale qui, valant aux Lenain l’indigence et l’obscurité , détourna pour jamais le peintre de Montpellier de la voie charmante où son naturel le poussait.
Histoire. — Sujets religieux.
a première toile importante que signalent les biographes de Bourdon est un Alviénus cédant sa litière aux Vestales. Il l’exécuta à Rome , et par là montra déjà ce qu’on pouvait espérer de lui. Cette oeuvre était, à la fin du siècle dernier, la propriété de l’évêque de Lisieux ; elle a été gravée par Brèbes.
Le Crucifiement de saint Pierre occupe la seconde place par ordre chronologique. Nous avons déjà conté l’accueil fait à ce tableau par le public , lors de son exposition au parvis Notre-Dame. Il est