‹ Sébastien Cabot, navigateur vénitien (1497-1557) [microforme]Chapitre 2 sur 7 · Jo strinsi le spalle. » Dépêche de Contarini · texte numérisé non relu

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Pour des raisons encore inexpliquées, Cabot, contrairement à l'avis de ses pilotes, met le cap sur le Brésil, où il vient atterrir, dans les parages de Pernambuco. En ce lieu, des Portugais, intéressés à le détourner du voyage aux Moluques, lui vantent les richesses minières du Rio de la Plata. Son imagination s’enflamme à cette idée. Il abandonne le projet de se rendre aux Moluques et ayant entendu dire que le long de la côte méridionale du Brésil se trouvaient des Espagnols qui avaient exploré cet eldorado, Cabot

‘se met à leur recherche. C’est dans ces conditions qu’il vient faire

naufrage à l’île Sainte-Catherine, et perd son navire amiral avec la plus grande partie de l’armement. Mais, il rencontre dans ce lieu deux survivants de Solis qui lui apprennent qu’à La Plata, on peut facilement recueillir « assez d’or et d'argent pour remplir les vaisseaux de son escadre ». Ces propos l’ancrent davantage dans son nouveau projet. Ses principaux lieutenants y sont opposés. Sans leur faire de procès, sous de futiles prétextes, Cabot les fait arrêtér, déporte ces malheureux dans une île habitée par des cannibales et il met à la voile pour le Rio de la Plata.

Cabot y arrive, remonte le fleuve, combattant sans cesse les Indiens, et il construit deux forts, d’où les sauvages, après une lutte acharnée, et de la part des Espagnols deux années d’une misère et de souffrances inouïes, finirent par l’expulser.

Le 22 juillet 1530, il revint enfin en Espagne, avec une poignée d'hommes, malades, hâves et décharnés, ayant perdu dans ce désastre les deux tiers de ses compagnons et la moitié de son escadre, sans avoir rien découvert, sans rien rapporter qu’une once d'argent et quelques peaux d'animaux; mais, en revanche, ayant à bord 70 Indiens des deux sexes, achetés d’un Portugais, sur la côte du Brésil, à crédit, et pour être vendus comme esclaves à Séville.

On ne saurait appeler « découvertes maritimes », d’être remonté le Parana jusqu’à son confluent avec le Paraguay, et d’avoir navigué 56 lieues sur ce dernier fleuve. En effet, ces régions fluviales, découvertes par Nuño Manuel, furent explorées en partie par Juan Dias de Solis et par Christoval Jaques, qui, venu exprès pour y trouver les métaux précieux, ne s’est certes pas arrêté aux îles de l’estuaire qui portent son nom; sans parler même des Por-

tugais qui, comme Alejo Garcia, descendirent le Paraguay qu'ils avaient abordé du côté du Brésil. D'ailleurs, ces rivières sont marquées sur la carte de Weimar et sur celle de Maggiolo, l’une et l’autre de 1527, ainsi que sur le Globe doré et, avec un estuaire très détaillé, dans le planisphère de Turin. Cabot n’a fait que fournir pour cette région des épures moins vagues, mais presque aussi erronées; puisqu'il ne marque pas le coude à angle droit que fait le Parana par 27° 30’.

Cette expédition ne fut donc qu’un affreux désastre, presque sans exemple dans les fastes maritimes de l'Espagne. Aussi, lorsque Cabot débarqua à Sévillé, le Fiscal l’arrêta et le fit incarcérer immédiatement.

Il ne subit pas moins de quatre procès au criminel, dont deux en appel, le Conseil des Indes le condamnant chaque fois, et chaque fois aggravant la peine. Le 1° février 1539, la sentence du chef de l'instance introduite par la mère de Mendez, son lieutenant général, qu'il avait abandonné à l’île Sainte-Catherine et où il mourut, fut portée à deux ans d’exil au Maroc, sans préjudice d’une condamnation à deux ans d’exil prononcée antérieurement dans le procès intenté par Rojas, un de ses capitaines, également déporté dans cette île, mais qui trouva moyen de s'échapper. Des amendes ou dommages et intérêts considérables lui furent également infligés.

Charles-Quint, qui n’était pas sans une certaine indulgence empreinte de scepticisme à l’égard des faiblesses de la pauvre humanité, qu’animait d’ailleurs l'espoir d’arriver à ce fameux détroit que Cabot, plus que jamais, disait seul connaître, semble l'avoir fait bénéficier d’une commutation de peine. Toujours est-il qu’on voit Cabot libre à Séville en juin 1533 et exerçant ses fonctions de pilote-major au commencement de 1534. L'empereur paraît ne pas avoir tardé à regretter sa clémence. Le 13 mars 1534, la reine régente d’Espagne prescrivit une enquête à l'effet de savoir en vertu de quel droit Cabot faisait subir des examens aux pilotes voulant aller aux Indes et les délits qu’il avait pu commettre à cet égard,

Nous le voyons néanmoins occuper ce poste pendant de longues

14. « Quiero ser informado de los derechos que a Ilevado e Ileva Sebastian Caboto ce como © de qué manera los a exam nado 0 examina, © qué delyxencias son las que face en los tales examenes. » Docurientos ineditos de Indias, t. XXXII, p. 479.

y qu'ils es sont o, l’une stuaire ait que presque le droit

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années encore, et recommencer ses intrigues. Dès 1538, il s’'abouche avec sir Thomas Wyatt, l'ambassadeur d’Angleterre à Madrid, et en 1547, toujours sous prétexte de connaître une voie maritime plus courte pour atteindre le pays de la cannelle et des clous de girofles, il obtient secrètement du Conseil privé d’Edouard VI que ce prince engage ses services. Alléguant sans doute des affaires de famille en Angleterre, le rusé Italien se fait donner un congé par Charles-Quint.

Dès son arrivée à Londres, Cabot, malgré ses fonctions de pilote-major d’Espagne, dont il continuait à posséder le titre et à toucher les émoluments, reçoit du roi d'Angleterre une pension et un emploi important dans la marine, bientôt suivis de largesses répétées. Il n’en continue pas moins ses manœuvres déloyales avec l'étranger et, à peine trois ans après, renouant les négociations avec Venise, il cherche à trahir le roi d'Angleterre comme il avait tenté autrefois de trahir le roi d'Espagne et par les mêmes moyens.

Ces tentatives avortèrent encore et Cabot ne quitta plus l’Angleterre, malgré les efforts de Charles-Quint, qui le fit réclamer par son ambassadeur comme étant le pensionné de l'Espagne. Le transfuge, pour des raisons faciles à deviner, ne se souciait pas de reprendre son service auprès de l’empereur. Plus tard (1553), il essaya de se faire pardonner en lui dénonçant des projets que la France et l’Angleterre avaient médités contre le Pérou, révélant ainsi un secret d’État du gouvernement qui l’employait.

Dans l'intervalle, Cabot avait conçu et préparé l’expédition de Willoughby et Ghancellor, à la recherche du fameux détroit, cette fois non par le sud-ouest mais par le nord-est. Ce fut encore un désastre, mais plus épouvantable que celui de la Plata. Willoughby et l'équipage du navire qu’il montait périrent tous de froid sur les côtes de la Laponie, après avoir été battus par les vagues des mois entiers. C’est l’origine de la légende du Vaisseau-fantôme.

En 1556, Cabot imagina une autre expédition, celle de Stephen Burrough, aussi pour découvrir un détroit conduisant au Cathay, et encore par le nord. Burrough fut forcé d'abandonner l’entreprise; mais il eut au moins la bonne fortune d’aller plus loin dans les régions polaires qu'aucun de ses prédécesseurs et de revenir en Angleterre.

Nommé par Marie Tudor en 1555, gouverneur statutaire et à vie de la Compagnie des Marchands-Aventureux, ce poste impor-

tant lui fut enlevé néanmoins dans l’année qui suivit, nous ne savons encore pour quelles raisons.

Sébastien Cabot mourut on ne sait quand ni où, mais après 4557 et probablement à Londres, âgé d’au moins 83 ans. C'était un vieillard de mine fort respectable, avec une superbe barbe blanche qui est pour beaucoup dans l’admiration que les Anglais et les Américains professent pour la mémoire de cet intrigant fieffé. Spes mea in Deo est, lisait-on, sans doute par ironie, sur son portrait erronément attribué à Holbein.

Dans tout livre d'histoire, ce qu’il faut d’abord considérer c’est le document et la manière de s’en servir. Nous examinerons le Cabot de M. Tarducci sous ces deux aspects. Commençons par le document.

Aujourd’hui, lorsque parait un ouvrage de ce genre, le critique éclairé s’empresse d’en examiner la partie documentaire. Il tient à connaître la base du travail, les sources consultées et de quelle façon, les éléments employés, la cause du choix, enfin le côté difficile et ingrat. À ses yeux, c’est l’essentiel et, selon nous, il a raison. Les motifs, le style, la forme, les conclusions, tout cela varie avec la mode, les passions du moment, les intérêts en jeu, la mauvaise foi ou le caprice dans la manière de voir. Le document seul reste ! C’est lui qu’on ne cesse et ne cessera d’invoquer, quoi qu’il arrive, et l’œuvre historique vaut principalement en raison des reuseignements qu’elle fournit, des faits qu’elle prête à la synthèse, de la nouveauté, de l'étendue, du sérieux, de la loyauté du travail et des recherches. E

A cet égard, malgré des dehors qu'on s'efforce de rendre imposants, le livre de M. Tarducci est fort médiocre. Ce qu'il apporte de nouveau dans la discussion se résume en un abrégé de deux ou trois pièces, sinon imprimées au moins connues depuis longtemps, très mal choisies d’ailleurs, ne visant qu’une période secondaire de la vie de Sébastien Cabot, nullement à son avantage, quoi qu'en dise le signor Tarducci, et sans grand intérêt pour l’histoire.

La déconvenue est d'autant plus grande que l’ouvrage nous est

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donné comme le dernier mot de la science; que son traducteur et certains journalistes, peu au courant, à n’en pas douter, de ce qui a été publié en France sur la matière, « parlent de l’ardeur infatigable apportée par l’auteur dans l’examen des archives et des documents! », et quelui-même cherche à produire l'impression qu’il s’est livré à de profondes recherches documentaires. De fait, en ce qui concerne les documents originaux et les autorités citées ou employées, cet ouvrage ne présente rien ou presque rien qui ne soit déjà, et depuis dix ans, dans un livre à la portée de tout le monde?. Les laborieuses investigations de M. Tarducci consistent donc uniquement à s’être donné la peine de consulter ce livre, une paire de ciseaux à la main. Nous allons le démontrer.

C’est dans les chroniques publiées en Angleterre au xvi° siècle que la plupartdes historiens avaient puisé leurs renseignementssur la vie et les voyages, vrais ou supposés, de Jean et Sébastien Cabot. En 1882, un écrivain s’imagina qu’une saine critique exigeait que ces sources d’information fussent vérifiées, afin de préciser ce qu’elles renfermaient de données originales, et se livra consciencieusement à ce difficile travail. On rencontre aussi dans l’ouvrage de M. Tarducci des analyses, des comparaisons, des références émaillées de noms d’auteurs rarement cités jusqu'ici dans les livres italiens, et pour cause. Ce qu'ont dit et n’ont pas dit ou mal dit Robert Fabyan, Thomas Lanquet, Robert Crowley, Thomas Cooper, Richard Grafton, Ralph Holinshed, John Stow; ce que contient le Cronicon, manuscrit du fonds cottonien au British Mu-

séum, ce que les choniqueurs du xvi-siècle lui ontemprunté et par :

quelle voie, les interpolations, les changementsqu'ilsse sont permis, tout cela donne aux premiers chapitres du livre de M. Tarducci un cachet d’érudition et de recherches peu communes. Malheureusement, c’est pris du Cabot de M. Harrisse, depuis le premier mot jusqu’au dernier. Hâtons-nous d'ajouter que le savant Vénitien, avec désinvolture même, le reconnaît dans une toute petite note ainsi conçue :

« Afin de ne pas avoir à répéter sans cesse les citations, je déclare une fois pour toutes qu’à l'égard des brèves remarques

1. « The untiring industry of our author in the examination of the records and documents. » Préface du traducteur américain, p. v.

2. Jean el Sébastien Cabot, leur origine et leurs voyages. Etudes d'histoire critique, par Henry Harrisse. Paris, Leroux, 1882, in-8, carte,

[onze pages et tout le substratum ! ] concernant ces chroniqueurs, je suis l’exposition que Harrisse en a donnée dans son Jean et Sébastien Cabot, p. 15 et s., et souvent même je traduis ses paroles littéralementi, »

En somme, cette analyse de seconde main des vieux historiens anglais est le point de départ, la base même, de la partie principale des Memorie de l'écrivain vénitien, et la manière dont elle est faite a été interprétée par certains lecteurs de façon à ne point lui déplaire : « Tarducci prouve, Tarducci démontre » et même, avec quelque naïveté : « Tarducci n’a pas de peine à faire voir. » C’est aussi notre opinion.

Une question naguère très controversée c’est de savoir si Jean Cabot était, de naissance, Vénitien ou Génois. M. Tarducci, qui plaide pro aris el focis (ce qui en histoire n’est pas une force, mais l'inverse), fait étalage, naturellement, d’un grand nombre de textes. On voit d’abord l'opinion et les dépèches des ambassadeurs de Ferdinand et d'Isabelle à la cour de Henry VIT, citées en espagnol. Ici encore, ces textes ont élé empruntés au critique américain, car lui seul les a publiés dans cette langue. Vient maintenant le fameux décret conférant la nationalité vénitienne à Jean Cabot, et une discussion juridique sur la portée de ce document, appuyée d’interprétations des grands jurisconsultes vénitiens, Vettor Sandi, Cristoforo Tentori, Marco Ferro et de l’archiviste Cecchetti. M. Harrisse, avocat de profession, s’était trouvé là dans son élément et c’est avec soin qu’il a exposé les principes de l’ancienne juris-

prudence vénitienne sur la naturalité, ainsi que l’évolution des

décrets qui la régirent aux x1v° et xv° siècles. Il se trouve avoir indiqué au cours de son travail les faits, conséquences, autorités, éditions, volumes, pages et jusqu'aux coquilles d'imprimerie, que M. Tarducci devait citer dix ans après. C’est pour celui-ci se montrer laborieux jurisconsulte à peu de frais!

[l en est de même pour chaque point discuté dans la vie des deux Cabot et au sujet des auteurs qui ont fourni les données historiques. Toutes les citations de William de Worcestre, de Pierre- Martyr d’Anghiera, de Ramusio, de Livio Sanuto, de Humphrey

4. « Senza ripetcre ogni volta la citazione avverto ora per sempre che nei brevi cenni su codesti cronachisti seguo l'esposizione che ne fa H. Harrisse nel suo Jean el Sebastien Cabot, p. 15 e seg. e spesso ne tradurr alla lettera le parole. » Tarducci, op. cil., p. 16, note 2.

iqueurs, Gilbert, de Gomara, de Galvam, de Wytfleit, de Thevet, de Haet Sébas- kluyt, de Purchas, de Bacon, d’Eden, de Blackstone, de Humboldt, s paroles de Peschel, de Barrett, de John Campbell, de Strype ; tous les do-

cuments de Rymer, de Navarrete, de Seyer, de Rawdon Brown, de

istoriens Harris Nicolas, de Bergenroth, de MM. Brewer, Turnbull, Lemon, e princi- Nichols ; les manuscrits de Muñoz et ceux du British Museum, tout dont elle enfin‘, excepté les références à la Revue des Deux Mondes et à ne point M. Gaffarel, est pris, maintes fois subrepticement, dans le livre de t même, Biddle? ou dans celui de M. Harrisse. On peut hardiment affirmer voir... » que sur trente ouvrages cités par M. Tarducci, il y en a vingt-cinq que ce dernier n’a jamais vus de sa vie!

* si Jean Ces « coïncidences » (pour nous servir d’un euphémisme connu) icci, qui paraissent avoir échappé aux admirateurs italiens el américains le force, de la partie documentaire du livre de M. Tarducci. Ils n’en ont mbre de remarqué que l’Appendix et, éblouis par cette suite de cinquantessadeurs neuf documents ou d’extraits d'auteurs anciens, insérés pour les en espa- neuf dixièmes sans indications de sources, il se sont imaginés que e améri- c'était le fruit légitime de ce que le traducteur de M. Tarducci intenant appelle « the untiring industry of our author in the examination n Cabot, of the records and documents ».

appuyée Examinons donc ce fameux Corpus, afin de nous rendre compte orSandi, de la somme de travail exigée pour l’établir et du nouveau qu’il ecchetti. renferme. Ce sera aussi une façon de compléter le livre du savant élément Vénitien, qui trop souvent omet de citer ses auteurs. e juris- ’ : x ne :

, APPENDIX [. — Ce n’est qu'un relevé des différentes manières tion des ne | FES noir dont le nom de Cabot est écrit dans les documents, copié ou imité

: de lan age 1 du Cabot de M. Harrisse.

utorités, ote à la pag

re, que APPENDIX [1.— Privilegium Civilalis de intus et extra per habise MmOon- tationem annorum X V.

à Signalé par Romanin en 1855, puis, d’après lui, par Rawdon vie des Brown, ce document fut publié en partie par M. Bullo* et ensuite ées his-

Pierre- 4. Harrisse, Cabot, pp. 44-371: 16-387; 1-367; 153-369; 33-370; 1-368: 1-369; mphrey 972; 206-368 ; 1-369: 75-294; 1, 21; 39, 40; 157, 172; 161, 163;, 51-372; 135, 369;

15-371 ; 2-369; 45-358; 372; 2-371; 256, 372 (Eæcerpla); 19-373; 122-355; 362-371 ; 366; 128; 83-355; 316, etc., etc.

nei brevi 2. À Memoir of Sebastian Cabot (sans nom d'auteur); Philadelphie, 1831, in-8, 1 suo Jean L'édition dont M. Tarducci s’est servi est la troisième: Londres, 1832.

Tarducci,

3. C. Bullo, La Vera patria di Nicolô de’ Conti e di Giovanni Caboto. Studj e documenti. Chioggia, 1880, in-4°. È

par M. Desimoni!. Ce n’est cependant pas à ces écrivains que M. Tarducci l’a pris, mais au Cabot de M. Harrisse qui, le premier (pp. 309-312), a donné le texte complet.

APPENDIX III. — Inscrizione nel Planisfero di Sebastiano Cabolo (1544)... secondo la copia che si conserva nella Biblioteca Nazionale di Parigi.

M. Tarducci a pris ce texte et la majeure partie des notes qui l'accompagnent du Cabot de M. Harrisse (pp. 155, 319-324).

APPENDIX IV. — Supplica di Giovanni Cabolo anche a nome dei suoi tre figli ad Enrico VII (1496).

M. Tarducci a pris ce document de M. Desimoni (p. 47). Il se trouve aussi dans le Cabot, de M. Harrisse (pp. 312-313).

APPENDIX V. — Lellere palenti del Re Enrico VII. — 5 mar:o

Ce document, dans son texte original latin, fut d’abord publié par Hakluyt, en 1582 (Divers voyages, sign. Ai.), puis en 1600 (Principall Navig., t. TI, p. #), ensuite par Rymer (Fædera, 174, t. V, pars 1v, p. 89), par Barrett (Hist. of Bristol, 1789, p. 171), par M. Desimoni (pp. 47-48), enfin par M. Harrisse (pp. 313-315). Nous ne savons dans laquelle de ces publications M. Tarducci a pris son texte; mais « presentes, Santio, heredibus, discoperiendum, hec, fuerint », etc., pour præsentes, Sanctio ou Sancio, hæredibus, discooperiendum, fuerunt, etc., ne se trouvent pas (sauf « fuerint », qui est une coquille d’Hakluyt) dans les textes précités, ni nulle part ailleurs que dans le livre de M. Tarducci, que nous sachions. A-t-il donc un texte à lui?

APPENDIX VI. — Copia de paraffo de minuta de carta de los Reyes Catolicos al Doctor Puebla... 28 de marzo de 1496.

Ce document a été pris de M. Desimoni (p. 50), à qui M. Harrisse l'avait communiqué, ce que M. Tarducci reconnaît. On le

4. Intorno a Giovanni Caboto, Genovese, scoprilore del Labrador e di altre regioni dell’ Alta America Settentrionale. Documenti pubblicati ed illustrati dall Auv. Cornelio Desimoni. Genova, 1881, in-8°. Extrait du t. XV des Atti della Societä Ligure di Storia Patria.

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trouve aussi dans le Cabot de M. Harrisse (p. 315), et avec la même coquille : « yda », pour ydo.

APPENDIX VII. — Estrallo di una cronaca anonima che fa parte della collezione di Roberto Cotlon.

Signalé par M. Gairdner en 1860, ce document capital, qui est la clef de voûte de tous les récits des historiens anglais sur ce sujet, a été pris par M. Tarducci de M. Harrisse, lequel l’a publié et commenté d’après le manuscrit original (p. 316)!,

APPEenDiX VIII, — Estrallo della Cronaca atlribuila a Roberto Fabyan.

Cet extrait provient des Divers Voyages de Hakluyt. M. Tarducci cite la rarissime édition de 1582, dont il n'existe que cinq exemplaires au monde; mais c’est à la page 318 du Cabot de M. Harrisse qu’il l’a emprunté*, sans le dire, naturellement.

APpENDIx IX. — Il medesimo Eslratto secondo la lezione di Giovanni Slow (1497).

Cet extrait se trouve dans le Cabot de M. Harrisse (p. 317), d’après la plus ancienne édition (1580). La seule différence est que M. Tarducci l’emprunte à celle de 1631, indiquée par M. Desimoni et par M. Harrisse. Quant à l'extrait de Humphrey Gilbert, il est également donné par M. Harrisse, d’après Stow (p. 318) et d’après Gilbert lui-même (p. 343).

Arpenpix X. — Estralli di conti della cassella privata di Enrico VIT.

M. Tarducci donne ces Extraits comme s’il les avait empruntés directement aux Excerpta Historica où, en effet, ils se trouvent

1. Concernant ce manuscrit, M. Tarducci (p. 22) mentionne cependant les conclusions que M. Harrisse en tire. C'est ce qu’on appelle, dans la science du démarquage, « faire la part du feu ».

2. Pour toutes les remarques de ce genre, le lecteur n'a qu’à comparer avec soin les textes, dans les livres mêmes cités par M. Tarducci, avec ceux qui se trouvent dans le Cabot de M. Harrisse. Parfois, les différences proviennent de ce que l'écrivain américain a relevé ou fait relever les textes sur les manuscrits; d’autres ont une causé qui se peut qualifier de machiavélique. À ce propos, nous engageons ceux de nos amis adonnés aux consciencieuses recherches, à ne pas se désoler d’un lapsus ou deux. Ces inadvertances ont souvent (comme dans l'espèce) leur bon côté.

cités pour la première fois; mais M. Tarducci les a pris dans la note 2, p. 102, du Cabot de M. Harrisse,

Aprenpix XI. — Copia de uno capilolo scrive in una lelera Sier Lorenzo Pasqualigo, 23 août, 1497.

Ce chapitre de Sanuto, en son texte original, a été publié par Rawdon Brown (Ragguali, p. 99), par M. Bullo (p. 61), par M. Desimoni (p. 52), par M. Harrisse (p. 322), enfin dans l'édition des Diarii (Venise, 1879) que cite M. Tarducci.

APpenpix XII. — Estrallo di una lellera di Raiïmondo da (sic) Soncino ambascialore del Duca di Milano.

M. Tarducci reconnait, cette fois, avoir emprunté ce texte à M. Harrisse, ce qui est très bien de sa part. Que n’en prend-il l'habitude ?

ArpENpix XIII, — Seconda leltera di Raimondo da (sic) Soncino.

Cette lettre est insérée comme si elle venait en ligne directe des Archives d’État à Milan. De fait, c’est un texte pris soit de M. Desimoni (pp. 53-09), soit de M. Harrisse (pp. 324-326).

APPENDIX XIV. — Seconde Letlere-Patenti del Re d’'Inghilterra.

Ici, de même, on se croit en présence d’un document exhumé du Public Record Office par M. Tarducci. Signalée par Hakluyt (Princip. Navig., t. IT, p. 6), retrouvée et publiée par Biddle (p. 75), cette pièce a été revue sur l’original par Mlle Toulmin Smith, pour M. Desimoni (p. 156), et insérée, d’après la publication de ce dernier, par M. Harrisse (pp. 327-328). M. Tarducci a suivi une de ces réimpressions, mais en lui attribuant une orthographe de fantaisie : cabundant » pour habundaunt, « hy shall », pour he shal, « obeinsaunce » pour obeisaunce, etc., etc.

ArpenDix XV. — Lellera del Dr. Puebla (1498). M. Tarducci donne ce document comme s’il l’avait copié sur les papiers de Bergenroth conservés au Public Record Office. I l’a tout simplement pris soit de M. Desimoni (p. 57), soit de M. Harrisse (p. 328), qui l'avait communiqué à ce dernier. (Lire : «embi6, Ysla del Brasil, proueydas por hun, setiembre, hallo, poseen, algunas, vezes, sobrello ».)

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Tarducci apiers de t simplee (p. 328), a del Braas, vezes,

ArpEnDix XVI, — Leltera del Prolonolaro Pietro de Ayala ai Re Catlolici (25 luglio 1498).

Ce document espagnol qui a l'air, dans le livre de M. Tarducci, de provenir directement du Public Record Office, a été pris par lui dans le Cabot de M. Harrisse (pp. 329-330) et avec les mêmes erreurs de transcription, bien que celles-ci fussent relevées dans la table d’errata.

Appenpix XVII. — Acconti di Paga a Sebastiano Cabolo.

Cette liste importante d'émargements qui, au premier abord, semble avoir été copiée à Madrid sur les documents de Muñoz, est prise verbalim par M. Tarducci dans le Cabot de M. Harrisse (pp. 333-834), qui n’a pas eu peu de peine à se la procurer ! C’est aussi le cas pour les documents que cite M. Tarducci dans son appendix XX et, en note, à la page 274.

Les appendix XVITI-XXIV, y compris l'extrait d’un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Paris, c’est-à-dire les passages pris

4 dans Ramusio, dans Gomara, dans Galvam, dans Humphrey

Gilbert, dans Thevet, se trouvent arrangés de la même manière, aux pp. 339-344, du Cabot de M. Harrisse, où M. Tarducci a certainement pris le Thevet manuscrit, le Galvam, le Gomara et le Gilbert, pour ne parler que de ceux-ci.

Les appendices XXV-XXX (correspondance entre le Conseil des Dix et Contarini), qui sont présentés de façon à produire l’effet de copies faites par M. Tarducci sur les documents originaux conservés à Venise, ont été pris, soit dans la Vera Patria, de M. Bullo (pp. 61-70), qui, le premier, a publié ces pièces en leur texte original italien, soit dans le Cabot de M. Harrisse (pp.344-354). Rawdon Brown, que M.Tarducci cite pour un de ces documents, n’en a donné qu’une traduction anglaise.

AvpENDIX XXXI. —- Paga a Sebastiano Cabolo per conto di sir Lorell (sic), 18 febbraio 1524.

Ce payement n’est pas emprunté directement à l'excellent ouvrage de M. Brewer, comme M. Tarducci le donne à entendre, mais bien à M. Harrisse (p. 354), dont le texte est différent de la publication anglaise, pour avoir élé copié sur l'original.

APPENDIX XXXIT, — Dispacci di Andrea Navagero.

Ces deux extraits n’out pas été pris dans les manuscrits de Cicogna, par M. Tarducci, mais dans M. Bullo (p. 70) ou dans l'ouvrage de M. Harrisse (p. 357).

Nous voici arrivés aux pièces qui concernent le désastre du Brésil et la catastrophe du Rio de la Plata. Ce sont les appendix XXXIV-XXXVII, XL-XLIT. Ils constituent une sorte de dossier au sujet duquel M. Tarducci et ses admirateurs mènent grand bruit. Nous allons l’examiner par le menu. Il en vaut la peine.

Pour commencer, on s'étonne qu’un « chercheur aussi infatigable », et, il faut le croire, les mains pleines de documents, se soit abstenu de décrire le voyage au point de vue de la géographie, depuis Pernambuco jusqu'aux marécages de Santa Ana. C'était le cadre obligé. Malheureusement, M. Harrisse n’ayant pas traité cette question, M. Tarducci n’a pu se livrer aux fouilles documentaires que nécessite une description de ce genre. Et c’est ici qu’on voit le beau côté des travaux de certaine catégorie d’historiens. Quand le compendium silencieusement employé s'arrête, ils s'arrêtent aussi et perdent pied. Maintenant, le routier de Sébastien Cabot, rédigé par un de ses compagnons qui devintle plus grand cosmographe de l'Espagne, existe, sous deux formes, l’une et l’autre à la portée de tout le monde. Il y a plus. La description technique, avec chaque atterrissage, et nombre d'importantes circonstances, cst imprimée depuis longtemps. Les écrivains sérieux qui s'occupent de Sébastien Cabot ne sauraient manquer de connaître ces pièces indispensables... Mais ne déflorons pas le travail que M. Tarducci sans doute médite sur cet intéressant sujet, puisque l’on parle d’une seconde édition de son livre, que certains journalistes élèvent à la hauteur d’une histoire classique et définitive. Néanmoins, il faut l'avouer, le critique américain eût dû, dans son Jean et Sébastien Cabot, prévoir cette lacune.

Voyons maintenant les documents mêmes dont le savant vénitien et ses amis sont si fiers.

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dans son ensemble, n’est donnée dans cet appendix qu'en extrait; M. Tarducci n'ayant pu se procurer le texte complet, imprimé depuis quarante ans et qui se trouve dans dix bibliothèques publiques. Cette remarque vise également la relation de Diego Garcia, (Revista trimensal, t. XV, pp. 6-41). La lettre de Simâo Affonso et celle qu’adressa Cabot à Juan de Samano en ses parties essentielles, se rencontrent aussi à peu près partout (Varnhagen, Hist. geral do Brazil, t. 1, p.439; Jimenez de la Espada, Relaciones geograficas de Indias, t. IT, p. xxx1).

Les autres pièces (XXXIV-VI, XL) ne sont que des broutilles, signalées par Navarrete et par M. Harrisse (p. 358), et qui, après avoir été examinées à l'Exposition américaine de Madrid en 1881, ne furent pas jugées être assez importantes pour devenir l’objet d’une publication.

Si M. Harrisse s’est contenté, pour l'expédition de Cabot à la Plata, de donner la longue légende de la carte de 1544 et la nomenclature des autorités à consulter, sans décrire ce triste épisode de la vie et des aventures du navigateur vénilien, c’est que, selon lui, il présentait peu d'intérêt. D'ailleurs, dans la plupart de ses travaux historiques, cet écrivain ne s’est jamais proposé que d’élucider des points douteux, sans aspirer à ces superbes synthèses qu’abordent avec tant de savoir et d'assurance les esprits supérieurs d’Espagne et de Venise. |

De quoi s'agit-il? Nous avons vu que Cabot avait abandonné à l’île Sainte-Catherine, au milieu des sauvages, ses principaux officiers. De ces exilés, Rojas seul survécut. Pour ce méfait Cabot fut condamné, ainsi que nous l’avons dit, quatre fois par le Conseil des Indes. Ce sont ces jugements que M. Tarducci veut reviser. 1l emploie à cette tâche ingrate un tiers de son livre et n’apporte dansla discussion d’autre élément qu’un abrégé de dépositions, lesquelles ne visent aucune des accusations capitales portées contre Cabot. Cet abrégé revêt une forme assez insolite. Le lecteur en jugera :

« Le navire sombra-t-il parce qu’on négligea de faire des sondages? »

« Le témoin n° 1 dit que oui; témoins n° 9, 3, 5, 7 et 9 le confirment. »

« Ne fut-on pas empêché de continuer le voyage à cause de la perte des provisions et par la maladie? »

€ Témoin n°1 le confirme; témoin n°3 sait qu’il y eut beaucoup

de malades; témoins n° 6, 8 et 9 savent qu'on perdit beaucoup de vivres. »

« Témoin n° 6 fait une longue déposition du plus grand intérêt, Témoin n° 8 la confirme et fait aussi une déposition pleine d’intéressants détails ».

C’est peut-être de la statistique, mais, à coup sûr, ce n’est pas de l'histoire. D'ailleurs, M. Tarducci reconnait lui-même que les documents sur lesquels il s’appuie pour cette revision insolite sont « troppo pochi per ricostruire nella sua integrita il processo ». Il dit encore : « Disgraziatamente sono pochi al bisogno, e se la luce che spandono basta a rimettere in buona vista la figura di Caboto, la quale confinata nell’ ombra ci lasciava pieni di sospetto e di dubbio, non ve n’ë a sufficienza per un giudizio pieno e tranquillo tanto sugli avvenimenti, che sulle persone le quali vi presero parte ‘, » Alors que veut cet apologiste, exonérer son héros quand même ?

Est-ce donc que les documents manquent ? Non, en vérité, et on s'étonne que les « infatigables recherches documentaires » de M. Tarducci ne lui aient pas fait connaitre les véritables sources d’information. Ce qu’il fallait consulter, c’est l'enquête faite à bord de la Santa Maria del Espinar par les autorités judiciaires lorsque Cabot revint à Séville sur ce navire; ce sont les commissions rogatoires exécutées à Ocaña et où l’on voit défiler tous les officiers survivants de l’expédition de Cabot; c’est enfin le libellé des quatre jugements rendus en première instance et en appel. Le savant vénitien ne paraît même pas soupçonner l’existence de ces témoignages accablants. Le seul arrivé à sa connaissance est celui de Antonio de Montoya et, fait bien typique, il s’imagine que personne d’autre ne fut interrogé à la requête de Rojas, hypothèse qui le porte à « sospettare che la cosa non sia del tutto netta * », alors que les dépositions de six autres témoins oculaires se trouvent tout au long dans le même dossier.

Et quels sont ces témoins, des mousses et des matelots, italiens pour la plupart ?, qui ne parlent que par ouï-dire, comme ceux

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