JORIS
dans sa belle propriété de Biningen une vie très calme et très austère. Il n’avait pas tardé à entrer en relations avec Castellion. Des rapports assez étroits s’étaient même établis entre eux. Leur correspondance, toute imprégnée d’ardent mysticisme, nous a été conservée. LTn grand historien, Xippold, souligne avec raison la piété profonde, la touchante tendresse, l’humilité vraie dont sont empreintes ces lettres. Il y a, dans la foi de Joris, un abandon absolu à la volonté de Dieu qui en fait un des grands mystiques du XVIème siècle :
« Non, écrit-il à Castellion, quand on a une fois goûté ce qu’est l’amitié de Dieu et de son Christ, quand on sait, par expérience, ce que c’est que d’être avec lui et près de lui, il n’y a pas de danger qu’on désire autre chose.... Vous ou moi, nous ne pouvons pas savoir où Dieu nous mène par son Christ ; mais il faut avoir vu et senti son néant, être décidé à se laisser enseigner comme un petit enfant, avoir pris enfin l’esprit de candeur et de naïveté. Et cela ne se fait pas sans souffrance ! Quant à ta préface pour la Bible, j’en ai examiné le contenu. Elle m’a fort satisfait. Dieu veuille que de telles idées soient acceptées. . . . Chemine en paix, c’est dans la paix et dans l’espérance que croîtra ta force.
Ce commerce épistolaire, d’un ton si élevé, ne pon- un épisode di-