ONE DU MOYEN
1 Voir page 96. Il professait les mêmes idées que Menno à qui se rattachent Age
les Mennonites, mais comme il se proposait de réformer les principes de Men • no, celui-ci repoussait avec véhémence ses doctrines.
vait présenter rien de bien dangereux, mais le jour où la vraie personnalité de Jean de Bruges fut découverte, le danger devint soudain très sérieux. C’est quelque temps après la mort du mystique de Biningen, que la vérité éclata. Ce fut une stupéfaction. Tous ses parents et amis durent comparaître devant les autorités ecclésiastiques et abjurer ses erreurs. Les professeurs de rUniversité durent, eux aussi, condamner ses doctrines. Castellion, désigné comme un des familiers de l’hérésiarque, dût à son tour faire une déclaration dans ce sens ; mais on ne réussit pas à lui arracher le moindre mot de blâme : il se contenta de repousser les stupides doctrines qu’on lui présentait comme étant les idées de David Georges et il put le faire avec d’autant plus de liberté qu’elles en étaient une inconcevable caricature.
Joris fût condamné ; son cadavre, déterré, fût brûlé solennellement et Castellion, revenu de cette nouvelle alerte, vit se lever devant lui une perspective de vie paisible et laborieuse.
Il se remit au travail, non pas qu’il attendît, le moins du monde, des censeurs, la liberté de publier ses écrits. Il savait que les magistrats, soumis aux directions de Calvin, ne le lui permettraient jamais. Il savait que la liberté de la presse, à Bâle comme à Genève, n’était acquise qu’aux amis de Calvin : ils avaient même la liberté de l’injure. Ceux qu’ils
DERNIÈRES LUTTES ET DÉFAITE FINALE
calomniaient n’avaient qu’un droit : celui de se taire. Castellion se taisait donc, mais il écrivait, espérant vaguement que ses disciples connaîtraient des jours meilleurs, et que ces pensées, ces chères pensées qu’il confiait à des feuilles volantes, se répandraient dans le monde de la Réforme et le renouvelleraient.
Mais ce n’était là qu’un rêve ; la réalité était at- les troubles