DE TH. DE BÈZE
tions de la Bible, qu’on lui avait enfin permis de publier. C’est que, depuis lors, un événement nouveau s’était produit. Théodore de Bèze avait édité une révision de son Nouveau Testament et il avait cru devoir la faire précéder d’une introduction dans laquelle il avait publiquement dénoncé Castellion comme un « translateur satanique : »
Satan, notre ancien adversaire, voyant qu’il ne peut plus empêcher le cours de la Parole de Dieu, comme il a fait pour un temps, nous assaut par un autre moyen plus dangereux.
Si on en demande quelque exemple, nous en produirons un qui servira pour plusieurs, c’est à savoir la translation de la Bible latine et française, mise en avant par Sébastien Castellion, homme si bien connu en cette Eglise, tant par son ingratitude et impudence, que par la peine qu’on a perdue après lui, pour le réduire en bon chemin, que nous ferions conscience non seulement de taire son nom (comme jusques ici nous avons fait), mais aussi de n’avertir tous chrétiens de se garder d’un tel personnage comme instrument choisi de Satan pour amuser tous esprits volages et indiscrets. Certainement s’il y eut onc une épreuve d’ignorance conjointe avec une témérité effrontée, jusques à se jouer de l’Ecriture sainte, et 1 exposer en risée, tout cela se trouvera ès translations et écrits de celui dont nous portons tel témoignage à notre grand regret. ...»
Richard Simon qui cite cet extrait de la préface de Bèze, ajoute ces réflexions :
opinion de « On reconnaît facilement, dans ces paroles, le style et 1 esprit des premiers ministres de Genève, lesquels n’ayant pu gagner, à leur parti, Castellion qui était dans une grande réputation à cause de son érudition, n’oublièrent rien pour
DERNIÈRES LUTTES ET DÉFAITE FINALE 413
le perdre. Il n’était ignorant et impudent que parce qu’il n’avait pu goûter quelques-unes de leurs opinions, ou plutôt de leurs nouveautés sur le fait de la religion ; car, comme je l’ai dit ailleurs, il était beaucoup plus habile dans les trois langues hébraïque, grecque et latine et même dams le style des livres sacrés, qu’aucun docteur de Genève ». 1
Mais leur eût-il été inférieur cent fois, les Réfor- l'instrument