INÉDIT
tôt édité et si son étude ne dépassait un peu le cadre que nous nous sommes imposé. Il s’agit d’un manuscrit intitulé : De arte dubitandi . . x. (De l'art de douter et de croire , d'ignorer et de savoir).
Le titre seul suffit à donner une idée de l’œuvre entière. Il est bien digne de la hardiesse de ce libre croyant qui, en plein XVIème siècle, avait osé proclamer la légitimité et même la nécessité du doute.
C’est plus qu’un discours de la méthode : c’est l’exposé systématique de la pensée d’un libre penseur religieux, qui ne redoute aucune investigation scientifique et qui pose le doute méthodique à la base même de toutes ses spéculations.
Xous ne saurions entrer ici dans l’exposé d’un manuscrit, dont l’étude exigerait presque un second volume 1 2. Il me paraît cependant nécessaire de signaler les grandes questions que pose Castellion, et qu’il aborde avec une indépendance d’esprit, avec une sûreté d’intuition, avec une science et une maîtrise, auxquelles les synthèses religieuses ne nous ont point accoutumés. Il faut en arriver à l'Essence du Christianisme de Harnach ou à l'Esquisse d'une 'philosophie de la Religion de A. Sabatier, pour trouver une œuvre qui, toutes proportions gardées, se
1 De arte dubitandi et oonfitendi, ignorandi et seiendi. Bibliothèque des Remonstrants de Rotterdam. Manuscrit autographe : No. 505.
2 Si le Comité d’initiative du Congrès ne l’éditait pas, je me propose d’en publier une traduction française annotée.