‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 19 sur 155 · OU UN SEUL · texte numérisé non relu

OU UN SEUL

et de netteté la portée considérable de 1 attitude

de Calvin ; mais peut-être n’est-il pas exact de dire

qu’il y a, dans ce document, une «séparation de

deux courants ». Ce n’est pas, à proprement parler,

une bifurcation d’où s’échappent, vers l’inconnu,

deux routes distinctes. Il n’y a qu’un courant : la digue

celui de la Réforme. Mais il y a, dans ce courant,

quelque chose de nouveau : c’est un barrage,

une digue, une petite digue de tout repos, que

Calvin dresse devant la pensée de Castellion :

«Halte! dit-elle au flot envahisseur. Il ne faut pas aller plus loin ! C’est ici qu’on s’arrête ! » Et voici, le courant docile semble s’arrêter. Dès lors, en prévision d’assauts plus dangereux, Calvin va s’employer à fortifier sa digue : bientôt, on la verra grandir, s’élever, dominer superbement les eaux domestiquées. Puissamment agrippée au roc solide, bâtie à chaux et a sable, armee de lourds moellons, elle défiera, de sa masse imposante et trapue, les plus redoutables torrents.

Calvin triomphe. Mais l’esprit de la Réforme est bien menacé. L’exclusivisme catholique n’y

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