SOUVERAINETÉ DE LA CONSCIENCE
La réaction LUTHÉRIENNE
«intérieur le plus vrai que l’on puisse rendre à «Dieu. (Id. IX: 37). La foi ne veut obliger personne, «ni contraindre personne à professer l’Evangile ; «elle laisse au contraire à chacun sa liberté. (Id. XI : «1286) La foi n’est pas autre chose que la vie «vraie, la vie réelle en Dieu même. (Id. II : 2797). «Il faut constamment répéter que la foi ne veut «être ni emprisonnée, ni liée, par quelque puissance «que ce soit. (Id. XII : 22). » Libre examen et foi libre : c’est bien l’indéniable proclamation de la souveraineté de la conscience.
Malheureusement ces admirables principes ne pouvaient guère être compris dans leur sens profond par les foules qui les acclamaient. Les paysans, exaltés par la proclamation de la liberté religieuse, se révoltèrent contre leurs seigneurs et se livrèrent à des excès de toute nature. 1
Luther, effrayé des conséquences inattendues qu’on tirait de ses proclamations, s’employa énergiquement à en atténuer la portée. Il combattit avec violence les principes qu’il avait lui-même édictés. Et ce fut là sa grande erreur.
1 «Lorsqu’au début du printemps, le soleil longtemps voilé répand ses chauds rayons sur la campagne naguère blanche de neige et sur les chemins durcis par la glace, son premier effet est d’y produire de la boue. Faut-il pour cela maudire sa lumière et sa chaleur? N’est-on pas assuré que, grâce précisément à leur action persisfente, la boue disparaîtra, les chemins seront désséchés, les champs se couvriront de verdure et de fleurs ? »