‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 5 sur 155 · L. Leblois, Bibles de l’humanité, Livre I, page · texte numérisé non relu

L. Leblois, Bibles de l’humanité, Livre I, page

DE LA RENAISSANCE À LA RÉFORME

Dès 1530, les chefs de la Réforme allemande, Mélanchton en tête, liaient les Protestants à une confession de foi obligatoire. A partir de ce jour, la Réforme allemande, pétrifiée dans une doctrine quasi-immuable, devint une machine de guerre contre ce libre examen et cette foi libre qui étaient et qui restent encore la seule condition de toute Rénovation religieuse. 1

Mais à cette époque, en France, la Réforme n’existait pas ; c’est à peine si, dans les milieux catholiques émancipés qui sentaient l’impérieuse obligation de réformer l’Eglise, on voyait poindre quelque hardiesse. On en était encore à la période de protestation négative. Cependant ces humanistes que l’esprit de la Renaissance enthousiasmait, avaient trouvé aux sources du Christianisme des raisons de croire qui n’étaient pas absolument conformes aux suggestions de l’Eglise ! Dès 1512, sous le bienveillant patronage de l’évêque de Meaux, Briçonnet, un de ses amis, Lefebvre d’E tapies, professait un enseignement basé sur l’Evangile. La Bible, étudiée comme on eût étudié

1 Voici à ce sujet l’opinion d’un Luthérien des temps modernes : « La nouvelle orthodoxie qui prévalut, depuis 1530, en Allemagne et, plus tard, en Angleterre, n’est qu’un catholicisme émondé: mêmes dogmes fondamentaux ; même foi aveugle, même intolérance, même exclusivisme, même antipathie pour la liberté de conscience et d’examen.>

Leblois, Bibles de l’Humanité Livre I, page 52

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