‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 55 sur 155 · DES ÉGLI¬ SES SUISSES · texte numérisé non relu

DES ÉGLI¬ SES SUISSES

LA RÉFORME CALVINISTE À L’ ŒUVRE

Bullinger, le grand ami de Calvin., «sans conclure expressément à la peine de mort, laisse entendre que c’est bien là sa pensée ». 1 II serait, dès lors, audacieux d’affirmer que ce sont les Eglises suisses qui ont condamné Servet à mort. Certes, elles poussent le Conseil à sévir, mais celui qui reste responsable de la sentence, c’est celui qui n’a cessé delà réclamer et qui, quelques jours avant, écrivait à Bullinger : «Je suppose que l’individu sera condamné et qu’après demain il sera conduit au supplice. » LA CONDAMNA- Le Petit Conseil ne tarda pas à réaliser cette supposition que Calvin avait des raisons de croire fondée. Le 26 octobre, il condamnait « Michel Servet à être mené à Champel, et là, brûlé tout vif, le lendemain, avec ses livres. 2»

Dans la même séance, le magister Collinet comparaissait devant le Consistoire, pour rendre compte d’un grand méfait. Il avait répandu, dans Genève, la lettre de Castellion à Edouard VI. C’est l’esprit même de la Réforme qui comparaissait devant les inquisiteurs protestants.

LES DERNIERS Servet implora la pitié de Calvin. Il voulait lui

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