‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 59 sur 155 · L ECHEC · texte numérisé non relu

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Calvin se trompait, le venin devait survivre CALVIN

LA RÉFORME CALVINISTE À L’ŒUVRE

LES RÉFOR¬ MATEURS ET ] RÉFORME

• à la bête. La souveraineté de la conscience en matière de foi, et le libre examen en matière de croyance restaient, malgré Calvin et les Réformateurs, les seuls principes de la Réforme, et ils allaient s’affirmer à nouveau avec une lumineuse netteté et une incroyable audace. Malheureusement les Réformateurs, triomphants dans leur souveraineté spirituelle, n’étaient pas prêts à céder et, fatalement, ils devaient donner au monde ce spectacle attristant et paradoxal de ne pouvoir tolérer ce que Mr Doumergue lui-même appelle les vrais principes de la Réforme. Est-il exagéré de dire qu’à ce moment les Réformateurs avaient cessé d'être Réformés ?

Il y a une flagrante injustice à identifier la Réforme avec la personnalité de tel ou tel Réformateur. A moins d’être inconscient, il est impossible de confondre un mouvement qui a pour fondement unique la liberté de conscience, avec l’œuvre d’oppression d un homme qui la nie. 1 Auprès de qui Napoléon passe-t-il pour le type parfait du républicain ? Un usurpateur, si audacieux ou si génial

« A mon avis, écrit Mr. Guizot, la Réforme a été un grand élan de liberté de l’esprit humain, un besoin nouveau de penser, de juger librement pourson compte, avec ses seules forces, des faits et des idées que, jusque-là, l’Europe recevait ou était tenue de recevoir des mains de l’autorité. C’est une grande tentative d’affranchissement de la pensée humaine, et, pour appeler les choses par leur nom, une insurrection de l’esprit humain contre le pouvoir absolu dans l’ordre spirituel.» Cité par Ed. Gaujoux : Jean Claude. Page 72.

qu’il soit, reste un usurpateur, et on n’a pas l’habitude d’identifier son usurpation avec les libertés ou les principes qu’il sacrifie à son ambition. — Il n’en est pas du protestantisme comme de l’Eglise Eomaine. Ici c’est le Chef, ce sont les conciles, ce sont les autorités ecclésiastiques qui comptent, parce que le catholicisme est une religion d’autorité. Le protestantisme, au contraire, étant une religion de libre examen, c’est l’individu qui compte, et les chefs protestants qui, au cours de l’histoire, ont voulu régenter les consciences protestantes, avaient, par là-même, cessé d’être protestants.

Par quelle tenace aberration persiste-t-on à juger du protestantisme par ceux-là seuls qui, dans leur exclusivisme autoritaire, en nient précisément les vrais principes ? Calvin et Bèze et Earel n’étaient pas la Réforme au XVIème siècle. A côté de ces chefs infidèles ou inconscients, il y avait des Réformés conscients et fidèles, et Calvin ne devait pas tarder à s’en apercevoir.

«Les cendres de ce malheureux (Servet) étaient à peine refroidies que l’on se mit à discuter la question du châtiment des hérétiques. Les uns accordaient qu’il faut les réprimer mais non leur infliger la peine capitale. Les autres, sous prétexte que l’hérésie ne peut jamais être bien démontrée par la parole de Dieu, et qu’ü est permis d’avoir, sur tous les points de la foi, l’une ou l’autre opinion, pensaient qu’on devait les abandonner au jugement de Dieu,»1

1 Vita Calvini, par Bèzb.

LA RÉFORME CALVINISTE À L’ŒUVRE

L opinion D£S Dire que l’hérésie ne peut pas être démontrée

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