GRAND CRIME
LES PRINCIPES DE LA RÉFORME LIBÉRALE
C’est en effet, pour Castellion, un péché plus horrible, car en cachant de tels crimes «sous la robe du Christ» on risque d’éloigner de sa religion d’amour tous ceux qui les condamnent et cette préoccupation donne au réquisitoire passionné de Castellion son vrai caractère. Ce n’est pas un incrédule qui demande le respect des convictions : c’est un croyant. Le scepticisme, «ce mol oreiller si doux à une tête bien faite» peut incliner un Montaigne ou un Rabelais à une large tolérance, Castellion, lui, s’y sent poussé par sa conviction de chrétien, soucieux des droits de la conscience de tous, et c’est là un fait noune jugez pas veau, dans l’histoire des idées. La libre croyance s’affirme et, dès ses premiers pas, se montre tolérante. C’est à la conscience que Castellion regarde :
«Il faut, écrit-il. que chacun s’examine soi-même, épluche et sonde diligemment sa conscience, et pèse à bon escient toutes ses pensées, ses paroles et ses faits, puis il verra et se connaîtra facilement être tel, qu’il ne peut tirer hors le fétu de l’œil de son frère qu’il n’ait premièrement tiré la poutre de son œil. »
qu’est-ce Pénétrant au sein de la question, l’auteur se de-