‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 66 sur 155 · QU’UN · texte numérisé non relu

QU’UN

hérétique mande ce qu’est un hérétique. Il se défend de tenir pour hérétiques tous ceux qu’on accuse d’hérésie. C est l’accusation à la mode et il suffit qu’elle pèse sur un homme pour qu’il «soit incontinent mis à mort. . . . avant même que sa cause soit vraiment connue. » C’est là, certes, une procédure commode

et rapide, mais il y a là deux grands dangers. Le premier, c’est qu’on ne considère comme hérétique quelqu’un qui ne l’est pas : par exemple, le Christ, qui a été mis à mort, pour hérésie et blasphème. L’autre danger réside dans ce fait que celui qui est «vraiment hérétique, risque de subir une peine, hors de proportion, avec son erreur et les exigences de la discipline chrétienne.» Et il montre que la discipline chrétienne se ramène à ce verset biblique : «Evite l’hérétique, après une ou deux remontrances L » Mais ici, il faut suivre, dans le texte, la pensée de Castellion :

«Il n’y a presque aucune secte (qui sont aujourd’hui sans nombre) laquelle n'ait les autres pour hérétiques en sorte que si, en cette cité ou région, tu es estimé vrai, fidèle, en la prochaine, tu seras estimé hérétique.

Tellement, que si quelqu’un aujourd’hui veut vivre, il lui est nécessaire d’avoir autant de fois et religions qu’il est de cités ou de sectes : tout ainsi que celui qui va, par pays, a besoin de changer sa monnaie de jour en jour : car celle qui est ici bonne, autre part n’aura aucun cours.»

La comparaison est spirituelle et judicieuse. Castellion fait une exception cependant pour «la monnaie d’or» qui est bonne partout. Cette monnaie, dans sa pensée, est la foi en l’Evangile du Christ, mais elle .a «jusques à présent diverses marques et figures» parce que les hommes «sont en discord, en-

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