‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 14 sur 110 · LE POUVOIR CORRUPTEUR · texte numérisé non relu

LE POUVOIR CORRUPTEUR

nÎŒ dos petites classes, c’était un français inconnu en France » ?

La variété des épisodes traités par Castellion, dans ses libres de classes, l’avait amené à se prononcer sur une multitude de situations qu’il devait voir se reproduire ultérieurement dans son entourage immédiat» On comprend de quelle portée sera plus tard, dans sa pensée, cette simple indication : «Les guerres de l’esprit doivent se faire seulement a^ec les armes de l’esprit»» Mais il est impossible d admettre que quelques-unes de ces réflexions scolaires ne 1 ni aient pas été inspirées par ce qu’il voyait sous ses yeux» Il eu est une qui dénote une expérience trop profonde pour qu’il n’en ait pas puisé la leçon dans des faits journaliers : «Ce ne sont pas seulement quelques méchants qui abusent du pouvoir, écrit-il, c’est le pouvoir lui -môme qui corrompt» >> Ceux qu’il avait considérés comme des libérateurs devenaient soudain d’autres hommes, à partir du jour où le pouvoir leur était confié» Calvin lui-même avait changé» Le Réformateur de Genève ne ressemblait pas à. l’Sxilé de Strasbourg : il n’enseignait plus, il dogmatisait» Il ne conseillait plus, il ordonnait» Ses paroles, ses intonations, son attitude, tout, en lui, revêtait un caractère d’autoritarisme qui n’allait pas sans créer quelque malaise

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ou sans soulever quelque révolte ! Le pouvoir IV vait-il grisé ? L'esprit de domination avait- il déjà atteint en lui les sources profondes de Pétre l «Ce ne sont pas seulement quelques méchants qui abusent du pouvoir: c’est le pouvoir qui corrompt,» JSPy a-t-il qu'une préoccupation morale dans la pensée du jeune maître ou bien y a-t-il déjà un peu de cette désillusion et de cette amertume qui allaient l'atteindre si cruellement dans sa foi ? jïfoû, ce n'étaient évidemment là que des nuages passagers. Calvin était trop maître de lui pour se laisser ainsi «corrompre». Quand on a le grand honneur d'être à la tête d’un mouvement d'émancipation spirituelle, on ne forge pas soi-même des entraves. L’erreur de Luther ne pouvait se renouveler à Genève, et Castellion, faisant taire ses inquiétudes, se consacra, avec plus de dévouement encore, à l’œuvre qui déjà le possédait tout entier. Sa situation s’étant affermie, Castellion songe à se créer un foyer. Il épouse Huguine Paquelon b C’était une jeune fille très simple et il semble qu’elle ait été, pour Castellion, une compagne très douce, très courageuse et très aimante.

Dans une de ses lettres à Yiret1 2 3, Calvin fait allusion à des querelles qui se seraient élevées entre

1 Son père d'origine dauphinoise avait été reçu bourgeois de Genève, eu

3 19 Août 1542.

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