‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 28 sur 110 · BIBLIQUE · texte numérisé non relu

BIBLIQUE

des testes pour n avoir pas compris tout de suite que les livres sacrés sont, dans leur forme littéraire imparfaite, des œuvres humaines, se permet d'en relever les incorrections ou les contradictions irréductibles 1. Il tient l’histoire de la Bible pour incomplète puisqu'elle laisse dans l'ombre deux grandes périodes, et «pour contenter ceux qui voudraient savoir les faits du dit temps dont la connaissance sert pour entendre l'Ecriture », il ajoute à la Bible des extraits de Josèphe, Il considère la Bible comme une bibliothèque où les livres d’histoire voisinent avec les livres de littérature sacrée ou profane. 2 3 Et il les étudie comme il étudierait «le poème de Lucain et l’Aulularia de Plaute, &

C’est ainsi qu’il se refuse à croire que Moïse a écrit le récit de sa mort, où on lit cette phrase :

« Personne n'a su jusqu’à ce jour où est sa sépulture, » et il en conclut que le Pentateuque, dans son intégralité, ne peut pas être de Moïse et que d'autres y ont travaillé. Cela nous parait anodin aujourd'hui et la critique biblique a depuis longtemps mis

1 «Pourquoi, dit-il, ne se trouverait-il pas, dans le teste hébreu, des leçons

fausses que l’on pourrait redresser par des conjectures ? Ce n’est qu’une superstition judaïque qui fait juger la chose impossible. Il n’y a aucune raison de croire que Dieu ait veillé avec plus de soin sur les mots et les syllabes que sur les livres eux-mémes dont plusieurs sont entièrement perdus. Ainsi les livre? de guerre de Jéhovah, les livres de Nathan et d’autres,*

3 Le Cantique des Cantiques, par exemple.

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