EXÉGÈTE
en .lumière les sources du Pentateiique, mais le point de vue de Castellion était, pour F époque, d'une très grande hardiesse.
C’est d'ailleurs de son attitude vis-à-vis de la Bible qu'est sortie la critique sacrée. Les exégètes modernes font remonter l'origine de leur science à Biehard Simon ou à C appel. Ni les partisans de Cappel 1 2 ni ceux de Biehard Simon 3 ne peuvent invoquer cet honneur pour le critique qu'ils affectionnent : c’est à Castellion qu’il revient. Le premier, il a ouvert les voies à l'exégèse biblique et Biehard Simon, qui a étudié de très près ses notes critiques, le cite dans tous ses ouvrages et
1 Louis Cappel,. né en 1585, près de Sedan. En 1674, il est nommé professeur d’hébreu à Saumur ; < Louis Cappel, écrit Mr J. A. Boët, dans son Jjictionnairp d’histoire ecclésiastique ne craignait pas de voir la foi compro* mise par les vérités ecclésiastiques et historiques* , . 11 posa les bases de la critique moderne en établissant* . . . que le teste reçu n’esfc pas toujours le texte primitif et qu’il a pu être altéré avec le temps par les copistes ou par d autres circonstances. Ces assertions, touies nouvelle#, (Castellion les avûit formulées depuis plus d’un demi-siècle) soulevèrent de vives controverses. *
L n détail édifiant j « Le plus savant ouvrage que nous ayons sur les diverses leçons du Vieux Testament, écrit Richaud Semon, est le livre de Louis Cappel, ministre et professeur à Saumur, intitulé Critica sacra. Il est vrai que ce livre déplut tellement à ceux de sa Religion, qu’ils en empêchèrent l'impression jusqu’à ce que Jean Cappel (son fils) qui s’était, depuis peu, fait catholique, obtînt un privilège du Roî pour imprimer le livre de son père. 4 (Hisfc. erit du V. T. p* 8) N’est-ce pas caractéristique ? La censure calviniste, dans une église de libre examen, était plus rigoureuse que la censure romaine* dans une église d’autorité.
2 Richard Simon, né à Dieppe, en 1038. Il se rattacha à Tordre des Ora-
toriens. Savant et critique, on le considère généralement comme le fondateur de l’exégèse biblique, II avait des vues très hardies : il attribuait le Pentatcuque a Esdras.
LE RÉFORMATEUR LIBÉRAL
montre comment, alors que la science exégétique n'était pas encore née, «Cas tellioii ne fait aucune difficulté de corriger quelquefois les textes hébreux selon les règles de la critique . , . . » 1 Et c'est sans hésitation qu'il le place à la tête des plus habiles exégètes du Nouveau Testament, 2
Oastellion n’ignorait pas qu’il s’exposait aux **» *>ômambihs